‹ AristoteChapitre 234 sur 304 · Id., Ibid., Z · texte numérisé non relu

Id., Ibid., Z

5. Id., Ibid., Z, 13, U'i'i*', 17-28; en ce passage, la droilo raison ou raison pratique et la prudence («ppovTuriç) sont idenlifiées. — Cf. /U/i. A/c,

tion de rintelligence dans la vie pratique. La possession des biens physiques eux-mêmes n'est belle et bonne qu'autant que l'intelligence y fait descendre sa loi. Rien ne produit le bonheur que la pensée, ce que la pensée informe et dans la mesure où elle l'informe : ce qui est encore la pensée. Le bonheur est le sentiment de la pleine évolution de l'activité rationnelle ^ L'idée est grande et profonde. Aussi Aristote, lorsqu'il l'expose, se sent-il comme emporté par une sorte d'enthousiasme. « Il faut, dit-il, tendre autant que possible à l'immortalité , il faut tout oser en vue de vivre selon ce qu'il y a de meilleur en nous. Si l'homme est petit par son volume, il l'emporte de beaucoup sur tout le reste par sa puissance et sa dignité » -. Et pour lui, comme pour Pascal, ce double privilège tient en un mot : la pensée.

On arrive aune précision nouvelle, lorsque des éléments que suppose le bonheur on passe au sentiment qui le constitue.

Le bonheur, pour Aristote, n'est pas une somme de plaisirs, comme pour Épicure ou Bentham. A ses yeux, les plaisirs ne diffèrent pas seulement par la quantité; ils diffèrent aussi par la qualité. Et, pour l'établir, il a recours à trois raisons principales. Lorsque l'on considère des plaisirs qui résultent d'énergies distinctes, on s'aperçoit que les uns tendent à détruire les autres. Celui qui aime la flûte n'a plus d'oreilles pour écouter des syllogismes; le charme qu'il trouvée son art l'absorbe. Il en va de même pour l'intempérant à l'égard de la vertu .

r, 15, llly^ 11-18; A, 13, 1102^ 26et sqq. ;Z, 1, 1138^ 18-34; H, 13, 1153», 29-35.

1. Arist., Eth.Nic.,K,6, 1177*, 1-2: AoxcTô' ô eOôai'fJLtov pîo; xat' àpsxriv eivat.

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