‹ AristoteChapitre 224 sur 304 · Id., Ibid., r · texte numérisé non relu

Id., Ibid., r

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donc de la délivrer pour la faire s'épanouir en sainteté ; et cette délivrance est possible dans une certaine mesure. Il faut accorder d'abord qu'il y a du vrai dans la pensée de Socrate. C'est une exagération, sans doute, que d'identifier la science et la vertu ^ L'expérience nous apprend que le savoir peut être vaincu par la passion 2. Et le fait s'explique; la raison a sa logique, et le désir la sienne. La raison dit en face d'un plaisir mauvais : <( C'est défendu; donc il y faut renoncer ». En face du même plaisir, le désir répond : « C'est agréable ; donc il en faut jouir ». De là une sorte de lutte intérieure où le charme du bien apparent peut l'emporter en intensité sur l'influence du bien réeP. D'autant que, dans les cas de cette nature, il arrive assez souvent que le désir s'exalte en face de son objet et produit une sorte d'ivresse où nous perdons la claire vue des choses. Alors les raisonnements que nous faisons encore, n'ont pas plus d'action sur nous que si nous étions dans le sommeil; nous cessons d'en être touchés, parce que nous avons cessé de les comprendre : ce sont des formules que nous prononçons à la manière dont les « acteurs » redisent leur rôle*. Mais, si l'observation corrige l'adage socratique, elle ne le détruit pas :

1. Arist., Elh. Nie, H, 3, 1145^, 21-29; /6icZ.,Z, 13, 1144^ 28-30 : Swxpàtri; (lèv ouv yôyou; xà; àpexàç wexo eTvai (èr.Kytyiu.a; yà^ stvai Tràffxç), •r,\i.sX;; èï fiexà l6yo\)\ Eth. mag., A, 1,1182», 15-23; /6id., 1183^ 8-18; Ibid., 9, 1187% 5-13; Etfi. Eud., A, 5, 1216% 2-25.

2. Id., Eth. mag., B, G, 1200", 25-32 : ... àxpaxeî; ydcp et(rtv àvôpwuot, xal aÙTol eiSoTe; ôti çaù/.a ôfito; Taûxa irpâxtoyciv.

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