SiMPL., Phys., 163, b, o
3. Stob., loc. cit. : ÏTpaTtov è^toTipto [aèv t<çr\ toO xôtjjxou jjly) eîvat xevov, èvooTÎpfo Se ôuvaxov yevéaOai; ïiiicobOUKT., Ciirat. gr. ajf., IV, 14, p. 58, éd. Gaisford, Oxoniis, 1839 : ô tï StpâTaiv ëfjLTraÀiv, ë^wOev (xvjôèv etvat xevov, ëvÔoOôv 6a Suvaxôv elvai; Simpl., Pliys., 144, b, m.
4. SiiXT. Emi'., Pyrrh.y III, 33 : SxpaTwv ôè ô cpucrixè; xàç uoiûTYixaç [àpyr,v
Xéyei]-
5. Stob., Ed., I, 298 : STpâtcov axoiyeta xô 0£p[j.ôv xal <\)\>içt6v; Epipiian., Exp. fld., 1090" (coll. Migne, t. XLll) : Ixpaxwvcwv (1. Xxpixcav) iv. Aa{X(];àxou TYjv 6£p(j.f,v oÙTÎav IXeyev aiTÎav Ttàvxwv ÙTuâpxeiv (la clialour est le principe positif et dominant); Plut., Prim. frig., 9, 1160". — D'après M. Hodikh {La Physique de Straton de Lampsaque, (). 66, Alcan, Paris, 1891), le chaud et le froid ne seraient, pour Straton, c< que des espèces du rare et du dense ». Mais les textes qu'apporte M. Ilodier à l'appui de son interprétation ne concernent ni l'origine, ni la nature du chaud et du froid-, ils formulent seulement la loi qui i)réside à leurs lapporls mutuels.
cluent : l'une disparait toujours où Taulre se produit et dans la mesure où elle se produit ; cette lutte est le principe de tout un ensemble de phénomènes naturels. Par exemple, lorsque la froidure gagne en intensité, la chaleur est par là môme pourchassée vers les hauteurs du ciel, dans les cavernes et les fissures de la terre : elle s'accumule en ces régions. Et c'est de là que résultent les éclairs, les tonnerres, les tremblements du sol, les éruptions volcaniques ^ .
La pesanteur, la chaleur et la froideur ne sont que les causes directes et sensibles du devenir physique. Il faut qu'il y ait une force qui les tire de la matière et les détermine, qui les coordonne et les meuve du dedans-. Mais il n'est pas nécessaire que cette force soit suspendue à une pensée transcendante qui la sollicite et la dirige ; il n'est pas nécessaire non plus qu'elle connaisse elle-même ce qu'elle fait. Sa causalité se traduit sous forme de sélection; et la sélection produit à la longue les mêmes résultats que la finalité ^. Le moteur immobile d'Aristote
1. Sbnec, Nalur. qu., VI, 13, 2, éd. Bouillet, Paris, 1830 : Hujus [Str.] taie decretum est : frigidum et calidum seinper in contraria abeunt, etuna esse non possunt : eo frigidum conduit, unde vis calida discessit : et invicem ibi calidum est, unde frigus expulsum est...; Stok., Ed., I, 598 : STpdcTwv, 6cp[xoy 4'^XPV TîapÊÎ^avTo;, ôtav èxêtaffOèv tu/TI' "^^ TOiaûta ^lYvecrOat, ppovTyjv (Asv àTToppTÎ^ei, çdteiôs àffTpa7nr,v, xà^^ei Sîxspauvov, 7ipY)(7Tfipa; ôè xai Tuçtôvai; Tcji îrXeovaffaù) Tài Trj; uXiq;, T^véxàrepo; aÙTÛv è9éXxeTai, ôepfxoTépav (xèv ô TipTiffxinp, îta^viTÉpav ôè ôtuçwv.
2. C'est dans son traité Ilepi àp/ûv et dans son traité Ilepi ôuvàixewv, que Straton avait parlé de ce sujet. Bien que l'on n'ait pas ces ouvrages, on peut reconstruire sa pensée à l'aide des textes que contiennent les références suivantes (3 et 1, 2. suir.).
3. Plut., Adv. col., 14, 3, 1369* : TeXeuTÛv [8èJ [tûv àXXœv nspnraxTiTixwv 6 xopuçaioxaro; Ixpàrwv] tôv xôffjxov aùxov où Çwov elvai 97)11, xôÔè xaxà çùffiv STiEffOai xtô xaxà xu/r,v àpy/jv "yàp èvôiSôvai xo aùxôjiaxov, elxa ouxw TïEpatvcdôai xûv çviaixwv TïaOÔJv lxa(rrov. Le mot iv^/ri n'est juste ici qu'autant qu'il s'op-
382 ARISïOïK.
et son âme de la nature sont deux hypothèses superflues : la nature est aveugle et pourtant se suffit ^
Au-dessus de la nature se développe une hiérarchie d'êtres qui deviennent de plus en plus complexes, à mesure qu'ils se superposent. Ces êtres d'un genre supérieur, c'est également la force qui, vue d'un autre aspect, en fournit la raison explicative. Bien que partout la même, elle a des modalités de nature très diverse. iVbsolument brute dans le règne minéral, elle est aussi le principe qui vit dans les plantes, qui sent dans les animaux, qui réfléchit et raisonne dans l'homme. Et plus elle monte par ce nouvel ordre de déterminations, plus elle tend à ne relever que de soi. C'est en elle que nait et s'accomplit la pensée considérée du point de vue de son sujet. Elle est aussi le siège unique de toutes nos sensations : nous sommes victimes d'une sorte d'hallucination naturelle, lorsque nous rapportons ces phénomènes aux organes; ils ont lieu dans l'cYme et les organes n'en contiennent que la cause 2.
pose au terme de finalité. Et celle remarque ne fait pas, il est vrai, que le telle parle formellement de la loi de sélection, mais on peut l'en déduire, comme le montre M. Rodier (ouvr. cit., p. 84-85).
1. Cic, Acad., II, 38, 121 : Negas sine Deo posse quidquam. Ecce tihi e transverso Lampsacenus Strate, qui det isti Deo immunitatem magni quidem muneris... Negat opéra deorum se uti ad fabricandurn mundum. Quaecunquae sinl, docet om nia esse elTecla natura; Id., Denat. deor., I, 13, 35 : Nec audiendus ejus [Tlieophrasti] auditor Strato, is qui physicus appellatur : qui ornnem vim divinam in natura sitam esse censet, quai causas gigncndi, augendi, minuendi liabeal, sed careat oinni sensu; Lactant,, De ir. D., t. VII, c. 10, p. 99«> (coll. Migne, Pair, lat.); Minuc. Feux, Oclav., t. 111, 19, 295" : Stralon quoque et ipsam naturam [se. Deum] loquilur; Skmîc. apud s. August., Civit. Dci, t. XLI, vi, 10, [). 190'' : Hoc loco dicel aliquis... ego feram aut Plalonem aut Peripaleticum Slratonem, quorum aller IVcit Deum sine corpore, aller sine animo; Max. Tyii., 17,5, éd. Diibner, Paris, 1877 ; l'athée lui-même a l'idée de Dieu, xàv OTtaXXà^rji; ti^iv (pûaiv, w; Irpâxtov.
2. Pllt., Vlr. an. an corp. sit libido, Frag., I, 4, p. V : ol (j.èv yàp-
Mais quel que soit le degré d'activité que la force puisse atteindre, elle n'acquiert jamais une indépendance totale; elle demeure toujours par le fond de son être essentiellement liée à la matière. L'intelligence s'étaie sur la sensibilité; on ne pense qu'à l'aide d'images K La sensibilité, à son tour, englobe la vie; et la vie ne va pas sans orga nisme : de telle sorte que, au moment où celui-ci vient à se détraquer pour de bon, toutes les facultés psychologiques s'évanouissent du même coup, la plus haute comme les inférieures. L'âme est la forme du corps et n'est que cela; par suite, elle ne s'en sépare pas plus que la blancheur du blanc ou le mouvement du mobile -. Aussi bien
(XTTavTa (n)).).r;gûriv xaùxa [xà uà8r]] ir, '\>'J'/,Ti çépovTs; àvéOôaav, ôiffuep XdtpàTwv ô çufftxd;, o'j {JLovov Ta; èTïiOufjiîa;, alla xal xà; XÛTraç, oOoè toù; çoêou; xai toù; ç6ovouçxai xàç ÈTityaipey.axta;, àX),à xat ttovou; xal rjôovà; xai àVfr.ôôvaç xal ôXcoç Tàcav aiaOrifTiv àv xig à^j'/îçi oruvtaxaaOat çajJLôvo; xal x/jç ^\>'/r,i xà xoiaOxa Tïâvxa elvai* (xv) xôv TToôa tîovoûvxcov tFjjxwv ôxav itpocjxpouffwixev, {j.y)ôè xriv xeç a),riv ôtav xaxà?iop.ev, \ir\ xàv 8âxxu),ov ôxav èxx£[xa)[/.£v àvaîffôvixa yàp xà XoiTrà 7:Xy)v xoO :?lYeHOvixoO,TTpo; ô xv); uXYiYr,ç è?éw; àvaçepoijivr,; x^^v a^i(T6v]Tiv àXyïiSôvaxaXoùfAEv. ft); Sàxriv ç/iovy)v xoÎ; walv aùxoï; èviQ-^oOcrav ê^w 6oxoO|X£v eTvat xo aTto xfjç àpx^i; £^l xo yiyeiJLOvtxèv Stà(îxy)(xa x^ ai(T6rjcret T'poa).OYis6(X£voi, TiapaTcÀyio-îo); xov ex xoO xpay[iaTO<;"7r6vov' oùx ôtcou xrjv aïaôrjcriv eiàtq^ev, à).À' ôOev ècrye ttqv àpj(riv elvat Soxoù{X£v, é)vXO(Ji£VY); £7i' £x£Tvo xrj; 4'^x^/' "^Ç' °^ 71£kov6£. Aïo xal 7ipo(jx6'|'avx£; aùxtxa xà; o^pO; (car c'est laque l'âme réside, d'après son école) auvriyaYOv év x({i 7ï)>riY£vx'. jxopiq) xoû y|YSI^o^'''-o^ "^^"^ a'îa6r)<7tv ôçlco; aTîoôiSdvxo; ; /rf., Plac. IV, 23, 3 : Ixpaxwv xat xà TràÔY] xrj; 4'^X^s ^al xà; alaÛv^aEi; èv xfô viYSJJ^ovixtî), oOx èv xoTç 7:£7rov6ôai xonoi; auvic^xaiôai.., A cette théorie se rattache une autre idée, c'est que les impressions organiques ne deviennent des sensations que sous l'influence de l'attention elle-même. V. Vlvt., Solert.an., III, 6, p. 11 7G*, (ex eo PoRPH,, De abst., III, 21) : ... w; oùS' aiaôâvsaôai xoTcapàrcav àv£u xoû voeïv vniçtyz'....
1. SiMPL., P//1/5., 225, a,u: ... xal iipoTO'jxou Se xoû pr,xoOY£Yp°'?6^' ^^10^^*1'^''' al nltiaxcci xwv xivr,(yê(ùv aixîai, à; y\ '\>vyjï xa6* aOxrjv xtvîTxai 6iavoou|A.£vyi xal à; uno xwv alaOr.aEtov £xtvr,0r] •nç.oxEpov, ûyjXov è<rxiv, "Oaa -(àp \ir\ iroéxepov éwcaxe xaùxa où ôOvaxat voeîv, oiov xouûu; r; ),t(i£va; ^ YP^?°'î 'Ô àvôpiàvxa; y) àv6pw7îou; 71 xwv àX).(ov Ti xà)v xoiouxcov. — le mot alxt'ai n'est pas clair dans ce texte; mais la pensée que nous y cherchons n'en reste pas moins nette.
2. D'ailleurs, l'Ame, d'après Straton, est absolument une: et, par suite,
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que la « pensée de la pensée », « rintelligence active » est une illusion métaphysique. Il n'y a pour nous ni éternité, ni perpétuité, ni survivance d'aucune sorte : l'âme tout entière nait avec son organisme, se développe avec lui en le développant et finit avec lui ^ .
Ainsi l'infinie variété du grand Tout se ramène d'abord à une dualité, qui se compose de la force et de la matière. A leur tour, la force et la matière sont deux co-principes essentiellement inséparables d'une seule et même réalité ; de la dualité on passe à l'unité : aux yeux du physicien, le monde est le développement de l'être corporel sous l'action d'une énergie qui lui est immanente 2.
La première évolution de la philosophie aristotélicienne aboutit à l'immanentisme absolu; et la chose s'explique d'une certaine manière. Aristote a fait la nature trop riche pour que l'idée de Dieu n'en souffre pas. Il y a mis la vie, le désir, une sorte d'éternelle raison, toutes les idées sous forme de puissances. Mais alors pourquoi n'y pas mettre aussi un commencement de pensée en acte qui serait l'idée du meilleur et qui suffirait à tout mouvoir du dedans ? Pourquoi faire intervenir un moteur séparé ? Cette façon de conclure est d'autant plus
dire qu'elle disparall en tant que sensible, c'est affirmer qu'elle disparaît tout entière. V. sur ce point Sext. Emp., Adv. Math., VII, 350 : ol ji-èv 6taçépeiv aOir// [tyiv •j'UX'ô^] '^'•''^ alffôiQffetrtv, w; ol TcXelouç" ol ôè aÙTr)v eTvat Ta; ataOïQrrst; y.<x^iizzo oià Tivtov ÔTitôv tûv aî^ôrjTYipi'wv 7tpox07iTou(Tav, ■^; axotaew; f,p$e STpaTwv TE ô ^u'7iy.ô;xal Alvri<7i5yi(xo;-, Tertiii-lian., De an., 14.
1. V. sur ce point : Olympiod., Schol. in Phxd., p. 127, éd. Finckh, Heilbronae, 1847; /d., Ihid., p. 150etsqq.; Plut.,frag. VII, 19. Il s'agit, dans ces passages, de la critique du Phxdon; cette critique est très pénétrante.
2. M. RoDiEK [ouvr. cit., p. 113) observe avec raison qu'il ne faut cependant pas voir en Straton « un spinoziste avant Spinoza ».
naturelle que u la pensée de la pensée » est chose très difficile à concevoir : on est tenté malgré soi de n'y voir qu'une abstraction réalisée. On peut se demander également quel peut être au juste le rapport de « l'Acte premier » à la raison que possède la nature ; et là se trouve une nouvelle pente par où l'on descend vers le naturalisme. Puisque l'Acte premier n'a pas de matière, il ne se multiplie pas ^ Ce n'est donc pas par une espèce intelligible que la nature le connaît, c'est en lui-même. Par suite, elle s'identifie avec lui dans la mesure où elle le perçoit : il est en elle, elle est en lui. 11 y a dans la théorie aristotélicienne un principe d'idéalisme qui conduit au monisme intellectualiste -.
C'est dans un sens analogue que s'oriente la déduction, lorsqu'on vient à réfléchir sur la distinction des deux vojç. Outre que l'on ne saisit pas en quoi consistent au juste la nature et le contenu et la fonction de « l'intelligence active », on ne réussit pas à comprendre comment elle peut avoir une existence indépendante. Il faut un acte à « l'intelligence passive », comme l'a bien observé Themistius; autrement, elle ne serait qu'une pure puissance, elle n'existerait pas. Or quel est cet acte ? Ce ne peut être que « l'intelligence active », et Aristote lui-même le dit assez clairement au livre III de sa Psychologie (c. 5). Mais, si tel est le rôle de « l'intelligence active »