Id.,Ibid.,l
6. Id., Ibid., \\ 1, 11 10», 19-27 : ... eu' èvîoi; ô' éuaivo; aàv où -yiveTai,
rinévita])le nécessité des choses, cette force fatale qn'Aristote appelle du nom d'àvav/.Y;. Il s'agit d'actions vertueuses ou méchantes, que l'on peut faire ou ne pas faire; il s'agit d'actions libres. Le mot oîX signifie donc cette sorte de contrainte morale, d'un genre à part, que nous exprimons par le terme de devoir ou celui d'obligation.
La raison qui ordonne l'homme, ordonne à l'homme* : elle n'est ni simplement régulatrice ni purement « optative »; elle commande^. Mais ce fait, sur lequel Kant devait si fortement insister, Aristote ne l'analyse pas; il en parle comme tout le monde et ne prend nul souci de préciser son origine ou de déterminer ses caractères. L'idée qui le domine, à laquelle il revient sans cesse, qui est comme le motif de son éthique, c'est bien celle d'ordre, de convenance, d'harmonie, de nombre, de beauté : si sa morale n'est pas purement esthétique, elle est surtout cela ^.
rnjyyvtôfJLTi ô orav ôià Toiaùxa Tcpà^v] Tt; à \iy\ ost , à ttqv àvOpwTrîv/iv çûaiv uTceprecv£'. xal {Ar,o£i; àv ÛTCou.eîvai. "Evia ô' tirco? oùx eativ àvaYxa<r6yivai, âX).à jiàXXov àiroôavsiéov uaôovTt xà Ôsivôrata.
1. Ahist., Et/i. Xic, Z, 11, 1143*, 6-10 : Atè Tispt xà aura |;,£v tî?] «ppovi^ffei tOTÎv, o'jy. laii Se xaÙTÔv gûvîti; xal (ppôvrjTt;* yj {jlsv yàp (ppovrjCTiç èKixaxTixTi £«TTtv xi yàp Seï npàxxîtv y; [xV], xô X£Ào; aOrô; êaxiv y) 6è auvEaiç xptxixr) (idvov; l/nd.,Z, 13, 1145% 2-11.
2. Nous avons !e regret de ne pouvoir nous rendre, sur ce point, à l'interprélalion de M. Brochard (Revue philosophique, LI, p. 3) ni même à celle de son péiiétrant contradicteur, le 11. P. Sertill\ngks (Ibid., p. 280). 11 ne nous semble pas totalement rrai « que les philosophes anciens ne se soient jamais élevés jusqu'à l'idée de devoir, d'obligation, ni par conséquent de conscience impérative, de responsabilité morale et de péché )). Ce que l'on peut dire, à notre sens, c'est que ces notions ont pris un relief plus puissant et une précision nouvelle, sous l'influence du christianisme. Nous avons exposé notre sentiment à cet égard dans le Correspondant (10 septembre 1893); nous l'avons défendu dans « Socrate » ; et les textes d'Arislole nous permet- Icnl d'avancer dans le m-siine sens. Le R. P. Sertillanges s'est d ailleurs rapproché de notre sentiment dans un second article (Rev. de phil., fév. 1903, p. 161).
3. V. sur ce point de la morale aristotélicienne des pages intéressantes
312 ARlSTOTi:.
La notion de la vertu et celle de l'intention morale une fois déterminées, il se pose un problème capital et qui n'en est pas moins très dilfîcile : comment discerner, au cours des événements, ce « milieu relatif à nous-mêmes » qui constitue la vertu pratique i ?
« Il est aisé à chacun de s'indigner, de donner de l'argent, de faire des largesses; mais il n'en va plus de même, lorsqu'il s'agit de découvrir la destination, la mesure, le temps, la fin et le mode de ces actions. C'est pourquoi le Lien est rare, digne d'éloge et beau » 2. Dans les questions de mathématiques ou de métaphysique, on a des principes rigoureux d'où découlent des conséquences également rigoureuses : on y rencontre partout cette nécessité absolue qui fonde l'universalité ; et l'on peut obtenir de la sorte comme un édifice de propositions où la contingence n'a pas de part, qui ne souffrent aucune exception d'aucune espèce. Les actions humaines ne se prêtent pas à cette exactitude. Elles sont d'une mobilité telle et d'une si grande complexité qu'elles forment un réseau presque inextricable à qui veut en pénétrer la nature et l'enchaînement; elles enveloppent aussi, comme les phénomènes physiques et plus encore qu'eux, un fond d'indétermination qui leur vient de la matière et qui en fait une source d'imprévus. L'accident s'y mêle à tout propos : il y entre du dedans, il s'y glisse du dehors; et nous demeurons dans l'incapacité de mesurer les conséquences qu'elles peuvent avoir, la quantité de bien ou de mal qui doit en sortir dans la suite du temps. Il faut
dans L. Oixk-Laprune, IJssai sur la morale d'Arislotc, c. m, IJelin, Paris,
1. Arist., Etii. Nie, », 5, 110G\ 28-33; lOuL, », y, UO'J", 14-'^G.