‹ AristoteChapitre 275 sur 304 · Id., Ibid · texte numérisé non relu

Id., Ibid

4. Id., Ibid., 9, 1257», 30-41, 1257^ 1-22; cf. Etii. Nie, I, 1, 11 63»- 1164».

5. Id., Polit., A, 9, 1256^ 40-41, 1257*, 1-5; Ibid.^nôl", 22-34.

6. Id., Ibid., 9, l•>57^ 40-41, 1258^ 1-18; cf. Ibid., B, 7, 1267^ 3 et sqq.

8. Id., Ibid., B, 7, 126G^ 21-31; Ibid., 9, 1269^ 19-27 et sqq. : il s'agit des femiaes du Sparte dont l'histoire est résumée plus haut.

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par là même il tend aussi à déchaîner toutes les convoitises. En outre, ce dernier mode d'acquisition est injuste par nature: l'argent ne produit rien; il est stérile. L'on exige un bénéfice illégitime, lorsqu'on demande à ses débiteurs quelque chose de plus que la somme prêtée^.

Telle est l'idée qu'Aristote s'est faite de la famille. Et cette idée une fois connue, on est à même de mieux comprendre sa réfutation de la République.

D'après ce que l'on vient de voir, la famille tient à l'essence même de l'homme : elle est d'institution naturelle. Platon a méconnu ce fait fondamental; et cette méprise initielle entraîne toute une série de conséquences funestes. Établissez la communauté des biens, et vous supprimez du coup le véritable stimulant du travail. D'ordinaire, on ne s'intéresse franchement qu'à soi-même et aux siens, on ne se dépense que pour ses propres affaires. S'agit-il du bien public, les autres sont assez nombreux pour y veiller, et Ton ne montre du zèle qu'à toucher son salaire : les fonctionnaires sont paresseux 2. Établissez la communauté des femmes et des enfants, et vous tarissez la source principale de l'amitié ; vous détruisez par le fait la plus solide garantie delà concorde civile. C'est dans la famille surtout que Tamitié devient intense et pure, qu'elle s'unit à la vertu et milite en faveur de l'ordre. Ailleurs, elle n'a d'ordinaire qu'une influence médiocre; c'est comme une goutte de liqueur dans un vase rempli d'eau. Ou bien la société se fragmente en foyers, ou bien il n'existe plus entre

1. AiiiST., Polit., A, 10, 1258\ 38- iO, 125<.)", 1-8. — Platon prohibe cgaloment l'usure {De leg., V, 742').

2. /rf., lOid., B, 3, 1261^ 32-38; Ibid., 5, 1203», 40-41, 12G;{", 1-7; Ihid., h, 12.')2\ 22-23.

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les hommes aucune bienveillance efficace ^ Que deviennent d'ailleurs, dans rhypothcse de Socrate, les lois naturelles qui président à la vie de famille? D'après sa doctrine, on ne connaît ni son père, ni sa mère, ni ses frères, ni ses sœurs. On aura donc fatalement des rapports illicites avec eux. On se trouvera sans le savoir de les injurier, de les frapper, d'entretenir avec les siens des amours incestueux : autant de violations de ces préceptes non écrits, qu'aucune convention humaine ne saurait abolir 2.

« La politique de Socrate est spécieuse et d'aspect philanthropique. L'auditeur l'accueille avec plaisir, dans la pensée qu'elle peut inspirer à l'homme un amour incroyable pour ses pareils » ^. Mais, en réalité, c'est au résultat contraire qu'elle aboutit : elle détruit l'ordre social, précisément parce qu'elle nie celui de la famille. Et ce mal universel, elle le produit sans aucune compensation, au profit d'un postulat insoutenable. L'idée maîtresse dont s'inspire Platon, c'est celle de l'unité. Or cette idée le trompe en politique, non moins qu'en métaphysique. La société est essentiellement une pluralité ; et cette pluralité ne se compose pas d'éléments identiques : il y faut des chefs, des juges, des soldats, des agriculteurs, des artisans. La société est essentiellement une pluralité hétérogène; par là même sou unité ne peut être que relative, analogue à celle d'une harmonie *.

Ces considérations d'Aristote sur la famille révèlent avant tout un sens profond des conditions pratiques de

1. Arist., Polit., B, 4, 12C2", 7-24; Ibid., 3, 1261^, 32-39, 1262^, 1-14

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