Id.f Phys., e
nante qui s'empare des autres et se les assimile : c'est ce qui se produit dans la digestion et la soudure des chairs^. Et, manifestement, il y a, dans cette théorie, quelque chose de profond : c'est encore l'explication la plus plausible et des phénomènes de chimie organique et des prodiges de suture que la chirurgie opère de nos jours.
Mais dire que le discontinu donne lieu au contigu qui de son côté donne lieu au continu, c'est affirmer deux fois que l'indivis peut venir du multiple. Et alors quelle raison de s'arrêter en si bonne voie? Si l'indivis peut venir du multiple, pourquoi en irait-il autrement de l'indivisible lui-même? Pourquoi la pensée ne serait-elle pas, comme le veulent certains psychologues de notre temps, l'intime identification d'éléments divers, identification qui peut cesser aussi bien qu'elle a pu commencer? A notre sens, il y a là un problème que soulève la métaphysique d'Aristote et qu'elle ne résout pas.
A la théorie de la quantité se rattache l'idée de l'infini 2.
L'infini, en efïet, n'est pas une substance, comme l'ont pensé Anaximandre et les Pythagoriciens ^ ; car la substance ne se divise pas ^ : l'infini, au contraire, est essentiellement divisible. Ou c'est un nombre; et l'on y peut faire des fractions. Ou c'est une grandeur ; et l'on y peut
1. AmsT., De gen. et corrup., A, 5, 32P, 21-2i, .33-35; Ibid., A, 5, 322», 1-3; Ibid.y A, 10, 328', 2G : MetaêcxXXei yàp éxâxepov ei; t6 xpaxoùv.