‹ AristoteChapitre 45 sur 304 · I 11 I I I |-| III · texte numérisé non relu

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Les deux séries b' b' b" b" et g g' g" g'" mettront la moitié moins de temps à se contrepasser l'une l'autre qu'à contrepasser la série a a' a" a". On aura donc la même portion de l'espace parcourue avec la même vitesse en deux temps dont l'un est le double de l'autre : ce qui est contradictoire (Arist., Phys., Z, 9, 239^, 33 et sqq.; Sch., 413^ 28 et sqq. ; 414»). Mais cet argument n'implique aucune notion spéciale ni de l'espace ni du temps. C'est un paralogisme futile, qui se dissipe dès que l'on fait observer que la vitesse de chacune des deux séries en mouvement, considérées l'une par rapport à l'autre, est la somme des vitesses de ces deux séries. 'O (xèvouv Xôyoç toioOto; èffTiv, eÙTjôéffTaTOç wv, wç çTjdiv EOSyiixoç, ôià to Trpoçav^ tôv 7caoaXoyiff|JLèv lyav... (5cA.,414«, 47-48; 414^ 1).

2. Id., De gen. etcorrup., A, 2, 316% 13 et sqq.; Met., B, 4, 1001'^, 17-18; Phys., Z, 1, 231", 18-fîn; 232», 1-22 : ... On ne va pas à Thèbes; on y est toujours arrivé.

3. Id., Phys., r, 5, 204», 20-21; Ibid., T, 6, 206*, 9-14; Ibid., Z, 9, 239, 20-24.

deux conceptions, il en est une troisième à laquelle le célèbre logicien n'a pas réfléchi et qui tranche les difficultés. Supposé que les parties de la matière soient étendues, et l'on a un intervalle à parcourir. Supposé qu'elles soient indivises; et cet intervalle peut être parcouru; car alors on ne s'y perd plus dans une dichotomie illimitée : il est d'un bloc et par là même fini. Supposé d'ailleurs que cet indivis soit divisible ; et la matière cesse d'être une chose contradictoire. Le nombre de ses éléments est encore fini et infini tout à la fois, mais ce n'est plus sous le même rapport : il est fini en acte et infini en puissance ^ Or l'indivis divisible : voilà précisément ce qui s'appelle le continu 2.

Et l'union de ces deux termes si disparates en apparence s'explique comme d'elle-même, lorsqu'on prend garde à la constitution de l'être. Sans doute, les atomes de Démocrite contiennent encore des parties actuelles : ils restent divis ; car ils n'enferment aucun principe qui en unifie l'essentielle pluralité. Mais il en est autrement du continu proprement dit : il s'y ajoute du dedans une force dominatrice qui envahit ses éléments et les identifie entre eux en se les identifiant à elle-même ^ ; et l'on comprend alors qu'ils soient d'une seule pièce , qu'ils constituent une réalité <( dont les extrémités ne font qu'un »*. On comprend aussi que cette réalité demeure divisible dans son unité,

1. AuiST., Phys.j r, 7, 207'', 11-12 : (octte ôuvâ{j.£i [j.év èctti, èvepyet'a ô' où.

2. 10,., Ibid., Z, 1, 231", 15-lG : cpavepov 6è v.cd ôti tiôcv cruvexè; ûiatpetôv el; àei ôiatpeTa; P/iys., Z, 2, 232", 24-25 : Xéyw ôè auve-/à; xè SiatpsTÔv si; àei 6iatpetà.

3. Ifl., Met., Z, 17, 1041", 17-1<J : Kal yi oàpÇ où (aÔvov ixùp xalyri ^ ib Oepfxôv xai i}/u-/p(iv, àÀXà xai STepôv ti; 27-28 : oùoîa ô' éxâ<jTOu {Aèv toùto- toOto yàp aï- Tiov 7rpc5TO'> Toù elvai.

4. /</., Phy.s., Z, 1, 231", 22 : ouvsj^yj (xèv wv xà àa/ata ëv.

l'être. 51

c'est-à-dire que Ton y puisse faire des fragments dont chacun existe pour son compte; en tant qu'étendue, elle reste tangible et sujette à la dichotomie K D'autre part, les parties que l'on obtient se pénètrent d'une forme nouvelle qui en fait autant de substances; car, si rien ne se crée, rien non plus ne s'anéantit. Au contraire succède nécessairement son contraire ou du moins l'un des états qui s'interposent entre ces deux extrêmes. Le bras que Ton sépare de son organisme redevient de la terre ; et, si Ton coupe un ver en deux, la partie où manque la tête se pourvoit d'une autre âme que recelaient ses mystérieuses virtualités.

La nature du continu ainsi déterminée, on esta même de voir comment il se produit au cours des choses. Il faut d'abord que les éléments qui lui servent de matière se touchent les uns les autres, c'est-à-dire que de discontinus ils deviennent contigus -. Il faut ensuite qu'il y ait entre eux une sorte d'affinité naturelle 3. Car tout ne se change pas immédiatement en tout; la flexibilité de la « matière dernière )> a des limites. Ces deux conditions données, deux changements se peuvent produire. Ou bien il sort des éléments en présence une forme qui les ramasse tous en son unité et les fond l'un dans l'autre : ce qui a lieu, par exemple, dans la congélation ''. Ou bien l'un de ces éléments possède une forme prédomi-

1. Arist., Phys., Z, 1, 231*', 4-6 : tô yàp (jyvexè; Ixinb \iïy àXko tô ô' aXlo fjLépoç, xai oiaipeTtat elç oûtw; ëTepa xai xôuw xexwpidfxéva.

2. Ici., lOid., E, 3, 227 , 26-27 : èv ot; 6à (xyj èaxtv àçr,, of,\ov ôxi oOx 8<jTtv oOôè (yû(Ji?y(7i; èv toutoiç; Met., K, 12, 1069", 6-12.

3. Id., De gen. et corrup., A, 5, 322*, 4-7; 26-28 : ig (xàv vàp éari tôirpocriov ôvvâ|j.ei 710(77) orâp^, ta-jTY] {xÈv aù^r)TiJt6v (japxo;, tq ôè (xovov ôuvâixei aâçl, 'zpotpr,.

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