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lieu ; le fleuve n’est pas lieu, parce qu’il est mobile; ou alors il faut considérer le fleuve tout entier, soit, comme le disent Simpl. (584,7) et Them. (119, 10), le fleuve et ses rives, c’est-à-dire le lit et le bassin, soit qu’Aristote considère la masse d’eau qui définit le fleuve dans son unité, comme il fait, dans les Météor. (U, 3. [21] Id.) le fleuve de pluie et de vapeur. (D'ailleurs 212 à 19 päXdov indique que l'exemple n’est pas rigoureux ; et, en effet, si c’est le lit qui est le lieu, il n’est pas immédiat et ne satisfait point à la définition). Ainsi le navire ne serait pas dans un lieu, au moins dans un lieu propre (il suffit d’ailleurs de supposer que le navire est porté sur le fleuve, sans avoir un mouvement propre, étant mû, par suite; par accident [Simpl. 583, 22]); c’est là une conséquence que Saint Thomas (1. VI, 14) essaie de corriger en concevant un lieu dans l’eau qui coule, mais qui n’est pas cette eau ; il est difficile d'en voir la différence avec le contour purement géométrique, qui n’est certes pas le lieu réel pour Aristote, car il n’est qu’à titre d’abstraction — Sur lexpression foiler, voir Bonitz, Ind. 140 b 41. :
La différence du lieu et du vase manifeste donc la nécessité où lon est de concevoir le lieu comme immobile ; sinon il faudrait un lieu pour le mouvement du lieu (Simpl. 583, 26), ou, comme nous l'avons déjà dit, un corps immobile pourrait être considéré comme en mouvement. Aristote n'éclaircit pas ces difficultés et par là montre d’abord qu'il n’était parvenu à comprendre dans leur portée générale la relativité des mouvements et celle des lieux, ensuite que pour lui, le lieu est une propriété de la substance, ne subsistant par soi à aucun titre et ne pouvant être un sujet de mouvement.
9212 a 19-21. Seconde définition du lieu.
212 a 21-28. Confirmation de la définition par trois usages relatifs à la notion de lieu. |
Le premier (212 a 21-28) est d’appeler bas le centre du ciel, haut la concavité de l'orbe lunaire, et c’est justice parce que ce sont des contenants immobiles. On répond ainsi: à la difficulté
212 4 14-28 | ss implicite de savoir où était un lieu dans le monde sublunaire, mobile dans toutes ses parties. Il ne s’agit pas d’établir de nouveau l’immobilité du lieu par le raisonnement suivant (Simpl. 584, 30) : le lieu a le haut et le bas, en vertu de la propriété 5 ; le haut et le bas sont l'extrémité et le centre, en vertu des mouvements naturels ; l'extrémité et le milieu sont permanents; donc, etc.; il s’agit de confirmer la définition par l’évidence, fondée à la fois sur la coutume et sur la raison qui pose les mouvements naturels, et les distinctions du haut et du bas comme évidents; c’est ainsi, du moins, qu’Aristote présente les choses, omettant la conclusion et commençant par à toùro.
Il s'agit, 212424, d’une part, du centre du monde, qui n'est pas le centre de la terre mais le monde ne peut se concevoir sans un corps central (cf. de Coelo Il, 3.286 a 12 sq.), d'autre part, de la concavité l’orbe de la lune ; or,cet orbe se meut, mais il n’est pas impropre à servir de lieu ; car il se meut du mouvement uniforme dont les propriétés ont été fréquemment mises en lumière par Aristote : cf. Phys. VIIL, 9.265 b 1 : la sphère se meut et en un sens est au repos ; c’est une des raisons de la priorité du transport circulaire (Phys. VIT, 9 ; de Gen. Corr. [,320 a 22 : les parties changent de lieu, non le tout, cf. de Coelo I, 9. 279 b3 ; IL,4. 287 a 11: le ciel est circulaire, sinon il changerait de lieu en tournant). Ainsi la concavité de l’orbe lunaire coïncide toujours avec elle-même : par là elle à la constance qui permet d’en faire un lieu ; certes c’est par rapport aux mouvements verticaux qu’elle peut servir de point de repère et non aux autres mouvements circulaires ; mais Aristote ne pense pas à cette difhculté, er le boat Éyov Se si à la sphère elle-même, non à ses rapports aux mobiles (cf. la même expression touchant le mouvement des fixes Gen. Corr. IL, 10. 336 a 28).
Par opposition au sens précis qu'on vient d'indiquer, et conformément aux mouvements fondamentaux des éléments extrêmes, la notion de lieu est appliquée non seulement à la limite comme telle,. mais au corps lui-même, terre et feu (Philop. $s91,23) ou éther ; peu importe cette dernière ambiguïté, car cette notion de
SE PiEs | | COMMENTAIRE, — | CHAPITRE À:
lieu est non précisée, mais elle est bien dans la logique de lac tin (cf. 5.212 D 14-16) et utilisée notamment de Cælo IV 311013-29 — 312 a 2. Nous préférons cette interprétation #1 celle de Saint Thomas (I. VI, n. 17) qui fait appel à la stratification des éléments et ie ainsi le haut relatit au haut absolu FR Simpl. 586,15). CE | 212 a 28-29. — Le second usage est la comparaison du Lens ee. S un vase où à une surface enveloppante, et en effet, c’est plutôt ; une limite. L'expression xepuéyoy est nettement'mise en valeur. E 919 a 29-30. — Si le second À usage nous éloigne de considérer le CES lieu comme une chose, il ne faut pas oublier qu’il existe dans la (4 chose. Si par la notion d’enveloppe, le lieu établit un rapport entre substances, le substantialisme ne perd pas ses droites pour autant.
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