‹ AristoteChapitre 51 sur 304 · Id., De cœL, A · texte numérisé non relu

Id., De cœL, A

l'êtrk. 57

Supposé qu'un corps infini puisse se mouvoir, il n'expliquera pas les révolutions sidérales. Pour revenir au même point, il lui faudra parcourir une fois l'espace qui lui est égal, s'il est animé d'un mouvement rotatoire^; et deux fois, s'il est animé d'un mouvement longitudinal : car alors il y a l'aller et le retour 2. Dans les deux cas, c'est encore l'infmi qui s'interpose ; et les astres ne pourront jamais reparaître au même endroit du ciel.

De quelque côté que l'on regarde la question, l'on trouve toujours qu'il n'y a, dans la réalité, ni nombre ni grandeur qui soient infinis. Et la démonstration vaut aussi pour la pensée : impossible de concevoir un nombre qui ne comprenne pas telle somme d'unités; impossible aussi de concevoir un corps qui n'ait pas une surface et par là même une limite ^.

Si l'infini n'existe pas en acte , reste qu'il existe en puissance ^. Chaque nombre, qu'il soit d'ordre concret ou d'ordre purement mathématique, renferme une somme finie d'unités; mais on peut toujours de quelque manière ou le diviser ou le multiplier à plaisir. Chaque ligne a un terme ; mais elle est toujours susceptible et d'une série de diminutions et d'une série d'accroissements qui n'en ont pas. Ainsi des plans et des solides. Le fini enveloppe une aptitude essentielle à devenir autre, puis encore autre, à recevoir sans borne du plus ou du moins; et cette aptitude inépuisable, voilà l'infini^. Ce n'est donc pas chose qui soit

1. Arist., De cœl., A, 5, 271", 28 et sqq. ; lOid., 272*, 1-7; Ibid., 272», 25 etsqq.; Ibid., 273», 1-6.

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