Pétersbourg. Ce 3 avril
Reçu à Londres, par le translateur Ellisen, le 3 (5) mars 1806.
Monsieur le général d'infanterie comte de Woronzow. J'ai partagé bien sincèrement les regrets qu'a dû vous faire éprouver la perte doulourense d’un frère et d'un ami. L'état se voit privé d'un de ses plus utiles et dignes serviteurs, qui dans ses diverses fonctions lui а rendu tant de services importants. Quant à moi personnellement, j'ai perdn en lui un ministre qui m'avait toujours donné des preuves d’un zèle et d'un atachement aussi actifs qu'éclairés. Vous savez qu'en rous engageant à continuer les fonctions de votre pose actuel, je n'ai jamais voulu vous gêner sur l’épojne à laquelle vous le résigneriez; mais je prévois aaintenant que la mort de m-r votre frère ne sera u'un motif de plus pour vous de vous retirer, et je e veux plus tarder à vous renouveler l'autorisation e présenter vos lettres de rappel aussitôt que vous : désirerez. En songeant que vous abandonnerez ientôt la carrière que vous suivez maintenant, je ne urais пе pas me rappeler tous les services que vous vez rendus à vos souverains soit pendant sa durée, it avant que vous l’ayez embrassée. Je désire que Jus comptiez sur la reconnaissance .que je vous en mserve. La confiance dont vous jouissez en Angle-
si
terre et la manière distinguée dont vous vous êtes constamment acquitté de mes ordres à mon entière satisfaction, me font trouver difficile le choix de votre successeur; mais en attendant que je puisse prendre à cet égard une résolution définitive, si vous vouliez quitter Londres, vous accréditeriez en qualité de chargé d'affaires le conseiller de collège baron de Nicolai. Je suis, monsieur le général d'infanterie comte de Woronzow, votre bien affectionné .
Alexandre.
6 février 1806.
Contresigné: Le p-ce A. Czartorysky.
Указъ Государственной Routeria Пностранныхъ 16478.
Снисходя на прошеше генерала отъ инфантери графа Воронцова, находящегося въ качеств чрезвычайнаго и полномочнаго посла при дворё Лондонекомъ, всемилостивзйше увольняемъ его отъ настоящей должности, повелфвая удовлетворить его с26дующимъ ему жалованьемъ по 6-е мипувшаго Anphaa; въ воздаяше же долговременной службы и отличныхъ трудовъ понесенныхъ имъ на пользу отечества, повелВли мы, особымъ указомъ Главному Почтовому Правленио, обратить ему въ пенсюнъ 1 шесть тысячъ рублей съ курсомъ, которые изъ почтовыхъ доходовъ ему производятся.
Monsieur le comte de Woronzow. Le général de Budberg n’a pas manqué de m'instruire du contenu d’une lettre que vous avez écrite au conseiller privé prince de Czartorysky, pour obtenir une prolongation de sept semaines au semestre accordé à votre fil. Quel que fût mon désir de voir bientôt ce jeune ой cier rentrer dans la carrière où il s’est distingué par son zèle et sa capacité, je ne saurais me refuser aux motifs pressants qui vous font désirer la prolongatior de son séjour en Angleterre, et vous pouvez le retenir auprès de vous, non seulement jusqu'au term que vous avez demandé, mais même au-delà, si le soin de sa santé l'exige.
C'est avec un véritable plaisir que je me suis ren du à ce voeu, éprouvant toujours ce sentiment dan toutes les occasions où je puis vous prouver ma bienveillance particulière et ma satisfaction de vos longs et pénibles services, dont j'ai su apprécier toute k valeur, et qui vous ont assuré à jamais toute шо estime et mon affection. C’est avec ces sentimens que je suis, monsieur le comte de Woronzow, votre très affectionné
Alexandre.
S-t Pétersbourg, ce 2 juillet 1806.
AEKCARAPY РОМАНОВИЧУ ВОРОНЦОВУ.
де vous remercie, monsieur le comte, pour l'attention que vous avez de m'avertir; j'en profiterai et vous enverrai dans le courant de la journée une lettre pour ma soeur.
Je suis bien fâchée de vous savoir de nouveau incommodé et j'espère que cela ne sera ni de durée ni de conséquence.
Vous m'avez envoyé, il y a environ deux mois, monsieur le comte, une lettre d'Angleterre à laquelle étaient joints deux exemplaires d'une réfutation de différens: ouvrages français, par un anglais que j'ai connu en Allemagne. Comme j'ai reçu cet envoi parm-r votre ‘frère, veuillez bien le prier de ma part de se charger de ma réponse et d'un cadeau que l'Empereur envoie par moi à l’auteur, qui lui а adressé un des exemplaires. Je saisis avec plaisir cette occasion de vous remercier, monsieur le comte, pour les preuves récentes que vous m'avez données de l'intérêt que vous prenez à ce qui me regarde, je vous en ai une sensible reconnaissance et vous prie d’en être convaincu.
Le baron de Nicolaï, que j'ai vu hier ici, m'a offert de se charger de ma commission pour l’Allemagne; j'écris par luià ma mèreet vous prie, monsieur le comté, de vouloir bien lui remettre cette lettre, que je joins ici.
Je me flatte que nous aurons dans peu le plaisir de vous voir dans notre voisinage et que vous serez content de votre séjour à Czarskoé-Célo.
Je vous remercie, monsieur le comte, pour la lettre que vous m'avez envoyée; elle n’est pas de ma mère. comme je l'avais aussi eru d'abord, mais de quelqu'un de ma connaissance qui se trouve à Berlin dans ce moment.
Recevez, monsieur le comte, l'assurance de toute mon estime.
Je profite de votre complaisance, monsieur le comte. et vous envoie une lettre pour ma mère, dont je vous | prie de vouloir bien vous charger.
Je suis très-sensible à votre attention et vous prie d'être persuadé de ma reconnaissance et de toute mon estime pour vous.
Je vous suis infiniment obligée, monsieur le comte, de ce que vous voulez bien vous charger de mes commissions. Je vous renvoie les trois lettres, ne sachant pas si celles pour l'Allemagne doivent être mises à la poste ou non.
Je ne vous ai pas remercié encore pour le paquet que vous m'avez envoyé l'autre jour, qui contenait les remercimens de cet auteur anglais à qui l'Empereur a fait remettre une bague par m-r votre frère. Recevez, monsieur le comte, l'assurance de mes sentimens d'estime et de considération.
de dois à la reine de Sardaigne une réponse à une lettre de félicitation, et ne sachant pas au juste où je puis la lui adresser, je vous prie, monsieur le comte, de vouloir bien vous charger de la faire parvenir à sa destination. Je vous demande bien des excuses de vous importuner de ma commission.
J'ai reçu, monsieur le comte, la lettre que vous m'avez envoyée, et vous en remercie. Je vous suis bien reconnaissante aussi de ce que vous vous êtes chargé, de ma réponse aux choses nombreuses que m-r Colbert m'a dites.
C’est avec plaisir et entière confiance que je profite, toutes les fois que j'en ai l'occasion, des offres obligeantes que vous me faites, intimement persnadée que je ne saurais mieux m'adresser qu'à vous, mon-
sieur le comte.
де vous envoie, monsieur le comte, deux lettres dont l'impératrice-mère m'avait chargée il y а queque tems, pour les faire partir par le premier courrier dont j'aurais connaissance. Craignant que l'Empereur. par un oubli très-excusable, ne m’avertisse pas, je les dépose chez vous, monsieur le comte, et vous prie de vouloir bien en charger le premier courrier qui partira soit pour Berlin, soit pour Dresde, n'étant pas de nature à être confiées à la poste.
Je vous demande mille pardons, monsieur le comte, de la peine que je vous donne; ce sont les offres si obligeantes que vous m'avez faites à différentes reprises qui m'y ont engagée, et je vous prie de me croire
votre très-affectionnée
Élisabeth.
Je m'adresse à vous aujourd’hui, monsieur le comte, pour vous faire une prière, et je me flatte que son peu de conséquence ne me rend pas coupable d’indiscrétion. La comtesse Élisabeth Apraxine, dont le fils cadet est déjà placé au collège des affaires étrangères, désire beaucoup qu'il puisse être attaché à la mission de Carlsruhe et Stuttgart. Je ne sais si c'est une chose possible, si peut-être on ne veut pas la rendre nombreuse, оп par quelque autre raison; dans ce cas, monsieur le comte, je vous prie de me le dire sincèrement, vous me témoignez trop de la complaisance que vous voulez bien avoir pour moi. pour que je puisse en douter; mais si ma demande ne souffrait aucun inconvénient, j'aurais beaucoup de plaisir à la voir réussir, puisque cela rendrait fort heureuse la mère du jeune homme.
Je désire et espère que votre santé est bonne, monsieur le comte, et vous prie d'être persuadé de toute mon estime.
Ce 9 juillet.
Arxuss Квазя Borouuosa, ки. 80. . 82
Je suis extrêmememt sensible à votre attention, monsieur le comte, et vous prie de recevoir mes .emercîmens pour les cahiers de musique que vous men voyez, ct quine peuvent que faire plaisir à un amateur, étant ce qui vient de paraître de mieux et de plus nouveau. Le paquet qui y était joint m'était un envoi très-agréable, venant de ma mère.
J'aurais mieux aimé vous remercier verbalement pour tout ceci monsieur le comte. et je vous prie d'être persuadé qui j'ai bien du regret de пе pas ëtre à même de el faire.
Voici, monsieur le comte, la lettre dont je vous ai parlé l’autre jour et que vous avez bien voulu vous charger de faire parvenir à ma mère, sans qu’elle passe par des mains indiscrètes. Je vous prie aussi de m'indiquer la manière dont je pourrai recevoir sa réponse.
Recevez, monsieur le comte, l'assurance de toute ma reconnaissance pour la peine que vous prenez de vous charger de mes commissions.
Pétersbourg, се 4nmars 1804.
Le prince Czartorysky m'ayant avertie hier du départ d’un courrier, je crains, monsieur le comte, que cette lettre ne vous parvienne trop tard pour être envoyée, ayant dû l'être hier soir déjà. Dans ce cas, je suis bein fâchée de vous importuner inutilement.
J'acquitte enfin la promesse que vous m'avez de mandée, monsieur le comte; il n’y а pas de ma faute si j'ai tardé si longtems à le faire, mais de celle du peintre, qui n’a achevé le portrait que depuis peu de jours. Je désire que vous le trouviez ressemblant et que vous soyez persuadé du plaisir que j'ai à vous l'offrir.
Vous devez être établi maintenant à votre campagneet remis, j'espère, de la fatigue que le voyage vous aura causée; je désire que tout se réunisse pour vous en rendre le séjour agréable, mais je désire surtout apprendre que votre santé en éprouve de bons effets. Vous me rendrez justice, monsieur le comte, ев croyant au sincère intérêt que j'y prends, ainsi диз ma parfaite considération.
Votre bien affectionnée
Élisabeth.
CEMEHY РОМАНОВИЧУ ВОРОНЦОВУ.
J'ai été très-sensible, monsieur le comte, à la lettre que vous m'avez écrite pour me souhaiter la bonne année, et je trouve, comme vous, que cet ancien usage doit être conservé, puisqu'il m'a procuré une marque de votre souvenir et une occasion de vous assurer de mon estime et de mon intérêt.
Je me rappelle avec satisfaction des circonstances qui m'ont donné la facilité de vous connaître plus particulièrement, et croyez que je tiens beaucoup à l'opinion que vous avez conçue de moiet qui de votre part ne peut être que flatteuse. Cé n'est pas pour la forme que je vous remercie, monsieur le comte, pour les souhaits que vous m'exprimez; car je suis sûre qu'ils sont bien sincères, et je vous prie d'être persuadé que je vous désire aussi tout plein de bonheur et de contentement, à vous et à toute votre famille. La santé de m-r votre frère «nous avait allarmés pendant quelque tems, et j'ai pensé aux inquiétudes que vous avez dû avoir avant que la nouvelle de sa convalescence ne vous soit parvenue. Le chancelier, mème pendant sa maladie, a saisi les occasions qui se sont présentées
pour m'obliger et me prouver qu'il partage les sent mens que vous voulez bien mé témoigner. J'attends avec impatience son entier rétablissement. que l'on nous fait espérer bientôt, pour lui en marquer ma recomaisance, en attendant je crois ne pouvoir mieux faire que de vous en parler.
Je me suis acquittée, monsieur le comte, de vote commission pour l'Empereur, et Ише charge de vous en faire ses remercîmens. Il connait la valeur de vs quelités et le zèle qui vous anime pour son service: soyez certain que nous savons apprécier tous les deux votre façon de penser et de sentir. C’est avec un та plaisir que je vous en réitère l'assurance, ainsi que celle de toute ma considération.
Votre bien affectionnée
Élisabeth.
S-t Pétersbourg, ce 2 (14) mars 1808.
Фе vous prie, monsieur le comte, de faire mes com plimens à mademoiselle votre fille. je désire ne pas être effacée de son souvenir. |
Vous me faites beaucoup de plaisir, monsieur le comte, toutes les fois que vous’ me donnez de vos nouvelles et l'occasion de vous écrire: j'en ai surtout à l’époque du renouvellement de l’année, puisqu’en vous remerciant des voeux que vous faites pour moi, je puis vous parler de ceux que je forme toujours pour vous. Vous ne les jugerez pas, j'espère, sur la rareté de mes letires, et vous voudrez bien croire que si je ne vous écris pas plus souvent, ce n’est que par discrétion.
Je suis bien sensible à tout ce que vous me dites dans votre lettre, et j'aime surtout à croire à l’assurance que vous me donnez que, de votre part, monsieur le comte, ce ne sont pas des phrases de pure formalité, car j'attache infiniment de prix à vos sentixens pour moi.
On nous promet que nous aurons le plaisir de vous voir ici cet été: je m'en réjouis bien sincèrement, et j'ai la satisfaction de voir partager généralement ce sentiment; je me flatte aussi que le séjour du chancelier à la campagne fera assez de bien à sa santé pour que nous puissions vous voir réunis tous les deux à Pétersbourg; je craindrais sans cela que vous n’y passiez que très peu de tems.
Chargez-vous, je vous prie, de mes complimens pour la jeune comtesse, et permettez-moi de vous féliciter sur le succès avec lequel m-r votre fils a fait ses premières armes.
L'Empereur, à qui j'ai fait votre commission, est bien sensible à ce qu’elle contient: il veut que je vous ‘en exprime sa reconnaissance, et vous voudrez bien recevoir en même tems, monsieur le comte, l'assurance de toute ma considération.
Votre très-affectionnée
Élisabeth.
Monsieur le comtel
Je vous suis extrêmement obligée pour les envois de différents genres que j'ai reçus de votre part à la fin de cet hiver, et pour la lettre qui les accompaба; je ne saurais assez vous assurer combien m'est précieux tout témoignage de votre intérêt pour той; mais comme je me flatte que vous êtes persuadé des sentimens que vous m'inspirez à si juste titre, vous
jugerez d’après eux du prix que j’attache à votre souvenir.
Je ne puis disconvenir que le reproche que vous me faites dans votre lettre ne soit fondé; mais si ce n’est pas vous, monsieur le comte, que j'ai chargé de mes insignifiantes commissions pour l'Angleterre, c'est qu'il me paraissait qu'il y avait de l’indiscrétion à le faire, vous sachant suffisamment occupé d'objets plus importans. Ба manière obligeante dont vous m'offrez de me rendre service à cet égard, m’engagera à l'avenir à пе plus vous donner lieu de vous plaindre de moi.
J'ai eu beaucoup de plaisir à parler de vous à m-r Nowossiltzow, qui m'a dit que vous jouissiez d’une parfaite santé; je fais des voeux bien sincères pour sa du-
rée, ainsi que pour tout ce qui tient à votre bonheur et satisfaction, et vous assure en même tems, monsieur le comte, de ma parfaite considération.
Votre bien affectionnée
Élisabeth.
Veuillez bien vous charger de mes complimens pour mademoiselle votre fille. р
J'ai été bien sensible, monsieur le comte, au contenu de vos deux lettres, que j'ai reçues. l'une par m-r votre fils et l'autre par l'occasion d'un courrier. Vous ne sauriez me donner une marque plus agréable des sentimens dont vous voulez bien m'assurer toujours, que de partager comme vous le faites la satisfaction que Dieu m'a accordée par la naissance de ma fille, et que j'apprécie dans toute son étendue; les voeux que vous faites pour sa conservation doivent lui porter bonheur, et je vous en remercie beaucoup.
Je n'ai pas besoin de vous dire, monsieur le comte, que malgré l'éloignement qui vous sépare de nous. j'ai senti dans le tems toute la douleur que vous devez avoir éprouvée de la perte de m-r votre frère; on m'assure que du moins elle n'influe pas sur votre santé; mais.je désirerais vous savoir tranquillisé sur l'isolement où vous craignez que ce triste événement n'ait laissé m-r votre fils. L’estime et l'approbation générale qu'il doit à sa conduite, sont une excellente recommandation et un bon appui; sans doute, vous devez souffrir des dangers auxquels il est exposé dans ce moment; mais vous trouverez sûrement du soulagement à vous dire qu'il partage aussi la gloire que s’est acquise
notre brave armée dans cette campagne. Puisse la fin de cette guerre être aussi heureuse pour nous que notre cause est bonne, et puisse-t-elle l'être pour vous. monsieur le comte, sous le double rapport de bon père et de bon Russe.
Veuillez bien faire mes complimens à mademoiselle votre fille et à mademoiseile Jardine, en les remerciant de ma part pour leur souvenir, et croire à toute В considération que je vous porte.
Votre bien affectionnée Élisabeth.
St Pétershourg, ce 3 (15) avril 1807.
Cette lettre vous sera remise. monsieur le comte, par la princesse Galitzine. qui а eu l'avantage de faire votre connaissance pendant votre dernier séjour à Pétersbourg. Le mauvais état de sa poitrine, que Гоп croit attaquée, la force de quitter sa patrie dans l'es. poir de recouvrer la santé dans un climat plus doux: elle doit s'arrêter en Angleterre pour peu de tems, et se rappelant avec reconnaissance toute l'amitié que vous et mademoiselle votre fille lui avez témoignée ici, elle a beaucoup désiré vous être recommandée par moi, ainsi que son mari.
Vous m'obligerez infiniment, monsieur le comte. en ayant des bontés pour le p-ce et la p-sse Galitzine, qui tous deux sortent pour la première fois de leur pays et auront grand besoin de conseils et d’un guide sûr; ils trouveraient l’un et l'autre en vous mieux qu’en qui que ce soit; veuillez donc, monsieur le comte, les aider dans l’occasion de votre expérience, et si la prière que je vous fais est une indiscrétion, ne l'attribuez qu’à la connaissance que j'ai de votre caractère et à la parfaite estime que je vous porte; permettez-moi cependant d'appuyer aussi un peu sur les sentimens dont vous voulez bien m'assurer toujours et que je me flatte que vous me conservez. Je vous prie de me croire, monsiure le comte,
votre très-affectionnée Elisabeth.
Pétersbourg, ce 2 (14)i jullet 1807.
L'Empereur vous ayant donné son agrément pour le mariage de mademoiselle votre fille, je m'empresse. monsieur le comte, de-vous en féliciter et de vous remercier pour la lettre par laquelle vous m'en faites part; la jeune comtesse ne pourra trouver que son bonheur dans une union approuvée par vous qui êtes si bon père, et je vous prie de lui dire la part que j'y prends et les voeux que je fais pour elle.
Si je ne craignais de donner une teinte trop sombre à cette lettre, qui ne devrait vous entretenir que d'un sujet réjouissant pour vous, je m'étendrais sur la consoletion que j'ai trouvée dans les regrets que vous donnez à la princesse Galitzine, dont la perte m'a été bien sensible; mais je me bornerai ici à vous remercier pour l'intérêt que vous voulez bien m'exprimer dans cette occasion, et à vous assurer, monsieur le comte, du prix que j'y attache et de la parfaite considération que je vous porte.
Votre très-affectionnée Élisabeth.
S-t Pétersbourg, ce 27 sept. (9 oct.) 1807.
Quoique depuis assez longtems les circonstances ayent interrompu toute correspondance entre nous, je me flatte cependant, monsieur le comte, que vous п’аvez conservé votre souvenir et les sentimens dont vous vouliez bien m'assurer toujours. Dans cet espoir je m'adresse à vous aujourd'hui avec confiance et sans craindre de vous importuner, en vous priant de faire parvenir l'incluse au roi, mon beau-frère. Cette lettre n'ayant rapport uniquement qu'à nos liens de parenté, je n'aurais pas eu l'indiscrétion de vous en charger mônsieur le comte, si j'avais su où l'adresser. Mais l'ignorance où je suis sur le lieu du séjour du roi m'offrant une occasion de vous écrire, je me suis décidée avec d'autant plus d’empressement au parti de vous la confier. Pardonnez-moi la peine que je vous donne, mais croyez qu'il me sera infiniment agréable de vous devoir cette obligation.
Nous avons eu le plaisir de voir ici monsieur votre fils, il y a environ trois semaines; il m'a donné des nouvelles satisfaisantes de votre santé et vous en donne lui-même, je pense, d'également bonnes sur la sienne, qui est parfaitement remise; mais ce n'est pas lui qui vous aura instruit des succès qui le suivent dans la carrière militaire et qu'il vient de remporter encore à
Архивь Князя Boronnors, ки. 30, 83
la fin de la campagne. Le même ennemi voit votre & marcher sur vos traces, et ce rapprochement пе peut que vous causer bien de la satisfaction; croyez, mor sieur le comte, que je la partage sincèrement, et теcevez l’assurace des sentimens de considération distinguée avec lesquels je suis
votre bien affectionnée Élisabeth.
S-t Pétersbourg, се 9 (21) février 1811.
Ne m'oubliez pas, je vous prie, auprès de madame votre fille; j'espère que sa santé est bonne et je me réjouis d'apprendre qu'elle goûte dans son union tout le bon heur qu'elle mérite.
Pétersbourg, ce 7 (19) décembre 1812.
П y a longtems, monsieur le comte, que je me propose de vous écrire, mais il me paraît que je ne saurais choisir de moment plus favorable pour le faire que celui où je puis vous exprimer tout le contentement que me donne la tournure qu'ont pris chez nous les événemens de la guerre. Personne ne sait mieux que vous combien cette guerre mémorable sera à jamais glorieuse pour la Russie, et les espérances qu'elle permet de concevoir pour le salut de l'Europe entière; il est donc bien naturel que je désire me réjouir avec vous de préférence des succès non interrompus depuis trois mois de nos armées et de la conduite qu'ont tenue toutes les classes de la nation depuis le commencement de la guerre.
Il n’était pas difficile de la prévoir, mais il est bien doux de voir justifier aux yeux du monde entier une opinion aussi bien méritée de tout tems. La vôtre à cet égard et à celui du résultat de la campagne m'était connue, et vous ne vous doutez peut-être pas, monsieur le comte, que dans des momens d'inquiétudes inévitables à cette époqne-ci, une de mes plus grandes
consolations était de ш’арриуег sur cette opinion, qui de votre part ne pouvait qu'inspirer de la confiance. Je trouve un plaisir réel à vous le dire aujourd'hui et à vous exprimer [а reconnaissance que je vous dois pour le bien que j'en ai éprouvé.
Vous avez de fréquentes nouvelles du comte Michel. je ne vous en parlerai donc que pour vous féliciter de toutes les occasions qu'il а eues de développer le caractère que nous lui connaissions déjà. J'ai rendu grâce au Ciel de ce que sa blessure n'a pas été dangereuse, et je vous avouerai que je n'ai pas été fort peinée que sa guérison ait traîné en longueur. Lui-même e l'armée n'étaient pas de mon avis: on l'y désirait antant qu'il s'impatientait de ne ponvoir у retourner: mais comme il n'a plus besoin de faire sa réputation militaire, je me réjouissais sous tous les rapports de le savoir en sûreté à la campagne.
Monsieur Лонгиновъ me rend exactement tout ce dont vous le chargez pour moi, et je suis toujours bien sensible à votre souvenir, monsieur le comte: je ne puis m'empêcher de vous dire à cette occasion combien je suis charmée de m'être attachée partieulièrement quelqu'un qui vous est aussi devoué que m-r Лонгиновъ, n'ayant d'ailleurs qu'à me féliciter infiniment du ce choix.
Faites, je vous prie, monsieur le comte, bien mes complimens à madame votre fille et croyez aux sentimens inaltérables d'estime et de considération de
votre bien affectionnée
Élisabeth.
Oserai-je vous prier, monsieur le comte, de faire parvenir la lettre ci-jointe à madame Roth, dont vous avez eu la complaisance de m'en envoyer une il y a quelques mois.
Baden, ce 8 (20) juin 1814.
Quelque plaisir que me causent toujours vos lettres, monsieur le comte, je n’en ai point reçu encore qui m'’ait fait éprouver autant de satisfaction que la dernière; il m'a été bien doux de voir que vous avez pensé à moi dans ces momens si heureux pour le monde entier, si glorieux pour la Russie, qui a rendu в paix à l’Europe.
J'ose dire que j'ai mérité ce souvenir de votre part tant par tout ce que j'ai éprouvé à cette époque, que parce que j'étais habituellement occupée de vous et que je partageais d'avance le bonheur dont vous jouiriez
Je ne puis assez remercier Dieu de vous en avoir fait jouir si complètement et de vous avoir conservé un fils si digne de tout votre amour. Je suppose qu'il est réuni à vous actuellement et que vous oubliez en le revoyant bien des années d’inquiétudes, que son activité dans le service de son pays vous à causées.
Monsieur Narichkine, votre neveu, partant d'ici pour l'Angleterre, je le charge de ma lettre et je lui envie presque le plaisir qu'il aura de vous voir. J'aurais beaucoup désiré faire ce voyage avec l'Empereur, я
les circonstances l'avaient permis, et certainement l’idée de vous revoir, monsieur le comte, et dans ce beau moment, n’était pas une des moindres raisons qui me l'aurait fait désirer; j'espère du moins entendre parler de vous l'Empereur, que nous attendons ici dans peu.
Veuillez faire mille complimens de ma part à madame votre fille et croire aux sentimens de considérution sincère et inaltérable que je vous porte.
Votre bien affectionnée
Elisabeth.
Vous êtes, j'espère, persuadé, monsieur le comte, du prix qu’a toujours pour moi votre souvenir et Гехргезsion des sentimens que vous m’accordez depuis plusieurs années; vous croirez donc aisément à tout le plaisir que m'a causé votre lettre du 5 (17) septembre et ce que vous m'y dites à l’occasion du jour de ma fête, Je vous en fais mes bien sensibles remercîmens et suis charmée de pouvoir vous les adresser en France, où je vous sais réuni à vos deux enfans. Vous devez У éprouver une grande satisfaction en voyant Michel. respecté et chéri comme ïille mérite par le corps d'armée qu'il commande, —remplir si parfaitement un poste difficile et qui exige une réunion de qualités dont lui seul, entre tant d’autres, pouvait offrir la sûreté. Cette vérité généralement reconnue doit être bien douce à votre coeur, aussi ai-je appris avec plaisir que vous comptez passer tout l'hiver avec monsieur votre fils Veuillez lui {ге mes complimens, de même qu'à № comtesse Pembrocke *), et les remercier de leur souvenir; tout ce qui vient de vous et des vôtres m'est particulièrement précieux. Les détails que la comtesse Balmaine m'a donnés sur vous, monsieur le comte, sur
madame votre fille et ses enfans. m'ont infiniment intéressée: ils ont redoublé mes regrets de п’озег pas espérer de me trouver jamais dans ce cercle de famille si respectable. Puissiez-vous jouir longtems du bonheur qu’il vous donne, et recevez, monsieur le comte, avec ce voeu l'assurance de la considération et de l’affection bien sincères que je vous porte.
Élisabeth.
St Pétersbourg, ce 31 oct. (11 nov.) 1816.
Vous m'avez causé un sensible plaisir, monsieur le comte, еп me faisant part vous-même da mariage de monsieur votre fils; vous m'avez prouvé par là la justice que vous rendez à mes sentimens pour vous et pour toute votre famille, et ils n'ont pas été en dé faut dans une occasion aussi importante pour votre tranquillité, que l’est celle-ci. Je n’ai pu apprendre sans une grande satisfaction le choix du comte Michel, et tous ceux qui, comme moi, connaissent madame votre belle-fille, se réjouissent d'une union aussi bien assortie et qui promet un bonheur mutuel aux deux époux. Recevez-en, monsieur le comte, mes bien sincères félicitations; le contentement que vous donne ce mariage est pour moi une circonstance d’ua grand poids. Puis siez-vous jouir en plein de cette parfaite réussite des voeux que vous formiez depuis longtems.
Veuillez dire de ma part à la comtesse de Pembrocke combien je suis toujours sensible à son souvenir. et que je partage toute la joie qu’elle doit éprouver du bonheur d'un frère chéri, et croyez-moi à jamais monsieur le comte, et dans toutes les occasions, votre biea sincèrement affectionnée
Elisabeth.
Zarskoé-Célo, ce 26 juin (8 juillet) 1819.
Monsieur le comte de Woronzow. Tout ce que vous avez dit et fait au sujet de ma lettre à leurs hautes puissances messieurs les Etats-Généraux, montre сотbien mes intérêts sont entre bonnes mains, quand ils sont entre les vôtres. C'est pourquoi, je ne crois pouvoir mieux faire que de vous prier de remettre à leurs hautes puissances la ci-jointe, qui est, pour le texte, mot à mot la même que la précédente et dont l'adresse est conforme à ce qu'ils souhaitent pour leurs titres. Je reconnais les leur être dûs, et ce n'est absolument que par une inadvertance de chancellerie qu'ils se sont. trouvés différents sur le premier dessus. Je les leur donnerai encore dans la grande lettre latine que je leur écrirai après mon couronnement. scellée du grand sceau dont, par l'étiquette de Pologae, je n'ai ра me servir dans les petites lettres que j'ai écrites à toutes les cours d’abord après mon élection. Au reste, je suis même fort aise que cet incident me fournisse l'occasion de marquer à leurs hautes puissances mon empressement, non-seulement dans cette circonstance, mais à leur donner des preuves de mon amitié en tout ce qui pourra leur faire plaisir. J'en ai eu beaucoup à voir que m-r le greffier Fagel et ceux qui me connaissent
ne se sont point mépris sur la vérité de mes intentions remplies de la plus cordiale affection pour la républque de Hollande.
Je vous réitère, monsieur, mes remercîments. en vous assurant, avec autant de plaisir que de sincérit. que je suis bien véritablement, monsieur le comte & Woronzow,
votre bien affectionné
Stanislas-Auguste. roy.
А Varsovie, le 10 de novembre 1764.
Copie.
Hauts et puissans Seigneurs. Le tems critique où la République de Pologne se trouvait pendant cet interrègne, élant fini par } Providence divine, qui a réuni les suffrages de la nation pour me placer sur le trône, l'amitié qui a toujours subsisté entre cett-| République et la vôtre me fait croire que l'attention avec laquelle | je fais part à vos Hautes Puissances de cet évènement leur sers d'autant plus agréable, que mon élection, également libre et cos forme aux loix prescrites à cet égard, conserve une entière tra quillité dans le pays, où elle pourra, comme je le désire bien sir cèrement, devenir la source d'avantages réciproques pour les deu états. Je saisirai avec plaisir les occasions où je pourrai témoigner à vos Hautes Puissances combien je suis, hauts et puissants sei-
gneurs, votre bon ami Stanislas-Auguste, roy.
А Varsovie, ce 3 d'octobre 1764.
Monsieur le comte de Woronzow. La façon 2158 obligeante qu'utile dont vous vous êtes employé pour moi depuis mon élection. me fait un vrai plaisir de toutes les circonstances qui me suggèrent l’occasion de vous en marquer ma reconnaissance. Je vous en assure du meilleur de mon cœur, et vous prie, monsieur, de m’en donner un nouveau sujet, en accordant votre amitié, et selon les occurrences même votre assistance, au sieur Zawisza, mon chambellan, qui vous remettra cette lettre et qui va en Hollande pour quelques commissions particulières que je lui ai données. Au reste, je prie Dieu qu'il vous ait, monsieur le comte de Woronzow,'en Sa sainte et digne garde. Fait à Varsovie.
Ce 21 février 1765. .
Stanislas-Auguste roy.
Ha конвертзь сё красною гербовою печатью:
Monsieur le comte de Woronzow, envoyé de Russie auprès des États-Généraux des Provinces-Unies des Pays-Bas,
à la Haye.
Милостивый государь мой, грахъ Александръ Poмановичъ.
Съ послёднею почтою получилъ я отъ генеразъпорутчика и Выборгскаго губернатора хонъ-Энгельгарта письмо, въ коемъ увфдомляетъ онъ мевя, что какъ по новоизданному тариФу не показано никакой особой пошлины за доски, дВлаемыя изъ горбылей. à оныя доски дВлаются единственно изъ самыхъ горбылей: то проситъ тамошнее купечество. чтобы за помянутыя доски платить таковую пошлину, каковая въ ономъ тариФхВ съ горбылей показана, или какъ тамъ же сказано, за все въ ономъ неназванное платить по оцёнкв. Вамъ же, милостивому государю моему. будучи cie дёло уже известно, то и прошу васъ, какь вы прошлаго года и обёщали, учинить къ открытио кораблеправашя въ ономъ OTMBUY. Лаская себя, что не оставите сего безъ рёшешя, съ отли нымъ почтешемъ и привязанностно, есмь на всегдэ вашего с1ятельства, милостивый государь мой, преданный другъ и слуга