COMMENTAIRE. — INTRODUCTION
de mouvement (200 b 2); mais sans cette notion, on ne parvien=
drait pas à celle du lieu (210 a 12). En second lieu, il convient de bien marquer que c’est du mouvement que l’on part et dans ce concept que l’on trouve ces généralités (cf. 200 b 16, 21), et non pas, par exemple, dans la notion de chose naturelle (comme le dit Simpl. $19, 13 et 20); c’est là un argument de plus en faveur de l'unité des huit Livres de la Physique, puisque, la notion de mouvement étant d’un bout à l’autre l’objet principal, toute distinction de partie, et notamment le groupement des quatre premiers Livres sous le titre de rà rept güsewc, des quatre derniers sous celui de +à spi xvioews (cf. Zeller II$, 2. 85, 1), ne saurait être rigoureuse. Toutefois, et en troisième lieu, cette analyse est présentée, non comme le résultat d’une dialectique abstraite, mais comme fondée sur l’opinion commune ; ce sera donc une critique de ces notions que les savants ont trop souvent introduites avec légèreté dans leurs systèmes (cf. à propos de l'infini III, 4. 2034 1; du lieu, IV, 2. 209 b r6). |
Reste à expliquer pourquoi Aristote étudie le lieu après l'infini et avant le vide et le temps : voici comment on peut établir la suite des idées : selon le substantialisme du sens commun auquel Aristote est resté fidèle, le mouvement est dans un sujet, ainsi que le montre la définition du mouvement (IL, 1-3); or, la première et la plus générale question que l’on puisse se poser sur ce sujet, qui est sans doute un continu et une grandeur (II, r. 200 b 16; 4. 202 b 30), c’est celle de son infinité; ensuite, et par ordre de contenance (cf. Simpl. 519, 26), le lieu où est le corps, et le temps qui est dans le mouvement du corps.
Rappelons qu’Aristote traite rapidement du lieu au Chapitre 6 des Catégories, où il classe le lieu parmi les quantités continues, démontrant sa continuité à partir de la continuité de la chose qui le remplit; ce dernier trait indique qu’il s’en tient à la notion vulgaire du lieu.