‹ AristoteChapitre 272 sur 304 · Id., Ihid., A, 4, 1253^ 23-38, I25i · texte numérisé non relu

Id., Ihid., A, 4, 1253^ 23-38, I25i

LES ACTIONS IIUMAINKS. 3il

mêmes : ils manquent à peu près totalement d'initiative. Lorsqu'on leur parle le langage de la raison, ils le sentent beaucoup plus qu'ils ne le comprennent; ils seraient incapables de le découvrir. Ces gens ne sont nés ni pour gouverner les autres ni pour se gouverner eux-mêmes. Leur vocation forcée et la plus conforme à leur intérêt, c'est d'obéir; et voilà les esclaves ^ On les reconnaît d'ailleurs à certaines marques physiques : ils ont une vigueur tout animale, ils marchent courbés vers la terre et sont comme façonnés du dehors aux fonctions subalternes qui les attendent-.

Du moment que l'esclavage suppose une telle infériorité de nature, on n'a point le droit d'y réduire tout le monde indistinctement. Les Grecs, par exemple, sont dignes de la liberté ; ils demeurent tels, en quelque endroit qu'ils aillent fixer leurs pénates, quelles que soient les vicissitudes qu'ils viennent à subir : c'est un bien dont ils ne sauraient être privés sans injustice. Au contraire, les Barbares montrent assez par leurs mœurs qu'ils sont faits pour être asservis ; les sociétés qu'ils forment ne comptent que des esclaves. Il est permis de les vendre, de les acheter, de conserver comme « une chose » les prisonniers de guerre qu'on leur fait. Les poètes ont raison de dire « qu'il convient aux Hellènes de commander aux barbares w^.

Une autre conséquence du même principe, c'est qu'entre le maître et l'esclave il ne peut y avoir ni relation de justice, ni relation d'amitié. Vu que l'esclave « ne possède

1. Arist., Polit., A, 5, 1254% 17-39, 1254^ 1-26; Ibid., k, 2, 1252% 30-34, 1252% 1-5; cf. Ibid., T, 6, 1278% 32-37.

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