Id., Ihid.y B
5. Id., Ihid., A, 9, 990% 34 et sqq.; Ibid., M, 4, 1078S 32 et sqq. •6. Id.,Ibid.,B, 2, 997^ 8-12.
Si les idées sont séparées, elles n'ont plus rien de commun avec la réalité sensible ; car c'est jouer avec les mots que de recourir à la participation ^ . Il n'y a que deux solutions possibles : ou bien les idées entrent dans la constitution des individus, et alors elles deviennent immanentes; ou bien elles n'y entrent pas, et alors elles demeurent séparées, mais aussi ne gardent plus aucune communauté d'être avec les objets eux-mêmes 2. Voilà le dilemme auquel on arrive, quand on se résigne à tenir un langage précis. Et, par suite, dire que les idées sont séparées, c'est affirmer que ni la sensibilité ne réside dans l'animal, ni la raison dans l'homme, ni la bonté dans les choses bonnes : c'est affirmer qu'il n'y a pas de substances ici-bas, que la nature entière est un phénomène inintelligible ou bien un simple accident des idées. De plus, si telle est la nature, si les objets ne contiennent pas l'essence que nous leur attribuons, la science devient impossible. On ne sait une chose, en effet, qu'à condition de connaître son essence ; or, dans l'hypothèse donnée, entre un être et son essence il ne reste qu'un rapport purement nominal : l'un ne ressemble pas plus à l'autre que la constellation du Chien à l'animal qui porte ce nom 3.
Impuissantes à rendre compte de l'être, les idées séparées n'en expliquent pas mieux le devenir. En quoi
1. Arist., Met.., A, 9, 991\ 20-22 : to ôà X^Yeiv 7iapa6eÎY{AaTa aOtà eTvai xal [jieTé-/eiv aÙTwv TaXXa xevoXoYetv éiTi xal p-etaçopàç ^éyeiv itoiyiTtxàç.
2. Id., Ibid., A, 9, 991", 2-8; Ibid., M, 4, 1079', 33-36; t079»', 1-3.
3. Id., Ibid., A, 9, 991', 58; Ibid., Z, 6, 103r, 31-32; 1031^ 1-22; Ibid., M, 4, 1079*, 86; 1079^ 1-3 ; Ibid., 5, 1079\ 35-36: êxi SôÇetev Ôv àSûvaTov xwpi«. elvai TTjv oùoiav xal o\t y; oOcia; Ibid.t A, 9, 991*, 1-2.
L ETRE. 3t
seraient-elles à même d'y coopérer ^ ? Qu'il y ait un Socrate éternel ou qu'il n'y en ait pas, Socrate n'en demeure pas moins possible : c'est en lui, non au dehors, qu'il trouve les conditions logiques de son existence ^ . Qu'il y ait un Socrate éternel ou qu'il n'y en ait pas, Socrate n'en naîtra pas moins, si par ailleurs il doit naître : il n'a point pour cause efficiente un acte pur, mais bien une substance qui est, comme lui, sujette à la loi de la contrariété 3; « l'homme engendre l'homme^ ». Les « idées » sont immuables; par là même, elles exercent une action qui demeure éternellement uniforme. Et d'une telle action l'on ne fera jamais sortir un changement quelconque, aussi longtemps que Ton ne trouvera pas ailleurs un principe de variation. A plus forte raison n'en ferat-on point sortir l'irrégularité et la discontinuité du mou-^ vement cosmique ^.
Les idées séparées ne servent à rien : elles ne sont ni les essences des choses, ni la règle de ces essences , ni la raison des existences. De plus, quand on vient à les considérer en elles-mêmes, on y voit de toutes parts éclater la contradiction. S'il faut dans chaque problème remonter de la pluralité à un principe unique où réside la cause des ressemblances, le nombre des
1. Arist,, Met., A 9, 991", 3-4 : èv 8à tû 4>ai8tovi outwç ^eyeTat, (b; xai toO sivai xai ToO YÎvveffôai atTiaxà eliSr) ècttiv ; lbid.,M,b, 1080^, 2-3; Plat., P^ajdo^ 140-141.
2. Arist., Met.t M, 5, 1079", 27-30 : èvSéxeTat te xai eTvat xai ^lyvedGatr ÔTtoOv xai {1.Y1 eixaî|6jJievov, ôioTe xai ôvtoç StoxpaTou; xat {jlyi ôvtoç yévo\x^ àv olov XioxpàT7]ç.
3. Id.y Ibid-i Z, 8, 1033", 24-28 : àXkà uotei xaî ^ewa èx Toùôe TOiovSe- xai Stav yt'^'^r^br^, £(jti Toôe Toidvôe...
4. Id., Ibid., Z, 8, 1033", 32 : àveptouoç yàp àvôptùTrov yevvqc.