‹ AristoteChapitre 286 sur 304 · Id.t JOid., r · texte numérisé non relu

Id.t JOid., r

LES ACTIONS IIU31AIXES. 359

cessibles à tous; et c'est le sort qui décide de ceux qui les doivent remplir. Toutes les causes aussi sont jugées par tous, dans la mesure où les conditions pratiques de la vie le permettent. Il n'existe pas de magistratures perpétuelles; il n'en est pas non plus que l'on puisse exercer deux fois de suite, à l'exception de l'autorité militaire. Le droit se compose des décrets qu'arrête la foule ; et ces décrets ne souffrent pas d'appel : ils ont une valeur absolue ^.

Cette théorie enveloppe une exagération dangereuse. C'est une grave imprudence que de confier au premier venu les fonctions les plus importantes de l'État; elles demandent une somme de droiture et d'expérience qui n'est pas ordinaire et que le sort ne saurait discerner. Le système de la fève n'est pas soutenable ^ ; Socrate a eu raison en le poursuivant de son implacable ironie. D'ailleurs, l'heureux exercice des charges n'est qu'un aspect de la vie politique ; il y faut considérer aussi l'équilibre des classes et les chances de corruption que présente le régime en vigueur. Or, à ces deux points de vue, la démocratie a des suites pernicieuses et qui ne peuvent c[ue s'aggraver avec le temps. Du moment que les individus n'y comptent que comme des unités numériques, les pauvres qui sont les plus nombreux l'emportent fatalement : ils deviennent les maîtres de la cité; et les riches se trouvent livrés aux caprices d'une foule inepte autant

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