ABIA ГАНОВЕРСЕИЯ
grande intimité existante entre la Prusse et la G-de Bretagne, m’ordonna de proposer le renouvellement du traité de commerce sans faire mention des principes qu’elle avait voulu voir insérés auparavant; mais on зе soucia moins de се traité que de ГаШапсе prussienne, et on n’y fit aucune attention. Enfin, vers le commencement de 1793, l’Impératrice, revenue tout-à-fait de l’idée de soutenir une transaction dont tout le profit était pour la Suède, l’ennemie naturelle de la Russie, et désirant se rapprocher de l'Angleterre, m’envoya une convention toute faite, par laquelle l’ancien traité était renouvelé purement et simplement, pour que je la signe, et cela fut fait. J'aurais pu ajouter à У. M. I-le beaucoup de détails sur l’origine de cette neutralité armée renouvelée actuellement sous le titre de Convention Maritime, et si elle désire les avoir, elle les trouvera dans un mémoire que j'ai envoyé au comte Panin.
Pour ce qui est de la menace de l’occupation du Hanovre, quelqu’injuste et quelque sensible qu’elle soit pour le roi de l'Angleterre et à sa postérité, elle ne peut faire aucun effet sur les vrais intérêts de la nation anglaise, et elle ne souffrira jamais qu'aucun ministère de ce pays osât adhérer à des principes qu'elle croit ruineux pour l'existence de sa puissance navale, uniquement pour conserver au roi ses possessions allemandes: parce que de tout tems l'électorat de Наnovre était toujours indépendant de la G-de Bretagne et avait souvent une politique diamétralement opposée à la sienne. La régence de Hanovre n’a jamais suivi la politique anglaise, mais s’est tenu constamment attachée à celle du cabinet de Berlin. Quand celui-ci était en guerre avec la France, elle l’était aussi, quand celui-ci fit sa paix en 1795 à Basle, elle y accéda aussi, nonobstant que le roi d'Angleterre continuait la guerre contre la France, et quand la Prusse fit la ligne de démarcation de la neutralité du Nord de l’Allemagne et assembla un cordon de troupes pour couvrir cette ligne, le Hanovre lui a fourni son contingent en troupes, argent et vivres; et quand des troupes allemandes, levées par l’Angle-
terre dans le centre de l'empire, ont voulu passer par l’électorat pour aller à Cuxhaven, et de là s’embarquer pour l'Angleterre, la régence de Hanovre, pour complaire à la Prusse et ne pas rompre sa paix avec la France, faisait désarmer et disperser ses troupes à la solde anglaise. Aussi on était furieux à Londres contre la régence de Hanovre, et s’il у avait eu dans ce tems en Allemagne une armée anglaise, commandée par un général anglais, et qu’elle eût été dans le voisinage de l'électorat, il aurait été traité en pays ennemi. J’ai eu souvent des ordres de la feue Impératrice et du feu-Empereuür de me plaindre contre la conduite de cette .régence, mais on m’a toujours répondu que le ministère brit-e n’a ni influence ni connexion avec elle, qu’elle se conduit par sa propre politique, et souvent en opposition de celle de la G-de Bretagne. Vous voyez donc, Sire, que tel injuste que sera l’envahissement de cet électorat, il ne fera qu’indigner la nation anglaise, qui s’indigne de tout ce qui est injuste; cela ne la portera jamais à se départir des principes qu’elle croit ne pouvoir abandonner sans perdre sa puissance navale. Tout ce que l’envahissement de l'électorat pourra produire, et le produira certainement, est le ressentiment personnel du roi et de toute sa postérité, tant qu'elle durera, contre ceux qui auront fait, aidé ou approuvé cette spoliation injuste d’un patrimoine qui a été depuis un tems immémorial dans la famille de Brunsvik, actuellement sur le trône de la G-de Bretagne. Jamais aucun prince de cette maison ne pourra l'oublier et ne contractera aucune amitié avec ceux qui ont eu part directe ou indirecte dans cette spoliation injustifiable, que la France donne pour appât à la Prusse, comme elle veut dépouiller d’autres princes dans le Midi de l'Allemagne pour indemniser le grand-duc de Toscane du pays qu’elle lui a enlevé pour le troquer contre la Louisiane, qu’elle prend de l'Espagne. C’est cette avidité de la France qui nourrit l’avidité autrichienne et prussienne. Ces deux cours sont aux pieds de Bonaparte, qui domine sur toute l'Europe, tient l'Espagne, la Hollande, l'Italie et l'Alle-
magne enchaînées, et distribue les états comme jadis la République Romaine faisait et défaisait les petits rois de Pergame et de Comagène, et c’est au milieu de ce despotisme de ce colosse de puissance monstrueuse, qu’on parle de l’abus du pouvoir maritime de la G-de Bretagne, seul pouvoir qui résiste et tient un peu en frein l’exhorbitante puissance française. Si l'Angleterre perdait sa puissance navale, aucune autre que la France пе s’emparerait du trident de Neptune et elle aurait la monarchie universelle. On peut juger de la modération avec laquelle elle agiraît alors, par celle qu’elle a fait voir dans son dernier traité avec le roi de Naples: il ne s’agit pas là de défendre aux Napolitains de porter des munitions navales à l'Angleterre, il leur est défendu de recevoir des vaisseaux marchands anglais, il leur est défendu tout commerce avec l'Angleterre. La même chose va être ordonnée au Portugal, et si l'Angleterre est abfmée, les mêmes - ordres seront donnés par la France à toutes les nations de l'univers. Ainsi, pour éviter le despotisme de la France, bien loin d’afaiblir l'Angleterre, on devrait tâcher de la recréer si elle était perdue, afin d’avoir un frein contre la France.
Je dois encore observer à У. M. I-le que la fermeture des ports de la Baltique et de l'Allemagne n’est pas une meпасе à faire à une nation qui connaît l'impossibilité de cette clôture, et qui sait par expérience combien tous les règlemens et édits sont illusoires. Le commerce entre les nations ne se fait pas par choix ou plaisir d’obliger; c’est le besoin indispensable qu’elles ont de se procurer ce qui leur manque et ce qui leur est absolument nécessaire qui fait aller le commerce, en dépit des gouvernemens mêmes; et la nation qui a le plus de denrées, de manufactures et de capitaux fera toujours son commerce, nonobstant toutes les prétendues digues pour l'arrêter.
Depuis 1786 jusqu’en 1793 qu’il n’y avait plus de traité de commerce entre l’Angleterre et la Russie, tandis qu’il у en eut un conclu entre celle-ci et la France, les Français ayant donc chez nous un avantage décidé sur les Anglais en
payant moins de droits de douane qu'eux, nous portèrent leurs vins et surtout leurs modes, enlevaient notre argent et achetaient fort peu de nos denrées, et le peu qu’ils achetaient, ils préféraient de le prendre à Londres et dans les autres ports de ce pays, que dans les nôtres. La raison en est toute naturelle. Ils manquaient de capitaux et пе pouvaient faire ce que font toujours leur rivaux, qui annuellement, dès le mois de 10-bre, font des contracts avec nos possesseurs de mines de fer, nos manufacturiers de toile, nos négociants en chanvre, lin, poutres, planches, suif, goudron etc. etc.; ils leur font une avance du tiers et souvent de la moitié du prix de la marchandise contractée, qui arrive à Pétersbourg, Riga ou Archangel aux mois de Juin, Juillet, Août, Septembre et Octobre; alors est payé le reste de la somme. Ces denrées n'arrivent ici qu'aux mois de Juillet, Août, 7-bre, 8-bre, 9-bre et 10-bre. Les Français, faute de capitaux, ne peuvent pas supporter la perte de l'intérêt de leur argent pendant 8 à 10 mois, tandis qu’en achetant ici non seulement ils l’évitent, mais les Anglais leur donnent encore, en leur vendant nos produits, une année de crédit, ce qui fait pour les Français une différence de 20 à 22 mois de répit. Les commerçants de ce pays-ci peuvent faire ces avances; la grandeur de leurs capitaux, la bonne foi et l’intelligence dans les affaires, les liaisons formées depuis plus d’un siècle entre eux et les négociants russes, leur donnent des moyens d’avoir les mêmes denrées à moindres frais et les vendre de même.
У. М. 1-е sera peut-être étonnée quand elle apprendra un fait certain et incontestable: c’est que, malgré la guerre et l'apparente clôture pour tout vaisseau marchand et pour toute denrée britannique dans les ports de France, jamais le commerce n’a été dans aucuu tems si considérable entre les deux pays et si à l’avantage de celui-ci. La raison en est toute simple. Les gens instruits dans les matières de finances et de commerce savaient depuis longtems, mais Adam Smith Га prouvé indisputablement dans son immortel ouvrage sur