Id., Anal.post., B
l'être. 37
raction corrosive des eaux. La chaleur et le froid sont pour les êtres vivants, particulièrement pour l'homme, une cause perpétuelle de souffrance. C'est en général au milieu de douleurs extrêmes que les animaux donnent le jour à leurs petits. Et d'où vient la mort elle-même? sinon de l'usure insensible, mais de jour en jour plus profonde que produit la succession des contraires? D'où vient la mort? sinon de la potentialité que renferme le principe matériel ' .
Outre les maux qui tiennent au cours régulier de la nature, il en est qui ont pour causes des convergences de phénomènes purement fortuites. On entreprend le voyage de Delphes, et l'on trouve sur sa route des voleurs qui vous dévalisent ; on sort de sa maison par un temps d'orage, et l'on est foudroyé; on trouve la mort dans un remède qui était fait pour vous rendre la santé. Le temps se refroidit et il pleut : ce qui donne à la terre une heureuse fécondité; mais, en même temps, le grain déjà ramassé se gâte au fond des granges 2. La vie organique, pourtant si merveilleuse d'harmonie, produit elle-même des monstres, à tous les degrés ^. Or ces diverses déviations n'ont d'autre origine qu'un certain manque de prévision : c'est la faiblesse ou la limitation de la pensée qui
1. Arist., Met., 0, 8, 1050", 7-9 : éo-ti 6' o06èv ouvajxei àiôiov. Aôyo; 6è 56e, Tîàffa 6ûva(j,'.; àjxa t?;? àvTiçàffeco; èaTt; Ibid.^ Z, 10, 1035*, 25-27; De cœl., A, 12, 283», 29-31; Bid., 10, 279'*, 20-21; De long, et brev. vit., 3, 465»>, 7-12; Met., 0, 8, 1050", 22-28; De cœl.^îi, 1, 284», 14-15.