‹ Aristote Physique IV, 1-5Chapitre 12 sur 18 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

La préparation précédente nous permet d’aborder directement ici étude de l'essence du lieu.

210582 — 241 à 12. -- Méthode et points de départ pourune telle recherche. La méthode est celle que préconise et qu’emploie Aristote (cf. Eth. Nic. I, 8. 1098 b 9, de An. I, 1. 402 b 16-403 a 2; Rodier, 23) : on constate le plus possible de propriétés, qui sont appelées ici propriétés apparentes ou admises parce qu’empiriquement obtenues ; elles ne sont pas encore démontrées ; puis on essaie de les démontrer de la définition que l’on pose ainsi d’abord hypothétiquementet qui doit rendre compte des propriétés trouvées par la première recherche et des difficultés qu’elle a rencontrées. Voici quelles sont les propriétés que les trois premiers chapitres ônt permis d'obtenir : le lieu est enveloppe première(2. 209 b 1) — il n’est rien de la chose (1. 208 b 27; 2 en entier) — il est égal à la chose {2 début ; cf. 211 à 27 et III, 5. 20$ a 33, de CoœbI, 6. 273 a 13) — il en est séparable (1. 208 b 1 : le remplacement ; 2. 209 b 21; 209 b 31-32) [Simpl. 565, 18; Philop. 540, 24 et S. Th. L. IV. 2; lisent : pér'amodeirectau 211 a 2 et voient là une allusion à l’impossibité du vide, qui a déjà été admise 209 à 26 (la * théorie du vide a été donnée comme signe 1. 208 b 25); toutefois, il semble qu’Aristote eût marqué plus nettement l’opposition de ce sens avec celui de ywptorév qu’il relie au précédent par un simple xat]— il a les déterminations du haut ou du bas (Aristote dit : et du bas) (1. 208 b 8: 2. 210 a 2) et propriété liée à la précédente (Philop. 543, 6), il est le terme des mouvements propres. Ces propriétés sont ainsi tirées soit de l’évidence (les mouvements naturels sont évidents, comme l’existence des natures et du mou-

vement lui-même, soit de la sensation et de l’expérience, soit du langage, soit des opinions des philosophes.— 211 a 6 : « rà hoirg » pourrait signifier les autres propriétés qui ont pu échapper; nous croyons plutôt qu’il s’agit de la seconde partie de la méthode, à savoir la confrontation de la définition et des propriétés — 211 a 11: Pour bien connaître une chose, il faut non seulement pénétrer sa nature, mais voir en quoi elle nous est plus ou moins facilement accessible ; c’est d’ailleurs là un principe purement méthodologique.

241 a 12-b 5. — Préliminaires à la position de l’essence, dans lesquels sont résumés et signalés les traits principaux du lieu, obtenus par la recherche précédente.

211 à 12-17. D'abord, l’étude du lieu doit partir de celle du mouvement : c'est bien, en effet, ainsi qu’a procédé Aristote (voir ad 1 début), le mouvement étant la réalité où l'on retrouve le lieu (III, 4 début) comme le temps (cf. 11. 218 b 21); et, c'est une conséquence de la propriété (4, a 12-13) c’est le mouvement qui séparant le corps de son lieu, suggère l’idée (Philop. 541, 14) et le problème du lieu (ad 1. 208 b 1-8-25 : rôle du remplacement et des mouvements naturels dans l’affirmation commune de l’existence du lieu ; ad 2. 209 b 21-30 : en tant que séparable, le lieu n’est ni la forme, ni la matière), cette liaison du lieu au mouvement est importante en ce que la définition à laquelle parvient Aristote tient compte de l’immobilité du contenant ; ainsi, le lieu d’un corps n'est bien défini qu’au moment où il le quitte (c’est là une des raisons qui rendent inévitable la question du lieu du tout). Comme exemple de cette liaison du lieu au mouvement, Aristote donne précisément la croyance (d'ailleurs inexacte, voir $. 212 à 31-b 22) au lieu du tout (212 a 13-14). Par suite, si ce sont les choses en mouvement local qui doivent nous servir de points de départ pour l’étude du lieu, il convient de signaler les choses qui sont vraiment mues localement pour connaître les choses qui sont vraiment dans le lieu (Simpl. 567, 7). D'où les deux remarques suivantes : la première (212 a 14-17) pose les deux sortes de mouvement local, le transport, l'accroissement et le décroissement, celui-là, selon la

remarque de Simpl. 567, 14, étant le mouvement local proprement dit. C'est à partir de ces deux mouvements qu’il faudrait entreprendre l’étude de l’évolution psychologique de l'idée de lieu que néglige d'ailleurs Aristote (cf. Simpl. 567, 18-21).

La deuxième remarque (212 a 17-23) distingue les choses mues : par soi et les choses mues par accident; nous pouvons prévoir, en effet, que seuls les corps mus par soi nous donneront quelques renseignements sur le lieu et même seront proprement dans le lieu ; parmi les corps mus par accident, il faut distinguer, selon la terminologie des commentateurs, les w£on, qui sont mus par accident dans leur tout, mais qui sont mus par soi en puissance (Simpl. 567, 32) et les suube6nxéra qui ne sont jamais mus par soi; d’où le ëveoyeis de 211 a 18. Le caractère principal, mais sous-éntendu, du mû par soi, est qu'il se détache seul de son lieu ; il va donner lieu à la remarque suivante. |

211 a 23-29. — Elle part de la RS du lieu immédiat et des lieux médiats (2. 209 a 31-b 6) et aboutit à dire que le lieu véritable est évidemment immédiat; ce qu’elle apporte de nouveau, c’est la notion de l'extrémité de l’enveloppe qui servira dans la définition du lieu. Cette observation est une conséquence des propriétés r et 3; d’autre part, la notion d'égalité entre le lieu et la chose est un commencement de quantification du lieu.

211 a 29-b 5. — Cette égalité du lieu et de la chose, combinée avec leur séparation nécessaire, aboutit à la quatrième remarque, laquelle est conforme à la propriété 2 : la chose n’est pas continue avec son lieu, mais seulement en contact; il faut donc se reporter aux définitions du contigu, du contact, du continu de Phys. V, 3;. of, il est certain que dans cette théorie, Aristote a supposé admise une certaine notion de l’espace, ainsi l’on pourrait taxer ici Aristote d’une espèce de cercle vicieux, assez net 211 4 34, quand résumant les résultats précédents, il montre que le lieu immédiat des extrémités de l’enveloppe est égal à la chose, car, dit-il, les extrémités des choses en contact sont £y +& a«ûr® (voir les remarques d’Alex. Simpl. 570, r). En réalité, il ne faut pas demander à Aristote la rigueur d’une reconstruction purement conceptuelle ; il prétend

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