‹ AristoteChapitre 25 sur 304 · Id., Ibid., H · texte numérisé non relu

Id., Ibid., H

6. Id., Anal, post., B, 11, 94*, 34-35 : Touto 5e TaOxév eoxi tû xi ^v «Tvat, T<j) TOÛTO (Tr][jia:vetv tov Xdyov; Phys., B, 3, 194**, 26-29; Ibid., B, 7, 198% 16-18; Met, A, 3, 983% 27-29; Ibid., A, 2, 1013% 27-29; Ibid.,Z, 1, 1028* ^5 et sqq.

condition du devenir, un troisième aspect de la réalité changeante qu'il importe de noter ^ De plus, comment la matière passe-t-elle de la privation à la possession? Comment s'élève-t-elle à la forme ou plutôt à l'une des formes dont elle est susceptible? Évidemment, il faut qu'il y ait quelque part une force impulsive qui l'y pousse ; et cette force ne peut être que le désir du meilleur (ope^tç). Il existe un principe « divin et bon » , dont la nature est une sorte de dégradation. Ce principe suprême, l'être qui est susceptible de changement et par là même imparfait le connaît toujours d'une façon plus ou moins obscure : il en reçoit quelques clartés qui provoquent en ses profondeurs un inextinguible amour; et de là le drame éternel de la vie ^. La matière, la forme, la privation et le désir : tels sont les quatre éléments essentiels auxquels conduit l'analyse du mouvement. Mais ces quatre éléments ne s5nt pas tous des principes, au sens rigoureux du mot. La privation n'est qu'une sorte de manque, un non-être 3. Et le désir se rattache à la matière. On ne peut, en effet, le situer dans le terme ultime vers lequel tout aspire, vu que ce terme, étant parfait, n'a besoin de rien. On ne peut pas davantage le placer dans le contraire de la forme à conquérir; car, outre que les contraires n'influent pas direc-

1. Arist., Met., A, 2, 1069", 32-34 : xpca '6r\ xà aÏTia xai rpet; ai àpxai, ôùo ;j.èv Y) èvavTiwffiç, rjç t6 {lèv /oyo; xai elôo;, t6 2è axépridt!;, xô ôe xptTov r\ ûXtj.

2. /d,, Phys., A, 9, 192', 14-19 : 1^8' éxépa (Aoïpa t^; èvavTiwffew; TcoXXàxiç àv qpavTaaûety] T(ji Tipàç t6 xaxOTroiov aùrriç àxeviJ^ovxi xiriv Siàvoiav oOS' elvai xà TiapocTiav ôvxoc y^P xivo; ôetou xai àyaôûO xal èçexoO,x6 {xèv èvavxcov aùxw çafjièv etvaijXàSè S 7cé9uxevèçce<T6aixalôp£Ye<r9o" aùxoû xaxà xi?iv éauxoù (fùaiv; Met., A, 7, 1072', 26-30; Ibid., A, 7, 1072", 13-14 : èx xoiaûx?]; âpa àpx^C îipxyixat ô oOpavè; xal y) (puait;.

3. Id., Phys., A, 8, 191*', 15-lG : èx yàp xfj; «xxcpriaew;, ô èaxi xaO' ayx6 {jlVj 6v, oùx dvuTtàpxovxo; ytyvexac xt; Ilnd.. A, 9, 192", 3-6.

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tement les uns sur les autres, il est difficile de croire que chacun d'eux, une fois existant, a le désir naturel de se détruire lui-même^. C'est donc à la matière que se rattache cet immense vouloir-vivre qui agite la nature : il en fait le fond ; il en est comme le ressort toujours tendu '-. Et, si cette réduction est véritable, il ne reste plus, en définitive, que deux principes dans la substance : la matière qui cherche à se déterminer et la forme qui la détermine.

Mais ces deux principes demandent une étude plus approfondie : il faut en examiner encore les caractères intimes et voir ensuite quels sont leurs rapports mutuels.

La matière occupe dans la nature un domaine immense ; et l'idée dont il faut partir, pour délimiter ce domaine, c'est qu'elle existe partout où se produit quelque changement 3.

Il y a de la matière dans les choses sensibles. C'est là son principal empire : elle s'y manifeste à chaque degré de l'être, quoique avec une influence décroissante, depuis la poussière de la route jusqu'à l'organisme humain d'où sort toute conscience, sauf le vouç. Il y a de la matière

1. Arist., Phys., A, 9, 192*, 19-21 : toî; Sa aufxSaîvsi to èvavTiov ôpéYSffQat TTj; ÉauToO çOopà;. KaiToi ûOte aÙTÔ éautoO otov te èçtec-ôac xo elSo; ôtà tô (xyi etvat èvo££; oOte to èvavTtov; ibid., A, 7, 190", 33.

2. /rf., Ihid., A, 9, 192*, 22-23 : cCÙà tout' é(TTtv y\ uXyj, wairep àv et OrjXu àppevoç xat alaypov xaXoù. Celte théorie ressemble de très près à celle que développe Platon dans le Phédon (XIX, p. 102 fond-103).

3. Id., Met-, H, 5, 1044", 27-29 : oùôè îiavTà; \j\r\ âffTtv iXX' Ôatav YÉveffii; èaTi xal (xeTxêoXir^ ei; àXXïiXa.'Oaa 5' àvôu toO (AôTaSàXXeiv î] [xtq, oùx ëffTi toutwv vXri; De cœl.. A, 4, 312% 11-15; Met., A, 2, 1069^ 24-25: uavTa S' ûXriv ix^i ôda (xeTaêàXXei, àXX' ÉTepav ; De long, et br. vit., 3, 465", 11-12; De cœl., A, 3, 270', 18-22.

dans les êtres mathématiques; car, bien qu'on les envisage comme immobiles, ils ne cessent pas en réalité d'appartenir à des sujets qui se meuvent : la matière pénètre jusque dans l'intelligible ^. Il y a même une certaine matière dans les astres et les sphères éternelles. Non pas, il est vrai, que les corps célestes subissent, comme ceux d'ici-bas, des changements internes 2. Mais ils se déplacent sans relâche ; et l'on peut dire qu'ils sont en puissance à l'égard des positions qu'ils n'ont pas encore atteintes : les astres et les sphères célestes ont une matière « topique » ^. Il n'existe que l'Acte pur, s'il en est un, d'où la matière soit entièrement bannie.

En outre, la matière est spécifiquement multiple ou numériquement une, suivant l'aspect sous lequel on la considère.

Au sens le plus obvie du mot, elle est le principe d'où sort immédiatement une forme donnée * : tel est l'argent à l'égard de la coupe que l'artiste sait en tirer ; tels sont aussi le sec et le froid relativement à la terre. Or la matière, prise de ce point de vue, a biea une certaine plasticité, qui la rend susceptible de plusieurs formes : « un morceau de bois, par exemple, se prête également à de-

1. Arist., Met.f Z, 10, 1036", 8-12 : uXy) û' y] [xàv ataOïQTy) èoxiv y) 8è voyiit], alffOriTY] (i,èv otov xa>,xo; xal ÇûXov xai 6ari xiv/)Tr) uXy), vottitt) ôè iv toT; aidQriToïç uTrâpxouda (xy) tJ ataOrixà, olov Ta (xa8r)(jLaTtxà ; Ibid., Z, 11, lOSG**, 35 et sqq. ; Jôid., H, 6, 1045», 33-35.

2. Id.Jbid., ©, 8, 1050", 7-8 : ïaxi ô'oùOèv Suvà|xei àtôtov ; /6*rf. , A, 6, 1071*, 20-21 ; Ibid., N, 2, 1088^ 14-28; De long, et brev. vit., 3, 465", 7-12.

3. /rf., Met.,n, 1, 1042^ 5-8; Ibid., H, 4, 1044^ 6-8; /6id., A, 2, 1069^ 25-26.

4. /d., Phys., A, 9, 192", 31-32 : liyio yàp (JXtjV to TtpwTov CiTioxetjxsvov ixàffTO), i^ ou yr/exai Ti évuTtàpxovtoç |x9) xatà cufjiôeêyixôç; Met. y 0, 7, 1049*, 3-24

l'être. 25-

venir coffre ou lit ^ ; » et l'on peut donner à un lingot d'or un nombre indéfini de figures. Mais cette plasticité a des limites. On ne fait pas une scie avec un fil de laine 2; il faut d'abord que la terre se transforme, pour que l'on puisse en obtenir une statue d'airain ^. Ce n'est pas la terre non plus qui est la matière directe d'où sort l'homme ; c'est plutôt le germe vivant *. Il y a donc, en un sens, plusieurs sortes de matières; et chacune d'elles peut être considérée comme un genre à l'égard des formes qui lui reviennent ^.

Ce n'est là, toutefois, qu'un premier aperçu de la question. De même que l'on remonte de la pluraHté des contraires à l'unité de la matière, on remonte aussi de la pluralité des matières à un principe plus profond, qui, lui aussi, est unique et perd en outre tout vestige de spécification.

Un corps est essentiellement une chose qui se palpe ^. Or les contraires auxquels donne lieu le palpable sont les suivants : « le chaud et le froid, le sec et l'humide, le lourd et le léger, le dur et le mou, le gluant et le friable, le raboteux et le poli, le grossier et le fin ^. » Parmi ces contraires, il en est deux, le lourd et le léger, qui n'entrent pas ici en ligne de compte ; car il s'agit d'expliquer comment les objets sensibles influent les uns sur les

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