ы Ce 8 août
Eh bien, monsieur le comte, le sentiment зе tait. et la terreur que l'opinion cruelle des médecins nrinspire me décide d'abandonner l’idée de mon voyage. Ah! пе me félicitez pas du triomphe que. je viens de remporter sur moi-même. Non, ma raison n'y est pour rien; j'obéis aux médecins, sans être persuadée de la vérité de leur opinion; c’est avec le sentiment le plus douloureux que je fais ce sacrifice; il est affreux, car je ne reverrai plus jamais ma fille; c'est bien là l'arrêt que les médecins prononcent contre moi, en se déclarant contre ce voyage, parce que vous verrez, monsieur le comte, que ma pauvre enfant me sera enlevée avant 3 mois; elle ne survivra pas l'automne, et les idées de voyage pour les pays étrangers, que les dépêches d'aujourd'hui contiennent, sont illusoires. саг la pauvre enfant n’a plus les forces nécessaires pour l’entreprendre. Souvenez-vous qu'elle & été épuisée après avoir fait 4 verstes, et qu’elle en a été plus mal; mais toujours, en faisant le sacrifice de mon voyage, je ne retarde pas d’un instant la possibilité qu’elle puisse entreprendre le sien. Adieu, monsieur le comte.
Marie.
Ce 11 août (1803).
Voici, monsieur le comte. la copie du bulletin reçu hier au soir par le courrier; communiquez-le. je vous en prie, à m-r Rogerson. Ma fille m'a tracé quelques lignes; elle me dit se sentir mieux, et me parle de ses enfans. ce qu’elle n'avait pas fait de longtems. Elle a fait une course en voiture et s'est promenée ainsi quelques jours; elle а même marché quelques pas, mais la fièvre continue et les lettres reçues me donnent toujours peu d'espoir. Cependant il me paraît qu'il y a une teinte de mieux, du moins paraît-elle plus tranquille. Après vous avoir communiqué toutes ces nouvelles. auxquelles vous prendrez quelqu’intérèt, je vous renouvelle les assurances de ma bien parfaite estime.
Ce 17 août (1803).
Comme je compte, en quittant Péterhof, passer par Pétersbourg, }’у pourrai recevoir m-r l'envoyé d’Imiгене, si vous trouvez, monsieur le comte, qu’il y aurait moins d’embarras à cet arrangement, et en ce cas, je vous préviendrai la veille du jour où je me trouverai en ville; mais si vous préférez, monsieur le comte, que ce soit ici, à Péterhof, je pourrai l'y recevoir mercredi. Ainsi je m’en remets entièrement à votre décision, et vous êtes le maître, monsieur le comte, de déterminer la chose comme vous la trouverez plus convenable.
Je vous remercie, monsieur le comte, de l’envoi de la lettre de l'Empereur, et vous prie de me dire s’il partira bientôt un courrier pour Vienne, désirant écrire à l’archiduc Palatin. Il est vrai, monsieur le comte, qu'il уз 11 jours que je n'ai eu le plaisir de vous voir; je suis fâchée surtout de пе pas vous voir satisfait de votre santé. Vous devez songer à le ménager et à vous ^ conserver. Adieu, monsieur le comte, j'espère que vous êtes persuadé de tous mes sentimens pour vous.
Marie.
Péterhof, ce 20 août 1803.
J'espère, monsieur le comte, que l'air пам] fera
du bien à votre santé, et j’approuve bien fort que vous vous êtes donné cette distraction, qui vous est trèsnécessaire. Je vous envoie, monsieur le comte, les deux derniers bulletins de ma pauvre fille. Hélas! ils ne sont pas consolants. J'attends d’un jour à l’autre le retour d'un courrier. Dieu veuille que les nouvelles soient plus satisfaisantes.
Par la confiance que vous m'inspirez, monsieur le comte, je joins ici les copies de mes lettres à mon frère l'électeur et au prince, son fils; je vous prie de les lire et de me les renvoyer. J'espère qu’elles feront effet sur tous deux, et qu'ils se rendront mutuellement à mes représentations. Je verrai demain en ville mr l'envoyé d’Imirette. Adieu, monsieur le comte, c'est bien sincèrement que je vous renouvelle les assurances de mes sentimens pour vous.
Ce 24 août, à Pawlowsk, 1803.
Je vous fais mille excuses, monsieur le comte, de l'erreur qui s’est faite en cachetant ma dernière lettre; Villamow a oublié d'y insérer la copie des lettres à mon frère l'électeur et à son fils, dont je vous ai parlé. Je les joins ici, et vous prie, monsieur le comte, de me les renvoyer après en avoir pris lecture. Sachant le prince électoral parti de Vienne, j'avais inclus ma lettre à lui, qui contenait celle de son père à mon frère Ferdinand, pour la lui faire parvenir, et c’est le paquet qui était joint à ma lettre. Voici une incluse à
l'archiduc, que je vous prie pareillement, monsieur le .
comte, de vouloir faire partir par le courrier. Pardon mille fois, monsieur le comte, de vous causer autant d'importunité, mais enfin votre grande complaisance m'engage à m'adresser à vous.
Mes dernières nouvelles de ma pauvre enfant sont des plus mauvaises; vous en jugerez d’après les bulletins, avec cela on me mande qu'elle se plaint d’un désêchement affreux de poitrine, et sa faiblesse est si grande qu’elle & peine à rassembler ses idées. Plaignez moi. monsieur le comte, car mon cœur souffre beaucoup. J'espère, monsieur le comte, que vous vous portez bien et que vous êtes content de votre excursion. Soyez bien persuadé de tous mes sentimens pour
vous.
| Ce 27 août (1803).
Enfin, monsieur le comte, j'ai de bonnes nouvellesà vous donner, ayant reçu hier pendant mon diner un courrier avec un meilleur bulletin; ma fille était pres que sans fièvre à son départ, le lait de la nourrice li fait grand bien de son aveu même. Elle m'écrit ellemême plus gaiement; le prince, monsieur de Lutzow. la grande-maitresse paroissent renaître et prendre espoir. Dieu veuille soutenir ces bonnes apparences. J'avais reçu quelques momens avant, par l’estafette que vous m'avez envoyé, monsieur le comte, des nouvelles bien moins favorables, mais le mieux s’est soutenu ensuite trois jours, et madame de Hennel m'écrit que même elle était occupée de la lecture et d’un peu d'ouvrage. Mon cœur se dilate à ces bonnes nouvelles. Faites moi le plaisir, monsieur le comte, de communiquer les bulletins à ш-г Rogerson, prenez part à mon contertement et soyez bien assuré de tous mes sentimens.
Ce 26 août (1803).
Hélas! monsieur le comte, les nouvelles ne sont pas plus rassurantes sur l’état de ma fille, mais elle m'a tracé quelques lignes. Je vous enverrai demain le bulletin, je Га envoyé à mon fils. Cette situation est bien triste; il m'est consolant de voir que vous la partagez, monsieur le comte; je vous en remercie bien sincèrement. Adieu, monsieur le comte.
Ce 30 août (1803).
L'estafette que vous venez de m'envoyer, monsieur le comte, est du 17 notre style, et contenait les cruelles nouvelles qui m'étaient déjà connues; mais hier au soir j'ai reçu un courrier qui m'a apporté le billet le plus tendre, le plus touchant de ma pauvre enfant, et le bulletin des médecins un peu plus consolant; je le joins ici, pour vous prier de l'envoyer à m-r Rogerson, avec l’inclus. Le prince me dit de même qu’elle estun peu mieux. Sa grande-maîtresse m'écrit qu'elle avait dormi six heures de suite, qu’elle était gaie et avait même le mot pour rire à la bouche. Ab! je ne puis vous exprimer, monsieur le comte, ce que j'ai éprouvé en lisant ces nouvelles et en revoyant une page d'écriture de ma pauvre enfant. Je m'attendais à la plus | affreuse des nouvelles; ce passage de l’angoise la plus cruelle au bonheur de recevoir de son écriture m'a donné un instant de félicité inexprimable, mais grand Dieu! il ne me fait que plus éprouver mes malheurs: car ce mieux est si peu de chose, son état si dangereux, que je ne puis espérer que dans la miséricorde divine, qui peut seule faire des miracles. La pauvre enfant а le plus vif désir de me revoir. Jugez, monsieur le comte, de ce que ’6ргопуе, la sachant animée de ce vœu; et cela dans quel moment? Lorsqu'elle se
voit mourir! Ah, monsieur le comte, mon âme n’est pas assez forte pour ne pas être déchirée par cette cruelle sensation. Je suis bien sensible à la part que vous prenez à ma peine; elle est affreuse, mais il m'est certainement consolant de la voir partagée. Adieu, monsieur le comte.
Arxum Кназв Boronnosa, кн. 80. и
Pawlowsk, се 1 septembre (1803).
En vous remerciant, monsieur le comte, de l’envoi du paquet, je vous dirai que les nouvelles de la santé de ma fille varient; il уз des jours de plus de fièvre, et d’autres où il y en a moins; cependant il paraît qu'il y a du mieux en général dans son état; elle me le dit elle-même, et ce qui paraît le prouver. c'est que même elle a tracé quelques lignes à ses sœurs. et qu'elle paraît plus gaie. Dieu veuille réaliser mes espérances et exaucer mes prières! J'ai eu bien du regret de n'avoir pas eu le plaisir de vous voir dimanche. monsieur le comte, et surtout sachant que vous étiez indisposé. Il est bien certain que le tems d'aujourd'hui surtout n’est pas favorable à la santé. Adieu, monsieur le comte, persuadez vous de tous mes sentimens et de l'intérêt bien sincère que je prends à votre conservation.
Ce 9 septembre (1803).
L'Empereur m'ayant rendu les bulletins, à l'exception du tout dernier, reçus par le courrier, je vous les envoie, monsieur le comte, sachant que vous vous intéressez à l’état de ma pauvre enfant, à ma douleur et à mes inquiétudes. Hélas! le tout dernier bulletin est encore plus fâcheux, la fièvre étant plus forte; les lettres me disent que les médecins supposent qu'un nouvel abcès se forme dans poulmors, cependant ils croyent qu’elle traînera encore, différens sympthômes ne s'étant pas manifestés; mais l'espoir de la guérir est bien faible. Cependant les médecins d’un commun accord désirent qu’à la première apparence d’un mieux, elle entreprenne le voyage. Je vous prie, monsieur le comte, de vouloir communiquer ces nouvelles à monsieur Rogerson. Le c-te Zavadowski m'a dit, monsieur le comte, que vous souffriez de coliques; j'espère que vous vous sentez soulagé et que vous m'en direz un mot. Adieu, monsieur le comte, j'espère que vous êtes convaincu de mes sentimens pour vous.
Marie.
Се 10 septembre (1803). Pawlowsk.
Je suis bien touchée, monsieur le comte, de l'intérêt que vous prenez à mes inquiétudes et à mes peines. Tant qu'il restera un souffle de vie à ma fille, j'oserai espérer encore dans la bonté divine, qu’elle me rendra mon enfant. Dieu veuille exaucer mes vœux et mes prières. Je suis un peu étonnée du procédé de m-r de Lutzow, d’avoir traité ministériellement un arrangement de ma fille à moi, qui avait rapport aux dépenses que lui avait occasionnées l'arrivée du vaisseau et les envois d'estafettes. Mes ordres pour l’acquit de cette dette sont donnés, et il se fera au moment que la lettre de change m'arrivera. Il me paraît qu'on est un peu pressé dans ce pays dès qu’il s'agit de l'argent.
Ménagez votre santé, monsieur le comte, et surtout à l'approche de l'automne, il ne faut pas traîter légèrement une colique hémorrhoïdale. Je désirerais pouvoir vous persuader, monsieur le comte, de tout l'intérêt que je prends à vous, et des sentimens que je vous porterai toujours
Gatchina, le 14 septembre 1803.
Je suis bien touchée du souvenir du comte Simon et du vôtre, m-r le comte, de même que de l'intérêt que vous prenez à mes inquiétudes et à l’état de ma pauvre fille. Mes dernières nouvelles, reçues le 11 de ce mois, sont un peu meilleures, la fièvre étant moins forte, et ma fille paraissait moins souffrir; voici le bulletin que je vous prie de communiquer à m-r Rogerson. Ma fille m'a écrit quelques lignes, la pauvre enfant se croit mieux, et ne paraît pas se douter de l’état de danger dans lequel elle se trouve; mais tout ce qui l'entoure n’en est malheureusement que trop convaincu, et cette situation est bien, bien affreuse. Je suis ici depuis avanthier, mons-r le comte, et le tems me favorise. Comme vous ne me parlez pas de votre santé, j'aime à me flatter que vous êtes remis de votre indisposition, et j'aime d'autant plus le croire, que je le désire du fond de mon cœur. Adieu, monsieur le comte, je vous renouvelle toujours avec plaisir l'assurance de mes sentimens.
Je suis bien de votre avis, m-r le comte. sur l'envie d'arrondissement et sur l'esprit calculateur de certaine cour. ы
Ce 16 septembre (1803).
Je suis bien charmée, monsieur le comte, de vous savoir soulagé; j'espère que le bon air que nous respirons depuis quelques jours contribuera à vous remettre au plus tôt, et que vos esculapes vous permettront d’en profiter, car je le crois préférable aux médecines. M-r Aubert peut être persuadé que bien certainement ses enfans jouiront des mêmes soins dans son absence, qu’elles l'ont fait jusqu’à ce moment. et sous ce rapport, avec justice, il peut être sans inquiétude; c’est ce que ma réponse lui dira aussi.
Je n’ai pas de nouvelles de ma fille depuis vendredi. J'en attends demain; puissent-elles être bonnes. Adieu. monsieur le comte, c’est toujours avec le même plaisir que je vous assure de tous mes sentimens.
Ce 19 septembre 1803.
J'ai reçu ce matin à mon réveil. monsieur le comte, l'estafette que vous avez bien voulu me faire passer. Hélas! les nouvelles de l’état de la santé de ma fille sont toujours les mêmes, et la faiblesse très-grande. J'ai fait passer directement les bulletins à m-r Rogerson, parce qu'ils contiennent des détails de nature à n'être lus que par les médecins. Les autres sont envoyés à mon fils; dès qu'il me les renverra, je vous les communiquerai, monsieur le comte, car je connais tout l'intérêt que vous prenez aux nouvelles de ma pauvre fille. Hélas! le moment présent est bien cruel, mais je prévois que l'avenir le sera bien davantage.
Dans ce moment je reçois votre lettre de ce jour, monsieur le comte, et }’у réponds à l'instant. Si m-r Doorman est pressé de partir, je pourrai le recevoir lundi, vers les sept heures du soir; l'Empereur se préparant de venir me voir lundi, nous aurons, je crois spectacle, et alors m-r Doorman pourrait y assister. Vous me ferez le plaisir, monsieur le comte, de me dire s’il faut l’admettre ensuite au souper, où s'il faut lui en faire servir un chez lui. Adieu, monsieur le comte, j'aime en toute occasion vous renouveler les assurances de mes sentimens et de ma plus parfaite estime.
Marie.
Ce 20 septembre (1803).
En vous remerciant, monsieur le comte, de votre lettre de ce jour, je m'empresse à vous témoigner ma sensibilité sur tout ce que vous m'y dites au sujet de ma fille. Bien assurément }’6ргопуе une vraie conso lation à voir partager mes peines; c'est la seule qu'une âme sensible puisse admettre.
Je suivrai vos conseils, monsieur le comte, sur в manière de recevoir m-r Doorman, et l’inviterai à souper de même que m-r de Maisonneuve. Soyez persuadé. | monsieur le comte, que c’est toujours avec satisfaction | que je suis vos avis, par la confiance que je vous! porte, et qui est réunie à l'estime la plus sincère. Adieu, monsienr le comte, je vous assure de tout mon sou-| venir.
Ce 20 septembre 1803.
Je vous envoie ci-joint, monsieur le comte, les derniers bulletins de l’état de la santé de ma fille, qui ne sont nullement rassurants. Ah, il faut s’armer de résignation et de soumission aux décrets de la Providence, car malheureusement il ne m'est pas permis de me livrer à l'espoir.
J'ose vous recommander, monsieur le comte, le fils d’un homme que j'estimais infiniment et qui a l’honneur de se trouver sous vos ordres: le jeune baron d'Holland. Nicolaï pourra rendre le meilleur témoignage de la loyauté et de l'honnêteté de son caractère et de ses principes. Il désirerait extrèmement être employé. Je vous énonce son vœu, monsieur le comte, et l’intérêt qu'il m'inspire par le souvenir de son père, qui était un être bien distingué. Vous voyez ma confiance, monsieur le comte, et combien je compte sur vos sentimens. Adieu, monsieur le comte, soyez persuadé de. ma plus parfaite estime.
Ce 24 septembre 1803.
Je reçois à l'instant votre lettre. monsieur le comte, et les incluses qui l’accompagnaient, pour les envois desquels je vous remercie infiniment, de même que pour la manière obligeante dont vous me promettez, monsieur le comte, votre protection pour mon protégé le jeune baron d’Holland.
Il n’est que trop vrai, monsieur le comte, que toutes nos dernières nouvelles de Ludwigsburg ne nous laissent que peu d'espérance, mais cependant je vous avoue que je ne puis, ni ne saurai me fixer à cette idée cruelle: elle m'éprouve trop vivement,
Si m-r deRosenkranz n’est pas pressé pour son voyage, je désirerais fixer son audience à dimanche en huit, mais au cas qu’il veuille partir plus tôt, monsieur le comte, il est le maître de venir ici lundi prochain. Après avoir répondu à tous les points de votre lettre, monsieur le comte, je vous renouvelle les assurances de tout .mes sentimens et de ma plus parfaite estime.
Се dimanche, le 27 septembre 1803.
L'intérêt que vous prenez à ma vive et juste douleur est bien apprécié par moi, monsieur le comte; les plaies de l'âme sont profondes. et ne trouvent d’adoucissement que dans les consolations que la religion nous offre. Je sais me résigner, mais je ne puis cesser de souffrir. Adieu, monsieur le comte, restez toujours convaincu de tous mes sentimens pour vous.
Ce 3 octobre (1803).
Je vous remercie infiniment, monsieur le comte, de votre bon souvenir et de l'envoi des deux incluses. L'intérêt que vous prenez à ma santé m'est flatteur, et puisque vous voulez en avoir des nouvelles, je vous dirai que je dors mieux depuis trois nuits, que je sors en voiture, et que pour le physique je me sens mieux; quant à Гаше... Ah! monsieur le comte, il est des plaies profondes qui demandent beaucoup de tems, je dirai l'habitude de la souffrir, qui seule peut l’adoucir. Je sais par mon fils que le chambellan Mecklembourgeois est arrivé; je vous avouerai même que j'ai demandé à mon fils de me donner un peu de tems encore pour le recevoir; alors je vous écrirai, monsieur le comte. pour le prier de venir ici, non comme envoyé. mais pour être reçu chez шой, dans mon particulier. Je voudrais laisser passer ces époques de service funèbre. comme celui d'aujourd'hui, qui ébranlent déjà tout le cœur, et je tâcherai de le recevoir dans le courant de la semaine prochaine. Quant à m-r de Rosenkranz s'il a eu ses audiences de l'Empereur, et s’il lui est possible d'attendre jusqu’à dimanche 11 de ce mois, je pourrai, j'espère, le voir ici chez moi, à Gatçhins. Pardon, monsieur le comte, d’avoir tardé à vous ré
‘ pondre sur votre billet du 29 sept., mais j'avoue qu'er
core l'occupation m'est un peu difficile; cependant je me force à п’у remettre. Adieu, monsieur le comte, j'espère que vous êtes et serez toujours persuadé de tous mes sentimens pour vous.
Marie.
Parlez-moi donc de votre santé, qui m'intéresse infiniment.
Ce 3 octobre, à 2 heures de l'après-dtnée (1803).
Mille et mille pardons, monsieur le comte, de mon inconcevable oubli de ce matin, d'avoir manqué de vous remercier de vos bontés pour le jeune Holland; croyezmoi, monsieur le comte, que je sais apprécier dans ce procédé l’aimable et constante attention que vous mettez à m'obliger, et que certainement je vous en sçais gré. et vous en suis bien reconnaissante. La triste cérémonie funèbre qui m'attendait ce matin, occupait toutes mes pensées, et m'a fait commettre cet oubli. Pour le réparer je vous écris ce peu de mots par un exprès, et vous prie d’agréer mes excuses, mes remerciemens et Газsurance renouvelée de mes sentimens.
Marie.
Ce mardi, 6 octobre 180Г.
де vous adresse ce peu de lignes, monsieur le comte, pour vous dire que l'Empereur comptant me quitter demain après le dîner, je pourrai recevoir monsieur de Rosenkranz jeudi avant le dîner, auquel cependant je l’inviterai. Voulez-vous donc ävoir la complaisance, monsieur le comte, de l'en faire avertir, et recevoir à cette occasion l'assurance renouvelée de ma parfaite estime et de tous mes sentimens pour vous.
Ce 10 octobre (1803).
Malgré la peine que j'ai à m'y résoudre, monsieur le comte. il faut cependant une fois recevoir l'envoyé du Mecklembourg. je vous prie donc de vouloir bien le faire avertir de se rendre ici, lundi 12 de ce mois. vers les deux heures après midi; je le verrai avant le dîner, auquel il assistera. Je vous avoue, monsieur le comte. que cette visite me coûte un grand effort, car mon âme est bien ébranlée. Adieu, monsieur le comte, je suis bien charmée de m'entendre dire que vous vous portez mieux, votre santé m'intéressant bien sincèrement.
Marie.
Ce 11 octobre (1803).
En vérité, monsieur le comte, je suis plus sensible que je ne saurais l’exprimer aux attentions que vous me témoignez en toute occasion. Je vous ai causé bien des embarras aujourd'hui par la quantité de lettres qu’on vous a envoyées pour moi. Leur contenu, il est vrai, est triste; car enfin il ne roule que sur le même sujet, si douloureux à mon cœur. Ты vu aujourd’hui le c-te Zavadovski. qui m’a fait le plaisir de dîner chez moi; je lui ai beaucoup parlé de vous, monsieur le comte, et il m'a bien affligé en me disant que vous aviez été souffrant avant-hier; je suis charmée et bien contente de vous savoir mieux, par votre lettre d’aujourd’hui.
Voici, monsieur le comte, une lettre du grand-maître de l'Ordre de Malte, à laquelle je vous prie de me faire faire la réponse que vous jugerez convenable. Je vous renvoie de même, monsieur le comte, la lettre du c-te Goltz, et vous prie, conformément au conseil. que vous m'en donnez, de marquer au comte ma sensibilité de l'intérêt que le roi et la reine de Prusse prennent à la perte cruelle que j'ai faite..J’avais dit à monsieur de Rosenkranz que je le chargerai d'une lettre pour mon frère Guillaume; je la mets en incluse,
en vous priant, monsieur le comte, de vouloir bien la Архивъ Кназя Bopounosa, an. 80, ы 18
lui envoyer. J'ai reçu la lettre la plus aimable de monsieur votre frère; il me parle de ma pauvre fille avec tant de sensibilité que je lui en suis encore plus attachée; il me parle d'espérance, de bonnes nouvelles même, malheureusement elles ont été toutes détruites, et la certitude la plus affreuse les a remplacées. Pardon, monsieur le comte, de vous entretenir toujours et toujours de ma peine, mais elle est si profondément gravée dans mon âme, que l'expression de la douleur s’en échappe, malgré les efforts que je fais pour la cscher. Adieu, monsieur le comte, j'espère que chacune de mes lettres vous prouve ma confiance et l'amitié sincère que je vous ai vouée, Marie.
Ce 15 octobre 1808.
Les vœux que vous m'adressez, monsieur le eomte, pour ma fête, me prouvant l'intérêt que vous prenez à moi, m'ont fait grand plaisir; agréez-en mes remeretmens et persuadez-vous toujours des sentimens que je vous ai voués, monsieur le comte, qui me font appréслег chaque témoignage d'intérêt que vous me donnez,
Je compte m'occuper ces jours-ei de toutes les réponses aux lettres des têtes couronnées, que vous m'avez envoyées, et vous les enverrai, monsieur le comte. Il est si triste de parler constamment du même objet qui me fait souffrir, que j'avoue que ces lettres me coûtent à écrire.
Vous me ferez grand plaisir, monsieur le comte, de m'envoyer la Паззе de cahiers du Muséum, envoyée par le comte de Markow. Ah! que je fais chorus avec vous et votre façon de penser sur cette grande nation, qui fait le malheur de l’humanité dans ce moment, et qui lui en prépare encore de plus grands dans Гауеnir. Dieu veuille les détourner! Adieu, monsieur le comte, conservez-moi votre souvenir et persuadez-vous du mien. .
Marie.
Ce dimanche, 18 octobre (1803).
En vous remerciant, monsieur le comte, de votre souvenir et de l'envoi que vous m'avez fait, je п’етпргеззе de vous dire que je ne vois personne qui vous appartienne sous le rapport de la politique, sans m'informer bien exactement de votre santé, à laquelle je prends le plus sincère intérêt. M-r de Maltiz m'a dit aujourd’hui que vous étiez toujours souffrant du plus au moins, et je vous avoue que j'en suis bien peinée et affligée.
Je m'amuserai à examiner les cahiers du Muséum que le c-te Markow m'a envoyés. Le paquet de md’Hédouville contient une annonce d'ouvrage de Piranesi, que j'ai vu à Rome. Adieu, monsieur le comte, persuadez-vous de tous mes sentimens et de ma sincère estime.
Marie.
Ce lundi (19 octobre 1803).
En vous remerciant, monsieur le comte, de votre souvenir, je me hâte de vous marquer que, malgré tout le vrai plaisir que j'aurais à vous voir, je me fais cependant un devoir de vous prier de ne pas penser à entreprendre une course pareille, par la saison détestable du moment, et par ces mauvais chemins. Ménagez-vous, monsieur le comte, et soignez votre santé, dont la conservation est si nécessaire. Vous êtes bien bon de vous intéresser à la mienne, j'ai été un peu souffrante hier, mais je suis mieux aujourd'hui; cependant j'ai renoncé à reparaître depuis hier à la grande table, ce qui fera que le jour que m-r de Rosenkranz viendra chez moi, il pourra dîner avec moi. Comme il me paraît qu'il est pressé de partir, j'attends la venue de mon fils aujourd’hui pour pouvoir déterminer le jour où je pourrai le recevoir; ce qui sera lorsque l'Empereur me quittera, ne voulant pas pendant son séjour éprouver la géhenne qu'un étranger donne toujours. Adieu, monsieur le comte, votre souvenir me fait toujours grand, grand plaisir; comptez sur le mien.
Ce 24 octobre (1803).
Je vous remercie infiniment, monsieur le comte, de la lettre de monsieur votre frère, dont la lecture m'a sensiblement touchée, et des réponses que vous m'avez envoyées à signer. En tout premier lieu je vous prie, monsieur le comte, de marquer au c-te Simon toute ma sensibilité de l'intérêt qu'il prend à mon malheur et à ma juste douleur; la voir partager est assurément le seul adoucissement que mon cœur puisse éprouver. et voir regretter ma chère enfant est un hommage qu'il m'est si consolant de voir rendre à sa mémoire. D'ailleurs, vous savez, monsieur le comte, combien je sais apprécier les sentimens du c-te Simon pour moi.
J'ai signé la lettre au grand-maître et au duc de Mecklembourg; la mienne au c-te de Lille était écrite dès avant-hier; lui ayant toujours répondu de main propre et sous la même forme, peut-être serait-il blessé de me la voir changer; le malheur surtout demande plus d'égards encore, et on devient plus sensible à mesure qu'on est plus malheureux. Je vous envoie donc. monsieur le comte, ma réponse au c-te de Lille sous cachet volant, pour que vous la lisiez et me fassiez le
plaisir de l’expédier, si vous l’approuvez. Adieu, monsieur le comte, agréez les assurances de tous mes sentimens pour vous.
Je vous envoie, monsieur le comte, la lettre du c-te de Lille en original.
Ce 28 octobre 1803.
Je joins ici, monsieur le comte, les réponses aux lettres que vous m'avez fait parvenir; enfin, je les ai terminées aujourd'hui; elles m'ont coûté, je Гахопе; il est si cruel de revenir toujours sur le même sujet déchirant, dont le souvenir n’occupe déjà que trop mon cœur. Je crois bien faire, monsieur le comte, de vous prier de foire parvenir ces réponses à leur destination. ayant reçu les lettres par vous.
Soyez bien persuadé, monsieur le comte, de toute mon impatience à vous revoir et à vous assurer de bouche de tous mes sentimens. J'espère que le beau tems sec, dont nous jouissons, sera favorable à votre santé. C’est bien mon vœu sincère. Adieu. monsieur le comte.
Marie.
Ce 28 octobre (1803).
Je reçois dans ce moment, monsieur le comte, votre lettre du jour. Voudriez-vous bien avoir la complaisance de faire savoir à ce m-r du Mecklembourg que je le recevrai samedi, vers les 7 heures du soir; il dépend ensuite de lui de rester pour le diner du dimanche ici; il faut bien lui faire cette politesse. Bonsoir, monsieur le comte, votre souvenir me fait toujours grand plaisir.
Ce 1 novembre 1803.
Je vous remercie infiniment, monsieur le comte, de votre aimable lettre d'aujourd'hui, qui sous tous les rapports n'a pu que me faire très-grand plaisir. Je suis de même bien sensible à l'intérêt que me témoigne le c-te Simon, et lui en marquerai moi-même ma reconnaissance ces jours-ci. Je joins ici la lettre de m-le Gentz et la copie de celle de la duchesse de Mecklembourg-Schwerin. Il est certainement consolant pour mon cœur de voir les regrets donnés au souvenir de feue ma bonne et chère enfant. J'ai pris congé aujourd” hui de ce ш-г du Mecklembourg. Je vous enverrai demain, monsieur le comte, ma lettre pour lui. J'éprouve à chaque fois qu’il faut écrire à ce Ludwigslust un serrement de cœur et une peine inexprimable.
Comme dimanche prochain c’est la S-t Michel, et qu'apparemment ce m-r voudra se trouver au jour de cour de ce jour, il faudra le recevoir ici dans le courant de la semaine; ainsi, si vous voulez lui fixer le mercredi prochain, je le verrai avant le dîner, auquel il participera ensuite.
Je vous envoie, monsieur le comte, toute la dépêche de l’infante de Parme, en vous priant d’en faire l'usage que vous jugerez à propos, et de m'envoyer à signer la réponse que vous croirez convenable de faire.
L'espérance de vous voir ici, monsieur le comte, me ferait bien assurément le plus grand plaisir, s’il ne s'y joignait l'inquiétude pour votre santé de vous voir entreprendre cette course dans cette saison avancée. Non, monsieur le comte, oubliez la satisfaction que j'aurais de vous voir, et soignez votre santé, à laquelle vous savez que je prends le plus grand intérêt. Je vous avoue, monsieur le comte, que l'attente d’une cinquième 84501, comme vous dites si bien, pourrait me fixer entièrement à la campagne, si j'osais me le permettre; mais ce qui y prolonge mon séjour, ce qui m'y retient surtout, c'est ce sentiment qu'éprouve l'âme après une vive douleur: celui de désirer être plus éloignée du grand monde, de ne pas changer de place, la crainte d'en revoir qui vous réveille encore davantage le souvenir de la perte qu'on à faite. D'ailleurs, jusqu'à се moment la saison n’est pas froide encore, et toujours on a pu prendre J’air. Adieu. monsieur le comte, portezvous bien, et soyez persuadé de mes sentimens pour vous.
Ce 2 novembre 1803.
Jde joins ici, monsieur le comte, quatre lettres et un paquet pour m-r le chambellan Mecklembourgeois, que je vous prie de vouloir bien faire remettre. Il se trouve encore ici incluse une lettre de Villamof, écrite par mon ordre à m-r d’Alopeus, avec un petit paquet contenunt une bague, comme cadeau de ma part à m-r Brown, médecin. Le paquet au prince héréditaire contient de même les cadeaux pour les 4 médecins de la cour, que je prie le prince de leur remettre. Il faut les récompenser de leur bonne volonté; malheureusement le succès n’a pas répondu à leur soin, mais toujours ont-ils montré bien du zèle. Adieu, monsieur le comte, portez-vous bien, et soyez bien persuadé de mes sentimens pour vous.
Je vous remercie, monsieur le comte, de l’envoi de 18 lettre de mon frère Henry. J'ai été bien charmée d'apprendre que vous avez profité aujourd’hui de la belle journée pour vous promener, me flattant que votre santé y gagnera, mousieur le comte, ce que je désire de tout mon cœur. Bonsoir, monsieur le comte.
Je vous suis bien obligée, monsieur le comte, de l'envoi du paquet de m-r d’Alopéus, et de la lettre de la reine d’Imirette; elle m'a écrit en russe, et en vérité d’une manière très-aimable. Je lui répondrai ces jours et vous remettrai ma lettre, monsieur le comte. : Comment êtes-vous content de votre santé, et vos forces reviennent-elles?
Je vous remercie, monsieur le comte, de la lettre que vous m'avez fait le plaisir de m'envoyer et de votre souvenir. On me dit que votre santé se remet beaucoup et que même vous vous promenez sur le quai, ce qui cependant n’est pas bien prudent, messieurs le médecins trouvant que l'air qui s’évapore de la glace n'est pas sain. | m'a valu. à ce qu'ils prétendent, un gros rhume, dont je me défais petit--petit. Adieu, monsieur le comte, j'espère que vous êtes persuadé de mes sentimens pour vous.
Marie.
Je recevrai la reine d’Imirette volontiers aussi le dimanche, après son audience thez l'Empereur. Cette pauvre femme m'intéresse par ses malheurs; le sort de son fils est cruel. Vous devez être bien sûr, monsieur le comte, que je reçois tonjours avec le même plaisir les assurances de votre attachement, et que je vous renouvelle de même ceux de mes sentimens pour
vous.
Mes filles recevront le même jour de dimanche la reine d’Imirette. Vos réflexions sont très-justes, monsieur le comte, et bien certainement elle doit être satisfaite des bontés de l'Empereur; on la dit très-heureuse du cordon. J'espère, monsieur le comte, que vous profiterez de la belle journée d'aujourd'hui, et que votre santé gagnera des forces à la promenade. Adieu, monsieur le comte, j'espère que vous voudrez me dire quand je pourrai répondre à monsieur votre frère.
Marie.
En vous remerciant infiniment, monsieur le comte, de l'envoi des lettres, j'espère que la douane sera indulgente, саг И п’у а pas d'envoi de dentelle, ce qui seгай péché irrémissible, mais des gravures; ainsi j'espère obtenir bientôt mon paquet. Adieu, monsieur le comte: j'espère et je désire que vous vous portiez bien toujours. mais surtout pour la journée intéressante de demain.
Marie.
Авкивъ Книзи Borouuora, кн, 30. 19
Je vous remercie infiniment, monsieur le comte, de votre souvenir et des vœux que vous faites pour mon fils Michel. Je suis bien sensible à l’intérèt que vous prenez à lui, et je me flatte qu’il le méritera un jour.
Pourrais-je profiter du courrier d'aujourd'hui pour écrire à mon beau-fils l’archiduc Palatin, auquel je dois uné réponse qu'il attend avec impatience? Je crois qu’elle lui parviendra plus vite, si le courrier la metà la poste à Riga, ou même à Berlin. Faites-moi le plaisir de me faire dire par mon valet de chambre si cela |
se peut ou non.
Les progrès de votre convalescence, dont j'ai jour
nellement des nouvelles, monsieur le comte, me font le plus grand plaisir et répondent à mes vœux.
Marie.
Vous êtes bien aimable, monsieur le comte, de mettre tant d'empressement à me faire parvenir les incluses, qui vous sont rendues par: moi. Je vous en suis bien reconnaissante, et vous remercierai de bouche, monsieur le comte, ln première fois que j'aurai le plaisir de vous voir; en attendant, je vous renouvelle Газзи-
rance de mes sentimens pour vous.
| Marie.
(1803) Voici, monsieur le comte, mes trois incluses: pour mon fils, pour l’archiduc et la reine de Naples. Je vous souhaite bien le bonsoir.
de suis bien et bien sensible à votre confiance, monsieur le comte; il est impossible de mieux dire, et d'en dire d'avantage que vous ne le faites, monsieur le comte. et j'espère que mon neveu fera un retour sur lui-même, lorsque m-r de Markow lui fera parvenir vos réflexions. Adieu, monsieur le comte, je vous renonvelle toujours avec le plus grand plaisir les assurances de mes ser timens pour vous.
Ce 13 novembre (1803).
Je vous remercie infiniment, monsieur le comte, de l'envoi du paquet de l'envoyé de la grande nation, et de la lettre de la reine de Prusse. Le paquet contenait des modèles de broderie en dessins.
J'espère que vous profiterez, monsieur le comte, de а belle journée d'aujourd'hui, qui pourrait raccommoder avec nes 60 degrés, si on pouvait se flatter d'en voir souvent de pareilles. Adieu, monsieur le comte, j'espère que bientôt nous aurons le plaisir de vous re-
voir.
Marie.
Que de réponses j'ai à cette bonne reine de Naples! e vous remercie infiniment, monsieur le comte, de ‘envoi de sa'’lettre, et vous renouvelle l'assurance de
*es sentimens.
Marie.
Je désirais effectivement avoir le plaisir de vous voir diner chez moi hier. monsieur le comte; je suis bien fàchée d'apprendre que des raisons de santé vous en ont empêché; ces attaques d'hémorhoïdes font beaucoup souffrir, quoique m-rs les médecins les jugent sulutaires à la santé. П est vrai, que le pr. et la princesse italiens aiment à écrire; c’est d'autant plus attentif de leur part, que je dois avouer que mes réponses ne sont pas promptes, ni fréquentes. Adieu, monsieur le comte, je vous souhaite bien le bonjour.
Vous avez bien raison, monsieur le comte; mais en mème tems je trouve qu'ils ont bien de l’indulgence, car je leur réponds très rarement. J'avoue que j'ai eu | grand plaisir à recevoir votre lettre d'hier, monsieur le comte, qui me prouve que vous vous remettez dovantage de jour en jour; mais toujours faut-il bien vous ménager. Adieu. monsieur le comte, recevez l'assurance | de tous mes sentimens.
Pardon, monsieur le comte, de vous répondre si tard: mais j'ai assisté à l'examen des d-lles de la Communauté qui doivent sortir, et je ne fais qu'en revenir. Je vous remercie de l'envoi de la lettre de la reine écrirante, que vous m'avez envoyée. Elle aime bien à se faire lire, mais elle est assez bonne de ne pas exiger de réponses.
Voudriez-vous bien me faire le plaisir, monsieur le comte, de faire prendre des informations, ce qu'est devenu un porte-feuille avec des dessins, que m-r d'Alopéus m'a envoyés par le courrier Sfruve, qui lui ont été remis par l'architecte Brenna; je ne les ai раз геçus encore, mais comme on m'a dit que le courrier est arrivé depuis quelques jours, je présume que peutêtre il à remis le paquet à la douane. Pardon. monsieur le comte, de vous incommoder par ces bagatelles. mais votre grande obligeance m'y autorise. J'ai été bien fâchée de ne pas voir le comte, votre neveu, à mon bal: il était de garde; mais j'espère que j'aurai ce plaisir mercredi. Je.me flatte qu'en peu nous vous reverrons de même dans le grand monde, et m'en réjouis sincèrement. Adieu, monsieur le comte.
Marie.
Voici, monsieur le comte, mon incluse pour monsieur votre frère; je me suis bien gardée de lui parler de votre indisposition, monsieur le comte. de crainte de l'inquiéter, en lui disant même votre pleine et entière convalescence, mais l'amitié s’alurme toujours. Je suis bien contente de vous savoir au mieux, au dire de tous vos esculapes, qui sont parfaitement contents des progrès de votre rétablissement. Bonsoir, monsieur le comte, j'espère que vous êtes convaincu de mes sentimens pour vous. ` Миле.
Le souvenir de monsieur votre frère me fait trèsgrand plaisir, monsieur le comte. J'avais demandé hier de ses nouvelles à m-r son fils. qui m'a dit en avoir reçu de bonnes, comme aussi de son aimable sueur. On me dit, monsieur le comte, que votre reconvalescence est si parfaite qu'on ne s'aperçoit plus de votre maladie; j'espère donc que bientôt nous vous reverrons des nôtres, et que je pourrai vous réitérer de bouche les assurances sincères de mes sentimens pour vous. Adieu.’ monsieur le comte.
Je suis de nouveau à vous incommoder, monsieur le comte, et à vous charger d'une commission. M-r d’Hédouville m’a dit dernièrement au bal qu'il expédiait aujourd’hui un courrier à Paris, et m'a poliment demandé si je n’avais pas de commission à lui donner. Je vous prie donc, monsieur le comte, de me rendre le service de faire parvenir par ce courrier l'incluse ci-jointe au c-te de Markow:; elle en contient une autre pour Brenna, à qui je demande les plans de la décoration intérieure de mes oppartemens de Pawlowsk, qu'il avait pris avec lui pour les achever avec soin et me les renvoyer. J'en ai grand besoin dans ce moment. et Brenna étant à Paris, je prie le c-te de Markow de les lui demander.
Dans ce moment je reçois votre billet, monsieur le comte, et l'incluse. Je suis bien charmée de savoir messieurs de lu politique contents de mon bal. J'en aurai été davantage. si j'avais eu le plaisir de vous y voir. Adieu, monsieur le comte.
Pardon. monsieur le comte, de vous importuner de nouveau, mais enfin. je compte sur votre indulgence, et vous prie de me faire le plaisir de soigner l’expédition de cette lettre pour Paris, en l’adressant au c-te de Markow, pour qu'il la remette à Brenna. J'espère que votre mal de gorge est passé, monsieur le comte. et que rien ne vous empêche de jouir du beau tems de ces jours-ci. Adieu, monsieur le comte. je vous renouvelle toujours avec plaisir les assurances de ma parfaite estime.
Marie.
Je suis toujours également sensible à votre souvenir et à vos attentions, monsieur le comte. et bien sincèrement je sais les apprécier. Brenna а écrit dans le même sens à Villamow que le c-te Markow vous а éerit. monsieur le comte: il а confié ses clefs à un homme à lui, et j'espère recevoir les dessins. Adieu, monsieur № comte. j'espère que le détestable tems d'aujourd'hui n'influe pas sur votre santé.
Marie.
L'envoi que vous venez de me faire, monsieur le comte, m'a fait très-grand plaisir, car il contient un exemplaire du poème de l'abbé Delisle sur la Pitié et des graines et semences nouvelles. Mes plans de Pawlowsk sont aussi arrivés; me voilà donc bien riche et à même de pouvoir commencer à réparer l'intérieur de ma maison. А la première occasion. j'écrirai au c-te de Markow., pour le remercier de ses soins. Adieu, monsieur le comte; il me tarde bien de vous renouveler de
bouche les assurances de ma bien parfaite estime.
и Marie.
En vérité, monsieur le comte, je suis bien fâchée de vous avoir causé tant d'embarras pour ce paquet: il m'intéressait, parce que j'espérais y trouver les dessins des appartemens de Pawlowsk, que Brenna devait m'envoyer; mais ce porte-feuille ne contient que des dessins de lampes, colonnes, vases à être exécutés au-
tour, et que Brenna m'envoie, parce qu'il sait que je m'en occupe. Mess. Rogerson et Block m'assurent que vous faites les progrès les plus rapides dans votre reconvalessence. et que votre santé sera dorénavant des plus durables. J'ai grand plaisir à entendre cette bonne nouvelle, m'intéressant bien sincèrement à votre сопservation, monsieur le comte, et à tout ce qui vous regarde. Adieu, monsieur le comte.
Marie.
Ce lundi matin.
En vous envoyant ci-joint, monsieur le comte. l'incluse que vous avez bien voulu me communiquer, il m'est impossible de passer sous silence l'intérêt avec lequel je l'ai lue et relue, et ma sensibilité de la confiance que vous me témoignez. Voici, monsieur le comte. le livre dont je vous ai parlé; la lecture des lettres de feue 8. M. l'Impératrice vous fera certainement plaisir. Vous le garderez autant de tems que vous voudrez Adieu, monsieur le comte, j'espère et je désire de tout mon cœur que votre santé soit bonne.
Marie.
Je reçois toujours les lettres de monsieur votre frère avec grand plaisir, car il est bien sûr que }еш porte. comme à vous, monsieur le comte, les senti mens de l'estime la plus parfaite. Il me tarde bien aussi d’avoir le plaisir de vous voir.
Marie.
En vérité. monsieur le comte, j'ai eu grand plaisir à recevoir votre lettre, parce qu’elle m'assure que vous êtes mieux, ce que je désirais infiniment d'apprendre; mais il faut vous ménager beaucoup: c'est ce dont je vous prie, monsieur le comte, par tout l'intérêt que vous êtes sûr d'inspirer, et qui vous est garant de mes sentimens. Je vous suis bien obligée de l'envoi du c-te de Maerkow et l'en remercierai moi-même. Adieu, monsieur le comte, je suis bien sensible à votre attache-
ment.
Marie.
Je vous suis infinitivement obligée, monsieur le comte, de toutes vos attentions, et sais certainement les apprécier. J'ai chargé Villamow de vous porter ces lignes et les deux projets de lettres, et, comme vous me laissez le choix, monsieur le comte, je m'en tiens à la vôtre à m-r de Markow. J’écrirai avec grand et grand plaisir à monsieur votre frère. J'aime à me rappeler à son souvenir et à vous, assurer tous deux de.mes senti mens de parfaite estime.
Marie.
Pardon, monsieur le conte, de vous incommoder si souvent aujourd'hui. Voici une lettre à mon beau-fils; j'espère que, partant par courrier, elle lui arrivere plus vite que par la poste, malgré le détour qu’elle fera. Vous voyez, monsieur le comte, que je compte bien sur votre complaisance; j'espère que vous faites de même en comptant sur ma reconnaissance.
Je vous suis infiniment obligée, monsieur le comte, de l'avertissement que vous me donnez: j'en profiterai pour répondre à monsieur votre frère. J'ai été bien fâchée de n'avoir pas le plaisir de vous voir hier à mon bal, car en vérité il me tarde bien de vous savoir parfaitement rétabli et d’avoir le plaisir de vous revoir. Adieu, monsieur le comte.
Marie.
En vérité, monsieur le comte, je suis toute gelée de mème et je suis d'autant plus fâchée de ce froid qu'il me prive du plaisir de vous voir et de vous remercier de bouche des envois que vous me faites. Adieu, monsieur le comte, j'espère que du moins vous vous portez bien. malgré toute cette intempérie.
Ne savez-vous rien de mon homme?
Voici, monsieur le comte, mes lettres pour le courrier. Recevez en même tems mes remercimens de m'avoir avertie de son départ, et les assurances de ma plus parfaite estime. étant
votre bien-affectionnée
Bien obligée, monsieur le comte, pour l'envoi des lettres; le c-te de Markow m'annonce par ce courrier un paquet de graines de fleurs. Je m'adresse donc encore à’ vous, monsieur le comte, pour le réclamer, soit du courrier, soit de la douane. Vous voyez combien je vous importune, et combien je compte sur votre indulgence. Adieu, monsieur le comte. j’espère que vous êtes persuadé de mes sentimens pour vous.
Ce sera dimanche. après la messe que je recevrai avec plaisir m-r Schmidt pour lui dire adieu. П me paгай un homme ‘bien estimable, et qui voyage avec un oeil observateur. Je suis charmée de savoir, monsieur le comte, que vous vous promenez souvent en voiture; v'est assurer votre convalescence, à laquelle je prends un intérêt sincère. Adieu, monsieur le comte, j'espère que vous êtes persuadé de mes sentimens pour vous.
L'Empereur ayant fixé le dimanche pour recevoir le c-te de Schulenbourg, je ше tiendrai de même à ce jour, monsieur le comte. Je vous fais excuse d'avoir tardé à vous répondre, mais nous étions au moment d'aller au spectacle, lorsque j'ai reçu votre billet. J'ai été bien fâchée de voir dans celui d'hier, monsieur le comte, que vous n'êtes pas content ni de votre sant, ni du climat de Pétersbourg. J'aime à me flatter que le printems, qui enfin doit nous arriver, servira et à votre convalescence parfaite et à vous raccommoder avec notre climat; c’est ce que je désire du fond de mon cœur, en vous souhaitant bien le bonsoir.
Marie.
Vous aviez raison ce matin, monsieur le comte, en me disant que l’Impératrice Elisabeth vous a envoyé de de mes lettres pour la G. D. Anne. Elles sont écrites depuis Gatchina. et je les avais envoyées de làà mon fils, qui m'avait promis de les lui faire parvenir par une occasion sûre, mais illes avait oubliées, et ne s’en est rappelé que ces jours. Voilà ce qui а causé mon étonnement de ce matin, et .le vôtre, monsieur le comte. 11 me reste à vous prier de me faire le plaisir de ne pas leur faire courir les hazards de la poste, mais de les envoyer par l’occasion d’un courrier à m-r d’Alopéus, pour qu’il les fasse parvenir sûrement à Cobourg. Adieu, monsieur le comte, j'ai été bien charmée de vous revoir ce matin en bonne santé,
En vous remerciant de l'envoi des incluses, monsieur le comte, je veux bien du mal au froid de me priver du plaisir de vous voir chez moi, et de vous renouveler de bouche les assurances de tous mes sentimens.
Je vous remercie infiniment, monsieur le comte. de la lettre du roi de Sardaigne, et en vous souhaitant le bonjour, j'espère que la sortie et le dîner d'hier n'auront pas fait de mal à votre santé.
Marie.
Villamow vient de ше dire, monsieur le comte, l'aiпе attention que vous avez eue de m'écrire pour demander des nouvelles de ma santé. J'ai gagné depuis quelques jours un gros refroidissement et beaucoup de toux, qui m'a donné assez de fièvre; elle а diminué aujourd’hui, mais je me sens encore fort accablée, et je tousse assez pour m'incommoder, surtout la nuit; mais je me flatte en être quitte dans quelques jours. Je suis fâchée de vous savoir encore toujours un peu souffrant, monsieur le comte, et je désire bien sincèrement vous savoir enfin tout-à-fait rétabli On dit que vous devriez vous donner de l'exercice. Adieu, monsieur le comte.
Je me flatte, monsieur le comte, que la belle saison contribuera à vous rendre des forces; mais si j'étais votre médecin, je vous défendrais les promenades au jardin d’hyver de la Tauride: il y fait très-humidé, et cet air de cave n’est pas bon pour un convalescent. Une promenade en voiture, au soleil, vous serait plus avantageuse. Adieu, monsieur le comte, je vous renouvelle avec plaisir les assurances de mes sentimens pour vous.
L'incluse que vous m'avez envoyée се matin. monsieur le comte, contenait une lettre de m-r de Lutzow, qui renfermait celle-ci du prince régnant d'Anhalt-Dessau. Vous verrez par son contenu qu'il demande ma fille Anne en mariage pour son petit-fils. le fils aîné du prince héréditaire. M'étant consultée avec l'Empereur. et ayant une même façon de penser sur cet objet, j'acquiescerai conditionnellement à la proposition, s'entend si les deux individus se conviendront réciproquement à leur entrevue. Le parti du reste est très-convenable, et promet à ma fille un séjour agréable, dans la proximité de deux de ses sœurs, Vous me ferez plaisir, monsieur le comte, de me renvoyer la lettre du prince d'Anhalt. pour que je puisse répondre dans le sens que je viens d’énoncer. Je suis persuadée que cette nouvelle vous fera plaisir, par l'attachement réel que je vous connais pour mes enfans. Adieu, monsieur le comte.
Marie.
Je joins ici ma lettre. monsieur le comte, pour le c-te Markow, par le courrier de demain, et saisis cette occasion pour vous dire avee combien de satisfaction j'entends dire journellement que votre convalescence fait des progrès rapides. Je me flatte que cette indisposition sera dorénavant un brevet de santé pour vous, monsieur le comte: mais il faut vous ménager, et je vous prie de vous servir chaque fois d'une main étrangère en m'écrivant. Il ne vous faut aucune fatigue, mais beaucoup d’obéissance aux volontés des esculapes. Adieu, monsieur le comte, j'espère que vous êtes persuadé de ma sincère et parfaite estime.
Ce 9 janvier.
(Janvier 1804).
Je suis infiniment sensible, monsieur le comte. à l'attention aimable de monsieur votre frère et de sa charmante fille. Je m'empresserai à les en remercier moimême: ce schal est le très-bien venu dans cette saison et me rendra de bons services. En vous remerciant, monsieur le comte, de m'avoir fait parvenir ce témoignage de souvenir du comte, votre frère, je vous prie de recevoir les assurances du mien et de mes souvenirs.
(1804). + Un hazard m'ayant appris, monsieur le comte, que vous n’étiez pas parti encore, je m'empresse de vous envoyer ma réponse pour monsieur le comte, votre frère. ‘en vous priant de la lui faire parvenir, et vous renouvelle à cette occasion l'assurance de mes senti-
mens.
St.-Pétershourg, ce 14 avril 1804.
Je suis bien charmée, monsieur le comte, de voir par le contenu de votre dernière lettre, votre heureuse arrivée à votre campagne, et que vous comptez commencer à donner à votre santé tous les soins qu'elle exige; je fais bien des voeux pour que vous ayez bientôt lieu de vous en louer et de vous apercevoir de leurs succès, ce dont je me flatte par le retour de la belle saison. Je vous suis infiniment obligée, monsieur le comte, de tout ce que vous voulez bien me dire Фан mable et de flatteur dans votre lettre. Si on m'aime un peu en Russie, c'est que bien en vérité j'aime la Russie de tout mon cœur, et comme on doit la chérir; c'est un sentiment qui ne me quittera qu'au tombeau. Adieu, monsienr le comte, portez-vous bien et soyez persuadé que je suis pour toujours
votre bien atfectionnée
Marie.
Pawlowsk, ce 16 may 1804.
En vérité, monsieur le comte. je devrais commencer ma lettre pour vous faire mille excuses d’avoir tardé à vous répondre à la dernière que vous m'avez fait le plaisir de’ m'écrire en date du 6 may, mais je compte sur votre indulgence, et je me dis qu’habitant de la campagne vous-même, vous concevrez combien tous les momens qu'on у passe sont remplis. et qu’en vérité les jours y paraissent bien plus courts qu’en ville; j'espère donc que vous-même, vous voudrez bien me servir d'avocat auprès de vons, et que vous excuserez mon retard. Je suis bien fâchée, monsieur le comte, de vous savoir mécontent de votre santé; j'espérais que le grand air et le mouvement la rétabliraient tout-àfait, d'autant plus que notre été est assez beau; nous avons même, depuis 15 jours à 3 semaines, de chaleurs, dont j'aurais envie de me plaindre, si j'osais; mais la crainte d’irriter tous ceux qui aiment cette température, m'en empêche. Enfin, monsieur le comte, il a fallu se décider à fixer le jour des noces de ma chère et bonne Marie. Le 22 juillet sera le jour qui fixera son sort pour la vie. J'avoue que mon cœur et mon esprit ne sont occupés que de cette idée. Dieu veuille rendre heureuse et conserver les jours de mon enfant, Je rentrerai en ville mercredi 20; j'y resterai jusqu'au 24, que nous passons
Arxuss Кназя BopouuoBa, вн. 30. a
à Péterhof. Je suis persuadée, monsieur le comte, que vous formerez des voeux pour le bonheur de ma fille.
J'ai eu le plaisir de recevoir ces jours-ci une lettre du comte votre frère, qui me dit que son séjour en Angleterre va se prolonger. П m'a envoyé un livre très-intéressant qui traite des jardins. Je jouis des gravures, ne pouvant lire le texte qui est en anglais, mais par les gravures on voit combien une main habile peut tirer parti des sites les moins agréables. Adieu. monsieur le comte, portez-vous bien et persuadez-vous des sentimens avec lesquels je suis et serai toujours
votre affectionnée
Marie.
Gatchina, ce 15 octobre 1804,
C'est à mon jour de naissance même que j'ai reçu la lettre que vous avez bien voulu m'écrire à cette occasion, monsieur le comte, Je m’empresse de vous remercier de cette aimable attention, de même que des voeux que vous faites pour mon bonheur. Il est tout concentré pour moi dans la conservation de mes enfans, et de les voir et savoir heureux. J'ai bien des excuses à vous faire. monsieur le comte, d’avoir tardé à répondre à vos lettres du 22 juillet et 2 août, mais depuis l'époque du mariage de ma fille, je vous avoue, monsieur le comte, que je n’ai plus été maîtresse de mes momens; j'avais si peu de tems à rester avec elle, que chaque instant m'était précieux; et depuis son départ, il m'a fallu du tems pour me faire à son absence, et à cette séparation. Je vous avoue qu'elle m'a beaucoup, beaucoup coûté, et que j’éprouve un vide bien douloureux. Les bonnes nouvelles que je reçois d'elle soutiennent mon courage; j'en ai reçu de Mémel: elle comptait être le 20 de ce mois à Francfort sur ’Одег, et de là, il ne lui restera plus que 4 ou 5 jours de voyage. Mon ‘séjour à Gatchina se prolongera autant que la saison me le permettra; jusqu'à présent elle est des plus belles, et quoiqu'elle se fût gâtée pendant 2
jours, le soleil а reparu aujourd'hui.
On me dit, monsieur le comte, que vous jouissez d'une infiniment meillenre santé depuis quelque tems: j'espère que vous aurez dorénavant toujours à vous en louer; c'est du moins mon bien sincère désir. J'espère. monsieur le comte, que vous en êtes persuadé comme aussi des sentimens distingués avec lesquels je suis. monsieur le comte.
Marie.
Pawlowsk, ce 15 juin 1805.
En vérité, monsieur le comte, j'ai besoin de toute votre indulgence pour excuser mon long silence, et mon peu d’exactitude à répondre à vos dernières lettres; je pourrais у alléguer cependant plusieurs raisons, qui peuvent m’excuser; la maladie de mes deux filtes, qui ont .eu chacune la coqueluche dans un degré qui, quoique nullement alarmant, était cependant très-inquiétant, et même j'ai été attaquée d’une toux très-violente et de longue durée, qui avait de grands rapports avec la coqueluche, sans l'être cependant à ce que je soutiens, mais qui toujours m’a rendue malade et souffrante plus de quatre mois; il a fallu et le vésicatoire et la snignée pour m'en débarrasser, ayant craché le sang: toutes ces incommodités réunies m'ont rendue apathique, m-r le comte, et paresseuse. Ce n'est en vérité que depuis que je suis établie à la campagne, que mes filles et moi nous sommes remises parfaitement. J’entre dans tous ces détails pour vous engager, monsieur le comte, à user d'indulgence pour moi. J'ai revu m-r votre neveu; il y a dix jours qu'il est venu ici, une indisposition l’avait empêché Фу venir plus tôt; je Гай trouvé bien remis des fatigues de la campagne, ayant pris même de la quarrure, et s'être fortifié. Je Гай prié de venir à Pawlowsk quand il le voudrait, je Гу verrai toujours
avec plaisir, comme пп jeune homme bien distingué sous tous les rapports; c’est une justice qui lui est rendue généralement, et vous devez éprouver une véritable satisfaction, m-r le comte, de le voir si bien réussir. J'ai de très-bonnes nouvelles de ma chère Marie, qui avance heureusement dans sa grossesse, j'espère son heureuse délivrance au mois de septembre. Elle se traîne dans ce moment à la campagne aux environs d’Eisenach. Le printems n’a pas été plus heureux dans les pays étrangers que chez nous, et ma fille s'est plainte du froid; jusqu’à la fin de mai nous ne jouissons du beau tems que depuis deux jours, où enfin nous avons une température bien agréable, cependant ces pluies continuel les ont fait grand bien à la végétation, qui est superbe, et mon jardin est véritablement dans tout l'éclat de sa fraîcheur. J'espère, m-r le comte, que votre santé gagne au séjour de la campagne, je le désire beaucoup, et je renouvelle avec grand plaisir les as surances de mes sentimens, avec lesquels je suis et serai constamment, m-r le comte, votre bien affectionnée
Marie.
Au Palais Taurique, ce 13 septentbre 1805.
J'ai reçu en son tems, monsieur le comte, la lettre que vous avez bien voulu m'adresser pour ma fête et vous en suis sensiblement obligée; j'ai le grand tort de n'y avoir pas répondu plus tôt, mais si vous voulez bien penser, monsieur le comte. à toutes les inquiétudes du moment. vous m'excuserez. J'avoue que l'attente du départ de mon fils, et la cause de ce départ, absorbaient toutes mes pensées. Je n’en suis pas moins sensible pour cela aux vœux que vous faites pour mon bonheur; il est concentré pour moi dans la conservation de mes enfans, le bonheur du règne de l'Empereur et de son Empire. Dieu veuille bénir les entreprises de mon fils, et les mener à la fin, au but qu'il se propose: celui d'assurer la tranquillité à l'Europe, et je me trouverai heureuse. Adieu, monsieur le comte: soyez persuadé des sentimens que je vous porte et avec lesquels je serai toujours
votre bien affectionnée
Marie.
Monsieur votre neveu nous à quittés en bonne santé, 1 est venu me dire adieu quelques jours avant son lépart. Il continue à être généralement estimé.
Au Palais Taurique, ce 9 octobre 1805.
Je viens de recevoir, monsieur le comte, la lettre par laquelle vous me félicitez pour mon jour de naissance futur; je réponds dès aujourd'hui pour vous en remercier de même que des voeux que vous faites pour mon bonheur, qui est concentré dans la conservation de mes enfans, le règne heureux de notre cher Empereur et le bonheur de notre pays. Dans ces momens si intéressans surtout toutes mes pensées sont absorbées par le seul sentiment de demander à l'Être Suprême protection et succès pour notre cher Empereur. J'en ai heureusement les meilleures nouvelles et cela journellement, ce qui augmenterait encore ma tendresse pour lui, si c'était possible, Vous savez déjà, monsieur le comte, que machère Marie est accouchée trèsheureusement d'un fils, le 13 du mois passé. Elle a été affaiblie un peu les premiers jours, mais elle se porte très-bien présentement, et elle est levée et marche déjà, notre correspondance est reprise, et j'en ai reçu une longue lettre hier. J'ai entendu dire ici que monsieur votre neveu avait donné de ses nouvelles à ses connaissances. Mais bien sûr, vous en aurez reçu vousmème. m-r le comte. Je fais bien des voeux pour le bon état de votre santé, et vous renouvelle les assurauces de la sincère estime avec laquelle je suis et serai toujours, m-r le comte,
votre bien affectionnée
Marie.
Voici ma lettre à monsieur votre frère, monsieur le comte, et celle qu'il m'a adressée. Vous me ferez le plaisir de les lire toutes deux, et de vouloir soigner l'expédition de la mienne; passant sous votre couvert, elle n'aura pas besoin d’être cachetée. Je vous souhaite bien le bonjour. |
Vous vous rappellerez, monsieur le comte, du contenu de Ja lettre du р-се régnant d’Anhalt. Voici la réponse que je compte y faire du su de mon fils, qui Га lue. Je vous prie d'en prendre lecture aussi, monsieur lc comte, et de me dire si vous la trouvez telle qu'elle doit être. Je vous renouvelle à cette occasion les assurances de toute ma parfaite estime.
Voici, monsieur le comte, ma lettre pour m-r votre frère, et une pour la reine de Prusse, à qui je devais une réponse. Vous me ferez le plaisir d'en charger le courrier, et de recevoir à cette occasion l'assurante réitérée de tous mes sentimens.
Marie.
Voici ma lettre pour monsieur votre frère, monsieur le comte; j'y joins un bonjour pour vous, en vous demandant des nouvelles de votre santé.
CEMEHY РОМАНОВИЧУ ВОРОНЦОВ, ^
Письма императрицы Мари Oeoaoposu къ графу Семену Романовичу Воронцову.
Czarskoé Célo, се 29 may 1787.
Monsieur le comte, c'est vous prouver l'estime que je fais de vous que de m'adresser directement à vous avec la prière de m'obliger essentiellement. Comme il s'agit de contenter les désir de mon mari, je suis persuadée, monsieur le comte, de votre empressement à le servir, et à m'obliger par là. Le Grand-Duc aime par prédilection les chevaux anglais, et la difficulté d'en rencontrer ici de bons contrarie son goût; je me suis donc chargée de lui en procurer, et je m'adresse à cet effet à vous. Mon mari ne désire pas autant un beau cheval, qu'un bon, c'est-à-dire un cheval bien sûr et ferme sur ses jambes, et qui n'ait peur ni du maniement des armes, ni du feu. Il en désire un tout dressé, et dont il puisse se servir dès qu'il lui arrivera. Je sçai, combien il est difficile de rencontrer toutes ces qualités dans un cheval, mais comme vous vous trouvez à la source, j'espère que vous réussirez à cette commission. Quand au prix, je n’en fixe aucun. et je consens à en payer tout ce que vous voudrez en donner, pourvu que le cheval soit bon; j'acquitterai volontiers
et à l'instant les frais de l'expédition, que je vous prie de faire aussi prompte que possible. Si vous rencontrez même deux chevaux qui réunissent toutes les qualités requises, je vous prie de les acheter tous deux. Vous obligerez infiniment par là celle qui se nomme
votre bien affectionnée
Marie.
St.-Pétershourg, ce 8 (19) avril 1797.
Вееи à Londres par courrier le 10 may п. $. 1797. La date de Pétersbourg est par méprise, car la lettre а été écrite de Moscou.
Les bontés de notre cher Empereur m'avaient permis de prévenir vos désirs, monsieur le comte: votre aimable fille était déjà nommée demoiselle d'honneur au moment que je reçus votre lettre où vous m'en exprimiez le vœu. Soyez assuré. monsieur le comte, que je sçai apprécier votre confiance, et que j'espère vous prouver qu’en appelant à mon cœur maternel, vous devez et pouvez compter sur tout mon intérêt et sur tous mes Soins pour votre charmante enfant. Je vous -joint le chiffre dont vous la parerez; vous у joindrez mes bénédictions, monsieur le comte, et vous ferez connaître à votre enfant tout l'intérêt qu'elle m'inspire. Je vous envoie, monsieur le comte, une lettre pour la princesse royale, ma future belle-soeur, et les marques de l'ordre de S-te Catherine que vous remettrez, ou lui ferez remettre, selon qu'il vous sera marqué par le pr. Bezborodko. Vous y joindrez les expressions de mes sentimens. J'espère que dans се moment-ci surtout, cette marque publique d'amitié que ГЕтрегепг m'a permis de donner à la princesse royale, fera plaisir à la nation Anglaise, parce qu'elle prouve
les bonnes dispositions de l'Empereur pour elle. Vous voudrez bien remettre aussi à mon frère ma lettre, en У joignant mes tendres amitiés. Je serai bien-aise d'être instruite de tout ce qui aura rapport à son séjour, Je vous renouvelle avec grand plaisir, monsieur le comte. les assurances des mêmes sentimens que vous avez toujours sçu m'inspirer, que le tems пе fait qu’accroître, et qui doivent vous être garanti que je suis bien sincèrement
votre bien affectionnée
Marie.
Pawlowsk, ce 17 juin 1797.
Je vous suis très-obligée, monsieur le comte, de tous les détails intéressants que vous m'avez donnés sur les noces de mon frère, et sur la manière pleine de bonté avec laquelle il a été traité par leurs majestés. Je joins ici ma lettre à la reine en réponse à celle qu’elle m'a écrite et qui est toute charmante. Mon frère ne sait de même se louer assez de toutes vos attentions et prévenances, j'en suis sensiblement touchée et vous en remercie infiniment. Les lettres de la princesse royale sont charmantes et inspirent la con+ fiance et l'amitié. J'espère qu’elle sera heureuse, son mari apprécie son bonheur, et mes parens la chériront de même avec tendresse, c’est ce dont je suis sûre; je désire qu’un jour j'aye la satisfaction de la voir, et je n’en désespère nullement. La lettre que vous m'avez envoyée de votre aimable petite, est charmante. Je lui répondrai incessamment; en attendant je vous charge, monsieur le comte, de l’assurer de ma sincère affection et que bien assurément je lui porte un intérèt particulier, qu'elle doit aux sentimens distingués que son père m'a inspirés depuis longtems. J'attends d’un jour à l’autre l’arrivée du velours cramoisi pour mon régiment et je vous prie, monsieur le comte, de vouloir
bien hâter son envai, de même que celui du manches- Arxuss Квязи Воронцова, ки. 30. 22
ter ou tripp dont je vous ai envoyé l'échantillon par | le courrier. Comme les revues sont en automne, je désirerais beaucoup que le régiment soit habillé pour | ce tems. Ensuite je vous prie, monsieur le comte, de me faire l'envoi de 4 pièces de beau satin blanc anglais, dont vous ferez l'emplette comme si c'était pour vous; je vous rembourserai à l'instant votre déboursé, mais | acheter en mon nom, on me fait payer un peu trop la qualité, Vous voyez, monsieur le comte, que j'en use avec confiance vis-à-vis de vous et qu’elle m’engagers à m'adresser dorénavant toujours directement à vous.
Que je plains la situation fâcheuse du pays où vous vous trouvez, et qu’elle fournit un vaste champ aux réflexions les plus tristes. J'ai éprouvé cependant une joie sensible de l'approbation entière que notre cher et bien aimé Empereur а donné à votre conduite; vous me comprendrez, monsieur le comte. Je me borne à ce peu de mots et finis ces lignes en vous assurant que je suis et serai constamment
Marie.
Gatchina, le 7 octobre 1797.
Vous voyez, monsieur le comte, que d’après vos désirs je m'adresse tout droit à vous et sans préambule: je vous prierai de prendre les renseignemens les plus soignés sur la personne dont le nom est marqué sur le papier ci-joint, et de me marquer en conscience si elle serait propre à être placée comme sous-gouvernante auprès d’une de nos enfans. Le frère est leur précepteur, nous en sommes très-contents, il m'a recommandé sa soeur; mais comme enfin les mérites du frère ne répondent pas de la capacité de la soeur, je vous prie de prendre .cet examen sur vous, monsieur le comte, et de me répondre à ce sujet avec votre franchise et votre loyauté accoutumée. Ensuite, monsieur le comte, je vous envoie ci-joint une liste des pièces d’une toilette en vermeil qu’on а faite ici pour ma fille aînée, je joins même le dessin de l'aiguière pour que vous jugiez de l'ouvrage, qui а réussi à merveille; mais aussi est-ce d'un prix exhorbitant; comme il s’agit d’en faire une pour ma seconde fille, j'ai pensé vous prier de vous informer au juste dece qu’une toilette tout aussi bien travaillée pourrait coûter à Londres, pour déterminer ensuite s’il vaut mieux la faire faire en Angleterre ou ici. Pardonnez-mai toutes ces commissions; mais comme
elles vous prouveront ma confiance, je suis sûre que
vous vous en acquitterez avec plaisir. Гал de très-bonnes nouvelles de mon frère, qui m'a déjà écrit avec son bras cassé; il ne lui reste que de la faiblesse; ma bellesoeur avance heureusement dans sa grossesse, elle l'a un peu éprouvée au commencement, mais présentement elle se porte bien; elle m'a fait l'amitié de m'envoyer un charmant dessin de son ouvrage, qui m'a fait trèsgrand plaisir. Mes parens m'en disent un bien infini; elle devient la fille de leur coeur, ils ne peuvent assez la louer. Le peintre Miles, protégé par madame 18 princesse Auguste, est arrivé ici: il a peint ma fille aînée, il me peint aujourd’hui, son talent est bien agréable, il a très-bien réussi avec le portrait de ma fille. Vous voyez, monsieur le comte, que la recommandation de notre aimable princesse Auguste a été respectée comme elle devait l’être; je fais mes amitiés à ma jolie petite demoiselle d'honneur, et j'assure son père de ma bien sincère et véritable estime, avec laquelle je suis et serai toujours votre bien affectionnée
Marie.
Quand recevrai-je mon manchester?
Le dessin ci-joint représente une table à café, thé ou à ge lée, et qui a été faite plusieurs fois à Vienne; les pieds sont de bois couvert d’un vernis noir à la chinoise, à 16 bras; le dessus a la forme d’un vase, les autres vases et cuillères sont d'argent (de 57, onces), et les tasses à café de la plus belle porcelaine.
Le tout a été exécuté avec la plus grande exactitude et avec le plus grand agt par un de nos premiers ouvriers, et l'effet en surpasse tout ce qu'on peut s’imaginer. Le prix en est 1000 florins.
Une toilette en vermeil.
1) 1. Miroir.
2) 2. Chandeliers à 2 bras.
3) 2. Grandes boîtes ovales.
4) 2. Plus petites d°.
5) 2. Boîtes rondes.
6) 1. Boîte avec une pelotte, 7) 2. Corbeilles.
8) 4. Boîtes à pommade.
9) 1. Vase à eau.
10) 1. Bassin.
11) 2. Plateaux pour épingles.
12) 1. Bougeoir. .
13) 1. Mouchettes.
14) 1. Cabaret pour 2 verres.
15) 1. Cloche.
16) 2. Brosses.
17) 1. Cassolette.
Ma socur demeure en hyver à Londres et en été dans une camigne située près d'une petite ville nommée Andover, dans le voi: nage de Salisbury, à peu près à vingt et cinq lieues de Londres, ‘ez ип m-r et une dame Smith, que ses lettres m'ont appris à vire être un père et une mère fort respectables. Рукою ‚императрицы Марш Осодоровны:
M-lle de Sybourg, c'est le nom de la personne en question.
Pétersbourg, ce 9 (20) janvier 1798.
Monsieur le comte, mon état, l’affliction dans laquelle je suis, et le conseil des médecins, tout m’empêche de prendre moy-même la plume pour vous écrire. J'en emprunte une que vous connaissez.
Je joins ici une lettre de change de 1000 r. pour le voyage de m-lle Sybourg, dont je vous prie de presser le départ. Le sort qui l’attend ici est de 1500 г. d'appointements, logée, chauffée et nourrie à la cour, sans compter les petits agréments accidentels.
Vous me ferez plaisir de m'envoyer au plus tôt le devis de la toilette, afin que je puisse le comparer avec ceux que Гоп me présente d’autres côtés.
Encore dans le triste évènement qui vient de frapper notre maison, 5. А. В. ma chère belle-soeur a déployé un sentiment et une délicatesse qui а achevé de lui, gagner tous les coeurs, et surtout le mien. Vous savez combien il est ouvert à tout ce qui est bon et honnète,| et je vous assure que vous y trouvez votre compte.
Votre très-affectionnée |
Marie.
Gatchina, се 15 septembre 1798.
Je vous écris ce peu de mots, monsieur le comte, par le bon Fraser, qui ne peut assez se louer de vos bontés; il me paraît un bien honnête homme et bien zélé. М-Пе de Sybourg m'a remis votre lettre, que j'ai reçue avec un plaisir sensible; je suis très-contente d’elle; elle me paraît fort sensée, fort assidue et paraît s'attacher beaucoup à la petite Anne; j'ai appris avec grande satisfaction la bonté de notre cher Empereur pour votre fils. Tout ce qui vous touche m'intéresse infiniment, par l'estime bien sincère que je vous porte et qui est de bien ancienne date, vous connaissant beaucoup par notre bon ami La Fermière; ainsi je vous regarde comme uue ancienne connaissance, et sous ce rapport je vous ai voué un bien sincère intérêt; c’est l'assurance que je vous renouvelle en me nommant
votre bien affectionnée
0 Marie.
J'embrasse ma petite demoiselle d'honneur. Mon frère Ferdinand me charge de mille complimens pour vous: nous parlons souvent de vous.
St-Pétersbourg, ce 8 (19) février 1800.
Monsieur le comte, je m'adresse à vous pour une commission difficile. mais qui par-là même mérite vos soins, parce qu'elle demande du zèle, et je sçai que vous en êtes pénétré pour tout ce qui tend à l’avantage d'un pays dont vous chérissez le Souverain, et qui est votre patrie. Nous avons établi depuis peu une fabrique de filature qui nous promet les plus heureux succès, ayant déjà, à force de peines et de recherches fait plusieurs machines en ce genre, qui ne le cèdent pas à celles d'Angleterre, au dire des Anglais mêmes: mais il nous manque deux personnes essentielles, et je m'adresse à vous, monsieur le comte, pour nous les trouver: c'est un bon tisserand de mousseline et de toutes sortes d’étoffes de coton fin, et un bon blanchisseur et apprêteur d’étoffes. Nous vous abandonnons les conditions, mais la fabrique consent à donner jusqu'à 1000 roubles, et même passés, y ajoutant le logement, le chauf fage et la chandelle, pourvu que vous puissiez nous engager deux sujets pareils. Pour le blanchisseur. il est à remarquer qu'il doit savoir blanchir par les moyens chimiques; car, pendant nos huit mois d’hyver, le blanchissage en plein air est impossible. Employez, je vou en prie, tous vos soins, monsieur le comte, à пов trouver ces deux sujets. Je sçai qu'il est extrêmement
difficile de les faire sortir d'Angleterre. mais vous en trouverez les moyens, et votre zèle vous en fera trouver la possibilité. Notre cher Empereur, qui m'a autorisée de m'adresser à vous, sera exactement informé du succès de vos démarches.
Après vous avoir chargé d’une commission importante, j'y joins une particulière pour moi, monsieur le comte, et vous prie de me faire un achat de soies de toutes nuances pour la broderie sur canevas. Envoyez m’en pour le valeur de 5 &-600 rbls; je désire que de cette somme vous achetiez pour près de 150 rbls. de soie blanche, dont j'ai le plus de besoin. Votre aimable fille, que j'embrasse, voudra bien vous aider dans cette dernière commission. Faites, je vous en prie, l'avance de cet argent, et tirez la lettre de change ensuite sur Nicolaï, qui l’acquittera à l'instant par mon ordre. Pardonnez mon indiscrétion. mais elle fait preuve de ma confiance, et sous ce rapport elle vous fera plaisir. Je finis ces lignes par les assurances que je suis et serai toujours
votre bien affectionnée
Pawlowsk, се 14 août 1801.
J'ai reçu votre lettre, monsieur le comte, et j’ai vu deux fois mousieur votre fils avec cet intérêt qu'il inspire à tous ceux qui vous connaissent et vous estiment. Je lui trouve les traits de madame sa mère, un dehors avantageux, et surtout la modestie et la candeur, le plus bel apanage de la jeunesse. Tous ceux qui le voyent souvent lui trouvent des qualités solides, un aimable caractère, beaucoup de eonnaissances, et bien sincèrement attaché à sa patrie, par conséquent à son Souverain. Il tient ces qualités de vous, monsieur le comte, il а adopté vos sentimens, ainsi il aura constamment droit à l'estime des âmes honnêtes. J’éprouverai une satisfaction particulière à pouvoir lui être de quelque utilité; et si j'en trouve l’occasion, vous devez être sûr, monsienr le comte, qu'elle sera saisie avec empressement. J'embrasse ma petite demoiselle d'honneur et vous renouvelle, monsieur le comte, les sssurances de l'estime parfaite avec laquelle je suis
votre bien affectionnée
Pawlowsk, ce 29 août 1801.
Monsieur le comte de Woronzow, j'ai reçu exactement votre lettre du 8 de ce mois, avec celle de la princesse de Chimay, pour laquelle je vous envoye ma réponse cy-jointe. Je ne vois jamais monsieur votre frère sans me donner le plaisir de parler de vous, et j'ai été fort contente de votre fils, qui annonce beaucoup de modestie et un jugement solide pour son âge. Je juge par lui de ma demoiselle d'honneur, que je serai bien aise de connaître aussi personnellement. Soyez sûr du bien que je vous veux à tous et de la constance avec laquelle je serai
votre très affectionnée
Je vous propose, monsieur le comte, de me confier votre aimable fille pendant l’absence que vous allez faire; elle logera à côté de la jeune princesse Prozorovsky, et passera la journée avec nous, de même que m-lle Jardine; je m'empresse à vous en faire la proposition, monsieur le comte, espérant que vous verrez dans mon offre un témoignage de l'amitié que j'ai vouée à m-lle votre fille, et du souvenir de l’engagement que j'ai pris vis-à-vis de vous. Je profite avec plaisir de | cette occasion, monsieur le comte, pour vous renouveler les assurances de ma plus parfaite et entière estime.
Bien des complimens à monsieur votre frère.
St-Pétersbourg, се 31 octobre 1802.
ionsieur votre fils a remis, monsieur le comte, la lettre bien aimable que vous m'avez adressée de Mémel; je suis sensible au souvenir et surtout aux sentimens que vous m'y exprimez en votre nom et en celui de votre charmante et bien intéressante fille. Assurez-vous tous deux des miens, et persuadez-vous l’un et l’autre, vous, monsieur le comte, de tous mes sentimens d'estime et d'intérêt qui vous sont si justement acquis, et mademoiselle votre fille de ma tendre affection. Je sais par monsieur votre frère, que vos dernières nouvelles sont de Künigsberg; le beau tems de cet automne doit avoir favorisé votre voyage, mais si la saison est égale dans les autres pays à celle d'ici, vous souffrirez présentement du froid. Les neiges et la gelée m'ont chassée de Gatchina, et je suis rentrée en ville depuis Mardi; j'ai trouvé monsieur votre frère en bonne santé et de bonne humeur—je lui en ai fait mon compliment Мегcredi passé, lorsqu'il a dîné chez moi. L'hyver passé, à l'issue du Conseil, lorsqu'il venait manger ma soupe, je Гы plaisanté souvent sur sa physionomie sérieuse. M-r votre fils a été d'un bal, que j'ai donné à mes enfans à Gatchina; je l'y ai vu avec plaisir, car il est de bien bonne société. Vous devez éprouver la plus douce jouissance, monsieur le comte, en vous voyant
si heureux père; que le Ciel vous l'accorde jusqu'au terme le plus reculé, c’est le voeu bien sincère que je forme pour vous; j'y ajoute celui d’être à même de vous prouver en toute occasion mes sentimens, et de vous convaincre de plus en plus combien sincèrement je suis, monsieur le comte,
J'embrasse mon aimable petite demoiselle d'honneur.
St.-Pétersbourg, ce 19 janvier 1803.
Monsieur le comte, votre frère a bien voulu m'avertir du départ d'un courrier pour Londres, et j'en profite bien vite pour vous remercier de votre ‘aimable lettre de Berlin, et pour vous féliciter de votre heureuse arrivée à Londres, nouvelle qui m'a fait très-grand plaisir; саг je craignais pour vous, monsieur le comte, la saison rude du moment, qui a dû rendre votre voyage bien désagréable. Ma tante me mande tout le plaisir qu’elle a eu de vous voir et de causer avec vous. Pour moi, monsieur le comte, je vous parlerai des regrets que nous éprouvons de votre absence; nos vœux vous rappellent souvent, et je me flatte que vous vous У rendrez, que nous vous reverrons dans le courant de l'été. Quoique mon cher Pawlovsk ait perdu sa beauté, ma belle maison étant réduite en cendres depuis huit jours, cependant j'aime à me flatter que vous viendrez m'y voir, pour partager les regrets d’une pauvre incendiée. Cet accident est arrivé Samedi passé. Une poutre qui avoisinait une cheminée a donné lieu à l'incendie, qui a été si violent qu'il ne reste exactement que les murs du corps de logis; les ailes ont été
sauvées et beaucoup de meubles; mais j'ai perdu de belles statues qui ont été cassées en mille pièces, et des tableaux de Robert, de Vernet, ont beaucoup souffert, de même que plusieurs meubles. Ma bibliothèque. ma collection d’estampes а infiniment souffert. Voilà bien des contrariétés, monsieur le comte, et des déplaisirs; mais enfin des peines de ce genre sont bien faciles à supporter, lorsqu'on les compare aux peines de coeur que j'ai éprouvées. Aussi je vous jure que, quoique affligée de cette perte, qui ne peut que m'être sensible, j'en ai supporté la nouvelle avec се calme qui selon moi, est le fruit des malheurs effectifs: c'est à cette mesure qu’on rapporte tout, etrien n'y approche. Entre tous ces déplaisirs, j'en ai éprouvé un surtout auquel j'ai été, je l'avoue, très-sensible: la peur de voir se porter l'incendie encore plus loin а engagé à couper mes superbes peupliers, que j'ai plantés, soignés, et qui dépassaient le toit. Je me dis, monsieur le comte, que je devrai à vos soins le plaisir de réparer cette perte, et je m'adresse à vous avec confiance pour vous prier de m'envoyer par le tout premier vaisseau une demidouzaine ou une douzaine des plus hauts peupliers qu'on puisse se procurer. Peut-être que lord S-t Helens, qui aime Pawlovsk, voudra bien de même soigner cette commission. Si on engage le capitaine de vaisseau à les placer sur le pont du bâtiment, en les bien emballant, on pourrait les transporter ainsi, et en avoir de bien grands. Ce serait adoucir mes regrets. car j'avoue que ces peupliers faisaient un des plus beaux ornemens de Pawlovsk. Vous voyez, monsieur le comte, que j'use avee confiance de vos offres de service; cette commission me tieut à coeur, je l’avoue. et vous me ferez bien grand plaisir en la soignant
Mes bonnes petites me chargent de leurs complimens pour vous, monsieur le comte; je joins ici mon incluse pour mon aimable petite et vous assure des sentimens bien distingués d’estime et d'amitié, avec lesquels je suis
Vous m'obligerez infiniment, monsieur le comte, en assurant lord S-t Helens de mon souvenir et de mes complimens.
St-Pétersbourg, ce 9 mars 1803.
Je profite avec grand plaisir, monsieur le comte, du départ du courrier dont votre frère a eu l'aimable at- ‘tention de m'avertir, pour vous remercier de votre lettre du 2 (14) janvier, qui est restée bien longtems en chemin, les postes d'Angleterre ayant manqué. Les voeux que vous m’y exprimez me porteront bonheur, je l'espère; j'en fais un pour moi, dont l’accomplissement me tient bien à coeur, celui d’inspirer toujours de l'attachement aux personnes estimables et pensantes, comme vous, monsieur le comte. Je remercie bien votre aimable fille de son souvenir, je lui suis bien sincèrement attachée et j'aime à la citer en modèle aux jeunes personnes; mes bonnes enfants partagent mes sentimens pour elle et me chargentde luifaire leurs com plimens, demême qu'à vous, monsieur le comte. Le chancelier se porte très-bien et sort journellement en voiture. Tous les médecins assurent que jemais il ne fut mieux et que sa santé a gagné en | force de beaucoup; il nous а donné bien des inquiétu- | des, mais enfin les voilà dissipées, et j'espère sa santé aguerrie pour bien longtems. Adieu, monsieur le comte, je me flatte que vous êtes convaincu de mes sentimens
pour vous, et que je suis et serai pour toujours, monsieur le comte, votre bien-affectionnée Marie.
Si lord S-t Helens se trouve à Londres, je vous prie de l’assurer de mon souvenir.
Le 10 avril 1803.
Vous savez, monsieur le comte, qu'il est d'usage chez nous de souhaiter les bonnes fêtes à l'occasion de Pàques; je m'y conforme avec d'autant plus de plaisir que j'aime à vous renouveler les voeux que je fais pour votre bonheur, votre satisfaction, et pour l'accomplissement de tous vos désirs. Vous sentez que ma jolie petite demoiselle d'honneur est bien de moitié dans ces voeux et que je désire bien vivement la voir aussi heureuse qu’elle mérite de l'être; mais je vous avoue que je souhaite la voir heureuse en Russie; c'est là où je désirerais que son cœur fût fixé par un choix qui réponde en entier à votre juste attente. Je viens de recevoir
. votre dernière lettre, monsieur le comte, et j'y ai vu avec sensibilité la part que vous avez prise à mes désagréments de l'incendie de ma maison de campagne. Vous avez bien jugé du coeur de l'Empereur. en зпрposant qu'il voudrait m'aider à réparer ma perte; mais comme sous aucun rapport je ne veux pas lui être à charge, je n'ai consenti qu’à un prêt, qui sera repayé dans quelques années à termes fixes. Mon fils a des dépenses nécessaires à faire, et ceux qui lui sont le plus près doivent le moins lui devenir onéreux. Voilà mes principes, monsieur le comte, et j'espère que vous ne désapprouverez pas ma délicatesse. J'attends avec
impatience les peupliers que vous ше promettez, et d’après toutes les précautions que vous voulez bien prendre pour leur envoi, je suis sûre qu'ils m'’arriveront à bon port.
Le souvenir de lord S-t Helens me fait toujours trèsgrand plaisir, car on aime intéresser ceux qu’on estime. Je vous prie, monsieur le comte, de lui faire mes complimens.
J’embrasse ma petite demoiselle d’honneur, à qui vous direz, je vous en prie, que son frère a beaucoup dansé à mon bal d’avant-hier; je crois qu’elle en aurait fait autant si j'avais eu le plaisir de Гу voir. Mes bonnes petites me chargent de mille amitiés et complimens pour elle. Adieu, monsieur le comte; je me flatte que vous êtes et serez toujours convaincu de l’intérêt sincère que je vous porte et de la parfaite estime avec laquelle je suis |
votre bien affectionnée
Ce 25 may 1803.
Il ne sera pas dit, monsieur le comte, qu'il parte un courrier pour Londres qui ne vous porte pas Гехргезsion de mon souvenir. Та! à vous remercier encore de votre dernière lettre, qui m'a fait le même plaisir que les précédentes; j'y vois avec grande satisfaction les sentimens que vous m'y témoignez et que de même vous êtes persuadé de ceux que je vous porte, ainsi qu’à votre famille et à monsieur votre frère. J'espère qu'un de ces jours monsieur lé chancelier deviendra mon voisin: il passera à Czarskoé sélo. et m'a promis de venir souvent manger ma soupe. Mon fils nous a quittés depuis avant-hier qu'il est parti pour la Еиlande; mais son absence ne sera pas longue, et j'espère que nous le reverrons de mercredi en huit; en attendant j'ai le plaisir de voir l'Impératrice chez-moi. Notre train de vie est celui de l’année passée, et j'aime à croire, monsieur le comte, que vous vous en rappelez; je me flatte surtout que mon aimable petite demoiselle d'honneur ne Гаага pas oublié. Elle trouve ici mes complimens et mes amitiés. Dites-lui, je vous prie. que m-r son frère est venu dîner chez moi et y darser. Le chancelier se porte au mieux, et en vérité, monsieur le comte, vous le trouverez bien parfaitement rétabli, et même bien mieux pour sa santé qu'il ne l'était l’année passée.
Les vaisseaux de la campagnie russe-américaine ne sont pas arrivés encore, mais ils ne sçauraient tarder longtems. Je vous suis bien reconnaissante, monsieur le comte, de l'envoi des peupliers que vous me faites. C’est embellir mon jardin, et vous savez que je l'aime beaucoup. Mes filles me chargent, monsieur le comte, de vous assurer de leur souvenir, et nous vous prions toutes trois de faire nos complimens à lord S-t Helens. Madame l’ambassadrice nous a quittés pour aller assister aux couches de madame sa fille; c’est une femme bien intéressante et bien essentielle, qui a captivé tous les suffrages et ma bien-parfaite estime. Adieu, monsieur le comte, j'espère que vous êtes convaincu de mes sentimens pour vous, et que je suis et serai toujours constamment
Marie.
Ce 6 (18) juillet 1803.
Та eu le plaisir de voir hier m-r le chancelier chez moi, monsieur le comte; il а bien voulu m'avertir du départ d'un courrier, et je profite avec empressement de cette occasion pour vous renouveler ce que vous savez déjà, mais ce que je ne me lasse pas de vous répéter: les assurances de ma partaite estime et amitié. J'ai trouvé très-bon visage au chancelier et beaucoup de bonne humeur, ce qui ш’а fait très-grand plaisir. d'autant plus que c’est une preuve de santé. Peutêtre savez-vous déjà, monsieur le comte, les inquiétudes extrêmes, que me donne ma fille Hélène, qui est dangereusement malade d’une fiévre lente qui menace sa poitrine. Selon les dernières nouvelles, elle est un peu mieux, c’est-à-dire un peu moins souffrante, mais
la fièvre continue encore. Vous concevrez. monsieur le |
comte, l'agitation dans laquelle se trouve mon cœur, et me plaindrez. Enfin je mets mon espérance dans la bonté Divine et j'espère qu’elle me conservera mon enfant; je suis sûre que vous ferez aussi des vœux pour elle. Je vous avoue, monsieur le comte, que ces tristes nouvelles ont tellement absorbé mes pensées, que je ne me sens pas trop capable de rien, cependant j'ai encore à vous remercier et des arbres qui viennent à merveille, et des graines. Vous embellissez
Pawlowsk, monsieur le comte; c'est me flatter par le plus cher de mes goûts, car vous savez combien j'aime ma campagne, qui effectivement devient bien-jolie. Votre aimable fille trouve ici mes tendres amitiés, monsieur le comte, et m-lle Jardine bien mes complimens. Votre fils se porte bien, à ce que m'a dit le chancelier, j'espère le voir chez-moi ces jours-ci. J'ai encore: des remercîmens à vous faire de la brochure que vous m'avez envoyée et que j'ai reçue hier. Que de réflexions n’aurais-je pas à vous communiquer, monsieur le comte, si j'avais le plaisir de causer avec vous sur les malheurs du continent, mais à la distance où mous nous trouvons il faut se borner à en faire et à en gémir. Adieu, monsieurle comte, mes bonnes petites me chargent de leurs complimens pour vous et la petite jeune comtesse;nous vous reverrons chez nous avec une véritable satisfaction et j'en aurai surtout de vous assurer que je suis pour toujours, monsieur le comte, votre bien affectionnée
Marie.
Gatchina, ce 20 septembre 1803.
Ces lignes vous seront remises, monsieur le comte, par deux élèves de la fabrique d'Alexandrowski, qu'elle envoie en Angleterre pour se perfectionner dans leurs talens en les mettant immédiatement sous votre pretection et en réclamant pour eux la promesse que vous avez bien voulu faire il y а un an, de donner vos soins
aux élèves que nous vous enverrions. L'un des élèves |
parait avoir un génie décidé pour la mécanique pratique, ayant inventé déjà une machine très-utile, et l'autre pour la théorie de la mécanique. La régie de la fabrique a soigné chez ses correspondants à Londres tout ce qu’il faut pour l’entretien des élèves, pour lesquels je réclame simplement votre appui et pratection. Vous voyez, monsieur le comte, que je base sur votre complaisance, tout comme vous, j'espère, sur les sentimens de la plus parfaite estime, avec laquelle je suis à tout jamais votre bien affectionnée
Marie.
L'Empereur, mon très-cher fils, vous écrit à ce mème sujet. °
St-Pétersbourg, се 19 novembre 1803.
En chargeant de ces lignes le fils de votre ami Nicolaï, je crois vous faire plaisir, monsieur le comte, et je m'en fais à moi-même, en vous assurant à cette occasion de mon souvenir et de toute ma vive sensibilité des regrets que vous donnez à ma chère, belle et bonne enfant *). Elle réunissait toutes ces qualités, monsieur le comte;. elle était la meilleure, Ja plus attachée des enfans, la plus vertueuse des femmes, la plus tendre mère, et sous tous les rapports c'était un être distingué; voilà l'enfant qui m'est arrachée dans за 19-ème année. Ah, monsieur le comte, le cœur se glace en traçant ces lignes, et cependant j'ai pu supporter cette cruelle perte. Il est bien vrai que l'Être Suprême me donne des forces cachées, les miennes paraissoient épuisées, mais je me remets quant à ma santé. Quant à mon âme, à mon malheureux cœur flétri par la douleur et les pertes, les regrets seront les seuls sentimens qui peuvent Госсирег, la peine rongeante s’y trouve renfermée, et tous mes souvenirs ne portent hélas! que sur des pertes les unes plus cruelles que les autres. J'ai été très-sensible aux sentimens d'intérêt que la reine d'Angleterre a témoigné prendre
à ma perte; j'ai cru bien faire de le lui marquer, et je viens de charger le jeune Nicolaï d’une lettre pour elle. J'ai eu le plaisir de trouver monsieur votre frère en bonne santé, très-frais, très-allant et enfin parfaitement bien remis. J'espère que vous viendrez bientôt | nous joindre, monsieur le comte, et que vous me ramènerez votre aimable fille, que j’embrasse de tout mon cœur. Je fais mes complimens à sa digne gouvernante. Adieu, monsieur le comte, vous connaissez mes sentimens pour vous: ils sont et seront toujours les mêmes, et c’est toujours avec le même plaisir que je me nommerai
votre bien affectionnée
Marie.
St-Pétersbourg, се 11 février 1804.
Je viens de recevoir votre aimable lettre, monsieur le comte, et le beau mouchoir-schal que vous avez bien voulu m'envoyer et qui me rend déjà de très-bons services. Je vous remercie infiniment, monsieur le comte, et vous prie de dire à votre charmante fille qu'elle est bien bonne et bien aimable d'avoir pensé à me faire plaisir. J'en aurai un à la voir chez nous; on nous flatte que ce sera dans le courant de l'été. Le schal est admiré de toutes les personnes qui le voyent. et en vérité l'Angleterre est à admirer pour le perfection de l'industrie qui a acquis le plus haut dégré. Je suis charmée de savoir le jeune Nicolaï heureusement arrivé à Londres. C’est bien certainement un sujet distingué, qui répondra à l'attente du père, et aux soins qu'il lui a prodigués. Je vous remercie infiniment, monsieur le comte, de la lettre de la reine que vous m'avez fait le plaisir de m'envoyer. Comme c’est une réponse à la mienne, je craindrais d’être indiscrête d'y répondre, et vous prie, monsieur le comte, de lui exprimer toute ma sensibilité des sentimens qu’elle me témoigne qui, sous tous les rapports, me flattent et me sont bien précieux. .
Monsieur le chancelier part ces jours-ci; je suis de l'opinion, monsieur le comte, que vous n'approuverez
pas son voyage, et que vous n’y eussiez pas consenti si vous vous étiez trouvé à Pétersbourg. Mes filles me chargent de les rappeler à votre souvenir, monsieur le comte, et à celui de votre aimable fille et de m-lle Jardine. Ma fille Marie est promise au pr. héréditaire de Saxe-Weimar, depuis le 1-ег de Гал. J'espère qu'elle sera heureuse, le pr. ayant un excellent caractère moral; mais j'avoue que c’est en tremblant que je pense au moment qu’il faudra s’en séparer. Adieu, monsieur le comte, agréez encore mes remercîmens des vœux pour lanouvelle année, que vous avez bien voulu m’adresser et que je n'ai reçus qu'à présent, toutes les postes de Londres ayant retardé. Vous devez connaître et être persuadé de mes sentimens, et combien sincèrement je suis et serai constamment
Marie.
Ce 15 avril 1805.
En vérité, monsieur le comte, il faut compter sur votre indulgence, comme je le fais, pour être persuadée que vous ne m'en voudrez pas d’avoir tardé si longtems à vous répondre et à vous remercier de votre souvenir, de la belle estampe de l'Impératrice Élisabeth, des beau gants et du mouchoir-schal que vous m'avez envoyés. Je vous en suis des plus obligée, et bien certainement je me serais acquittée de l’obligation de vous en remercier à linstant, monsieur le comte, si je п’аvais été indisposée pendant plusieurs mois, cet hyver, d’une thoux très-tenace, de même que mes filles Catherine et Anne; aussi le Palais 4’Вууег ressemblait-il à un hôpital. Cette thoux, sans être dangereuse dutont, influait sur les nerfs et donnait un malaise qui effectivement nous tait la faculté de nous occuper. Mais nous voici toutes parfaitement remises, et c'est avec plaisir que je vous paye mes arrhes, monsieur le comte, en vous assurant et de ma sensibilité et de mon souvenir. Monsieur votre fils n’est pas arrivé encore, mais bien certainement il sera toujours le bien-venu chez moi, et j'aurai grand plaisir à lui parler de monsieur son père et de sa bien-aimable sœur, que j’embrasse. L’estampe de l’Impératrice est superbe pour le burin et l'exécution, mais je trouve que le peintre Mounier n’a pas réussi à rendre la délicatesse de ses traits. Les
gants sont bien beaux, monsieur le comte, et je les porte avec plaisir. Vous sçaurez peut-être déjà que ша fille Marie se trouve enceinte, elle jouit de la meilleure santé et elle est bien parfaitement heureuse, sa nouvelle famille la portant sur les mains, et ayant le bonheur d'être aimée dans le pays. Il me faut toutes ces assurances pour me faire raison de son départ, qui me laisse un bien grand vide. Adieu, monsieur le comte, soyez persuadé de mes sentimens pour vous et croyezmoi très-sincèrement
votre affectionnée
Marie.
де charge l'aimable comtesse de mes complimens pour m-lle Jardine.
Gatschina, ce 24 septembre 1807.
J'ai attendu jusques à ce moment, monsieur le comte, pour répondre à votre lettre, espérant qu’on m'avertiait d'un jour à l’autré d’une occasion sûre, mais voyant retard, j'envoie ma lettre au c-te Zawadowsky, jui vous la fera parvenir. Vous me demandez mes bé- #dictions et mon consentement pour le : mariage de otre aimable fille. Je ne vous cache pas, monsieur le omte, que j'éprouve bien du regret de voir son sort xé hors de sa patrie et de devoir renoncer au plair de la voir heureuse chez nous; mais en même tems : rends justice au choix que vous avez fait pour elle, ai paraît réunir le mérite personnel à la naissance, à fortune et aux dignités. En vous donnant donc, onsieur le comte, et à la jeune comtesse mon conntement pour l'union projetée, j'y joins mille et mille eux pour qu’elle soit heureuse et qu’elle soit pour us une source intarissable de félicité et de contenment. Je vous charge de mes bénédictions pour la une comtesse et de mon sincère compliment. J'ai vu usieurs fois le jeune comte Woronzow votre fils, puis son arrivée, et Га} prié de reprendre ses ancienз habitudes de venir chez moi. Sa santé est bonne, ne lui reste plus qu'un peu de faiblesse à la jambe,
pendant il а dansé dimanche passé. Il est toujours Arxuss Kusss ВОРОНЦОВ, кн. 80. 24
estimé généralement et mérite de Гёге. Adieu, monsiet le comte; je me flatte toujours de l'espérance de vot voir le printems prochain et de vous renouveler à bouche les assurances de l'estime distinguée avec | quelle je suis, monsieur le comte,
votre bien affectionnée
Marie.
-Ipurowcenie.
Письмо императрицы Mapiu Ocodopoenu xs графу //. В. Заводовскому.
Графъ Петръ Васнльевичъ! При семь препровождаю 5Ъ пах письмо мое къ графу Семену Романовичу Воронцову п пра васъ Clare ми удовольстве, оное къ пему доставать. Весы прытно мн} воспользоваться симъ случаемь, увЪрить васъ 6 истинномъ уважеши ин доброжелательств\, съ каковымъ пребы всегда EB вамъ благосклонною |
Pawlowsk, ce 20 may 1819.
Reçu à Londres le 10 septembre п. s. 1519.
Je vous félicite, monsieur le comte, de bonheur qui vous attend de voir entrer dans votre famille une jeune personne bien distinguée, qui en s'occupant de célui du comte, votre fils, se fera une étude du vôtre et comblera vos voeux en rendant le comte Michel le plus heureux des époux. Vous me demandez .mes bénédictions et mon approbation pour cette union, et je la donne de bien bon coeur et avec une satisfaction sincère. La jeune comtesse réunit les. qualités d’un caractère distingué à tous les charmes de la figure et de l'esprit; elle est faite pour rendre heureux l'homme estimable qui unit son sort au sien. Jouissez longtems de la douce satisfaction d’être témoin de leur félicité et voyez vous accroître dans vos petits enfans: ce sont les voeux sincères que je forme, en vous renouvelant en même tems. monsieur le comte, les assurances des sentimens distingués d'estime avec laquelle je suis, monsieur le comte,
votre bien affectionnée
Marie.
Ce lundi, 20 avril (1825).
Je vous adresse mes sincères félicitations, monsieur le comte, de l'heureuse délivrance de votre charmante et aimable femme. Puisse la petite Sophie lui ressembler et faire aussi votre bonheur et celui de madame sa mère. Vous devez être très-persuadés tous deux de l’intérèt sincère que je vous porte et vous porterai constam-
ment. Soyez l'interprête de mes sentimens auprès de
la comtesse et de mes voeux pour son prompt rétablissement. J'en fais de bien sincères pour le vôtre. monsieur le comte, et suis
votre bien affectionnée
Monsieur le comte. Гай lu avec un intérêt douloureux l lettre que vous m'avez adressée à l’occasion du malheur cruel qui nous & frappés, et j'ai été vivement touchée de l'expression de vos sentimens à ce triste sujet.
Ce langage du coeur, tout en renouvelant des souvenirs déchirans, est pourtant le seul adoucissement que Гоп soit capable de goûter, et il acquiert d'autant plus de prix, quand on connaît, comme je le fais, la jource pure d'où partent ces paroles de l’affliction. J'ai tu de même avec une profonde émotion que feu notre her Empereur vous & parlé en dernier lieu de moi, ec les sentimens qui ont fait le bonheur de mon exisence et je vous remercie bien-sincèrement de cette aformation si douce et si consolante pour le coeur maernel. Les larmes que nous versons ensemble sur la mmbe de l'ange qui nous a quittés, ajoutent encore ux sentimens d’estime et de bienveillance avec les- 1е1з je suis
votre affectionnée
Marie.
St-Pétersbourg, ce 18 décembre 1825.
Le prince Gagarine s’est acquitté de votre commission, monsieur le comte, et m'a rendu les expressions si bonnes, si amicales que mon fils, que l’ange que nou: pleurons, a prononcées en vous parlant de moi au jardin de Никита. Hélas! je ne peux Геп remercier, mais toutes mes pensées sont des bénédictions que j'adresse au Ciel pour lui, et des larmes brûlantes tombées des yeux de la plus malheureuse et la plus infortunée des mères.
G le
Грахъ Александръ Романовичъ! Сохраняя истинное уважеше къ служб и способностямъ вашимъ, я всегда быль увзренъ, что познашя ваши и правота предуставлены на пользу Отечества; а потому желалт бы я, чтобъ, оставивъ уединене ваше, возвратились вы BB TOTB кругъь MBACTBIA, къ коему дарованя ваши и опыты васъ призываютъ. Я увфренъ, что одно естественное расположене ваше къ общему благу, довлФеть уже убЪдить васъ къ сему призыванпо; присоедините къ тому желане мое и вфрьте, что миф будетъ прятно лично утвердить васъ въ моемъ благоволени, какъ и въ томъ, что я всегда пребываю вамъ доброжелательный
Божею muuocrit мы Александръ Первый Императоръ и Самодержець Bcepocciäcriä и прочая, и прочая; и прочая.
Нашему дйствительному тайному совётнику гра- Фу Воронцову. Усердною и ревностною службою npiобрёли вы полное право на наше отличное благоволене. въ ознаменоване коего всемилостивйше пожаловали мы васъ кавзлеромъ ордена Святаго Апостола Андрея Первозваннаго, коего знаки для возложен!я на васъ при семъ препровождаются.—Ув%рены мы впрочемъ, что вы, движимы будучи тою же любовно къ Отечеству, каковою служба ваша доселв отличалась, продолжите познашями вашими и опыт- HOCTIIO назидать пользы его и, содЪйствуя ихъ возвышению, утвердите на себ% всегда, наше благоволеше. Пребываемъ вамъ императорскою нашею милостю благосклонны.
Въ Санктпетербургв, Мая 2-ro 1801.
Его Императорское Величество, желая ознаменовать торжественный день священнаго своего коронован!я народными милостями, высочайше соизволнетъ, чтобъ господа дёйствительные тайные COBBTники грахъ Воронцовъ. генералъ-прокуроръ Беклешовъ, государственный казначей баронъ Васильевъ и тайный совзтникъ Трощинсвй совокупно занялись разсмотрёшемъ и изобрётещемъ такихь средствъ, которыя бы, бывъ приличны предстоящему случаю, могли послужить къ народному облегченю и къ изъявлению вообще монаршей милости в8рноподданнымъ, и, положа оныя на MBpB, представили Его Величеству свое мнёше на высочайшее утверждеше.
Грахъ Александръ Романовичъ! Желая поставить морсвя силы наши и BCB сопряженныя съ ними чэсти на OCHOBAHIAXB, наиболве сходственныхъ съ нынвшнимъ COCTOAHIEMB первенствующихъ въ Европ флотовъ, сообразивъ ведичину и силу нашего съ доходами и числомъ жителей въ Росси обитающихъ, и дабы оный, хотя важную часть защиты государства составляющий, не былъ бы однакоже для него содержьнемъ своимъ отяготителенъ, признали мы нужнымъ, для достижешя сей цзли, учредить особливый Комитетъ, коего ‘первымъ присутствующимъ назначаемъ васъ, повелёвая быть членами онаго адмиралу Фонъ-Дезину 1-му, адмиралу Мордвинову, адмиралу Балле, адмиралу Макарову, вице-адмиралу Карцову, контръ-адмиралу. Чичагову и капитану 1-го ранга Грейгу, поколику время занятя его отъ другихъ должностей ему дозволить можеть. По всёмЪъ
.ABaams, до сего Комитета касающимся, докладывать
намъ контръ-адмиралу Чичагову. Главнёйшимъ изъ предметовъ, коими Комитетъ заниматься долженъ, прилагается при семъ въ руководство оному наЧерrauie. Сверхъ того повелёваемъ, чтобы по отношевямъ сего Комитета, доставляемы были въ оный
неукоснительно какъ отъ частныхъ лицъ, TAKE и отъ присутетвенныхь MBCTS BC свфдёыя къ ' предметамъ, по части сей принадлежащия. Пребываемъ вамъ благосклонны.
Комитетъ первымъ долгомъ себф поставить войтн въ подробное изсл6доваше всфхъ причинъ, особенное вляне имфющихь ua onpenbrenie величины и силы флота нашего. ГлавнЪйпия изъ оныхъ SABHCATE оть способовъ, конми сосударство наше боле или иенфе изобилуеть первоначальными веществами, въ составлеше флота входащими, какъ-то: разлачнаго рода лЪсами, желфзомъ, мфдью, пенькою и проч., и отъ MÉCTHATO положешя государства въ отношенш портовъ, теперешняго ихъ COCTOAHIA Co ихъ выгодами H неудобствами и пространства морей, по KOUMB кораблеплаване наше производиться должно. ЗдЪеь надлежитъ также принять въ разсуждеше и плавав!я, кон въ отдаленнЪйia bcra предполагаемы быть могутъ.
Величина и сила флота нашего должна быть copasmbpna морскимъЪ силамъ сосздственныхъ державъ п соотв тствовать при- HATHMB съ союзниками нашими обязательствамъ н проч.
Потомъ Комитеть займется подробн®йшямъ pascuorphniers BCÉXE доселВ изданныхь узаконенй, регламентовъ, уставовъ, штатныхь положен, правилъ употребленя суммъ, заготовленя съёстныхъ и разныхъ другихъ припасовъ и всфхъ учреждевй, на коихъ правлеше и хозяйственное распоряжеве морскаго деиартамента со всфиъ принадлежащимъ къ нему основано. Мы желаемъ, чтобы Комитетъ, отдёливъ отъ оныхъ всякое излишество, оставивъ полезнвйшее, усовершивъ HAN пополнивъ недостаточное, привелъ все оное во всевозможную краткость и ясность. Cie учинвть въ такомъ наифрен!и, чтобы доставить флоту надежиЬйший путь въ достиженю желаемаго и столь нужнаго благоустройства; пресфчь, по возможности, вкравпияся злоупотреблешя и открыть удобныя средства къ возведешю его Ha степень совершенства, со славою государства TÉCHHMB союзомъ COпряженную. - По мфрф изслфдовашн сихъ предметовъ Комитеть да представить онне на усмотрёше наше.
При вевхъ таковыхъ положеняхъ или образовашяхъ какой либо части, Комитету предписуется поставлять себф образцомъ предусмотрительныя ни полезн®йпия узаконешя учредителя флота нашего, блаженныя памяти Государя Императора Петра Великаго, заимствуя также и изъ OCHOBARIA первенствующихь въ Европь флотовъ. Почерпая изъ оныхъ постановлен!й, стараться должно различнымъ, изъ миогократпыхъ опытовъ извфданнымъ, усовер- ‘шенствовашямтъ сдфлать наиприличн®йшее къ нашей службЪ пряложеше, HMbA всегда въ виду какъ собственные наши способы въ произведешяхъ земли, въ HPABAXE и способностяхъ народ- HHXB, такъ и заимствоваше оныхъ отъ постороннихъ, съ пользою вамъ служить могущихъ.
Съ толивою-жъ ACHOCTID должно показать и уравнять препмущества и выгоды каждаго изъ служащихь во флот, соотвфтственно роду и COPASMÉPHO количеству или важности возлагаемыхъ должностей, понесенныхъ трудовъ или оказанпыхъ заслугъ. Однныъ словомъ, содвлать службу для каждаго, въ оную BCTY-
© пившаго, нужною и лестною. И для того мы ожидаемъ, что Коиптеть приложить всевозможное попеченще, дабы вновь, сдланвыя постановленшя морской службы по примфру всфхъ постоянно процвфтающихь учрежден, соединивъ пользу общественную” съ пользою соразмфрною способности и службЪ кажлаго, не токмо не были-бы для служащихъ отяготительны или какимъ-либо образомъ уничтожительны, но паче впушали-бы и иоддерживали-бы TB нстанвыя правила чести п благородное возвышеше духа, которое душею псякаго воннскаго состава быть должно. Сими единственно средствами произвесть возиожно будетъ взаимное ревноване, столь дфятельно всегда способствовавшее къ возведеню на высшую степень совершенства полезн®йшихъь пропзведенй ума человЪческаго.
Равнымь образомъ мы препоручаемь Комитету войти BB подробное разсмотрьше правилъ, на коихъ всё общественныя по флоту учреждешя основапы, какъ-то: морской корпусъ, больницы, училища штурманское и корабельной архитектуры, школы и проч.
и стараться изыскать средства KB приведен!ю оныхъ въ такое положене, которое нанболфе сходствовало бы съ HHHBMHUME соcroaniews познан!й человЪческихъ. Таковыя средства Комитеть при мнЪыёи и планахъ да представить на утверждеше наше. He упустить при &емъ изъ виду одно изъ первыхъ предметовъ, образоваше xbcHaro учрежден, пекущагося о сбереженн н хоставacuin лфсовъ, также и заведеше школы лфсоводственной науки п приведеше въ нанлучиий порадокъ и дёйстве BCÉXE заводовъ, для снабженя адмиральтействь и флота нужнфйшими припасами учрежденныхь. Заняться изыскашемъ легчайшихь и удобонснолнимыхь средствъ къ формированю добрыхъ ип опытныхъ матросовъ, къ обучешю и доставленю для флота потребныхь художннковъ по разнымъ мастерствамъ, какъ-то: плотничному, столарному, кузнечному н проч. И cie учинить съ тавимъ pacuncacHiемъ, чтобы производство работь основано было на правилахъ, соразм$рныхь выгоднфйшему употребленю CHAR челов ческихъ.
Опытпость, и по разнымъ частямъ особенное знаше и ycepaie EF польз общественной членовъ сего Комитета подаютъ намъ несохнфиную надежду, что оный не упустить войти во всЪ не токмо вышеупомянутые, но H впредъ ему представиться могуще предметы, HauGoxbe споспфшествующие къ выгодному образова- Hi морскаго департамента. А дабы дать убфдительное доказательство истиннаго нашего желан!я о усп8шномъ преобразовашн сей части н сколь охотно весфми способамн къ тому споспЪшествовать желаемь, мы повелёваемъ оному Комитету непоередственно относяться къ намъ о вефхь израхъ, EAKOBHH токмо нужпымъ поятено будетъь принять къ извлеченю флота изъ настоящаго мнимаго его существованя и къ приведен!ю онаго въ подлинное быте.
(Septembre 1802).
Pardon, monsieur le comte, de ne vous avoir pas répondu hier; je comptais le faire ce matin, pour vous dire que, comme demain est un jour de cour, je n'aurai pas le tems de recevoir m-r de Goltz. Ainsi je vous prie de lui faire savoir que j'ai fixé dimenche prochain pour son audience, et demain je le verrai au cercle du corps diplomatique.
Voici, monsieur le comte, ce fichu cérémonial. Le dîner sur le trône a été sacrifié non sans peine, mais pour le bal je suis resté vaincu: toute mon éloquence persuasive est restée sans effet, et madame de Goltz sera obligée de faire la dépense d’un habit russe.
Arxuss Kuasa Borounosa, ки, 80. 25
S'il n’est раз trop tard, je vous prierai, monsieur le comte, de vouloir bien faire dire à l'officier suédois arrivé avec la nouvelle des couches de la reine, de se rendre chez moi après la messe à midi.
(Mars 1803).
Voici, monsieur le comte, la lettre du Premier Сопsul que le colonel Colbert vient de me remettre. Je m'empresse de vous l'envoyer; j'y ai marqué quelques endroits qui m'ont paru les plus intéressants. Receves l'assurance de ma sincère considération.
(Mars 1803).
Та lu avec bien du plaisir, monsieur le comte, le mémoire que vous avez eu la complaisance de me communiquer et je vous en remercie bien sensiblement; j'y ai reconnu des principes dont j'étais toujours convaincu que vous étiez animé. Recevez, monsieur le comte, l'assurance de ша sincère estime.
+ Monsieur le comtel Il n'y а pas de quoi faire tant d’excuses sur une chose qui peut arriver à chacun. Voici la lettre de m-r votre frère, je trouve sa réponse parfaitement sage et lui en sais gré. Recevez Газзиrance de ma considération.
Voici, monsieur le comte, ma lettre pour le roi de Prusse; je désire qu’elle fasse effet; en attendant, les dépêches du с. Markow sont du plus grand intérêt; je vous les renverrai demain dans la matinée. Bien la bonne nuit.
Copie de la lettre authographe de Sa Majesté l'Empereur à s. ш. le roi de Prusse, en date du 22 juin 1803 *).
Monsieur mon frère!
Dans un moment aussi important et critique qui décidera ев grande partie de la situation à venir de l'Europe, il m'a semblé qu'il ne suffisait pas, que mon ministre auprès de v. м. soit chargé de conférer avec le sien; et j'ai cru qu'il était de mon devoir de m'en expliquer aussi directement avec elle. В
L'amitié que je lui ai vouée, la confiance qu'elle me témoigne, m'imposent le devoir de lui parler vrai et de lui faire remarquer les dangers qui s'accumulent. Après avoir envisagé la chose de tous les côtés, je ne vois aucun autre moyen de les détourner, que celui qui sera proposé au ministère de у. m. par m-r d’Alopéus, à qui j'ai envoyé pour cela les instructions nécessaires. Je vous conjure, sire, de prendre en sérieuse considération mes propositions et de ne pas vous y refuser. C’est l’intime conviction que j'ai du bien essentiel qui en resultera pour l'Allemagne et même pour toute l’Europe en
*) Это одно изъ TÉXR писемъ, противъ которыхъ такт возетавать гразъ С.Р. Воронцовъ, находя таковое личное сбдижеше вредоноснымь для Росси. IL. Б.
général, qui fait que, loin de craindre d'agir contre la délicatesse en vous pressant si vivement, je croirais у manquer, si je ne le faisais pas. Vous sentez, sire, que pour moi, je n’aurais pas encore de raison de m'alarmer si fort; et c'est pourquoi mon conseil mérite d'autant plus d'attirer toute votre attention. Je ne puis voir indifféremment tout le Nord de l'Allemagne dépouillé, ravagé, mis sens dessus-dessous pour une querelle qui lui est si étrangère, et v. m. partagera sûrement mes sentimens là-dessus.
Je prévois que le gouvernement français fera tout son possible pour tranquilliser v. m. et pour empêcher le concert que je voudrais établir entre nous. Peut-être ira-t-il jusqu’à vous présenter la perspective de quelque acquisition brillante pour vos états, mais je connais trop la façon de penser noble et élevée de у. т. pour douter un instant qu’elle ne préfère en toute occasion le bien général à quelques avantages particuliers; j'espère au contraire que nous nous réjouirons un jour ensemble d’avoir agi de concert pour le plus grand bien de tous et d’un chacun. Dans la supposition cependant que, par des raisons que je ne puis prévoir, il arriverait que у. m. ne сгоуе pas devoir adhérer aux propositions que je lui fais, elle peut-être bien sûre que cela ne changera en rien l'amitié personnelle dont je fais profession à tout jamais pour elle; mais je la prie dans ce cas de me le dire sincèrement, afin que je pense pour mon compte à prendre les mesures nécessaires pour ma propre sûreté et s’il est possible pour sauver aussi le reste de l'Europe d’une désorganisation totale. Votre majesté doit m'excuser si je me suis expliqué avec trop de franchise; accoutumé à la chérir, je ne puis lui parler que le langage de mon coeur, et me crois même dans l'obligation de lui exposer ma façon de penser. Je prie у. m. d’être toujours bien persuadé dos sentimens sincères et inaltérables que je lui porte, ainsi que de la haute considération avec laquelle je suis
de votre majesté le bon frère, ai et allié (Signé) Alexandre.
Veuillez bien me mettre aux pieds de sa majesté la reine.
Monsieur le comte! Je me suis acquité de votre сошmission et je m'empresse de vous annoncer que ша mère sera très-charmée d’avoir le plaisir de vous recevoir. Recevez, je vous prie, l’assurance de ma con sedération distinguée.
Alexandre.
Le 1 août.
(Septembre 1803).
. Monsieur le comtel Ma mère п’а écrit hier, que deux élèves de la fabrique d’Alexandrowskoy étaient sur le point d’être expédiés en Angleterre pour perfectionner leur art. Son désir serait que je leur donne une lettre de recommandation pour monsieur votre frère, afin qu'il leur accorde sa protection. Faites-moi donc le plaisir, monsieur le comte, de faire préparer une lettre pour le comte Simon dans ce sens. Les noms des élè ves sont Иванъ Васильевь et @едоръ Ивановъ. Je suis bien fâché que votre indisposition me prive de puis si longtems du plaisir de vous voir. Recevez, morsieur le comte, l'assurance de ma considération distin-
guée.
J'aime mieux, monsieur le comte, avertir ma mère de l’arrivée de ce chambellan et lui demander ses ordres, en lui faisant part cependant de mes réflexions à ce sujet,
Monsieur le chancelier!
Étant arrivé ici pour annoncer de la part de s. а. 8. monseigneur le duc de Meklembourg Schwerin, à Sa Majesté Impériale l'Empereur, à Leurs Majestés Impériales les impératrices, et à l'Auguste famille Impériale le décès funeste de son altesse impériale madame la grande-duchesse Hélène, princesse héréditaire de Meklembourg Schwerin, je supplie son excellence de vouloir bien ordonner à quel tems il me serait permis, à lui faire ma cour. C'est avec le plus profond respect que j’ai l'honneur d’être, monsieur le chancelier, de votre excellence le très-humble serviteur
de Boddien, chambellan.
St.-Pétersbourg, ce 80 septembre 1803.
Je ne conçois pas, monsieur le comte, ce que le chambellan désire encore; il а été hier chez moi, et je lui ai remis moi-même ma lettre au prince héréditaire.
Je joins ici, monsieur le comte, les dépêches de Ваzoumowsky et la note du général Hédouville avec ses annexes. Je crois qu’on pourraît fuire dire à ce dernier que je le verrai dimanche après la grande parade, et je chargerai un de'mes aides-de-camp de l’introduire aussitôt la parade finie. Je vous souhaite une bien bonne nuit.
Грвеъ Александръ Романовичъ! Утвердивъ поднесенный мн докледъ отъ Комитета, для образовав я Флота учрежденнаго, содержащий въ себё постановаеше истинныхъ правилъ, по коимъ Россйсвя морсвя ополченшя не только соразмёрны достоинству Импери и отношешямъ ея къ сосдственнымъ державамъ, но MOTYTB сохранить неизмёняемое превосходство свое и надъ соединенными ихъ Флотами, съ чувствительною признательностйо усматриваю я, сколь много Комитетъь успёхами трудовъ и розысканй своихъ обязанъ свёдёншямъ и усердио вашему.
Поставляя долгомъ изъявить чрезъ Cie вамъ и всёмъ члевамъ Комитета, за ревностное ихъ содёйстве къ окончанию столь важнаго для блага государства предмета, совершенную мою благодарность, не сомн®ваюсь я, что и признательность Отечества сохранить зъ потомств® память общихъ вашихъ трудовъ. Презываю впрочемъ вамъ благосклоннымъ.
Monsieur le comte! Je vous prie de faire savoir au général Hédouville, que je le verrai demain matin après la grande parade.
1. Sur le prince Mourousi, ses connexions avec la Franc, et s’il ne serait pas à propos peut-être d'en informer la Porte.
2. Sur nos progrès en Géorgie et sur les alarmes que la Port pourrait en concevoir, d’après l'insinuation surtout des Français
3. Sur la nécessité de répondre au duc de Holstein à la lettre par laquelle il demande la ratification de l’arrangement concle i Ratisbonne.
4. Sur la lettre du métropolite de Monténégro, par rapport à Dawidowitsch, Lubobratisch et en général sur les affaires de Raguse.
Je puis, monsieur le comte, recevoir le général Hédouville demain après la parade, de la manière dont vous l’avez proposé, ce dont je vous prie de vouloir bien l’avertir.
Pardon, monsieur le comte, d'avoir arrêté ces deux lettres; mais vous m'avez fourni assez d'autres occupations plus intéressantes. Je vous rappelle ma commission pour m-r Alopéus: en rendant ces lettres qu'ilaye l'air de les avoir reçues par la poste; car j'ai mis les dates en conséquence.
Les dépêches de m-r d'Alopéus sont du plus grand intérêt. Elles sont écrites avec autant de sens que d’élégance, et sans contredit c’est l’un de nos employés qui s’acquitte le mieux de son devoir. Il mérite les plus grands éloges, et je vous prie, monsieur le comte, de les lui exprimer de ma part, quand vous serez dans le cas de lui répondre.
On pourrait aussi avancer celui qu’il recommande de sa mission.
Je vous envoye, monsieur le comte, la dépêche d’Alopéus avec l’incluse de mon beau-frère. Vous verrez, qu'il s'agit toujours de ces éternelles indemnités. Je doute qu'il fût possible de réaliser les désirs du prince; les affaires sont trop avancées et il y a si peu de quoi prendre les indemnités; à peine a-t-on pu fournir à ceux qui ont perdu par la guerre, et il serait peut-être même injuste d'augmenter le lot de ceux qui n'ont aucune perte à faire valoir.
Ha xoniu отвётной Шведской xenemn, врученной канцдеру г. Бондомъ.
ше faudra quelques éclaircissements, que j'ai mar- 1963 par un NB sur la note.
Кажется, полезн®е бы было вашему cisreascrey повторить г. Бонд8 вашъ позывъ”къ себё и туть узнать рёшительно, какой конецъ они хотять деть
J'ai lu avec horreur le trait cité dans la lettre du c. Markow, au sujet du Premier Consul; cela passe même toute croyance. Га reçu hier, m-r le comte, une lettre du roi de Prusse, mais dans laquelle il ne me part absolument ni de l’arrivée de Duroc, ni de l’objet de sa mission. Je joins ici la lettre de m-r de Markow.er vous remerciant beaucoup de me l'avoir communiquée. Celle de votre frère ne s’est pas trouvée dans le pr quet. Recevez l'assurance de ma considération ds tinguée.
Faites-moi le plaisir, monsieur le comte, de m'instraire: qui ont été les plénipotentiaires de notre part à l signature du contrat de mariage de ma soeur Marie.
Désirant vous donner, monsieur le comte, un témoimage de ma reconnaissance, je joins ici une boîte vec mon portrait, que je vous prie d'accepter comme n souvenir de ma part.
Je suis bien sensible, monsieur le comte, à votre lettre, et applaudis à votre idée de donner le départe ment des apanages au prince Kourakine, car le prince Youssoupow m'a témoigné en personne l'envie qu'il avait de quitter, me faisant entendre que sa place pourrait être mieux occupée par quelqu'un qui a place au Conseil. Je ne compte pas l'arrêter, n’ayant nulle envie d'augmenter le Conseil d'un membre aussi illustre. Recevez l'assurance de ma considération.
Alexandre.
‚Га lettre du citoyen premier consul est à-peu-près pareille à toutes celles que nous avons déjà de lui: des mots роийз, avec un ton très-tranchant; pour la vérité des faits, il semble qu'on la trouve inutile. Il n’y à que la fin qui est nouvelle. Je me serais très bien passé de ses conseils, prétendus amicals, et sais fort bien moimème ce que j'ai à faire.
Ne croiriez-vous pas qu'on pourrait lui en faire une petite observation, polie du reste. dans la réponse?
Arxmn Князя Borounoua, ви. 39, 2
Monsieur le comte! Revenu ici. je n'ai rien de plus pressé, que de ,vous remercier pour l’envoy de la lettre * du prince Lapouchine, auquel je vous prie de témoigner ma reconnaissance pour son empressement. Vos souhaits, monsieur le comte, nous ont porté bonheur, et il n’est pas possible d'avoir été plus favorisés par le tems, que nous ne l’avons été. Je joins aussi la note du citoyen général, qui prouve parfaitement la caractère de cette nation et de son gouvernement. Recevez l'assurance de lu considération la plus distinguée.
Я совсвмъ согласенъ съ мнёшемъ вашимъ, графъ Александръ Романовичъ, и считаю нужнымъ дать замётить послу B'ÉHCKOMY, что имъ такъ же мало удастся насъ заставить отойти отъ нашей декларащи, какъ и Французамъ.
де vous envoye, monsieur le comte, la lettre du général Hitrow, qui n’est intéressante que par le détail de sa conversation avec le premier consul. J'ai marqué avec le crayon le passage qui s’y rapporte; le reste ne contient que des chosés concernant la commission spéciale dont est chargé m-r Hitrow. Bon soir, monsieur le comte.
J'ai à vous exprimer ma reconnaissance, monsieur le comte, pour la manière dont vous avez rempli mes désirs, et que vous m'avez anoncée par votre lettre d'hier. Tout ce que j'ai vu jusqu'ici du prince Lopouchine me met absolument d'accord avec l'opinion que vous en portez. Recevez. monsieur le comte, l'assurance de ma considération la plus distinguée.
Отдавая всю должную справедливость подвыгу Baшего слятельства въ неприняти подарковъ олъ чужестранныхъ державъ, за долгъ поставляю себЪ изъявить вамъ то уважеше, которое привыкъ всегда ЕЪ вамъ чувствовать.
Monsieur le comte! J'ai chargé le prince Czartorysky de vous communiquer mes intentions; il m'est impossible d'y rien changer, le succès des opérations militaires y tenant très-étroitement. Ainsi je vous prie de faire dresser la note absolument conforme à ce qu'il vous dira de ma part. Recevez, je vous prie. Газзиrance de ma considération distinguée.
Alexandre.
Je vois, monsieur le comte, que je пе me suis pas trompé en supposant qu'un nouvelle algarade aurait lieu.
Voici, monsieur le comte, mes lettres; l'une est pour la reine et l'autre pour la comtesse de Voss.
Je joins ici, monsieur le comte, les dépêches que vous m'avez envoyées, et je n'ai rien contre qu'elles fussent expédiées par le feldjéguer Simniakow.
Excusez, monsieur le comte, du retard que Гепуоу de ces papiers a éprouvé. Nos exercices militaires en ont été un peu cause. Le premier numéro s’est trouvé égaré entre des papiers que j'avais avec moi pendant le voyage. l'ayant reçu en voiture.
При семъ препровождаю къ вашему с1ятельстя дв изъ четырехъ депешъ, сообщенныхь намъ оть Австрйскаго пов®реннаго въ дёлахъ, удержавъ 4руria дв у себя для показашя Матушк®.
Dans le dernier numéro de la perlustration vous verrez, monsieur le comte, la réponse du commissaire Suédois au nôtre. concernant la réparation du pont, par laquelle il déclare que les ordres qui l'avaient fait agir, sont encore en pleine activité et qu'il n'y changera rien. - .
Voici, m-r le comte, deux lettres de réclamation de protection du due de Holstein et du prince héréditaire de . Meklembourg. pour le cas d’une invasion française.
Voici, monsieur le comte, la transaction passée entre m-r de Beningsen et le commissaire Prussien de Stein; il paraît qu’elle est très-bien.et que rien n’en empêche la ratification, d'autant plus qu’elle vient d’être ratifiée par la cour de Prusse.
Грахъ Александрь Романовичъ! Съ соболвзнованемъ усматривая изъ письма вашего, что для возстановлення разстроеннаго вашего здоровья, признаете вы необходимымъ взять нёкоторое успокоене отъ трудовъ и перем нить MBCTO пребыван!я вашего. не могу я боле затрудняться въ отпускв васъ нз такое время, которое къ тому будетъ нужно. Я ув$ренъ однако, что по усердию къ общей пользВ и лично ко MHB, не отречетесь выи въ отсутстви вашему быть мн% полезнымъ совзтами и опытност!ю въ двлахъ государственныхъ; и на сей конецъ предоставляю вамъ взять съ собою по избраншо вашему канцелярскихь служителей. А какъ вы остаетесь такимъ образомъ въ должности, съ звашемъ вашимъ сопряженной, TC посему производиться будеть какъ вамъ, такъ и чиновникамъ, которыхъ вы возьмете, полное жаловзне и содержане во все время вашего OTCYTCTRIA: отправлеше же дВлъ по министерству, управленю вашему ввфренному, сообразно съ манихестомъ 8-го Сентября 1802 года, предоставите вы товарищу вашему. При семъ случа прятно MH. за дВятельное спосп шествоване вяше къ польз MEME государственныхъ, возобновить изъявлене совершенной моей б.згодарности, и увёрить въ HEH3MBHHOCTH моего въ вамъ благорасположения.
J'ai reçu. monsieur le comte, vos lettres et je me fais un plaisir de vous entémoigner ma reconnaissance, de même que pour les avis éclairés que vous m'y donnez. Je regrette souvent que la distance me prive de la possibilité d'en profiter aussi fréquemment que je l'aurais désiré. Je suis toujours parfaitement content de votre adjoint et suis churmé de voir que vous approuvez sa conduite. П se donne beaucoup de peine.
Nous faisons l'impossible pour inspirer à la cour de Vienne l'énergie nécessaire; jusqu'ici, comme vous l’avez pu voir, il n’y а pas grand succès encore, il semble que leur intérieur et les intrigues des différents partis y mettent en grande partie obstacle. Demain je pars pour un petit voyage. Voulant être de retour pour le moment où les réponses à mes derniers offices arriveront de Paris, je ne le rendrai pas bien long. Je compte voir Rével, où je n'ai jamais été encore. On va commencer cet été la construction du nouveau port. De là je visiterai quelques autres ports sur la même côte. Recevez, monsieur le comte, l'assurance de mon attachement et de шоп estime la plus sincère.
Le 7 maÿ 1804.
Alexandre.
C'est avec bien du plaisir, monsieur le comte. qne j'ai reçu votre lettre et le mémoire qui y était annexé: sa lecture m'a vivement intéressé; je partage les opinions que vous m'y énoncez et qui pourront servir de règle à votre adjoint. Recevez-en, monsieur le comte, l'expression de ma reconnaissance, de même que pour les sentimens personnels que vous me témoigne. Vous connaissez ceux que je vous ai voués et dont je vous prie d'être assuré pour toujours.
Alexandre.
Kamennoy Ostrow, ce 29 août 1804.
P. S. J'ai été bien content de la résolution qu'a prise le c. Simon de prolonger son séjour à Londres. Je suis sûr que les affaires у gagneront. En attendant, son fils fait des merveilles sous les ordre du prince Tsitsianow.
KB ГРАФУ
Рескрипты и письма императора Александра Лавловича Kb графу Вену Романовичу Воронцову.
Милостивый государь мой Семенъ Романовичъ! При семъ прилагаю къ вамъ отвётъ мой къ его величеству королю Апглйскому на его письмо, которымъ онъ меня извзщаетъ о бракё дочери его съ дядею моимъ; Cie письмо было MHB вручено господиномъ Витвортомъ, и такъ, прошу васъ мое вручить подобнымъ образомъ королю. Я пользуюсь симъ случаемъ, чтобы васъ просить объ одномъ молодомъ челов® к, который долго былъ при мн: его имя „Латез Grange. Онъ Англичанинъ; мать его воспитывала племянницъ камеръ-хрейлины Протасовой, на одной изъ которыхъ женать @едоръ Васильевичъь. Ростопчинъ, какъ. я думаю, оно вамъ и изв®етно. Сей молодой человъкъ очень хорошо учился и недавно возвратился изъ Берлина, гдВ онъ ихъ продолжалъ (sic). Мое намёреше было сперва помфстить его въ нашу Иностраниую Колаегию, но мёста сдёлались теперь весьма трудны къ полученю, и онъ самъ желаетъ возвратиться въ свое отечество; я себ за долгъ UOCTABIAIO вамъ его рекомендовать въ знакъ ему моей благодарности. Весьма бы я доволенъ былъ,
еслибы вы могли ему сыскать M'ÉCTO въ Англйскомъ департамент иностранныхьъ дёлъ или въ казначейств; оно и сопряжено и съ его желанями. Ему отъ роду 21-й годъ, поведеня отмённо хорошаго. Если cie возможно, то я останусь вамъ навсегда благодарнымъ. Такъ какъ уже мы въ lo мёсяцВ, то и нельзя будетъ ему нонёшнее лзто прёВхаль въ Анrai, тёмъ больше, что, не имВвъ OTBBTA отъ васъ, ему невозможно будетъ отправиться, & онъ будетъ въ Лондон въ началв булущаго л8та.-Я прошуу васъ H3BHHCHIA затруднять васъ подобными коммисciam4, но за отмённое себ удовольствие поставляю, что Cie подаетъ MHB случай изъявить вамъ чувства OTMBHHATO уважения, съ коимъ пребуду навсегда вамъ доброжелательный
Cie письмо будетъ вручено вамъ тёмъ CAMHMB MOлодымъ Англичаниномъ, о которомъ я имЪлъ уже удовольств!е вамь писать нын8шнимъ лётомъ, и которому вы столь снисходительно обёщали свое предстательство. Принося вамъ мою искренную благодарность за оное. прошу васъ совершить его благополуще, чёмъ вы несказанно обяжете меня. Не хотя васъ утруждать повторенями, ограничиваю себя сказать вамъ, что я надвюсь, что онъ заелужить TB старан!я, которыя вы намфревались имфть о немъ. Онъ перевзжаеть уже на вёкъ въ Англю, съ матерью и невфстой, а какъ скоро онъ найдетъ себв M'BCTO, то и женится. Повторивъ еще разъ мою просьбу, пребываю съ искреннимъ уважешемъ вамъ доброжелательный
За удовольсте почитаю себ вамъ изъяавить мою искренную обязамность за снисхожденте, которое вы имВли на мою просьбу касательно де-Гренжа. | и за все то чтб вы для него сдёлали; повзрьте, что оно для меня весьма лестно. Если вы оное ue за безполезное находите. то я прошу васъ изъявить равномёрную мою благодарность тмъ, которые участвовали съ вами во вспоможеши ему въ ert устроен. Принося вамъ еще разъ мое благодреше и извинеше въ труд, который я вамъ пречиниль симъ двломъ, пребываю на BBKB CB истинымъ почиташемъ валшъ доброжелательный
Hereprowr, Августа 2-ю 1798 года.