ARIST., Polit., r, 17,1288% 8-9. Cf. plus liant, p
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tenir dans un état d'absolue obéissance : l'autorité de Jupiter ne souffre pas de partage ; et « les lièvres ne font pas la loi aux lions, suivant le mot d'Antisthène ». Resterait donc à Tacceptcr comme maître; et il le faudrait faire sans hésitation ni regret ^ Il n'est pas de gouvernement ordinaire qui paisse, comme un être de cette excellence, comprendre et réaliser l'œuvre du bonheur : la souveraineté de son noble vouloir est ce qui convient le mieux à de simples hommes.
En dehors de ces deux cas, dont le second n'est guère qu'un rêve, il s'agit d'hommes libres et à peu près égaux. Et, dans un milieu de cette nature, la monarchie cesse d'être le meilleur des gouvernements -.
L'homme est plein de passions: il y a un « fauve » en lui qui est le désir. Confiez-lui un pouvoir illimité, et il devient impossible qu'il n'en abuse pas de plus en plus ; l'ambition, la sensualité et la soif de l'or seront ses conseillères : si bien qu'il finira par précipiter son peuple dans un abîme de malheurs ^. A qui d'ailleurs
1. Xrist., Polit.. 13, 1284», 3-17; /Wrf., 1284S 25-34: ... Xei'TcexaiTotvuv, ô-rtsp êotx£ neçuxévat, ueiÔEdôai xw toioutui uâvTa; àcfxî'voj;, wcte paai/.éa; eivai toùç ToiouTOvi; àiSioy; èv Taï; izoliciv; Ibid., 17, 1288*, 15-29; Ibid., H, 3, 1325'>, lO-h;Ibid., 14, 13321», 16-29. — Platon fait la même hypothèse {De leg., IX, 875"). il ne s'agit donc pas d'Alexandre dans ces passages d'Arislole, comme l'ont prétendu quelques interprètes ; le disciple reproduit la pensée de son maître, et peut-êlre dans l'unique intention de mieux faire ressortir le principe fondamental d'où dérive tout pouvoir, et qui est 1 intelligence mise au service de la vertu, en un mot la sagesse.
2. Au regard d'Arislote, il n'y a de vraie monarchie que celle qui est absolue ; la monarchie constitulionnelle est déjà une manière de république {Polit., r, 16, 1287% 1-10}.
3. Arist., Petit., r, 16, 1287", 28-32 :... 6 ô' àvôpwuov xEXeOcov TcpouTiôvid. xal Ôriptov 71 Te Y*^? tTri6u|j.:a ToioOTov,xai ô Ouf^ôç dipxovTa; ôiafftpsçet xai toù; àpiffTou; àvSpa?; Ibid., 15, 1280», 17-20. — Cf. Plvt., De le.g., \\, 87 i« et sq. : il oppose à la monarchie lu même raison.
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léguera-t-il son autorité, en quittant la vie? il est naturel qu'il la confie à Fun de ses enfants : l'hérédité politique est la conséquence de la monarchie. Et là se révèle un nouveau danger. Comme on ne reçoit en partage ni l'intelligence ni la vertu pour être le fds d'un roi, c'est entre les mains d'un homme quelconque, d'une médiocrité le plus souvent, qu'iront tomber les rênes du pouvoir ^ . 11 faut donc qu'il y ait un principe de gouverocment à la fois plus fixe et plus juste que la volonté d'un seul; il faut qu'il y ait un ensemble de règles votées par une assemblée régulière et qui ne puissent être modifiées que par une assemblée de même nature : « la loi » s'impose comme un élément essentiel de la meilleure des formes politiques 2.
Il est vrai que tous les inconvénients ne se trouvent pas conjurés par là même. 11 y a, dans chaque peuple, un quotient d'individus imbéciles et dépravés dont la présence tend à devenir funeste ^ : c'est ce que Solon et quelques autres législateurs avaient vivement senti ^. Mais, outre que le nombre de ces unités sociales peut diminuer de plus en plus sous l'influence d'une éducation bien comprise, elles n'ont pas assez de force pour l'emporter d'ordinaire. lien est de la part qu'elles prennent aux votes publics comme d'un peu de mauvaise nourriture mêlé à une quantité considérable de mets
t. Arist., Polit., r, 15, 1286^ 22-27.
2. 1(1., Ibid., r, 16, 1287", 18-20: tôv apavôfxov àp/eiv alpeToiiepov (|xaXXov) •?j Twv TtoXiTwv ëva xivà; Ibid., 11, 1282'', 1-3, 10-11.
3. Id.f Ibid., r, 11, 1281'', 15-34: ... KalToi it ôiacpepouaiv êvtoi xwv Gripitûv li); eTt'y; eIkeÎv ;...
4. Id., JOid... ; d.noliieîa. 'AOYjvaiwv, V-XIH, éd. Frid. Blass, Lipsiœ,
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excellents : leur action est neutralisée. Ce qui domine, c'est le bon sens de l'ensemble ; et le bon sens de l'ensemble vaut plus que celui d'un seul : l'assemblée du peuple est comme un homme où se concentreraient tout l'esprit et toute la vertu des personnes qui la composent ^ D'autre part, il est difficile que le monarque traite toutes les affaires par lui-même; il faut qu'il se choisisse un nombre plus ou moins considérable de collaborateurs : il ne devient capable d'exercer son pouvoir qu'à condition de former autour de sa personne une sorte d'assemblée. Mais alors ne vaut-il pas mieux que cette assemblée soit nommée par les citoyens eux-mêmes? Un groupe d'hommes indépendants n'offre-t-il pas plus de garanties qu'un troupeau de flatteurs -? Corruption pour corruption, c'est celle de la loi qui a le moins de fréquence et le moins de gravité.
De plus, on ne conçoit pas une société d'hommes égaux, où le pouvoir dépend totalement d'une seule volonté ; c'est un régime contre nature. Tous les hommes égaux ont les mêmes droits, dans la mesure où ils sont tels; et, par suite, ils doivent tous participer de quelque manière à la direction des affaires publiques ^ . La monarchie devient une injustice, des qu'il ne s'agit plus de peuplades primitives ou de ce chef surhumain que l'on a mentionné plus haut.
Parle fait même, cette forme politique aboutit fatale-
1. Arist., Polit., T, 11, 128P, 40-42, 1281^ 1-15, 34-38; 1282^ 14 et sqq. ; la même pensée revient jusqu'à la (in du chapitre. — Ibid., 15, 1286*, 20-40; 1286, 1-10; IbuL, 16, 1287^ 25-35.