Id., Ibid., H
entre nations civilisées ; et ce droit veut que l'on ne chasse pas aux hommes comme aux bêtes ^ De plus, la guerre n'est qu'un moyen, qui a sa fin dans la paix : on prend de la peine pour avoir du loisir, on se bat pour trouver l'indépendance et dans l'indépendance la beauté de la vie ^. Les faits d'ailleurs parlent ici plus haut que le raisonnement. Une organisation toute militaire de l'État ne va pas sans dommage. Lorsqu'un chef d'armée est assez fort pour asservir les voisins, il peut aussi dominer ses concitoyens ; et de là un danger perpétuel de tyrannie auquel les Spartiates eux-mêmes n'ont pas toujours échappé : on en a comme preuve la conduite de Pausanias 3. Chose plus grave encore, Lacédémone a trouvé dans son militarisme l'une des principales causes de sa perte. C'est une remarque que Platon a faite dans ses Lois^ et l'on ne peut que lui donner raison. « La constitution » des Spartiates « est tout entière ordonnée vers une partie de la vertu, celle qui est relative aux combats... Aussi se conservaientils dans la guerre ; mais ils se perdaient dans la paix, pour ne pas savoir user de leurs loisirs et ne pratiquer aucun exercice supérieur à celui des armes. Là se trouve un vice qui n'est pas de mince importance. Ils pensent, il est vrai, que les conquêtes sont plutôt le résultat de la vertu que celui de la méchanceté; et c'est juste. Mais ils supposent en même temps qu'elles l'emportent en valeur sur la vertu : en quoi ils se trompent » ^*.