‹ AristoteChapitre 36 sur 304 · Scfi · texte numérisé non relu

Scfi

4. Id., Met., A, 0, 988», 3-7 : çalveiat ô' èk (xià; ûXy); \ii(x TpccTteCa, 6 5è Tû eïôo; ÈTiiçÉpicov ei; u)v 7io),).à; Ttoisî. 'O[xoî(o; o' ë/ei xal xô âppev irpô; xô OrjXu.

l'être. 39

« Ta matière à toi n'est pas la mienne ^ » Et, si Socrate diiïere numériquement de Callias, c'est que chacun d'eux « est dans telles chairs et tels os » ; la matière en est la cause-. La portion d'être que j'enclos en ma personne ne peut être celle qui constitue mon voisin ou quelque autre individu; elle m'appartient et n'appartient qu'à moi. Par là même, la forme qu'elle revêt, n'en étant que la détermination, m'appartient également ; et me voilà tout entier distinct du reste du monde. C'est de cette pensée que part saint Thomas, traitant le même problème; et il en fait aux anges une application curieuse. A ses yeux, chacun de ces esprits constitue à lui seul une espèce; car chacun de ces esprits est une forme pure, qui, de ce chef, n'enferme nul principe de multiplication ^.

Il y a quelque chose de plus intime encore dans la fonction de la matière. La forme ne vient pas du dehors, comme le pensait Platon; elle sort du dedans : c'est la matière qui lui fournit de son trésor tout ce qu'elle contient d être : rien dans le cercle de bois qui ne soit du bois, rien dans la statue d'airain qui ne soit de l'airain; rien non plus dans l'âme qui ne procède du corps, sinon le vcuç, lequel « arrive par la porte ». La matière enferme dans son ample sein tout ce qui est, tout ce qui a été, tout ce qui sera : c'est comme l'océan d'où viennent et où retournent les rivières.

Page 1