‹ AristoteChapitre 71 sur 304 · Arist., Phy$., A · texte numérisé non relu

Arist., Phy$., A

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la métaphysique que la rotation de la sphère est d'une régularité parfaite ^ Et de là un cas de réciprocité assez étrange. Le temps mesure le mouvement; et, à son tour, le mouvement mesure le temps 2. Mais ce n'est pas de la même manière. Le mouvement régulier précise la durée, qui fait partie du temps; et, la durée une fois précisée, le temps devient, non plus une mesure quelconque, mais la mesure exacte du mouvement.

De la nature du temps ainsi ramenée à des termes plus nets découlent un certain nombre de caractères essentiels qu'il faut indiquer.

Le temps est unique. Il demeure le même, quelle que soit l'espèce du mouvement, quelle que soit sa vitesse ; quels que soient aussi Féloignement réciproque et la diversité des mobiles. Car il n'est point le mouvement lui-même; c'en est le nombre. Or un nombre ne se multiplie pas, parce qu'on s'en sert pour compter plusieurs groupes d'objets : qu'il s'agisse, par exemple, de sept chiens ou de sept chevaux, il n'y a qu'un nombre pour les uns et pour les autres ^.

Le temps est continu. En effet, toute portion du temps comprend une certaine durée, plus deux instants qui la terminent et dont l'un la relie au passé , l'autre à l'a-

1. Arist., Phys., A, 14,223*', 18-20: elouv t6 TipwTOv ^ii^ov Tcàv ttov tûv <juy- YEvcôv, Y) xuxXoçopta i?! 6[JLa)>riç {xéxpov (iàXiaxa, ôrt ô àpi0(J.ô; ôxaÛTr]!; yvwpifxwTa- To; ; Ibid., 223'', 21-23 : oiô xai Soxeï ô xpo^^? eîvat ■fi Tyjç açacpa; xivYjdi;, ôti Taûxr) p.eTpoîjvTai al x).lci.\. xiv^o'eK; xai ô XP^^'^o? TauTr] ir^ xiviQ'jet.

2. Id., Ibid., A, 12, 220", 14-31 : Où {xovov Se xriv xiVTjaiv Toi XP°^'î* V-^' TpoOfxev, à)>).à xal x^ xiviQffsi tov xpôvov ôtà xà ôpiÇeaGa'. u7t' cùX-i\iMv . . . \ Ibid., A, 14, 223^ 15-18.

3. /(/., Ibid.f A, 14, 223'', 2-15 : ... xal oià xoùto ai (j.£v xtviQfjeiç Sxepai xal Xwptî, ô ôè xpo^os TcavxaxoO ô aùxd;, ôxi xac 6 àptOtxôç d: xat ô aOxo; Tcavxa- •/où ô xôiv tffcav xai àfxa...

venir. Par suite, le temps lui-même n'a de rupture nulle part. Imaginons d'ailleurs qu'il y en ait une; et l'on s'apercevra bien vite qu'elle ne peut être que fictive. D'après cette hypothèse, la fin de la première partie et le commencement de la seconde ne sont séparés par aucun autre instant : ils ne forment donc qu'une seule et même limite ; et la continuité se rétablit.

Le temps est divisible à l'infini. C'est un corollaire de la proposition précédente. Tout continu est susceptible d'une dichotomie qui n'a pas de terme.

Le temps est éternel. Quelque portion du temps que l'on considère, elle a toujours deux limites, un commencement qui est la fin d'un passé et une fin qui est le commencement d'un avenir K II faut donc que le temps lui-même n'ait ni limite antérieure ni limite postérieure : il n'est point né, comme Ta cru Platon, et il ne disparaîtra jamais. En outre, le mouvement est éternel, comme on le verra plus loin; et, par suite, le temps qui le mesure l'est du même coup 2.

De la nature du temps dépend aussi la délimitation de son domaine. 11 enferme tout ce qui est animé d'un mouvement local, tout ce qui se transforme, tout ce qui croit et décroit, tout ce qui naît et meurt, et aussi tout ce qui est en repos, vu que le repos n'est que la privation du mouvement. L'empire du temps est identique à Fenipirc de la matière : c'est celui du devenir*^. Par suite, il faut placer en dehors du temps les vérités nécessaires ou

1. Arist., Phys., A, 13, 222", 33; 222", 1-8; lOid., 0, 1, 251% 19-26.

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