‹ Aristote Physique IV, 1-5Chapitre 5 sur 18 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Vérification de la définition du lieu, sur la question du lieu du tout (212 a 31-b22), sur les difficultés proposées au début (212 b 22-29), sur le caractère dynamique du lieu (212 b 29-fin du ch.).

#% Siun corps a hors de lui un corps qui l’enveloppe, il est dans un lieu ; sinon, non. C’est pourquoi, même si une telle chose (une chose qui n’ait rien hors d’elle) devenait fluide, on pourrait la dire telle, c’est-à-dire sans lieu ; # à la vérité, les parties d’un tout se mouvront, (elles s’enveloppent mutuellement) ; mais le tout, s'il se meut en un sens, en un autre, non; en tant que tout, en effet, il ne change pas de lieu, mais il se mouvra en cercle, car tel est le lieu qu’il faut attribuer aux parties ; certaines d’entre elles ne se mouvant ni vers le haut ni vers le bas mais en cercle ; d’autres se mouvant vers le haut et le bas (celles qui subissent condensation et raréfaction). |

3 Comme on l’a dit, les choses sont dans un lieu les unes en puissance, les autres en actes ; par suite, quand un corps homogène est continu, les parties sont dans un lieu en puissance ; quand séparées elles sont en contact et comme en tas, en acte. D’autre part, les choses sont dans un lieu par soi; par exemple, tout corps mobile par transport ou accroissement est par soi quelque part; mais le ciel, on l’a dit, dans son ensemble n’est pas quelque part ni dans un certain lieu, si du moins aucuncorps ne l'entoure; mais en tant qu'il se meut, il y a un lieu pour les parties, et en effet une partie est contiguë à une autre. D’autres sont dans un lieu par accident, comme l'âme et le ciel; en effet, toutes les parties sont dans un lieu en un sens, car sur l’orbe elles s’entourent mutuellement, 13 C’est pourquoi la partie supérieure se meut circulairement et seulement ainsi. Mais le tout n’est pas seulement quelque part; en effet, la chose qui est quelque part est d’abord par elle-même une chose, ensuite en suppose une autre à côté, en laquelle consiste l’enveloppe ; or, à côté du tout de l'Univers, il n’y a rien en

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dehors du tout, et par suite, tout est dansle ciel, car le ciel est le tout, c’est bien entendu. Or, le lieu ce n’est pas le ciel, c’est l’extrémité du ciel qui est en contact avec le corps mobile comme limite immobile. Par suite la terre est dans l’eau, l’eau dans l'air, celui-ci dans l’éther, l’éther dans le ciel, mais celui-ci n’est plus dans une autre chose.

2 I] est manisfeste, d’après cela, qu’une telle théorie du lieu résoud toutes les difficultés. En effet, il n’est plus nécessaire, ni que le lieu soit accrû avec le corps, ni que le point ait un lieu, ni que deux corps soient dans le même lieu, ni que le lieu soit un intervalle corporel; en effet l’intervalle, quel qu'il soit, du lieu, est un corps, et non un intervalle corporel ; et le lieu est bien aussi quelque part, mais non comme dans un lieu, mais comme la limite est dans la limité. En effet, tout n’est pas dans le lieu, mais seulement le corps mobile. ? Enfin,chaque corps se porte dans son lieu propre et cela se comprend; car le corps qui est consécutif et est en contact avec celui-là sans violence, est parent ; et si les choses qui sont soudées sont mutuellement impassibles, celles qui se touchent sont passives et actives mutuellement. * Ensuite, chaque chose reste en repos naturel dans son lieu propre, et il ne faut pas s’en étonner; en effet, cette partie est dans le lieu comme une partie divisée relativement au tout, ainsi qu’on peut le voir sur le mouvement d’une partie d’eau ou d’air. ! Or, tel est le rapport de l'air à Peau; l’un est comme matière, l’autre comme forme; l’eau matière de l'air, l'air comme un certain acte de l’eau ; car l’eau est air en puissance ; mais l’air est en un autre sens eau en puissance. D'ailleurs on définira ces points plus tard; mais il faut bien en parler par occasion ; ce qui se présente maintenant s'éclaircira. Si donc la : « matière » et l’« entéléchie » c’est la même chose (on les voit toutes les deux dans l’eau, qui est ceci en puissance, cela en acte), le rapport serait celui d’une partie relativement au tout, ou à peu près; c’est pourquoi entre ces termes il y a contact; et il y a soudure, quand de deux ils deviennent un par génération.

Telle est notre théorie du lieu quant à son existence et à son essence.

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