‹ AristoteChapitre 267 sur 304 · V. plus haut, j · texte numérisé non relu

V. plus haut, j

ne saurait s'établir * : « il est ridicule de dire que Ton aime Jupiter » 2. Il n'y a qu'un hommage qui convienne à Dieu, c'est celui que mérite tout degré supérieur de bonté et de beauté, c'est l'estime ou l'honneur 3. Mais ce culte du respect lui convient par excellence, comme au seul parfait, au seul bienheureux. Et il faut le rendre magnifique * ; il faut aussi le maintenir avec fermeté : celui qui le met en question mérite le fouet à l'égal de celui qui doute de la légitimité de l'amour filial^.

En vertu du même principe, il ne peut y avoir d'arbitre souverain devant lequel les hommes comparaissent après la mort pour recevoir la récompense ou le châtiment de leurs actions. Dieu ne juge pas ce qu'il ne sait pas; bien plus, la seule idée de jugement répugne à sa nature : s'il rendait une sentence quelconque, il changerait, et il est immuable par essence ^. Il n'existe même aucune espèce d'immortalité personnelle, aucune survivance du moi; les hommes n'ont pas bu à la coupe d'ambroisie dont parle Hésiode. La sensibilité disparaît avec l'organisme; l'imagination et la mémoire avec la sensibilité dont elles ne sont que deux aspects. Par le fait, il n'y a plus d'intelligence passive; il ne reste que le vouç Tuoi-rjTtxoç, lequel, parce qu'il est le même en tous comme la vérité, n'est à

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