‹ AristoteChapitre 98 sur 304 · Id., Pliys · texte numérisé non relu

Id., Pliys

lève d'un seul gouverneur ; c'est avec raison qu'Homère a dit ces paroles : « La polyarchie n'est pas bonne, qu'il n'y ait qu'un chef » '. L'unicité du premier moteur se déduit également de son essence elle-même. C'est par la matière, et par la matière seulement, que les éties se multiplient : il n'y a pas d'autre principe d'individuation. Mais le premier moteur ne contient pas de matière ; c'est une forme pure : il ne se multiplie donc pas. Ou plutôt, et pour parler avec plus de précision, il n'est ni un ni plusieurs ; il est au-dessus du nombre 2.

Si tel est le premier moteur, comment peut- il mouvoir le monde?

Il ne le meut pas en vertu d'une impulsion mécanique. Car toute impulsion de ce genre suppose une limite commune où le mobile touche le moteur, l'actionne à son tour et lui imprime du même coup une espèce de mouvement ^ ; or le premier moteur est intangible comme pensée, immobile comme acte pur. Mais au-dessus de la causalité physique, il y a la causalité finale; et c'est là, c'est dans le mode de cette énergie supérieure que se trouve la solution du problème.

Le premier moteur ignore la nature, mais il n'en est pas ignoré. Au fond de la matière habite une àmc qui lui est immanente. Cette àme enveloppo-t-ellc, comme la nôtre, la sensibilité et l'imagination? c'est chose difficile à préciser. On ne peut nier cependant qu'elle ait une sorte

1. AiusT., Met., A, 10, 107G*, 3-4: xà Se ôvxa où poO).eTat 7to),tTeÛ£CT0ai xaxù); « Oùx k^aSih^ TToXuxoif-avIr)- et; xoi'pavo; ë<7Tu>. »

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