C. Id., Ibid., A
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distances qui le séparent des extrémités du ciel et du centre de la terre, aient jamais subi ou puissent jamais subir une variation quelconque ^ De plus, la forme d'un corps est périssable; son lieu est indestructible. Là où tel corps s'est situé une fois, d'autres corps ont pu se situer dans le passé, d'autres le pourront dans l'avenir; et l'on ne se figure aucune portion du temps où cette possibilité vienne à manquer : elle est éternelle 2.
Il est plus difficile encore de soutenir, avec Platon ^, que le lieu d'un corps n'est autre chose que sa matière. Car, outre que la matière se transporte d'un point à un autre, comme la forme et avec elle, il est clair qu'elle n'a rien de ce qui sert à constituer un lieu. Le lieu nous apparaît comme l'enveloppe du corps qui l'occupe : c'est une sorte de contenant. Or la matière, ainsi qu'on l'a déjà fait observer, est plutôt un contenu; et ce contenu n'a par lui-même ni figure ni limites : il ne peut se situer dans l'espace qu'autant qu'il s'y ajoute une forme *.
Si l'on se rabat sur les intervalles qui séparent les extrémités d'un même corps, on fait une hypothèse plus vraisemblable, mais qui ne résiste pas mieux à l'épreuve de la réflexion. Soit un corps donné : ses intervalles changent de place avec lui ; on peut donc leur en substituer d'autres, puis d'autres encore, sans qu'une telle opération rencontre jamais aucune limite; et l'on aura par là même « une infinité de lieux dans le même
1. Arist. , P/ÎÎ/.Ç., A, 1, 208»', 1-8; Ibid., 2, 209^ 22-30.
2. Ici., Ibid., A, 1, 208", 29-35; Ibid., 20d\ 1-2 : ... ou yàp aveu tûv àXXwv oûôev èffTtv, èxeTvo S' aveu tûv âXXwv, àvày'^iQ itpùiTov cTvai* où yàp àuoXXuTai 6 TOTuoç Twv èvaÙTô) çôeipofxévwv; Ibid., A, 2, 210*, 9-11.