‹ Arkhiv kni͡azi͡a Voront͡sova (volume 2)Chapitre 12 sur 17 · AT · texte numérisé non relu

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Monsieur le général comte de Woronzow! Les évé- 1emens subséquens aux instructions que je vous ai ait donner par mon ministère dès le second jour de non avénement au trône, m'ont déterminé à vous expédier ce courrier, tant pour vous instruire de l'état actuel des affaires du Nord, que pour vous prescrire l'attitude que vous aurez à garder vis-à-vis de la cour le Londres.

Un courrier expédié par s. m. le roi de Suède m'a apporté la nouvelle que la flotte anglaise, forte de 54 voiles, avait forcé le passage du Sund devant Helsingür, et que les flottes danoise et britannique en étaient Уепиез aux mains en vue de la rade de Copenhague. Quoique l'issue de cet engagement ne me soit pas encore connue, et que, d’après les probabilités et méme les ouï-dire, l'avantage paraît avoir été du côté des Danois. fidèle à mes principes de n'en venir aux extrémités que lorsque toutes les voies de conciliation seraient épuisées, je viens de faire une nouvelle démarche, qui doit mettre dans le plus grand jour, aux yeux de l'Angleterre et du monde entier, les sentimens qui me guident, et dans lesquels la prévention mème ne pourrait pas s'empêcher de reconnaître Гт-

Архввъ Князя Boronnona, кн. 80. 27

tention la plus pure de concilier mon ardente sollicitude à prévenir l'effusion du sang humain. avec ce que je dois à la dignité de ma couronne et aux engagemens pris avec mes alliés. Vous en jugerez vousmême par la copie ci-jointe de la déclaration que j'ai ordonné de faire en mon mon au éommandant en chef des forces navales d'Angleterre dans la Baltique, par mon général et ministre d'état comte de Pahlen, qui depuis trois jours s'est mis en route pour Réval.

Tel est l'état actuel des choses, et tel il sera appré cié par tous ceux qui ne mettront point de prévention dans leur jugement. Mais comme Й importe qu'une fausse interprétation des motifs qui règlent mes dé marches, ne conduise l'Angleterre à l'opinion erronte qu'elle puisse arracher par la violence се qu'elle na pas pu obtenir par les négociations, je vous preseris de déclarer au ministère britannique que je suis em core prêt à m’entendre à l'amiable avec s. mn. le roi d'Angleterre, si ce prince persiste dans les vues de modération manifestées par son ministère à la cour de Berlin; mais que si, contre mon attente, la pureté de mes intentions est méconnue au point que le go vernement britannique poursuive les hostilités dans ls Baltique, je ne verrai plus alors en lui qu'un agre+ seur injuste, et ne consultant plus que l'intérèt de 4 bonne cause, je me croirai en droit d'employer tt les ressources et tous les moyens que la Provident a mis entre mes mains, pour repousser la force р la force.

Vous appuyerez sur toutes ces considérations, et red ajouterez à leur poids en faisant observer au ministé britannique que, quelque soit le sort des armes. À evntinuation de la lutte où l'Angleterre s'est engas

ne peut que lui ètre désastreuse dans ses conséquences. L'électorat de Hanovre envahi, les embouchures des fleuves du Nord de l'Allemagne, principal débouché de son commerce, fermées à ses vaisseaux, son pavillon marchand exclu de presque tous les ports de l'Europe, et, plus que tout cela, la menace d'un traité de commerce entre la Prusse et la France, tout au préjudice de l'Angleterre, sont autant d'argumens à mettre dans la balance, et qui, je m'en flatte, employés par vous, dont je connais le zèle pour mon service, le patriotisme éclairé et les talens, serviront à rappeler le cabinet de S-t James aux sentimens de modération et d'équité par celui de ses propres intérêts.

Mon ministère accompagnera la présente de tousles éclaircissemens nécessaires pour vous mettre au fait de la disposition des cours engagées dans la méme cause: mais je me réserve de vous développer moi-même, au premier jour, toutes les combinaisons politiques qui forment mon système, avec cette confiance à laquelle votre zèle pour le bien public vous donne tant de titres, et qui est inséparable des sentimens de bienveillance et d'estime que je vous porte.

Alexandre.

6 avril 1801, S-t Pétersbourg.

Copie de lu déclaration ministérielle à remettre au commandant en chef des forces britanniques dans la mer Baltique.

Le décès de feu 5. M. l'Empereur Paul I. de glorieuse mémoire, a fait passer le sceptre de l'Empire de Russie, par le droit de la naissance, entre les mains de $. M. l'Empereur Alexandre. Un des premiers actes du gouvernement de ce Monar- .que a été l'acceptation des offres adressées à son auguste prédécesseur de la part du gouvernement britannique, pour terminer par une heureuse conciliation les ‘roubles qui présagaient une prochaine explosion de la gucrre dans le Nord de l'Europe: mais. fidèle à ses engagemens avec les cours de Berlin, de Stockholm et de Copenhague, 5. M. I. а fait connaître en même tems sa ferme détermination d'agir d’un parfait concert avec ses allies dans tout ce qui peut être relatif à la cause des neutres. Elle était loin de s'attendre que s. m. britannique se porterait à une agression hostile contre le Danemark, dans le même tems que son ministre à la cour de Berlin recevait une nouvelle autori tion d'entrer en conférence avec le ministre de Russie. Ce que l'amour de la paix et le bien de l'humanité inspirent à l'Empereur pour prévenir une scission funeste entre les parties contentienses, ne peut avoir d'autre mobile que ces sentimens. Les hostilités commises contre le Danemark, et l'approche d'une force ennemie. imposeraient silence aux voeux de $. M. I. pour la conservation de la paix, si cette agression contre son allié avait ри être précédée des ouvertures qu'elle a adressées à la cour de Londres: mais, comme la flotte anglaise а fait voile pour le Sund avant l'avénement au trône de $. M., elle reste dans l'attente des dispositions de cette cour à la suite de la notification qui lui en est parvenue.

En conséquence, le soussigné, général de cavalerie des armées de $. М. 1. de toutes les Russies et son ministre d'état au département des affaires étrangères, somme au nom de son auguste Maître m-r l'amiral Parker, commandant en chef des forces navales de s. m. britannique, de suspendre toutes opérations hostiles contre ie pavillon des trois cours alliées jusqu'à ce que m-r Parker ait reçu des ordres ultérieurs du roi son maître, le rendant personnellement responsable des suites qu’entrainerait la prolongation de la guerre.

Prête à repousser la force par la force, S. M. I. ne persistera dans ses vues pacifiques qu'en tant que la justice et la modération du cabinet de S-t James lui permettront de concilier le voeu de l'humanité avec ce qu'elle doit à la dignité de sa couronne et aux intérêts de ses alliés.

Comte de Pahlen.

Monsieur le général d'infanterie comte de Woronzow! Les instructions que je vous ai adressées le fi du mois dernier, vous ont déjà fait connaître mes in- | tentions au sujet de l'arrangement de nos différends avec l’Angleterre, et de ceux qui subsistent encore entre cette puissance et celles du Nord. Mais je crois ces premières directions susceptibles aujourd'hui de plus de développement, et pour vous mettre à même de suivre les négociations confiées à vos soins, j'ai jugé nécessaire de vous instruire de l'état actuel des choses, et des démarches qui ont été faites de part et d'autre dans cès vues de conciliation.

Les mêmes motifs qui m'ont déterminé, dès les premiers jours de mon avénement au trône, à porter à l'Angleterre les premières paroles de paix, ont dictél l'ordre à mon ministre près la cour de Danemark. à faire connaître au commandant des forces de 5. britannique les dispositions où j'étais de donner № mains à tous les moyens de rapprochement qui з raient compatibles avec ma dignité et les intérêts mes alliés, en requérant Гапига] Parker de suspend toute hostilité ultérieure jusqu'à nouvel ordre. Qu que promptitude qu'on ait mise à l'expédition du ca

rier, il ne pouvait arriver assez à tems pour arrêter le commencement des hostilités; et je fus pénétré de douleur en apprenant les nouvelles successives du passage du Sund et de l'attaque meurtrière des lignes de défense de Copenhague, sans que toute ma sollicitude ait pu prévenir ce malheur et l’effusion du sang.

La flotte anglaise n'était déjà plus en vue de Copenhague, lorsque cet ordre y arriva. Elle avait même quitté les côtes de Danemark et s'était portée sur celles de Suède. Le gouvernement danois mit à la disposition de mon ministre une frégate, qui porta en toute célérité à l'amiral Parker cet office amical, et elle le trouva stationné devant Carlscrone. Le premier effet de ces ouvertures fut de voir la flotte anglaise abandonner cette position et quitter même ces parages pour se reporter vers les côtes de Danemark. à la hauteur de Kiogebay, où elle est encore en station. Il s’engagea immédiatement une correspondance entre ce commandant et mon ministère. Un capitaine de haut-bord avec le rang de colonel, m-r Freemantle. fut chargé par cet amiral de venir ici transmettre sa réponse. La copie de cette dépêche, annexée à la présente, vous fera connaitre l'objet de sa mission. Après trois jours de séjour ici, cet officier a été réexpédié avec la réponse de mon ministère; mais avant son départ encore je reçus la réponse ci-jointe de lord Hawkesbury. apportée par un courrier de cabinet de Londres. Je dois encore vous ajouter que j'ai envoyé mon contre-amiral Tchitchagow au commandant anglais, et que je Гай chargé de connaître plus particulièrement les intentions de cet officier-général sur la durée de l'armistice et la nature des ordres qui le retiennent encore dans la Baltique; tandis que son gou-

vernement paraît sentir que toute démonstration los tile, bien loin d'accélérer la’conciliation, пе peut priduire auprès de moi qu'un effet contraire.

А juger, tant par la réponse du cabinet de St da mes que par la lettre de sir Parker. des dispositio de s. т. britannique, il me paraît qu’elles sont aus favorables que les miennes pour un système de rayprochement, ct que nous sommes d'accord sur un point essentiel: celui de reprendre et de consolider même des liaisons également utiles et désirables: mais tandis que cet office du ministère britannique n'offre que des assurances franches et illimitées, je remarque dans les lettres de son amiral, qu'il semble vouloir ussujettir tout urrangement, sinon expressément à de certaines conditions, au moins qu'il voudrait le faire dépendre: de l'acceptation des différentes propositiun de son gouvernement. Je m'attacherais plus encore à cette différence, si je ne présumais que ces instructions ont été données à l'amiral avant des événemens qui était impossible de prévoir, et avant qu'on eût co naissance de mes dispositions. |

Aujourd'hui que je les ai manifestées, et que a donner une première preuve de leur sincérité, ne с sultant que mon amour pour la justice. j'ai de mu propre mouvement été au devant de l'Angleterre = mettant immédiatement en liberté ses matelots, et levant le séquestre des propriétés anglaises: c'est at noncer suffisamment qu'autant par déférence pour сей puissance que par conviction de l'utilité de ce гари chement. je concourrai volontiers à tout ce qui pourf l'effectuer. Je me suis satisfait moi-même en exprim ainsi mon voeu pour les voies de la conciliation: t ce qu’on pourrait exiger au-delà en ce moment И

serait ma dignité et répugnerait à mon caræ@tère. La franchise et la loyauté ont une marche aussi simple que facile; c’est un concours de procédés officieux qui en établit l'opinion et en assure la solidité; et lorsque j'en ai donné le premier exemple, je dois attendre en retour autant de confiance que d’empressement.

En jugeant de la facilité apportée de ma part pour éloigner les premiers obstacles à toute négociation, on s'était peut-être attendu que je me porterais de même à lever l'embargo mis sur les navires anglais. Je reconnais la justice de cette mesure, et mon désir de rattacher les liens qui ont si heureusement uni nos deux monarchies, me fera éprouver une nouvelle sutisfaction lorsque je pourrai m'y livrer. Ce dégagement de toute entrave ne se fera attendre qu'autant de tems qu'il m'en faudra pour juger des facilités que voudra apporter le cubinet de S-t James à concourir au but salutaire de notre commune sollicitude: il en a plus d'un moyen en sa puissance.

Notre intention réciproque étant de voir des vues hostiles faire place à celles de la conciliation. et de ne plus laisser à des armemens formidables l'appareil de la menace et de la terreur, lorsqu'il ne s'agit plus que de paix et de tranquillité, la présence de la flotte anglaise dans la Baltique n’y peut plus être nécessaire. Le premier avis qui me parviendrait que la flotte anglaise a repassé le Sund, serait le signal le moins équivoque de la paix. et il serait suivi immédiatement de la levée de l’embargo sur les navires britanniques.

Si, par quelques contrariétés, auxquelles les expéditions en mer sont plus particulièrement assujetties. cette mesure ne pouvait avoir lieu aussitôt qu’on pourrait le désirer, il est un autre moyen également dans

les maing du gouvernement anglais de pouvoir сотрter sur une prompte justice de ma part, c'est de s’engager à lever l'embargo mis sur les bâtimens russes, danois et suédois en même tems que cette mesure sera effectuée dans les ports de mon empire à l'égard des vaisseaux britanniques. L'un ou l'autre de ces moyens aplanira sans restriction tout obstacle qui s’opposerait encore au succès des négociations ultérieures. Elles commenceraient sous les auspices favorables d'un échange mutuel de bons procédés, et auraient déjà donné une preuve de la bienveillance mutuelle des gouvernemens respectifs en faveur de leur sujets.

Je dois autant aux principes que je me suis faits d'un respect inviolable pour mes engagemens, qu'à mon amour pour la justice et à mes propres sentimens, de ne pas perdre de vue les intérêts de mes alliés; et si l'état des choses, non moins que la nature de mes différends avec $. т. britannique. exigent une négociation directe entre nous, Suns concours étranger. je пе, m'en crois pas moins obligé de revendiquer pour mes alliés tous les avantages compatibles avec les intérêts de la G-de Bretagne; et sous ce rapport, je ne puis que vous recommander de faire aller de front tout ce qui devra concourir à un but d'utilité comтипе.

де crois vous avoir suffisamment manifesté mes intentions; elles se réunissent dans un désir sincère et nullement équivoque, de reprendre les anciens erremens des liaisons qui ont subsisté si longtems entre mon empire et la G-de Bretagne. et qui ont fait le bonheur des deux monarchies. Des effets sont déjà venus à l'appui de ce que je vous témoigne ici de ma bonne volonté, et en sont une preuve irréfragable. Je

me plais dans cette idée d'une réunion prochaine, et j'ai la conviction de son utilité réciproque. Mais quoi qu'il puisse m'en coûter de devoir renoncer à l'espérance que j'ai pu en concevoir, en provoquant le rétablissement de l'ancienne intimité, mon choix ne serait pas douteux si on voulait l'assujettir à des conditions. Je crois en avoir fait assez ponr laisser entrevoir ce qu'on peut encore attendre de той; j'ai ce sentiment de ma conscience, et si on voulait le méconnaitre, ce que je dois à ma dignité règlerait ma conduite, et j'obéirais à ce qu'elle me commande impérieusement, de пе pas souffrir qu'elle puisse être compromise. C’est à votre expérience et surtout à votre patriotisme que j'en confie le soin. et sans inquiétude sur votre vigilante attention à la faire respecter, je finis en vous assurant, monsieur le comte de Woronzow, de ma parfaite estime.

Alexandre.

2 may 1801.

lpniomenic.

Copie de la ге de mylord Huvkesbury au comte de Puhlen, en dute du 17 avril 1801.

Monsieur le comte.

J'ai reçu des mains de ш-г Smirnow la lettre que у. e. ma fait l'honneur de m'écrire, dans laquelle vous m'annoncez la triste noüvelle de la mort de l'empereur Paul et l'heureuse accession de son auguste fils au trône impérial. Je suis on ne peut pas plus seusible à l'attention de у. e., et j'ai remis avec empressemen' «u roi mon maître la lettre de 5. M. l'Empereur Alexandre.

Je vous félicite, m-r le comte, de l'accession d’un prince dont les vertus et les grandes qualités sont tant connues, et je sen: tout le prix d’un événement si important, non seulement pour ses propres sujets, mais pour toute l'Europe,

Je suis commandé par le roi de vous faire part que s. m. vient d'expédier des ordres au commandant de sa flotte, de suspendre toute opération hostile contre la Russie, et en même tems de vous prévenir ques. m. enverra incessamment à la cour de $-1 Р& | tersbourg un ministre qui sera chargé d'exprimer à $. M.Lk vif intérêt qu'il prend à son avénement à l'Empire, et qui sen muni de pleins-pouvoirs pour la discussion et l'arrangement dr différends si malheureusement survenus entre les deux couronnes. afin de rétablir les anciennes et intimes liaisons qui subsistaiest entre elles, et que le roi a vu suspendre avec le plus grand ch grin.

Je saisis cette occasion, monsieur le comte, pour vous exprine la grande satisfaction que j’éprouve en voyant renouveler les cos munications usitées avec l'Angleterre, et pour vous offrir Г mage de la haute considération etc.

Reçue à Londres le 5 (17) juin 1801.

Monsieur le comte. Mon ministre le comte de Panine, connaissant le prix que j’attache à tout ce qui porte le caractère de la franchise, & mis sous mes yeux la lettre confidentielle que vous lui avez adressée le 16 du dernier. Les observations qu'elle renferme sont parfaitement justes, et je n'aurais pas omis, monsieur le comte, de demander votre consentement, si la dépêche du comte de Pahlen dont vous faites mention, n'avait pas été expédiée dans un moment où l'état de mon âme ne me permettait guère Фу porter toute l'attention qu’elle méritait.

Il est également contraire à mes principes et à mes sentimens d'abuser du pouvoir que la Providence m'a confié. et en vous appelant à reprendre vos anciennes fonctions à la conr de Londres, j'ai pensé que votre patriotisme et votre zèle pour le bien public seconderont mes voeux. En cela -je suis certain de пе m'être point abusé, mais il est possible que des intérêts domestiques ou d’autres causes particulières apportent des entraves à votre bonne volonté. Dans ce cas. je vous prie de vous expliquer avec moi sans réserve et d’être assuré que j'éprouverai toujours une satisfaction particulière à vous donner des témoignnges de la considération due à un ancien et fidèle ser-

viteur de l'état, quand même j'aurais à regretter de ne pas pouvoir faire usage de votre expérience et de vos lumières.

La pension dont vous jouissiez sur le départemeut de la poste et qui est plutôt un acte de justice que de munificence de feue l'Impératrice Catherine Seconde, vous sera continuée, en y ajoutant tous les carrérages du jour de sa suppression. Quont aux appointemens de la mission de Londres, mon ministère vous fera connaître mes dispositions à cet égard.

C'est avec les sentimens de l'estime la plus vraie que je serai constamment, monsieur le comte, votre, bien affectionné

Alexandre.

S-t Pétersbourg, ce 12 тау 1801.

Monsieur le général d'infanterie comte de Woronzow. Les deux lettres que lord Hawkesbury а adressées successivement à mon général le comte de Pahlen, au sujet de la mission extraordinaire du lord S-t Helens, n'exprimaient pas assez explicitement dans quel but il a été revêtu du caractère de ministre du premier ordre, et j'ai dû attendre son arrivée pour pouvoir déterminer quel serait l'acte le plus convenable de déférence réciproque envers s. m. le roi de la G-de Bretagne. La lettre de créance, dont ee monarque a muni son ambassadeur, m'apprenant qu'on а eu l’attention de choisir un des ministres les plus distingués de la nation anglaise, pour me porter les complimens de félicitation de 8. m. britannique sur mon avénement au trône, je désirerais de manifester à ce prince combien je suis sensible à une recherche d'égards aussi obligeante. Pour remplir ce but il me semble convenable de revêtir du caractère d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire celui qui sera chargé de répondre aux complimens dont le lord S-t Helens a été l'organe.

Vous avez déjà fait connaître votre intention de vous dévouer au service de l’état, du moins pendant une année, et nonobstant les soins qu'exigerait le dérangement de votre santé. Le nouveau témoignage de votre zèle, que j'apprécie dans toute son étendue, me donne l'espoir que vous accepterez le titre d'ambassadeur extraordinaire, que je vous défère par les lettres de créance ci-jointes; et je m'y suis décidé avec

d'autant plus de satisfaction, que ce choix sera la preuve la plus convaincante que je puisse donner à 5. m britannique de la sincérité de mes dispositions amicales envers elle, et de mon désir de faire, tourner notre confiance réciproque au plus grand avantage de nos peuples. Il dépendra donc de vous de remettre ces nouvelles lettres de créance, et de déployer le nouveau caractère dont vous êtes revêtu, selon que vous le jugerez convenable; je m'en rapporte bien volontiers à votre sagesse et à l'habitude que vous avez de la cour où vous résidez.

Je 4015 jusqu'ici envisager cette marque particulière d'égards de la part du roi comme une attention de circonstance, et purement relative au compliment et aux félicitations que s. m. me fait adresser.

Mais s'il s'agissait d'établir respectivement des missions du premier ordre en permanence, comme le авг témoigné vaguement par le lord S-t Helens de pouvoir se fixer ici pourrait me le faire croire, il serait de règle que le cabinet de S-t James me fit connaître ses intentions à cet égard, afin que nous puissions de concert changer l'ordre établi jusqu'ici. Je remets également à vos soins d'arbitrer d'après les circonstances, et de m'indiquer ce qui sera le plus convenable pour établir sur ce point la plus juste réciprocité. Ce n'est pas au reste le moment de mettre sur le tapis une affaire de pure étiquette, sur laquelle on s'entendra facilement après avoir consolidé la bonne harmonie qu'on travaille à rétablir. Je suis. monsieur le comte de Woronzow. votre bien affectionné

Alexandre, 28 may 1801.

$-t Pétershourg, се 10 juin 1801.

Monsieur le comte. Eu ordonnant à mon ministère de vous faire connaître dans tous ses détails la négociation qu'il vient de terminer heureusement avec le lord S-t Неепз. je me suis réservé la satisfaction de vous témoigner tous les sentimens qu'a excités dans mon âme la lecture de votre intéressante dépêche du ‘,, may dernier. Non assurément, monsieur le comte, elle n'est point trop longue, et bien loin de regretter le tems que j'ai employé à en prendre .connaissance, je dois vous remercier de m'avoir jugé digne d'entendre des vérités dont l'accès devrait toujours être facile, et qui pour le malheur des souverains ne parviennent presque jamais au trône. J'attends de votre fidélité et de votre patriotisme que vous continuerez à me parler avec la même franchise, et en retour je ne négligerai rien, monsieur le ‘comte, pour vous convaincre du prix que j'attache à cette qualité, et combien je désire qu'aueun de mes sujets ne craigne de me déplaire en m'exposant sans réserve ce qu'il croit utile au bien public. Il me sera surtout très-agréable de vous inspirer cette confiance. Vous reconnaîtrez celle que je vous porte dans les résultats de la négociation avec la cour de Londres. Des motifs que vous saurez

apprécier m'imposaient la loi d'y comprendre les inté rêts de mes alliés. en tant qu'ils étaient compatibles avec ceux de la Russie. mais je n'ai pas voulu attendre Fassentiment des cours du Nord pour conclure Расе de la pacification. et l'ancienne Convention Maritime а subi plusieurs changemens. déterminés en partie par vos sages observations. =.

C’est avec Гезйте la mieux sentie que je serai сопstamment, monsieur le comte,

votre bien affectionné

Alexandre.

1. Monsieur l'ambassadeur comte de Woronzow. Les instructions que je vous ai fait tenir successivement jusqu'à ce jour ont été restreintes aux objets qui fixaient alors toute mon attention, dirigée vers le prompt rétablissement de la bonne harmonie entre les deux cours. Mes soins pour cette oeuvre salutaire étant aujourd’hui couronnés d'une heureuse issue, je ne veux pas différer plus longtems de vous faire connaître mes vues sur l’ensemble des affaires, en vous esquissant le tableau de mes relations avec les différentes puissances de l'Europe. Vous y trouverez les règles de conduite que j'ai imposées à mon cabinet, et cette connaissauce vous mettra à même de concourir avec lui à l'accomplissement de mes voeux désintéressés pour le bien public et la sûreté générale.

2. Le développement des principes sur lesquels se fonde mon système politique nous conduira à leur application.

3. Une grande puissance, quand elle est éclairée par la justice, peut agir ouvertement et abandonner

*) Этоть рескрипть раздфаень графомь С. Р. Воронцовымь на статьи, по которымъ ON расподожиль свои замфчан!я но него. I. B. 28*

la ruse, qui est le masque de la faiblesse, à ceux qui ne peuvent compter sur leurs propres moyens.

4. Chargés des intérêts’ d'un grand empire. mes ministres agiront done avec fermeté et loyauté: mais ik ne doivent pas perdre de vue que leur souverain ne voudra jamais abuser de sa puissance, qu'il respecte les droits des gouvernemens et l'indépendance des ntions, autant qu'il veillera à faire respecter ceux de son empire, et que son voeu le plus cher est pour le rétablissement d’une paix aussi solide que реш l'être l'ouvrage des hommes.

5. Eloigné, autant par mes principes que par той penchant naturel, de tout projet de conquêtes et l'a grandissement, persuadé que cette ambition doit ètre étrangère au souverain d'un vaste empire. comblé des plus grands bienfaits de la nature. qui renferme dan son propre sein toutes les sources de la félicité ре blique avec tous les élémens de la force et de la puis sance,—si je fais usage des armes qu'elle me доп ce ne sera que pour repousser une injuste agression protéger mes peuples. ou les victimes d'une “ambition alarmante pour la sûreté de l'Europe.

6. Je ne prendrai jamais aucune part aux dissensiui intestines qui agiteraient d'autres états. et quelle 4 soit la forme de gouvernement que les nations se du nent par le voeu public, elles peuvent maintenir ш parfaite intelligence avec mon empire, pourvu que même esprit d'équité les dirige à son égard.

7. En montant sur le trône, je me suis trouvé В par des engagemens politiques dont plusieurs étai en opposition manifeste avec les intérèts de l'état quelques -uns incompatibles avec la position сбои

phique et les convenances réciproques des parties contractantes. Voulant néanmoins donner l'exemple trop rare du respect à la foi publique, je me suis imposé la charge onéreuse de remplir ces engagemens autant qu'il. est en mon pouvoir, ou que la loi imprescriptible et sacrée du bien de mes peuples m'en laissaient la faculté. C'est ainsi que l'Europe m'a vu prêt à soutenir mes alliés par la voie des armes dans une cause étrangère à mon empire, mais qui lui était devenue commune avant mon règne. Quand le Ciel à béni mes efforts pour terminer ces différends à l’amiable, les intérêts de ces mêmes puissances ont été ménagés dans les négociations de mon cabinet, et il suffit de jeter les yeux sur le traité, pour se convaincre du soin que j'ai mis à maintenir les droits que mes alliés pouvaient raisonnablement faire valoir dans la position alarmante où ils se trouvaient engagés par leur imprévoyance. Mon intervention soutenue en faveur du roi des Deux-Siciles, sans aucun intérêt direct, est encore un témoignage de ma fidélité à ce principe. qu'on doit donner l'exemple de ce qu'on exige d'autrui.

8. Si je pense que la véritable grandeur qui doit faire l'apanage du trône, se fonde sur la justice et la bonne foi, je suis égulement convaincu que la fermeté doit l'accompagner, et par une suite dé la maxime exposée ci-dessus, toute atteinte aux droits de mes peuples et de ma couronne, toute infraction aux engagemens contractés avec l'empire que la Providence m'a confié, mettra un terme au système de modération que je me suis tracé. On ne saurait prétendre que cette manière de penser soit connue, dans les premiers mois de mon règne, des puissances étrangères,

C’est pourquoi j'ai jugé à propos de la développer dans ces instructions.

9. La conduite de la cour de Vienne. dès l'instanl où elle crut pouvoir se flatter de consolider sa puis: sance en Italie sans le concours de son généreux allié, ‘et particulièrement son opposition au retour du roi de Sardaigne et du Souverain-Pontife dans leur états, con. firmèrent feu l'Empereur, de glorieuse mémoire, dan l'opinion désavantageuse qu'il avait conçue de ce cx binet. Dès la prise de Mantoue, Sa Majesté avait jugé que Thugut, considérant désormais la Lombardie # les dépouilles de la maison de Savoye comme un proie assurée, ne chercherait qu'à se débarrasser d'ut témoin incommode, еп éloignant le sauveur de la m

. narchie autrichienne, et que ce ministre, n'agiss pas de bonne foi dans la cause qui arma la Russie jetterait le masque pour пе plus songer qu'à satisfai sa cupidité. Les entraves que le’ généralissime a di surmonter, et la retraite de l’archiduc Charles ava la bataille de Zurich, mirent le comble au ressentime de mon augusté père. Vous connaissez les détermin jions successives qu'il lui inspira et qui гошрие bientôt les derniers liens de l'alliance entre les de cours impériales. La scène d’Ancône et la longue des procédures contre les fauteurs de cette insulte. déterminèrent ensuite à rompre toute correspond avec le cabinet de Vienne. en supprimant l’ambass de Russie.

10. Cette interruption totale de tous les гарри politiques entre les deux empires durait depuis près dix mois, lorsque les décrets impénétrables dela vidence divine m’appelèrent au trône. Persuadé l'union des grandes puissances pouvait seule opérer

rétablissement de la paix et de l’ordre social, dont les perturbateurs applaudissaient à cette scission funeste, un de mes premiers soins fut de déjouer leurs espérances. en manifestant à la cour de Vienne le désir sincère d'ensevelir tout le passé dans l'oubli et de renouer les anciennes liaisons, dont une longue suite d'années avait constaté les avantages réciproques. Ци empressement égal. fondé sur le mème motif, porta l'empereur des Romains à aller au devant de mes voeux. Sans attendre la notification de mon avénement au trône, се prince m’exprima par une lettre autographe le désir le plus vif de rétablir tous les rapports d'intimité qui existaient entre nos deux cours, en me promettant une pleine et entière confiance. Pour gage de la sincérité dé ses sentimens, il annonçait une communication prochaine de ses plans politiques et de ses dispositions pour l'arrangeme:t général des affaires. En effet, le prince de Schwarzenberg, arrivé récemment à ma cour, a été porteur d'explications satisfaisantes sur cet objet. L’Autriche, placée entre la France, qu'elle redoute et qu'elle haït, entre la Prusse dont elle se méfie, et le reste de l'Allemagne qu’elle s'est aliéné par ses projets d'aggrandissement, sent dans toute son étendue la nécessité de se rapprocher de la Russié, de se tenir à elle et d’en faire la médiatrice de la paix ou son égide contre le torrent dévastateur de la révolution. Ce principe est généralement reconnu; la cour, le ministère (sans en excepter m-r de Thugut lui-même) et le public, n'ont qu’une seule opinion sur ce point. Mais ce principe, excellent en théorie, pourra devenir nul en pratique, et par conséquent d'aucun avantage pour le bicn général, aussitôt que son application sera vicieuse, ce qui est à craindre, tant que

la bonne volonté du souverain et le zèle de ses sujets les plus dévoués à la bonne cause seront entravés par les intrigues de la cour, les cabales du ministère, les haines et les passions des personnages influents de cette monarchie. Ces personnages sont l’impératrice, Thugut et l'archiduc Charles. C’est entre eux que se partagent les partis qui divisent l’état. L'ex-ministre, quoiqu’absent, fait mouvoir Colloredo et par lui influence les délibérations du cabinet,

11. Dans cet état de confusion, qui menace la monarchie autrichienne des plus grands désastres, il n’y a qu'ume union sincère de vues et de principes entre elle et la Russie qui puisse Геп préserver, et dont l'effet sera d'autant plus sûr si la Prusse veut y prendre part. Il ne tiendra pas à mon zèle de l’établir, et c'est à ce but que tendent mes efforts.

12. Vous n’ignorez pas que la correspondance avec la cour de Berlin fut également interrompue en 1799, lorsque le roi de Prusse, prêt à unir ses armes à celles des deux cours impériales, changea subitement de résolution et crut pouvoir obtenir du gouvernement français, par ses seules sollicitations, la restitution de ses provinces transrhénanes et l'affranchissement de la Hollande. Par une réaction inévitable, la brouillerie survenue quelques mois après avec la cour de Vienne rapprocha la Russie de la Prusse, et une réconciliation, difficile en toute autre occurrence, s'opéra avec un égal empressement des deux parts. L'année suivante, le traité d'alliance fut renouvelé, et bientôt la scission survenue entre la Grande Bretagne et les. cours du Nord ajouta un nouveau lien par la confédération formée entre elles pour ie maintien des droits de la neutrolité. Vous connaissez les événemens qui en fu-

rent la suite, et il serait superflu de rappeler ici les motifs qui déterminèrent mon auguste prédécesseur à remettre d'électorat de Hanovre entre les mains de la Prusse. Cette prise de possession devait cependant être momentanée et servir de gage jusqu’à l'arrangement définitif des affaires du Nord. Aujourd'hui qu’elles sont terminées par mon entremise, j'ai fait valoir ce titre pour insister sur l'évacuation du pays de Hanovre, et la réponse que j'attends encore à cette juste demande servira de règle à mes relations ultérieures avec la cour de Berlin. Il ne tiendra pas à ma bonne volouté qu'elles ne se maintiennent dans les termes d’une parfaite intelligence, si désirable pour le bien public et pour les intérêts respectifs des deux états. Quelque soit mon penchant pour ce système, il ne saurait toutefois me faire départir du principe d'un juste équilibre entre les monarchies autrichienne et prussienne, que réclame la sûreté de la Russie, et un de mes soins les plus actifs sera de veiller au maintien de cet équilibre, dans l’arrangement des indemnités. Par cette même considération, j'ai fait donner une déclivatoire aux demandes immodérées que le cabinet de Potsdam m'adressa sur ce point, dès les premiers jours de mon règne, en exigeant de sa part la communication d'un plan général, avant de fixer le lot de la Prusse.

13. Il est connu que la cupidité de son ministère est en opposition avec le caractère et les principes du roi, et si on peut porter le jeune monarque à agir par lui-même, un accord sur l’arrangement des affaires de l'Allemagne rencontrera beaucoup moins de difficultés; je ne tarderai point au reste à vous faire

connaître mes intentions à cet égard, dès que mon

ministère aura mis la dernière main à son travail 1l doit servir au premier objet de mes négociations avec la cour de Vienne, et si elle veut concourin sincèrement à mes vues salutaires, je réunirai mes soins et mes efforts aux siens pour faire adopter au cabinet de Potsdam le plan dont nous serions convenus.

14. La plupart des princes qui composent l'association du corps germanique recourent à mon appui et à mon intervention pour le maintien de leurs droits et de leurs intérèts, lorsque la paix définitive, en suppléant aux stipulations très-imparfaites du traité de Lunéville, donnera une nouvelle forme à l'Allemagne et fixera après tant de désastres et de vicissitudes l'organisation politique de ce vaste empire. Son indépendance et sa sûreté tiennent de trop près à le tranquillité future de l'Europe, pour que je puisse y être indifférent et négliger l’occasion que m'offre l'état présent des affaires pour conserver à la Russie une influence prépondérante dans les affaires de l’Empire. Un de ses principaux membres, l’électeur-palatin. а d'ailleurs des droits irrécusables à faire valoir, par la garantie de ses possessions, que feu l'Empereur lui а assurées, en arrétant le traité d'alliance du 20 septembre (L octobre) 1799.

15. En me déterminant à poursuivre les négociations entamées avec la France vers la fin de l’année dernière, j'ai été guidé par un double motif: celui d'assurer à mon empire un état de paix et de tranquillité nécessaire pour rétablir l’ordre dans les différentes parties de l'administration, et en même tems de concourir autant qu'il serait en mon pouvoir à l'accélération d’une paix définitive, qui donne du moins ‘à l'Europe le tems de restaurer l'édifice du système

social, ébranlé jusque dans ses fondemens, si la Providence ne permet pas encore de tarir la source des fléeux qui afiligent l’humanité.

16. Le premier objet est du nombre de ceux qu'on peut espérer d'atteindre en alliant la fermeté à la justice et à la modération. Les réponses reçues des différentes cours de l’Europe aux premières ouvertures de mon ministère et l’heureuse issue de ma négociation pour terminer les différends dans le Nord, n'encouragent même à croire que mes peuples pourront goûter sans troubles les douceurs d’un état de calme et de sécurité; mais le second objet qne je viens d'indiquer embrasse un plan si vaste et peut-être éloigné par tant de vicissitudes. que je пе me dissimule point les difficultés nombreuses qu'on aura à surmonter de la part des puissances mêmes dont le concours devrait ètre certain. .

17. Si le Premier Consul de la République Française continue à faire dépendre le maintien et l'affermissement de son pouvoir, de la discorde et des troubles qui agitent l'Europe; s'il ne reconnaît pas que la puissance fondée sur l'injustice est toujours précaire, рагce qu’elle nourrit la haine et légitime l'insurrection; s’il se laisse entraîner par le torrent de la révolution, s’il se confie enfin à la fortune seule: la guerre pourra se prolonger, l'Allemagne et l'Italie porteront tour-à-tour le joug de la République, et dans cet ordre de choses mes soins pour le rétablissement de la tranquillité générale ne pourront être que faiblement secondés; le négociateur chargé de mes intérêts en France devra se borner à observer la marche du gouvernement et à amuser le tapis jusqu'à ce que des circonstances plus propices permettent l'usage de moyens plus effi-

caces. Mais dans le cas où le Premier Consul, mieux éclairé sur ses véritables intérêts et sensible à la vraie gloire, voudrait fermer les plaies de la révolution et donner à son autorité une base plus solide, en respectant l'indépendance des gouvernemens, plusieurs considérations du plus grand poids peuvent lui faire désirer un accord sincère avec la Russie et une combinaison de mesures tendantes au rétablissement de l'équilibre en Europe. Dès lors les négociations entamées à Paris pourraient conduire à des résultats satisfaisans. `

18. C'est dans cette hypothèse que mon plénipotentaire а eu ordre de proposer au cabinet des Tuileries plusieurs articles qui peuvent sérvir de base à une pacification générale. La facilité que manifeste Bonaparte à les admettre en grande partie, ne m'offre point un gage suffisant de son adhésion à mes vues. Ц est possible qu'il se prête à y concourir lorsqu'il connaitra mieux leur loyauté et leur désintéressement; mais il est certain que sous le règne de feu l'Empereur, de glorieuse mémoire, le Consul avait particulièrement en vue de se ménager Гарри! de mon auguste père contre la Grande Bretagne, et aujourd'hui il ne cherche peut-être qu'à gagner du tems pour connaître mon système et régler en conséquence ses opérations politiques, sans égard aux engagemens qu'il contractera dans l'intervalle. Sa conduite ultérieure décidera mon jugement à cet égard, et une circonspection ne me permet pas encore de le déterminer.

19. Mon conseiller privé actuel le comte de Marcow va se rendre à Paris pour y activer les négociations. П y remplacera m-r de Kolytchew, qui а désiré son rappel. Vous serez instruit successivement par mon

ministère du succès de ses soins pour terminer les négociations avec la France. et celui qui va en être chergé à ordre d'entretenir une correspondance suivie avec vous. Le bien de mon service exige que vous lui fournissiez toutes les lumières qui penvent lui être utiles. La longue expérience qu'il а acquise permet:de confier à sa discrétion tout ce que vous jugez digne d'être inseré dans vos rapports en cour.

20. Il ne sera pas inutile de vous faire connaître encore que, prévoyant combien la pacification du Nord exciterait la jalousie du Premier Consul, et que le soupçon d’une coalition nouvelle dirigée contre le gouvernement français pourrait le porter à de nouvelles violences. qui prolongeraient les calamités publiques, j'ai autorisé le comte de Marcow de donner au Premier Consul l'assurance la plus positive qu'il n’entre aucune vue hostile dans mon rapprochement avec les cours de Vienne et de Londres. que ni l’une ni l'autre ne m'a fait aucune ouverture d'alliance offensive et que je suis éloigné d'y prêter les mains tant que le gouvernement français voudra respecter les droits et l'indépendance de mes alliés.

21. Le rétablissement des relations politiques et commerciales entre mon empire et les provinces unies qui forment la République Batave, fut effectué par feu l'Empereur, mon auguste père. Si une semblable détermination : était susceptible de quelque changement, je n'aurais pas voulu y procéder dans le commencement de mon règne, d'autant moins que j'avais résolu de donner suite aux négociations de Paris. Le ministre batave résidant à ma cour continue donc à y gérer les affaires de son gouvernement. et je viens de nommer le s-r Hougherg chargé d'affaires à la Haye.

22. La négocistion par laquelle les différends survenus entre la Grande Bretagne et les cours du Nord ont été terminés, indique suffisamment les termes dans lesquels je me trouve vis-à-vis de la Suède et du Danemark. La première de ces puissances a déjà muni son ambassadeur des pleins-pouvoirs nécessaires pour accéder à la convention qui fixe les droits des neutres, et on peut s'attendre que le cabinet de Copenhague s'empressera de suivre son exemple. Comme il y a des réclamations particulières à faire auprès de la cour où vous résidez, le comte de Bernstorff sollicitera votre appui, et je désire que vous lui accordiez vos bons offices et votre intervention dans toutes les demandes équitables qu'il pourrait former. Sa cour attachera le plus grand intérêt à la prompte terminaison des procédures relatives aux vaisseaux détenus et prolongées depuis si longtems dans les amirautés anglaises.

23. Pour ce qui concerne l'Italie, quel que soit l'intérêt que j'attache à son indépendance et au maintien des gouvernemens légitimes qui ont échappé jusqu’à ce jour à la faux de la révolution dans cette partie intéressante de l'Europe. je donne au Premier Consul toutes les facilités imaginables pour que mon intervention en faveur des rois de Naples et de Sardaigne n'apporte point d'obstacles réels à la conciliation désirée. Vous en jugerez par les communications que mon ministère vous adressera en son tems. Le gouvernement républicain ne saurait méconnaître ma condescendance à cet égard, sans un aveu tacite de ргоjets subversifs et aitentatoires à la sûreté générale. Ce serait me contraindre à recourir à d'autres mesu-

res pour mettre un frein à une ambition incompatible

avec le repos de l'Europe, puisque dès lors il пе seгай plus permis d'attendre du Premier Consul aucune modération dans ses vues politiques.

24. Jusqu'ici la Porte Ottomane а été fidèle à ses engagemens avec la Russie, et je n'ai à cet égard aucun sujet de plaintes à former contre elle. Son intérêt lui en faisait une nécessité; tant qu'exposée elle-même aux invasions des Français et à tous les fléaux révolutionnaires qu'ils entraînent après eux, elle pouvait envisager dans l'alliance de la Russie un moyen d'éloigner les désastres par la protection efficace qu’elle lui assure dans le cas où leurs projets auraient pu lui faire craindre des pertes dans ses possessions en Euгоре. Mais lorsque l'Egypte sera soustraite du joug de l'ennemi (événement qu'on peut regarder comme prochain), ce ne serait peut-être pas prévoir les choses de trop loin que d'appréhender que la haine du nom chrétien ne se réveille contre nous à -Constantinople et qu'elle ne prenne un caractère sérieux.

25. Quoiqu'il en puisse être, il ne tiendra pas à ma modération de prévenir tout sujet de mésintelligence entre mon empire et la Porte Ottomane. Une des bases de mon système politique sera toujours de :concourir de tous mes moyens à la conservation d'un état dont la faiblesse et la mauvaise administration sont des gages précieux de sécurité.

26. №ез motifs qui ont déterminé feu l'Empereur mon auguste père, de glorieuse mémoire, à rompre toutes les relations de bonne intelligence qui avaient été non interrompues jusqu'alors avec la cour de Madrid, ne peuvent plus exister dans les circonstances présentes. 5. m. catholique prévoyant elle-même ce chan-

gement favorable à une réconciliation, m'en а mani-

festé le voeu, qui avait déjà été énoncé de sa part sous le dernier règne. Je suis prêt à y acquiescer aussitôt que ce monarque aura consenti de suivre pour le rétablissement des anciens rapports un mode compatible avec ma dignité, et le comte de Marcow a ordre de faire connaître ces dispositions au ministère français, de même qu'à l'ambassadeur de la cour de Madrid.

27. И ne fallait rien moins que des circonstances aussi extraordinaires que celles dont nous sommes les témoins depuis la chute du trône des Bourbons, pour former une alliance défensive entre deux états aussi éloignés sous tous les rapports, que l'empire de Russie et le Portugal. Dès l’instant où mon auguste prédécesseur a pris la détermination de ne plus concourir activement aux efforts des coalisés, cette alliance n'offrait plus la compensation d'intérêts qui est la base de toute transaction publique, et elle devint une charge опбгецзе. L'envahissement du Portugal est un malheur auquel je ne puis être insensible, puisqu’en offrant au gouvernement français de nouvelles ressources et en livrant une nouvelle proie au génie malfaisant de la révolution. il peut influer sur les affaires générales et faire naître encore une entrave à l'accomplissement des voeux de l'humanité, mais il n'est pas dans mon pouvoir de le prévenir. Mes secours et mon intervention seraient également tardifs. et l'impossibilité physique de remplir les engagemens contractés par feu l'Empereur avec la cour de Lisbonne rend cette alliliance illusoire.

28. Je n'ai pas rappelé ici l'état de mes affaires uvec la Grande Bretagne, ni les intérêts de mon empire relativement à cette puissance, parce qu'ils vous

sont parfaitement connus et qu'ils font mes instructions particulières dans lesquelles vous puiserez les connaissances dont vous pourriez avoir besoin pour que vos démarches soient toujours conformes aux règles générales tracées dans la présente, et mes relations avec les autres cours. . .

29. 11 résulte du tableau que je viens 4’ездивзег que c’est avec les cours de Vienne, de Londres et de Berlin que l'intérêt général, aussi bien que ceux de mon empire, ше portent à désirer une solide union; que les deux premières, allant au devant de mes voeux, semblent par leur empressement en reconnaître Гойlité; qu'un concert sur les indemnités et les changemens qu'éprouvera la constitution germanique pent incessarmment s'établir avec l'Autriche, et que je crois très-utile d'y. faire intervenir également le roi de Prusse. Une conséquence qui résulte encore de l'état présent des affaires, c’est que le moment est venu où la conduite du Premier Consul décidera nécessairement la marche que les grandes puissances doivent suivre pour leur propre gûreté; que la manière dont on accueillera les dernières ouvertures faites de ma part à Paris aura une influence décisive sur cette détermination, et qu'ainsi les motifs les plus graves semblent conseiller an premier magistrat de la République Française, de ne pas livrer au hasard ce qu'il peut attendre avec. confiance d’un système modéré et équitable.

Je suis, monsieur l'ambassadeur comte de Woronzow, votre bien affectionné

Alexandre.

Péterhoff, ce 5 juillet 1801.

Архивъ Kuass Borosnosa, Ки. 80. æ

Грахъ Cemeus Романовичъ! Въ доказательство особливаго вниманя моего къ усердной вашей служ- GB доставляю вамъ при семъ алмазные знаки ордена Святаго Апостола Андрея, пребывая въ прочемь вамъ доброжелательный |

Monsieur le général comte de Woronzow. J'ai reçu. en chemin. de Moscou ici, la lettre que vous m'avez direetement adressée le 27 s-bre. Rien n'aurait pu me convaincre davantage dans l'opinion que j'ai conçue depuis longtems de vos principes et de vos sentimens, que cette lettre pleine de zèle pour le bien du service de l'état et pour ma personne. Je ne puis assez vous témoigner combien je suis sensible à 18 franchise avec laquelle vous me parlez. Désirant de m'ecquitter de mon mieux des devoirs qui me sont imposés, j'exige de chacun le langage de la vérité. Vous jugerez d’après cela si j'écouterai avec plaisir tout ce qui me viendra de la part d'un homme de votre mérite, de votre âge, de votre expérience.

Je dois maintenant vous répondre avec quelques détails, et je ne mettrai aucune réserve à ma confian-. ce pour vous.

де reconnais avec vous l'utilité de la discussion dans

les’ affaires, ‘et'si je me suis borné jusqu'à présent au*

travail du cabinet et avec chacun de mes ministres

ей particulier, c'est, je l'avoue, en partie parce que

j'ai trouvé cet ordre de choses établi et que je n'ai

pas voulu y toucher avant qu’une certaine expérience, 29*

особливаго внимашя моего въ усердной вашей 6% доставляю вамъ при семъ алмазные знаки на Святаго Апостола Андрея, пребывая въ np вамъ доброжелательный |

Александру Br МосквЪ, Сентября 15, 1801 года.

Monsieur le général comte de Worms. Ja va en ehemin de Moseou ici, Ja lettre Que Vo а:

directement adressée Je 9% sbre, Rien гы а convaincre davantage dans opinion que à depuis longtems de vos principes dus =

vous témoigner combien jm nd tn avec laquelle vous me Parlez, Désiraut Lure de mon mieux des deroirs qu ве sou à u

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Je reconnais are vue то, es affaires, $ ire cet eh travail du cahier д зв particulier, еек, ВЫ Ча de “< l'AL trouvé cet фе p À Re pe pas VON ane ga М ». “ b Ve ыы,

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se que je ne opinion du roi orte Ottomane ue le concours différent et que sent, n'eussent on de l'Égypte,

de continuer iment avec la avait plusieurs er. Ту voyais ue l'évacuation on inséparable.

es des Turcs, que nous avons

qu'un certain calme m'eussent mis à même de songer à un changement utile. Dans cette idée, je pensais déjà avant mon départ pour Moscou de mettre plus de suite aux communications qui se faisaient au Сопseil, des affaires politiques. Cette disposition pourrs, | j'espère, avoir lieu, et je me propose de prendre, aussi souvent que je pourrai, part aux séances du Conseil et d'y porter toutes les affaires que je jugerai être de

quelque importance. |

Relativement au traité de commerce avec la Suède, et à l'intérêt que j'ai marqué, soit à cette puissance soit au Danemark, je n’ai pas de peine à convenir que peut-être ai-je trop pris à tâche de leur être utile; mais il faut se rapporter au tems et aux circonstances. La Russie était, à mon avènement au thrône, | liée par des engagemens précis avec ces deux états, menacés comme elle par l’Angleterre. Résolu tont aussitôt à m'arranger avec cette dernière, j'ai cru qu'il était de mon honneur et de ma dignité de ne pas abandonner deux cours qui se trouvaient en danger par une suite de l'impulsion qui leur а été donnée d'ici.

C'est à cela que se rapporte hésitation dont vous а parlé le comte de Panine, et nullement que j'aie pu élever des doutes que vos remarques sur les avanteges de nos liaisons avec l'Angleterre ne fussent point fondées. J'hésitais parce que je devais observer mes engagemens même à mon détriment, parce que, tout en cédant, il ne convenait pas que j'eusse l'air d'avoir été intimidé par l'Angleterre, dont les flottes зе trouvaient dans la Baltique. Quant à la ratification du traité de commerce avec la Suède, j'ai pensé qu'ayant ouvert une négociation avec l'Angleterre, et renon-

çant aux principes de la neutralité armée si avantageux pour les puissances du Nord, je devais au moins ne pas me refuser à cette concession envers la Suède, tandis que ses ratifications se trouvaient ici quelques semaines avant que j’eusse pris les rênes du gouvernement; mais en tout autre état des choses, et surtout aujourd’hui que l'expérience me rend ces objets plus familiers et que les embarras dans lesquels je me suis trouvé commencent à s’éclaircir, je ne confondrai certainement pas les intérêts de la Russie avec ceux des cours du Nord. Je m'étudierai surtout à suivre un système national, c.-à-d. un système fondé sur les avantages de l’état, et non, comme cela est souvent arrivé, sur des prédilections pour telle ou telle autre puissance. Je serais, si je le jugeais utile pour la Russie, bien avec la France, tout comme ce même intérét me porte maintenant à cultiver l'amitié de la Grande

Bretagne.

de vous dirai avec la même franchise que je ne convensis personnellement pas que l'opinion du roi d'Angleterre sur la pacification de la Porte Ottomane avec la France fût fondée. Persuadé que le concours des Turcs dans la guerre était assez indifférent et que leurs efforts, quelque grands qu'ils fussent, n'eussent jamais amené les Français à la reddition de l'Egypte, j'ai pensé que je ne devais pas refuser de continuer mes bons offices pour un accommodemment avec la France et la Porte, que cette dernière avait plusieurs fois manifesté le désir de voir effectuer. J'y voyais encore d'autant moins d'inconvénièhts que l'évacuation de l'Égypte devait en être utile condition inséparable. Cette différence, d'ailleurs, pour les vues des Turcs, était aussi fondée sur la connaissance que nous avons

de leur manière de juger, et de traiter les affaires. 5 n'auraient pas manqué d'entrer eux-mêmes еп pourparlers avec le gouvernement français. et les derniers rapports du comte de Marcow viennent à l'appui de cette ussertion. Il marque que le ministre des relations extérieures était sur le point de signer des prékmi . naires avec l'ambassadeur turc sans la participation de mon plénipotentiaire. Or, changer de conduite à l'égard d'une puissance qui croyait avoir des droits à notre intérêt, c'eût été faire naître des doutes chez des gens aussi méfiants que les Turcs, tandis que. nous devons chercher à conserver la. confiance qu'ils nous témoignent. Mais ce qui m'a le.plus déterminé. à ne pas refuser ma médiation, c’est le voeu bien sincère que j'ai formé, dès le commencement, de voir la tranquillité générale établie. Ce même voeu m'avait porté à proposer également ma médiation à l'Angleterre,.et Ту aurais sans doute mis tout le zèle que m'avaient dicté les sentimens que je professe pour s. m. britannique. .

J'ai tout lieu d’être surpris que le comte de Panine ne, vous ait pas fait connaître mes intentions relativement aux officiers de ma marine qui servent en Ar gleterre, Trouvant qu'il ne peut que résulter le plus grand avantage pour mon service de les laisser à une aussi bonne école, je l'avais chargé de vous marquer que j'étais intentionné. de maintenir l’arrangement que vous aviez fait pour ces officiers, et que je voulais que. ceux qui se trouvent dans ce moment-ci en An gleterre continuassent encore à y séjourner. C’est à cette disposition qu’il faudra vous en tenir jusqu'à ce que mon amirauté vous. aura adressé de nouveaux sujets. Le comte de Panine & dû aussi vous informer des

ordres que j'avais donnés dès le principe pour les passeports. Vous suivrez la marche que vous avez observée jusqu’à présent à l'égard des passeports que vous délivrez aux Anglais. Quant à ceux que des étrangers pourraient vous demander, il faudrait n'en délivrer qu'à ceux qui eussent quelques titres pour en obtenir, comme passeports de leurs gouvernements, certificats ou autres documents que vous jugerez valables.

Je recevrai avec reconnaissance les observations que vous me promettez sur le traité de commerce avec la Suède. Si leur application ne pourra peut-être avoir lieu dès à présent, il en résultera. toujours des lumières utiles pour les transactions à venir.

Vous voyez, mon cher comte, que je ne mets point de bornes à ma confiance en vous et que j'ai cherché à vous rendre raison de toutes mes démarches. Par une suite de ces dispositions, je vous diroi quelques mots du changement que je viens de faire dans mon ministère. Quoique différant souvent, à la vérité, d’opiniou avec le comte de Panine sur les affaires, je п’аvais pas l'intention de l’éloigner, Il prit, à се que Гоп croit, de l'humeur, supposant que je ne l'avais pas assez distingué en distribuant les grâces le jour de mon couronnement, et saisit l’occesion d’une plainte portée contre lui par le prince de Kourakine, et dans laquelle je ne pouvais que rendre justice à celui-ci, pour me demander un congé de trois ans. Je n'ai pas balancé à le lui accorder, ayant, je vous l'avoue, été fort surpris de sa démarche.

Recevez, monsieur le comte, l'assurance de mon estime particulière. Alexandre.

A S-t Pétcrsbourg, ce 31 VIII-bre 1801.

Monsieur le comte de Woronzow. J'ai reçu vos relations expédiées par le courrier Lindenlaub en même tems que la nouvelle de la part du comte Marcow qu'il avait signé le traité de paix avec la France et que les ratifications en avaient 646 échangées. L'absence de lord S-t Helens m'a privé pendant longtems de la nouvelle officielle des préliminaires conclus entre l'Angleterre ct la France; mais à la fin elle me fut communiquée, et c'est avec satisfaction que je vis un si heureux commencement pour le rétablissement de la paix définitive. Si les conditions ne paraissent pas avantageuses pour l'Angleterre à bien des personnes, ‘il faut-de l'autre côté considérer le nombre de difficultés qu'aurait offertes la continuation de la guerre. qui, quelque heureuse qu'elle eût été, n'en aurait раз moins entrainé l'Angleterre dans des dépenses considérables et'bien supérieures à се que la France, privée depuis longtems de ses flottes et colonies, aurait dà employer pour conserver une position défensive. Laissant au tems à décider jusqu’à quel point cette paix peut être avantageuse, je la regarde dans ce moment comme une circonstance heureuse pour l’Angleterre, et c'est pourquoi je vous charge, quant Гос-

éssioh s'en présentera, de témoigner à sé majesté le roi la part sincère que je prends à cet événement.

Je ne puis que regretter cependant que la cour de Londres, quelque condescendante qu'elle se.soit montrée dans la négociation avec la République Française, “n'ait pas réussi à rien réserver pour le bien du roi de Sardaigne. Le seul moyen de procurer à ce souverain l’état qui lui convient, aurait été peut-être d'y insister pendent qu'on rendait à la France et à ses alliés les conquêtes qu'on avait faites sur eux; mais si même un concours de choses aussi avantageux n'a pu accélérer l'établissement du sort du roi de Sardeigne, encore moins les efforts isolés de mes plénipotentiares à Paris ont-ils pu y parvenir, quelque énergiques qu'ils ayent été.

Les relations du comte Marcow que ‘je vous communique à cette occasion, vous donneront une ample connaissance des difficultés qu'ont manifestées pour cet objet le Premier Consul et le ministre des affaires étrangères. Ma pacification avec la France ayant été déjà une fois refardée par l'éloignement que le gouverñement français avait pour l'insertion de l'article relatif au rétablissement du roi de Sardaigne dans ses états, il ne restait rien autre chose à faire à mon plénipotentiaire qu'à signer, d'autant plus que la conclusion des préliminaires avec l'Angleterre avait rendu encore plus inaccessibles les chicanes qu'adoptait le

` ministère français. .

Je prescris au comte Marcow d'observer, еп se ré-

- férant au 6-me article de la convention secrète, ‘une ‘ conduite analogue à son contenu, pour le bien du roi de Sardaigne; mais il n'y a point de doute que le “concours de l'Angleterre пе dût agir grandement à

cette occasion; c'est pourquoi je vous charge de vous entendre avec lord Hawkesbury sur l'étendue des ordres qu’il faudrait donner au marquis Cornwallis pour qu'il dirige tous ses efforts vers le même but. Ц est à désirer que si par la difficulté de s'approcher de la France dans l’état actuel des choses, il est impossible de rendre le Piémont à son souverain légitime, il reçoive au moins un dédommagement convenable en Italie, qui lui resterait jusqu’à ce qu'on pôt penser à d'autres mesures. En tout. cas, оп ne saurait certainement me reprocher que je n’eusse pas employé tous mes efforts pour le bien du roi de Sardaigne; et pour У mettre encore une. suite plus efficace, vous pouvez entrer dans une correspondance directe avec le comte Marcow, en lui communiquant tout ce que vos soins feront entreprendre au ministère anglais. Au reste, je dois vous prévenir à cette occasion, que le comte Valese a fait auprès de mon ministère des tentatives portant à un secours pécuniaire pour le roi de Sardaigne, et qu'is’y est appuyé principalement sur le doute que l'Angleterre ne retire les subsides qu’elle a donnés. Les circonstances intérieures de l’empire, en me prescrivant pour règle invariable d'observer l'économie, ne me permettent pas de satisfaire à cette .demande; mais si le comte Front requérait quelquefois votre concours pour obtenir .de nouveaux subsides de la part de la cour de Londres, vous pouvez l’employer, mais plus comme de votre propre mouvement qu'en conséquence de quelques ordres de ma part.

Je laisse à votre jugement à comrhuniquer au ministère anglais les actes ci-joints qui ont été conclus à Paris, —80 en entier, soit en partie, en. leur faisant voir par 18. ma franchise et en prenant d'eux l’assuran-

ce que les conditions secrètes ne seront pas dévoilées. ” Je crois nécessaire à cette occasion, de vous communiquer pour votre information, qu'absolument je ne compte entrer avec le gouvernement français dans sucun projet ultérieur quelconque, et que l'expression d'un concert ultérieur employée par Talleyrand dans ses conférences avec le comte Marcow, peut tout au plus se rapporter, si l'affaire en vient là, au concert sur les mesures relatives aux affaires de l'Allemagne. De même, comme vous pouvez aisément conclure, le. dernier .article de la convention secrète est plutôt une forme qu'une condition qui doit avoir ейеь d'aufent plus. que cet article a été conçu quand le négociation se foisait du tems du mon père, de glorieuse mémoire. .

. J'espère. vous faire’ parvenir bientôt des. informations dditionnelles à celles que vous avez déjà sur mes vues concernant les offaires politiques, Elles se porteront toujours à conserver pour aussi longtems que possible le repos si nécessaire pour la Russie,

: Alexandre, S+ Pétersbourg, le 7 (18) nov-bre 1801.

S-t Pétersbourg, 10 X-bre 1801.

Monsieur le comte de Worontzow. Vos rapports du “/,; passé sont arrivés par l’assesseur de collége Wassiliew, et d’après leurs contenus mon ministère a eu avec le lord S-t Helens les communications nécessai- ‘res relativement aux propositions que la cour de Lon- ‘dres a faites et qui se rapportent à l’état de Ге de Malthe. Désirant donner à s. m. le roi de la G-de Bretagne une marque de mes dispositions bien sincères, et pour rendre moins difficiles les négociations à Amiens, j'accorde volontiers ma garantie pour l'établissement qui pourrait être fixé entre l'Angleterre et la France avec toutes les additions qui pourraient résulter, soit des ordres antérieurs qui vous ont été donnés sur ce point, soit de l'état de la chose même. Vous le verrez de la note que l'ambassadeur anglais a remise à mon ministère, et dans laquelle se trouvent des observations qui renferment ces additions. Elles se rapportent principalement à l'explication des

. points sur lesquels le ministère anglais veut fonder, dans son traité définitif avec la France, les articles relatifs à Malthe, et il y est ajouté que les ports de cette isle seront déclarés neutres, si même une guerre

avec le roi de Naples eût lieu. La manière dont on peut fixer la part que je prendrai à cet établissement, et qui paraît être la plus convenable, est que les deux parties contractantes conviennent par un article particulier de m'inviter à у donner ma garantie.

Supposant que, d’après la part que la cour le Londres prend au sort du roi de Sardaigne, vous pourrez, pour mieux régler vos démarches, tirer quelque ntilité des communications de mes derniers ordres ап conseiller privé actuel le comte de Marcow, relativement au même objet, je vous les transmets ci-joints, en vous prévenant qu'ils ont été guidés par le rapport du comte Mareow, qui renferme son entretien avec le Premier Consul, dans lequel ce dernier non-seulement avoue qu il a résolu de joindre le Piémont à le France, mais n'a pas même caché qu'il n'a jamais eu le‘ dessein de retourner ces états au roi de Sardaigne, et ‘ qu'il n’y avait donné за promesse qu "uniquement pour gratifier ses propres. vues. .

Comme il n’est раз probable qu' un courrier soit bientôt expédié d'ici à Paris, je joins ici mes ordres au conseiller privé actuel le comte de Marcow, relativement à ses communications avec la cour de Londres, en vous chargeant de les lui faire parvenir avec le premier courrier qu'on expédiera ва lord Cornwallis.

Reçu à Londres le 8 mars в. s. ‘1802, par un couvvier anglais -

Tpaos Семенъ Романовичъ! Особливое ysaxeui которое къ заслугамъ и достоинствамъ вашимъ я AMD, прятнымъ чинить мнё HomÉpeuié ваше npisхать будущею весною сюда. Соизволяя на cie и npéдоставляя вамъ снабдить нодворнаго совётника Николаи нужными наставленнми къ исправлено имъ двлъ въ OTCYTCTBIH вашемъ, я съ удовольстыемъ 8006 ражёть буду, что въ скоромъ времени могу личиб” удостовёрить васъ въ моемъ RE вамъ 'благораси ложени. Пребываю вамъ всегда благосклоннымъ

Auercasgps. : :.:

Tpaors Семенъ Романовичь! Особливое мое къ вамъ уважеше и увфренность въ чуствованяхь вашихъ KO -MHB побудили меня предложить ` вамъ находиться при любезнёйшей супругв моей, Импералричкы Елисаветв Алексвевн®, во время путешествия дая свидашя съ королевою Шведскою, ею предпрем-лемего. Охотизя податливость ваша на cie сугубоутвердиле меня въ сихъ заключеняхъ, и я въ полной. MBph уб®жденъ, что въ дорог и`во время пребы-. вашя въ АбберхорсвВ, старащемъ вашимъ соблюдено будетъ все то, чтф для выгоды Императрицы иди иначе, а наипаче въ случав посфщеня ея королемъ Шведенимъ, вы приличнымъ найдете достоинству здвшняго двора. Я приказалъ для караула откомандировать двз роты въ Абберфорсв, давъ при томъ: повелёше, чтобъ штабъ-оФицеръ ими командуюний. `соетояль въ полномъ вашемъ вёдёни. Пребываю. вамъ блегосклоннымъ . :

Въ С.-Петербург, Insa 11, 1802 годв. .

Monsieur l'ambassadeur comte de Worentzow. Vous sachant déjà rendu à votre poste, j'ai ordonné qu'on vous envoyât copie de tous les rescrits et dépèches qui ont été écrits, dans l'intervalle de votre voyage, à mes ministres à Vienne et à Paris. La lecture de ces pièces vous instruira de la condnite que j'ai suivie dans les affaires présentes de l'Europe, et particulièrement vis-à-vis de l'Autriche et de la France. et vous n'aurez d'après cela aucun doute sur le langage que vous avez à tenir dans vos rapports avec le ministère anglais.

Autant par mon caractère que par le position méme de mes états, tous mes désirs se portent vers la conservation de la paix. La Russie occupant une vaste partie du globe. et placée, comme qui dirait, à l'un des bouts de notre monde politique, n'est attaguable. que d’un seul côté, et parfaitement en sûreté sur tout le reste de ses frontières; elle.ne doit ni craindre ni désirer la guerre; elle peut plus que tout autre pays ne pas з’а|агтег de ce qui se passe dans le reste de l'Europe, dont les malheurs ne sauraient l’atteindre que difficilement. Le système le plus sage pour la Russie est de rester tranquille et de s'occuper de sa pros-

périté intérieure. Cependant, si la sûreté et l'honneur de mon empire venaient à être compromis, je ne balancerai pas à me résoudre à la guerre, dont le seul but serait alors le bien général et le rétablissement de la tranquillité en Europe; car je crois que ce sont les véritables moyens d'assurer en même tems le bien et la tranquillité de mon pays. Je vois avec peine qu'il ne dépend pas de nous seuls de rester pacifiques, et qu'il faut que les autres le soyent aussi pour qu'on puisse soufenir ce rôle. Une ambition démesurée, qui ne connaît point de bornes et qui ne laisse personne en repos, pourrait obliger, quelque désir. de tranquillité que Гоп ait, à faire agir la force pour sa propre. défense et pour arrêter de cours des violences. Une des circonstances sur laquelle je ne pourrais rester indifférent serait l’envahissement de l’Empire Ottoman par les Français. Il paraît que le Premier Consul est continullement occupé de ce projet, quoiqu'aussi il semble . que ce ne soit encore jusqu'à présent que. des idées vagues jetées en avant et sans suite. Cela n'empêche pas que je п’ме donné des ordres tant au comte de Marcow qu'à m-r Italinsky de surveiller cet objet avec le plus grand soin. et de me rendre compte du fruit de leurs recherches, Malgré que le gouvernement français ne m'ait jusqu'à présent fait aucune ouverture formelle à ce sujet, je viens de prescrire au comte de Marcow de s'expliquer franchement avec lui, en déclarant que je ne saurais dans aueun cas donner les mains au démembrement de l'Empire Oftoman, dont je crois le voisinage avantageux à la Russie et que je désire conserver.

Je me flatte que s. m. britannique пе peut avoir à l'égard de la Turquie d’autres vues que les miennes, ^

et que nous sommes également intéressés d'empêcher la ruine de cet empire et de nous opposer aux projets des Français de ce côté. Cela me fait espérer que le ministère anglais voudra bien voas communiquer sans aucune réserve toutes les notions qu'il a, ов pourra avoir dans la suite, sur cet objet intéressant. Une surveillance active est tout ce qu'il faut pour le moment, et si les circonstances l’exigeaient, il sera toujours tems de s'entendre lorsque le moment d'agir viendra; des intérêts communs dicteront alors des mesures communes, qu'il serait impossible et inutile de préciser d'avance par des arrangemens trop précoces, qui, loin de foire éviter le mal. seraient plutôt propres, en donnant l'alarme au gouvernement français, d'accélérer peut-être l'exécution de ses projets.

J'ai été extrêmement sensible aux ouvertures que la cour de Londres m'a fait parvenir ici par son ambassadeur, et la proposition d’une alliance défensive entre la Russie. et l'Angleterre n'a pu être regardée par moi que comme une preuve nouvelle des sentimens d'amitié et de bonne intelligence qui existent depuis si longtems entre les deux nations, et que je vois avec reconnaissance que s. m. britannique veut bien me conserver. Cependant, je suis d'avis qu'il est inutile de contracter avant le tems des alliances, dont la né gociation ne peut rester cachée, et dont le seul effet est souvent de donner naissance à des contre-alliances. et par conséquent d'embrouiller davantage les affaires, au lieu de les simplifier. Il faut voir venir les événemens; et je suis certain que dans l’occasion les puissances dont la politique loyale ne veut que la conservation de leur propriété et le bien général de l'Eu-

`горе, se réuniront nécessairement contre tout gouver-

nement qui agira sur des principes opposés.

Vous exposerez ces sentimens au minisrère britannique, et vous tâcherez aussi de pénétrer quels sont ses véritables opinions relativement à l'empire Ottoman; s'il ne regarde pas sa destruction comme prochaine et inévitable, et quel serait le parti que prendrait l'Angleterre dans les différentes suppositions que l’on peut faire sur ce sujet. La manière dont cette puissance envisage les affaires de Suisse, et la conduite qu'elle se propose de tenir à cet égard, m'intéressent aussi, et vous me ferez plaisir en me transmettant toutes les informations qui vous seront données sur ce point. Il serait inutile à présent d'entrer avec vous en détails sur ces matières, et vous en trouverez de suffisans dans les copies des pièces que je vous ai fait envoyer.

Votre expérience et le zèle que vons avez toujours montré pour le service de votre patrie, et duquel j'ai déjà reçu moi-même des preuves, dont j'aime à reconnaître tout le prix, joints à la considération et à la

` confiance personnelles que vous vous êtes acquises auprès du roi d'Angleterre et du ministère, ne me laissent aucun doute que vous ne remplissiez avec un succès complet tout ce dont je vous charge par ma présente, et que les explications que vous aurez avec la cabinet de Londres, aussi bien que les notions qu'il vous fournira, ne soient d’un genre à contenter également les deux cours.

Je suis votre bien affectionné

Alexandre.

S-t Pétersbourg, ce 20 janvier 1803.

Contresigné: C. Alexandre de Worontzow.

Получено въ .louxonk, 5-го Гюня, по иовому стили, 1804.

Грахъ Семенъ Романовичь! Сколь пи желательно было бы для меня, à наипаче при нышшиемь HOA0жени дёлъ въ Европ, сохранить васъ при пост вашемъ, при которомъ преходили вы всегда достохвально служеше ваше, не могу однакоже не признать справедливости причинъ BACH побудив ну просить отзыва вашего для возвращеня въ отечество. Въ удовлетвореше сэго желан1я` вашего посылаются къ вамъ при семъ отзывныя грамоты, котбрыя употребите, когда. сами заблагоразеудите: Отдавая въ полной мёрв справедливость отличной ревности; съ коею чрезъ долгое время служешя вашего являзт вы уелуги отечеству полезныя, ‘особенное ощущаю я удовольстве при семъ случаВ увфрительно вабъ обнадежить BB томъ, что оными пробрьли вы себ. право на всегдашнюю мою признательность. Haut оставилъ между тёмъ даль недлежащя повельни m3 | удовлетворен и прочихъ желанй BB письмв вашемъ изображенныхъ. Предоставляя собё въ np чемъ подавать вамъ и впредъ` при всякомъ ©2179 опыты особеннаго моего къ вамЪ благоволевя, ‘пре бываю вамъ благосклопный

С.-Петербург, Anphsa 30 дня 1804 тода. `

Reçu à Londres, le 5 juin п. $. 1804.

Monsieur le général d'infanterie, comte de Woronzow.

La crise des affaires générales de l'Europe, en excitant de plus en plus ma sollicitude et en exigeant de de ma part une attention proportionnée à l'importance des événemens qu'elle semble devoir amener, me conduit au désir de voir votre séjour en Angleterre prolongé le plus qu'il vous sera possible. Connaissant l'état actuel du continent et ma façon de l'envisager, vous comprendrez facilement que votre expérience consommée dans les affaires, ainsi que la confiance dont vous jouissez à si juste titre auprès du gouvernement anglais, ne me furent jamais plus nécessaires. En vous accordant |е гарре! que vous avez sollicité, j'ai satisfait à mon penchant de faire ce qui pent vous être agréable. Sans prétendre que vous n'ayez de justes égards à ce que votre santé et vos convenances exigent, et vous laissant par conséquent pleinement le maître de vous résoudre dans cette occurrence comme vous le jugerez à propos, je ne veux pourtant pas vous cacher que si vous différiez votre départ, je vous en saurais d'autant plus de gré que, tout court que serait ce retard, je suis convaineu qu'il deviendrait

d'une utilité efficace pour les affaires, et que j'aurais pendant cet intervalle plus d’une occasion de vous renouveler le témoignage de la bienveillance toute particulière avec laquelle je suis toujours, monsieur le général d'infanterie, comte de Woronzow, vatre bien affectionné.

Alexandre.

А 8-t Pétersbourg, ce 30 avril 1804.

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