Id., Jbid., Z
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unique et indivisible. De plus, cette limite est toujours identique à elle-même et toujours autre, suivant le point de vue dont on la considère^. Quel que soit le mobile ou le mouvement, l'instant est toujours la limite constante du passé et de l'avenir. Et néanmoins, tout en gardant sa nature, il s'évanouit et renaît sans cesse 2. Carie mobile, en se mouvant, change perpétuellement de position; et l'instant change avec la position du mobile 3. C'est là ce qui distingue la limite de l'étendue et celle du temps. La première demeure; la seconde passe sans trêve ni repos : elle est un éternel devenir^. L'instant a donc trois caractères principaux; et ces trois caractères font mieux comprendre sa fonction. En tant qu'il est indivisible et toujours le même, il rattache l'une à l'autre les deux portions du temps qui semblaient d'abord ne pouvoir se réunir. En tant qu'il devient toujours autre, il sert à diviser le mouvement en parties de plus en plus petites et par là même à le mesurer 5.
Entre l'avant et l'après, il y a un intervalle qui s'appelle la durée. Or la durée ne ressemble pas à ses extrêmes : elle est continue. Tel est le mobile; tel est, par suite, le mouvement. Il faut donc aussi que telle soit la
1. Arist., Phys., à, II, 219", 12-13 : ToSè vùv é<rxi jj.èv a>; xè aOxo, ecrxiS' (b; où x6 aùid.
2. Id.f Ibid., A, 11, 219", 13-15 : ig {xsv yàoèv âXXw xat àX).w, sxspov (xoOxo S'rjv aùxtÔTÔ v\jv),Tg ôè ô ïioxe ôv èdxi xo vOv, xo aùxo; Ibid., 219", 18-28: ... tq as àpiOfjLyjxôv xô 7rp6x£pov xat ûffxepov, x6 vuv èaxtv...