DÉTERMINATION DES CATÉGORIES
Toutefois, ce n'est point par cette dernière définition qu'il convient de commencer. La question qui se pose dès le début est purement ontologique : il s'agit d'examiner ce que c'est que l'être ; et, pour savoir ce qu'il est, il importe en premier lieu de chercher ce qu'il n'est
pas.
On ne peut se rattacher à la théorie de l'absolue unité de
l'être. Si cette théorie a fait des partisans, c'est parce que
l'on n'a pas su lever les équivoques qu'elle renferme.
Que veut-on dire, en effet, lorsque l'on affirme que l'être est absolument un? Veut-on signifier que, par delà les formes de l'être et l'être lui-même, il y a l'Un et que cela seul est? Mais s'exprimer de la sorte, c'est tomber dans une contradiction manifeste. Si l'un n'enferme plus l'être, s'il est autre que l'être, il n'est pas; et rien n'est *.
Veut-on dire seulement, avec Parménide et Mélissus, que la multiplicité des choses est une vaine apparence, et qu'au fond il n'y a qu'un seul être, partout homogène, éternellement identique à lui-même 2 ? On se trouve