‹ AristoteChapitre 61 sur 304 · Id., Ibid., A · texte numérisé non relu

Id., Ibid., A

lieu » : ce qui est une contradiction manifeste ^

Reste donc que le lieu d'un corps soit la limite intérieure du corps qui l'enveloppe 2. Supposez une coupe remplie d'eau : on y distingue d'abord une limite du liquide inhérente au récipient; puis une limite du récipient inhérente au liquide, et qui demeure la même lorsqu'on remplace l'eau par du vin, de l'air ou quelque autre corps. Cette seconde limite, voilà le lieu. Il est comme un « vase immobile », qui peut recevoir successivement une infinité d'objets, ou bien encore comme les rives d'un fleuve qui assistent impassibles à l'éternel écoulement des flots ^. Et de cette définition du lieu dérivent un certain nombre de conséquences qu'il faut indiquer.

1° Tout est dans le ciel. En effet, puisqu'il n'existe aucun corps qui ne soit fini, le ciel doit avoir une limite extrême; et cette limite, considérée comme inhérente à tout le reste, en est l'enveloppe immobile et par là même le lieu ^.

2** Le ciel n'est nulle part; car, au delà de sa limite extrême, il n'y a plus rien dont il soit le contenu ^.

3° Le ciel ne peut avoir qu'un mouvement circulaire. Pour qu'il fût animé de translation, il faudrait qu'il y eût des lieux en dehors de lui; et il n'en existe point, vu que l'enveloppe du ciel n'est pas elle-même enveloppée ^.

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