‹ AristoteChapitre 76 sur 304 · Id., Ibid., A, 30, 87^ 19-27; Met., E, 2, 1027", 5-2G · texte numérisé non relu

Id., Ibid., A, 30, 87^ 19-27; Met., E, 2, 1027", 5-2G

4. Id.,Phys., B, 5, 197", 32-35; Ibid., l\, 8, 199", 33-35; 199^ 1-4; De Cœl., A, 12,283", 32-33 ;283^ 1-6; Met., K, 8, 10G5", 28-35; Ibid., E, 2, 1027", 13-28.

l'étrk. 83

posés : c'est là, c'est dans ce fond d'indétermination que se trouve la cause de Faccident proprement dit. Cette cause est donc indéfinie : ce qui veut dire qu'elle est impensable. Ainsi, l'on se trouve derechef en face d'une conclusion que Ton a déjà rencontrée plusieurs fois : tout n'est pas entièrement intelligible. Il en est de l'accident pris en son troisième sens comme de rinlini : on ne peut s'en faire qu'une idée imparfaite, et parce que, comme l'infini luimême, il relève d'un principe indéterminé qui est la matière. Conséquemment, le principe de causalité n'est pas universel : il y a, dans l'être, un certain aspect qui lui échappe, et la science ne peut devenir intégrale.

C'est aussi dans la zone des catégories dérivées qu'il faut situer les contraires. Car, ainsi qu'on l'a vu plus haut, ils n'existent pas à l'état séparé. Us supposent un troisième terme d'où ils sortent, où ils rentrent pour en sortir derechef. Et, par suite, ce ne sont point des substances, comme Font cru les^hysiciens ; ce sont des modalités de la substance ^.

En quoi consistent ces modalités? C'est le point qu'il faut éclaircir maintenant.

Les catégories, en se déterminant, produisent des oppositions ; et ces oppositions se ramènent à quatre types : elles peuvent exister comme relation, comme privation, comme contradiction, ou comme contrariété. Par exemple, le double et la moitié s'opposent à titre de relation; la cécité et

1. Arist., Phys., A, 5, 188% 10-20; Ibid., A, 6, 189% 27-32; Met., N, 1, 1087*, 2«J-37; 1087^ l-i.

8V ARISTOTIî.

la vue, à titre de privation. Cette proposition : « Socrate est » assis et cette autre : « Il ne l'est pas » forment une contradiction ; et le bien et le mal, un cas de contrariété ^ La contrariété serait donc une espèce d'opposition, qui, comme telle, se distinguerait totalement des trois autres et se rangerait avec elles sur le même plan. C'est la thèse qui se dégage des Catégoines. D'après cet ouvrage, la contrariété n'est jamais une relation. Car tout relatif se dit de quelque autre chose : ce qui n'a point lieu pour les contraires ; le bien, par exemple, n'est pas bien du mal, comme le double est double de la moitié ^, La contrariété ne se confond pas davantage avec la contradiction ou la privation. L'un de ses traits essentiels est, en effet, d'admettre des intermédiaires entre les deux termes qui la fondent; or la contradiction n'en saurait avoir, vu qu'il faut de toute rigueur qu'un homme soit malade ou ne le soit pas ^. Et il en va de môme pour la privation; car du moment qu'un être a des yeux, il est nécessaire ou qu'il soit aveugle ou qu'il jouisse de la vue : la privation est une sorte de contradiction ^. Partant, il semble bien que la contrariété soit absolument irréductible à l'une quelconque des autres oppositions.

1. Ahist., CatCQ., 10, ll^ ir>-23; Met., A, 10, 1018% 20-25; Ibid., I, 4, 105i", 38 et sqq.

Page 1