‹ Arkhiv kni͡azi͡a Voront͡sovaChapitre 12 sur 14 · A CB ФРАНЩЕЙ · texte numérisé non relu

A CB ФРАНЩЕЙ

la richesse des nations, que le commerce ne se fait qu’avec des capitaux, qu’il demande liberté et sûreté; qu'aucune gêne et prohibition ne peut empêcher l'introduction des denrées ou manufactures absolument nécessaires et que dans ce cas, ne les recevoir que par contrebande, par des voies indirectes et par les moyens d’un tiers, c’est mettre un impôt sur ses propres sujets pour l'avantage de ce tiers qui en profite en pure perte pour celui qui les achète de sa main. Aussi depuis la chute de Robespierre, qui gouvernait la France comme un dey d’Alger, ceux qui lui ont succédé voient que par la perte de leurs colonies aux Indes Occidentales la France ne pouvait recevoir les sucres, les cafés, l’indigo, et par la perte des établissement aux Indes Orientales ne pouvait recevoir les toiles de coton et les mousselines que par l’Angleterre; et comme tous ces articles sont d’une nécessité absolue et d’une consommation immense, le gouv-t français a compris que les recevant par la voie de Hambourg et de là par terre à travers toute l'Allemagne, il fallait outre le prix de la marchandise aux Anglais, payer encore aux Hambourgeois le prix de la commission, aux rouliers allemands le prix du transport par terre (perte aussi considérable qu’inutile aux consommateurs français) et il laissa directement venir ce commerce à Dunkerque, Ostende et autres ports, sous pavillons neutres, qui même ne le sont qu'en apparence: car il n’y а que les pavillons américain, prussien ou hambourgeois, mais dans la réalité les vaisseaux mêmes appartiennent en effet aux Anglais. Comme les manufactures de drap commun sont tombées en France, et que ceux d'Allemagne ne sont pas, à égalité de prix, aussi bons et durables que les draps les plus communs d’Yorkshire, c’est de ces draps que sont habillées les troupes françaises depuis plus de 4 ans, et le commerce entre les deux pays est plus animé que jamais; celui entre la Hollande et l'Angleterre est également florissant. Quand on a interrompu chez nous toute communication avec ce pays, la bourse de Londres fut inondée de lettres circulaires écrites par des maisons suédoises, danoises et

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prussiennes, offrant de porter ici les marchandises russes et d'introduire en Russie les marchandises anglaises. Malgré la guerre entre l'Espagne et ce pays, les laines et les vins d’Espagne viennent ici, et les draps et autres marchandises de ce pays-ci vont chez les Espagnols, nonobstant les proclamations ostensibles de Ja cour de Madrid. J’entre dans’ ces longs détails pour présenter à V. M. I-le cette vérité incontestable, qu'aucune digue ne peut retenir le torrent d’un commerce absolument nécessaire, et que toute clôture pour empêcher l’arrivée d’une chose dont on a besoin, n’est qu’une formalité illusoire; ainsi la menace de cette clôture n'aurait fait que compromettre la dignité de У. M. I-le.

Il ne me reste à présent qu'un article, et qu’il m'est bien douloureux de vous présenter, Sire, mais je manquerais à mon devoir si je le passais sous silence. C’est que le commerce jadis si florissant qui allait croissant d’année en année entre la Russie et la G-de Bretagne, et qui était si éminemment avantageux aux deux pays, ne sera plus ce qu'il a été, qu'il va décroître progressivement et finira par perdre toute son importance; car la confiance, qui est la base du commerce, est perdue par les violations deux fois répétées dans l’espace de 4 mois de tout droit des gens, et qui étaient même une infraction manifeste des traités conclus tout fraîchement entre la Russie et la G-de Bretagne. Les deux embargos, le saisissement des livres des comptoirs anglais, l’arrestation de leur propriétés, l'exil des équipages de leurs vaisseaux, le scandaleux pillage des effets débarqués de ces mêmes vaisseaux, les décisions illégales de la commission appelée de prétendue liquidation, qui sans aucune preuve taxait les Anglais à payer des prétentions non fondées; enfin, la vente illégale et forcée des effets de ces mêmes sujets britanniques, n’ont pas d'exemple dans aucun pays ni aucun tems depuis que l’Europe est sortie de l'état de barbarie où elle était plongée avant le XIV siècle. Toutes ces infractions à la foi publique ne peuvent pas être attribuées à {еп l'Empereur, mais à la perfidie et à la corruption de ceux en qui ce prinèe

avait, malheureusement pour lui et pour l’état, placé toute sa confiance. Ainsi, en parlant de toutes ces mesures aussi déshonorantes que fatales à l’état, ce n’est pas contre la mémoire de mon défunt Souverain que je parle, mais contre ses perfides ministres, qui, pour avantager les vues et les intérêts de certaines cours étrangères, ont sacrifié l'honneur et les vrais intérêts de leur Souverain et de leur Patrie. On peut donc sans manquer du respect dû à la mémoire du défunt Emp-r dire cette vérité incontestable, que ce qui s’est fait chez nous est pire que tout ce qui s’est jamais fait en Perse ou au Maroc en fait de violation du droit des gens et вп fait de pillage de propriété étrangère, qui se trouvait en Russie sur la foi de traités solennels.

Le commerce avec ce pays était fondé sur une confiance réciproque si fortement établie, que pareille п’ех1 ай entre aucun autre pays du monde. La Russie n’a et n’aura jamais de navigation marchande par les raisons physiques et morales qui sont déduites dans un mémoire envoyé au comte Parin. Elle n’a pas de colonies, sa marine militaire ne peut être que médiocre, et suffisante seulement à contenir sa voisine et son ennemie éternelle la Suède. Elle est une puissance continentale, ayant la plus forte et la plus respectable armée de terre, et ne peut être rivalisée dans son influence sur le continent de l’Europe, que par la monstrueuse puissance et ambition de la France. L’Angleterre est la première puissance maritime de l'univers, et ne se mêle des affaires du continent que pour maintenir une certaine balance contre le despotisme de la France; donc il n’y a aucun contact d'opposition ni du côté du voisinage, ni de celui d'intérêt entre la Russie et l'Angleterre, de manière que les Anglais regardaient les Russes comme des amis naturels, et contre lesquels ils ne pourraient jamais avoir des guerres. En nous vendant ce que nous manquait, et en nous achetant ce qui leur est nécessaire, ils ont trouvé dans nos négociants la bonne foi la plus respectable et dans notre gouvernement une protection aussi libérale que ме et constante, et cela

а duré depuis le règne à jamais mémorable de Pierre I-er jusqu’à l’année passée. Ce grand Empereur, ce vrai fondateur de la gloire, de la richesse et de la puissance de l'empire russe, a senti qu’un état sans commerce restera toujours pauvre et sans ressources. C’est dans la vue de procurer un commerce à son pays qu’il fonda Pétersbourg, et il ne bâtit Cronstadt et ne créa sa flotte, que pour protéger cet entrepôt de commerce contre les tentatives de la Suède pour le ruiner, en ruinant sa nouvelle ville. Dix-sept ans après, c’est à dire vers l’année 1720, s’étant brouillé avec George I-er, roi de la G-de Bretagne, qui envoya une flotte pour secourir contre nous la Suède, Pierre le Grand, tout piqué qu’il était de voir l’escadre anglaise croiser entre Rével et Cronstadt, se contenta de garder sa flotte ‘dans ses ports, mais n’arrêta pas ni les sujets, ni les vaisseaux, ni les propriétés britanniques; au contraire, il leur accorda toute sa protection et invita les négociants anglais à continuer leur commerce. Dans la guerre de’ Sept Ans, la Russie fut en alliance avec la France et en guerre contre la Prusse, tandis que l'Angleterre était alliée de la cour de Berlin, notre ennemie, et en guerre contre la France, notre alliée d'alors. Malgré cela l'Impératrice Elizabeth, suivant les traces de son auguste père, et aidée par un ministère aussi sage et éclairé, a senti tout le mal qu’aurait produit à la Russie une rupture avec l'Angleterre par l'interruption du commerce avec ce pays; aussi on se garda bien de le rompre, et les deux cours conservèrent entre elles une correspondance amicale. M-r Keith était alors ministre à Pétersbourg, et le prince Galitzin ministre à Londres, et le commerce allait comme de coutume. Le traité de commerce ne fut pas violé, et la France, toute alliée qu’elle était, ne put obtenir un traité pareil, parce que dans ce tems on sentait chez nous qu'il n’est pas avantageux d'accorder des priviléges et des diminutions des droits de douane à aucune nation qui nous achète beaucoup moins qu’elle ne nous vend. La prédilection de la nation russe, au moins de sa partie commerçante, pour les Anglais

fat telle, que je me souviens que sur la prise de Minorque par les Français, il п’у avait que la cour qui s’en réjouissait comme d’un avantage remporté par un allié. Mais quand les Français étaient chassés du Canada, des Indes Occidentales, quand les amiraux Boscawen et Hawke battaient les flottes françaises, c’était à la bourse de Pétersbourg et dans le public une joie universelle.

Quand enfin dans l’année 1791 le gouvernement anglais, influencé par la Prusse, voulut nous faire la guerre et arma une escadre pour l'envoyer vers nos côtes, la nation anglaise força le gouvernement à se désister d’une guerre qui lui était odieuse; mais l’Impératrice défunte, avant de savoir cette disposition et le désarmement de l’escadre, tout en attendant son arrivée et occupée à fortifier Cronstadt et Cronslot qu’on garnissait de canons et de grilles pour les boulets rouges, non seulement ne s’empara ni des vaisseaux marchands anglais, ni de la propriété des Anglais, au contraire, elle les encouragea à continuer leur commerce et les assura de sa protection spéciale.

Telle fut, Sire, la conduite de tous vos illustres prédécesseurs jusqu’à l’année passée, qui sera une époque à jamais fatale à la réputation et à la richesse du pays que le Tout-Puissant vous a appelé à gouverner. Que ce commerce qui va s’anéantir était avantageux à la Russie, les registres des douanes le prouvent mieux que tous les raisonnemens et les théories possibles. Que ce commerce faisait aller nos forges de fer en Russie et en Sibérie, qu’il animait l’agriculture du chanvre et du lin dans les plus belles provinces de votre empire; que les manufactures de toiles qui eurichissent plusieurs de vos provinces ne fleurissaient que par les capitaux anglais qui les faisaient aller, У. M. I-le n’a qu’à s’en informer des propriétaires de forges, des manufacturiers et des négociants qui portaient les productions de l’intérieur pour les vendre aux Anglais. La meilleure preuve que ce commerce enrichissait l’état et les particuliers, est la conduite des négociants russes envers les Anglais dans le tems

que ces derniers étaient persécutés par tout le poids de la puissance du Souverain. П8 sont allés chez les Anglais pour les consoler, pour leur offrir tous les secours imaginables, pour leur offrir 4е’ргепёге en depôt s'ils avaient quelque chose encore qu'ils pouvaient avoir sauvée du pillage général. Aucun Russe n’est venu réclamer de la commission de liquidation, ce ne furent que des marchands allemands, soit étrangers, soit de Pétersbourg ou Finnois, qui portèrent des prétentions non fondées, pour profiter du pillage contre une nation qu’ils haïssent, parce Чи’ ап pour la plupart des contrebandiers et des banqueroutiers, ils étaient humiliés et envieux de l'estime et de la considération que la cour, la ville et le pays accordaient à la bonne foi avec laquelle la factorerie anglaise menait le commerce en Russie depuis le XVI siècle. Les sentimens de gratitude et de justice de la nation russe se manifestèrent encore par la manière hospitalière et amicale du peuple dans toutes les villes où les infortunés équipages des vaisseaux. anglais furent relégués. On reconnaît ici avec gratitude cette affection amicale de la nation russe, mais on ne se fie plus au gouvernement, et on aura beau rendre les propriétés et payer les dommages, ce qui n’est que juste, on craindra toujours le renouvellement de ce qui s'est fait. Quelque respect et vénération qu’aient pour la vertu et la justice de V. M. I-le ceux qui ont le bonheur de la connaître personnellement, la totalité du pays, les négociants, manufacturiers, les capitaines des vaisseaux marchands et leurs matelots disent que ce qui s’est fait, peut être répété; ceux qui ont été ruinés par les embargos (et il у en a beaucoup), ceux qui ont été relégués, leurs parents et les parents de ceux qui sont morts pendant leur détention, se plaignent et ont mis l’alarme parmi les autres. Aussi les maisons les plus solides et qui avaient mis de grands capitaux dans notre commerce ne le continueront qu’en le diminuant jusqu’à la rentrée de leurs capitaux pour les placer dans le commerce des autres pays. П ne restera que de petites maisons incapables de faire le commerce sur une grande

échelle et de faire les avances à nos négociants, qui à leur tour faisaient des avances à nos agriculteurs et fabricans, ce qui animait l’agriculture, l’industrie et la circulation dans notre intérieur. Je connais plusieurs maisons respectables qui sont connues en Russie depuis l’année 1728, qui prennent leurs mesures pour finir leurs correspondances chez nous. La Suède et la Norvége y gagneront en vendant mieux leurs fers, goudrons, planches et poutres; Memel et Stettin, ces deux derniers articles; Koenigsberg et Dantzig le chanvre et le lin, la Saxe, la Prusse et l'Autriche vendront mieux les toiles de la Lusace, de la Silésie et de la Moravie; l'Amérique vendra mieux ses goudrons et ses mâlures; en même tems, dès l’année passée on a commencé à encourager la culture du lin en Irlande et la culture du même lin et surtout du chanvre aux Indes Orientales, où il croît parfaitement bien, et où la main d'oeuvre est à un si vil prix, que le bon marché de la culture couvre les frais du transport.

J'ai retenu exprès l'expédition de-ce courrier pour avoir le tems de faire ce rapport à V. M. I-le. Si les faits que je rapporte sont faux, si les raisonnemens en sont illusoires et ne contiennent rien d’utile, il est non seulement trop long, mais doit même m'attirer l’indignation de У. M. I-le; mais si au contraire son contenu est vrai et qu’il est appuyé sur des faits que vous avez dû ignorer, Sire, s’il est utile que vous sachiez ces vérités, dans ce cas il n’est pas long, et У. M. 1-е ne se repentira pas de l'avoir lu. En tout cas, si je ше suis trompé, c’est par pur zèle. Il m'est plus facile de ne pas servir, que de servir en cachant des vérités que je crois utiles à mon Sonverain et à ma Patrie.

Je suis etc.

П m'est tout-à-fait impossible de trouver des termes assez énergiques pour pouvoir exprimer les sentiments de reconnaissance et d’admiration dont mon âme est remplie, depuis que j’ai eu le bonheur de recevoir la lettre du 12 May, dont votre Majesté Impériale a daigné m’honorer.

Sa bonté pour moi me pénètre de reconnaissance, mais les principes libéraux et vertueux qu’elle adopte pour règle de son règne, doivent nous attacher à vous, Sire, tous tant que nous sommes, qui jouissons du rare bonheur d’avoir un nouvel Antonin pour Empereur; une vertu si pure, une élévation d’âme si magnanimo et une passion à faire le bien dans un souverain, le rendent vraiment le Père de son peuple, et quand je considère que ce peuple est composé de plus de 30 millions de mes compatriotes, j'ai la foi dans la Providence divine qu’elle écoutera nos voeux réunis pour la conservation de notre Père commun, je voudrais avoir mille vies et les sacrifier toutes pour le service de Votre Majesté. Je ne connais plus de bonheur comparable à celui de Vous servir, Sire. Vos principes vertueux honorent l'humanité, et ma bienheureuse Patrie doit être enviée. par tous les pays du monde. Je sens que je п’ехргиие pas assez vivement le sentiment que j'éprouve dans mon âme: les mots sont au dessous du sentiment qui me possède. Tout ce que je puis dire de’‘plus est que c’est actuellement un bonheur inexprimable et une source d’un juste orgueil que d’être Russe.

Je suis avec le respect le plus profond, Sire, de Votre Majesté Impériale, etc.

Londres, ce 6 (18) Juillet 1801.

Sire! : .

La lettre du 10 Juin, en réponse à mon rapport du 6 (18) May, dont У. M. I-le а daigné m'honorer et que je viens de recevoir, excile et produit en moi une reconnaissance et une admiration impossibles à exprimer dans toute la force que je les sens. Quand j'ai pris la liberté d’objecter aux ordres qne vous m’aviez donnés, Sire, je me suis dit avant que de le faire: ,L’Empereur ne règne que depuis deux mois; il était trop jeune à la mort dé l’Impératrice sa grand’-mère pour être initié dans les affaires, et du vivant de l'Empereur son père, il n’a été occupé que par des détails du service . militaire; les ministres qu'il a auprès de lui, quelqu’éclairés et zélés qu’ils soient, et comme je les connais pour tels, n'ont été eux-mêmes dans. les affaires que depuis quelques années et doivent ignorer ce qui s’est passé depuis 1786 jusqu’à 1793; encore moins peuvent-ils savoir les détails de tout ce qui s’est passé entre la Russie et la G-de Bretagne depuis Pierre le Grand jusqu'à nos jours: accablés d'affaires et ne pouvant arriérer le courant, ils ne peuvent pas avoir le loisir de fouiller dans les archives, tandis que de mon côté n'ayant que très-peu d’affaires ici, depuis 16 ans que j'y suis, surtout dans les premières années, je n’avais d’autre occupation qu’à m'instruire de tout ce qui s’est passé entre les deux pays, depuis le règne à jamais mémorable du fondateur de notre empire jusqu’au tems présent. C’était mon devoir et j’en avais les moyens, le tems et le loisir nécessaires.“ J'avoue aussi avec ma franchise accoutumée, que je me suis aperçu avec douleur, mais sans en être surpris, que V. M. 1-е a été surprise et induite en erreur, dès les premiers jours de son règne, dans ce qui regarde ses rapports politiques avec les cours étrangères; que cette erreur involontaire même de la part de ceux qui la conseillèrent, ne venait que de АРХВВЪ HHASA ВОРОНЦОВА, ин. 10-я. 24

370 тр. с. P. ВОРОВЦОВЪ ВОЗВЕДЕНЪ Bb 3BAHIE ПОСЛА.

trop de précipitation; mais voyant par la continuation её la nature des ordres que je recevais, qu’on suivait toujours le chemin par lequel on s'était égaré dès le commencement, j'ai vu l’impérieuse nécessité de représenter directement à У. M. I-le la pure vérité, ou au moins ce que ma conscience me persuadait et me faisait envisager comme telle.

Je me suis souvenu que Pierre le Grand, non seulement souffrait mais exigeait même de ses ministres au dedans et au dehors du pays, des observations, des représentations sur les ordres qu’il, donnait, et je me suis dit: je servirai l’'Empereur comme Pierre le Grand voulait être servi. J'ai à présent le bonheur de voir à quel point ma Patrie est heureuse, possédant un Souverain qui ne veut que le bien, qui désire entendre la vérité et qui l’accueille avec cette bienveil-

. lance encourageante qui part de la pureté de.son âme.

Je ne regrette le déclin de ma vie qu’à cause du peu de tems que j'aurai le bonheur de servir le plus vertueux Prince qui ait jamais honoré un trône.

Par le même courrier qui m’apporta cette lettre consolente, j'ai reçu le rescrit de V. M. I. par lequel elle daigne me conférer le caractère d’ambassadeur. En lui témoignant ma profonde reconnaissance, je vous supplie, Sire, de croire que mon bonheur n’est pas d’être ambassadeur, mais qu’il ne provient que de servir un Souverain si vertueux, dans quelque grade que се soit, ambassadeur ou résident ou chargé d’affaires; c’est la même félicité inexprimable que de le servir, et il n’y а que la mort seule qui puisse terminer ce bonheur.

Je suis avec le respect le plus profond, Sire, etc.

Londres, du 8 (20) Août 1801.

Sire!

Quand j'ai pris la liberté de supplier У. M. 1-е par le comte Panin pour avoir la permission de m'absenter annuel-

ЕГО ПРЕЖНЯЯ ДЪЯТЕЛЬНОСТЬ BB I0HAOES. 371

lement pour deux mois loin de la ville, je пе Га! fait qu’en lui expliquant que dès mon arrivée dans ce pays, il y a seize ans, j'ai vu qu'il y a un tems très-considérable dans l’année où il n’y a rien à faire ici, c’est-à-dire pendant la prorogation du Parlement, et que la cour ainsi que le ministère vont à la campagne, pendant lequel tems tous les ministres étrangers vont parcourir l’intérieur de ce beau pays, et que les ambassadeurs de France que j'ai trouvés ici, allaient passer 3 ou 4 mois à Paris; qu'outre ceci il y a des ministres étrangers qui pour cause de santé vont passer deux mois à Bath, et cela dans les mois de Décembre et de Janvier, époque où le Parlement est ordinairement assemblé. J'avais pris la liberté alors de demander à la feue Impératrice, par la voie du comte Ostermann, la permission de m’absenter annuellement pendant deux mois de Londres, afin de voir le pays et les nombreuses manufactures qui le rendent si florissant. L'Impératrice m’accorda cette permission dont pourtant je n’ai jamais pu profiter; car d’abord après commença notre guerre avec la Porte Ottomane, qui fut suivie par celle que nous fit le feu roi de Suède avec tant de perfidie; après cela commença la brouillerie entre la Russie et la Grande Bretagne, qui fut sur le point d'amener une guerre entre les deux pays, et à peine ces affaires furent-elles terminées que j’eus ordre d’exciter continuellement ce pays à faire la guerre à la révolption française. En un mot, j'étais constamment enchaîné aux environs de Londres. La présence de nos escadres pendant près de cinq ans qu’elles ont été ici, m’obligea encore plus de пе pas m'éloigner de cette ville, quoique le déclin rapide de ma santé m'ordonnait impérieusement d’aller respirer sur les bords de la mer un air plus pur et de prendre des bains de mer chauds que les médecins me prescrivaient. C'est pourquoi à présent qu'aucune des circonstances susmentionnées n’exige plus la continuité de ma présence ici, j'ai supplié У. M. I-le de me permettre de m’absenter annuellement pour deux mois, afin de. pouvoir faire provision de santé pour après la dépenser ici dans les autres dix mois De

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de l’année. Le comte Panin m’ayant annoncé que V. M. I-le a daigné m’accorder cette permission, je la supplie d'agréer ma profonde reconnaissance pour cette nouvelle marque de sa bonté pour moi. у

Je partirai après-demain et je reviendrai ici dans deux mois de la date de mon départ; mais s’il survient quelque affaire pour le service de У. M. I-le qui nécessite ша’ présence ici, je ne manquerai pus de revenir à mes frais.

Pendant mon absence le baron Nicolay aura soin d'informer le comte Panin des affaires courantes et je l’ai présenté au secrétaire d'état ainsi qu'aux deux sous-secrétaires d’état pour le département des affaires étrangères. Quant aux autres affaires qui regardent le cabinet, la trésorerie et l’amirauté de У. M. I-le, ainsi que le soin de nos apprentifs pour la construction navale et le soin de поз officiers qui servent sur la flotte anglaise, je les laisse ‘au révérend m-r. Smirnow, qui depuis plus de 12 ans les a toujours soignées, et que j'ai même souvent employé dans les affaires politiques, de Гауей et avec l'approbation de feue l’Impératrice et de feu l'Empereur. La connaissance parfaite qu’il a du pays et des hommes, l'estime qu’il s'est acquise dans les différens départemens de ce gouvernement, sa dextérité, sa probité et son zèle ne peuvent être assez loués, et je ne puis m'empêcher de recommander à la bienveillance de V. M. I-le ce digne et excellent sujet. Je prends avec moi son frère le cons. de cour Jean Smirnow, afin qu’il m'aide si je me trouve dans le cas d'écrire à У. M. I-le de Southampton.

J'ai l'honneur d’être avec le respect le plus profond, etc.

Southampton, ce 19 (31) Août 1801.

Sire! .

Comblé de vos bontés, il ne me reste rien à désirer pour moi, mais je prends la liberté de supplier У. M. 1. en faveur de deux personnes dont je connais le zèle et le mérite et

"ЗАСЛУГИ 0. СМИРНОВА. 373 ` pour lesquelles j'ose répondre qu’elles méritent за bienveillance.

Le révérend Jacques Smirnow, aumônier de la chapelle russe à Londres, est un homme du plus grand mérite, a beaucoup d’esprit, de talens et de connaissances; il y joint la probité et le zèle le plus ardent pour le service de sa Patrie. Il est membre de plusicurs sociétés littéraires dans ce pays et jouit d’une considération et d’une estime universelles dans toutes les classes de la nation estimable où il vit. Aucun de mes prédécesseurs n’a eu. d'autres affaires ici que celles qui regardent la politique, il n’a eu d’autre correspondance qu'avec le souverain ou le ministre qui était à la tête du Collége des affaires étrangères. En arrivant ici, j’ai trouvé des ouvriers russes envoyés par différents de nos départements. Ils étaient tous abandonnés, mourant de faim et ne pouvant rien apprendre. Le révérend Smirnow m'avertit de ça, je pris sur moi de les placer et de leur fournir de quoi vivre et apprendre les métiers pour lesquels ils étaient envoyés; il m'était facile, en tirant des lettres de change sur les départements respectifs, de faire vivre ces malheureux ouvriers; mais pour les placer chez des maîtres capables de bien enseigner, il n’y avait que le révérend Smirnow qui pouvait le faire et le fit admirablement bien. Tous ces ouvriers réussirent à merveille. Quelque temps après, le c-te Tchernychow, ministre de la marine, me pria d'ami à ami d’avoir soin des jeunes gens qu’il envoyait ici pour apprendre la construction navale. Je priai encore le même Smirnow, comme un homme qui connaît parfaitement ce pays, de se charger de cette besogne. П plaça ces jeunes gens dans les meilleurs chantiers et chez les maîtres les plus habiles. Aussi nos ouvriers en profitèrent prodigieusement. Pendant les 16 ans que j'ai été ici, ils se sont rechangés plusieurs fois, et il en est sorti une douzaine de constructeurs excellents, particulièrement un certain Сарычевъ. Tous ont appris, outre la pratique de leur métier, les parties des mathématiques qui y sont nécessaires.

Cé c-te Tchernychow et feu mon beau-père, l’amiral Seniavin, s'étaient loués’ beaucoup des soins que je me donnais. D'autres chefs de département, comme celui de la monnaye, le Collége des* mines, le Cabinet et la trésorerie générale, s’adressèrent à moi pour différentes affaires et commissions que j'ai toujours confiées à notre aumônier. Enfin, ma correspondance avec tous ces départements est devenue si voluwineuse qu’elle a constamment excédé celle qui regarde la politique, et c’est toujours lui qui la faisait en mon nom, et si je n’avais pas continuellement informé la feue Impératrice ‘et feu l'Empereur du mérite, du zèle et des travaux de се digne homme, j'aurais eu à me reprocher l’infamie de m’attribuer les travaux et le mérite d’un autre. Au commencement de la guerre que la Suède nous déclara avec tant de perfidie, feu mon ami l'amiral Greigh me pria d'acheter un brig et un cutter et de les envoyer, et quoique le gouvernement anglais était mal avec la Russie, le même Smirnow m'aida à acheter, à équiper et à envoyer à Copenhague le …… €t le Dolphin, à l'insu du gouvernement. C’est lui aussi qui m’aidait à envoyer les officiers de mer anglais que la feue Impératrice me demandait et que le gouvernement anglais tâchait d'empêcher d’y aller. M-r Lizakewitch, à la suite d’une maladie grave, était obligé de ne pas travailler pendant une année; c’est encore le même Smirnow qui chiffrait et déchiffrait et m’aidait dans mon travail politique, et la feue Impératrice le savait et l’approuvait. Mais jamais il п’а été d’une si grande utilité pour le service, que pendant les 5 ans qu'ont séjourné ici nos escadres. C’est lui que j’envoyais journellement à l’amirauté pour les besoins multipliés et continuels de nos escadres; ça lui procura l’occasion d'être connu des lords de l’amirauté et de se lier d’amitié avec m-r Nepeau, le secrétaire de l’amirauté, qui est membre du Parlement, homme du plus grand mérite et sur lequel roulent principalement toutes les affaires de la marine britannique. Il gagna tellement la confiance de m-r Nepeau, que celui-ci fit admettre à son intercession nos apprentifs de construction na-

vale, dans les chantiers du roi, ce qui n’a jamais eu d'exemple précédent.

Quand je fus congédié et quand m-r de Lizakewitch fut rappelé d’ici en Septembre de l’année passée, l'Empereur ordonna à Smirnow de prendre les archives sous sa garde et de continuer à informer la cour. Je sais qu'il l'informait parfaitement bien et qu'il a même averti au mois de Décembre que les Suédois ne feraient rien. Rien ne décourageait son zèle, car quoique notre département de la marine ne lui répondait pas même, comme Votre Majesté le verra par la liste ci-jointe, il ne cessait de travailler avec zèle, et sans lui nos apprentifs et nos officiers volontaires seraient morts de faim.

Та! fait ces détails à У. M. I. tant pour lui faire voir les talents et les services importants de ce digne homme et le recommander à votre bonté, Sire,.que pour faire voir que dans toutes les affaires qui ne regardent pas la politique mon intervention est tout à fait inutile, et ne sert qu’à faire perdre du temps.

Je supplie donc V. M. I. de vouloir bien ordonner au Cabinet, à l’amirauté, à la trésorerie, au département de la monnaye, aux Colléges des mines, des manufactures et du commerce, de correspondre directement avec lui, en lui adressant leurs lettres sous son adresse sans les mettre sous mon couvert, parce qu'outre le cas où comme à présent je me trouve absent de Londres, je suis souvent obligé, pour le. service même de У. M. L., de cultiver l’amitié des membres du сопseil de ce pays et pour cela d’aller passer 2 ou 3 jours, tantôt chez un tantôt chez l’autre, à leurs campagnes respectives. Mais pour qu'il puisse bien faire toutes ces affaires sans abimer sa santé et sans augmenter ses dettes qu'il a déjà, quoi qu’elles soient en partie diminuées par une gratification que feu l'Empereur lui a donnée, je prends la liberté de proposer que son fils Constantin, qui a 20 ans, soit placé près de lui de la part du Cabinet, en qualité de translateur, avec 200 1. з. 4’арpointements; que pour sa correspondance avec tous ces diffé-

rents départements il lui soit alloué pour les frais de poste 240 1. s., car c’est се que j'ai annuellement payé de ma bourse pour ces correspondances des départements qui n’ont aucun rapport avec la politique; et comme il est obligé de faire des courses à 10, 20 et 30 milles hors de Londres pour chercher des pensions pour nos jeunes apprentifs et pour les voir quand ils у sont, et qu'allant dîner chez les sous-secréfaires des différents départements d'ici et chez le secrétaire de l’amirauté, il lui est impossible de ne pas les inviter aussi chez lui de temps à autre, je supplie У. M. I. d’avoir la bonté, pour le débarrasser du reste de ses dettes, ‘de lui assigner 250 ou 300 1. s. par an, et comme il a affaire avec plusieurs départements qui ne peuvent pas se cotiser pour le payer, que ce soit le Cabinet qui lui paye les différents dépens ci-dessus mentionnés.

Après avoir parlé de lui et de son fils, je prends la liberté de supplier Votre Majesté de vouloir bien me faire la grâce d’ordonner que le conseiller de cour Jean Smirnow ait une augmentation de paye de 120 à 150 I. в. du revenu de la poste; il уа 15 ans qu'il sert avec une intelligence et un zèle particuliers:les appointements modiques qu’il a eus pendant 14 ans, tandis que la cherté de ce pays ne fait qu’augmenter annuellement, Гоп! forcé à faire des dettes involontaires. Les appointements qu’il a sont à peine suffisants pour vivre et ne le libéreraient jamais du poids de ses dettes.

Pardonnez, Sire, la liberté que je prends et que je ne prends que par zèle pour votre service. Je me crois obligé de faire connaître à mon Souverain ceux qui le servent bien et qui méritent son attention bienfaisante.

Southampton, du 30 Août (11 Sept-re) 1801.

Sirel .

Ayant désiré que mon fils servit dans le militaire, сагrière dans laquelle j'ai passé moi-même la meilleure partie de ma vie, je l'avais élevé pour ce service, et feue l’Impératrice Catherine eut la bonté de le faire officier dans le régiment des gardes Préobragenskoy. Га! eu la satisfaction de voir que le goût de mon fils s’accordait avec mes vues; mais, averti par mes amis, il y a près de 3 ans, que ce service rendait malheureux ceux qui y étaient, je priai feu l’Empereur de le faire effacer des gardes et de permettre qu'il puisse servir auprès de moi. Sa Majesté Impériale, contre mon ‘attente, eut l’extrême bonté de faire chambellan ce jeune homme, qui dans ce tems n'avait pas encore achevé ses études, et mon fils fut inconsolable de ce changement d'état. Cela le rendit malheureux jusqu’à l’époque de l’avénement au trône de Votre Maj-té Imp-le, où il commença à ше demander sans cesse à reprendre la cocarde et aller servir sa Patrie dans les armées, en me disant qu'il aimerait mieux être enseigne dans un régiment quelconque que grand chambellan à la cour.

En l’envoyant en Russie, je lui promis de ne pas le gêner, et que si-après avoir vu la pratique de notre service militaire il continue à -avoir l’inclination d’y entrer; je prierai V. M. I-le de vouloir bien le faire placer dans cette route, et comme depuis qu'il est en Russie sa passion pour le militaire ne fait que s’accroître et prendre de nouvelles forces, je supplie très-humblement V. M. I-le de me faire la grâce de le faire placer dans le militaire, en la suppliant encore de m’accorder la faveur de le faire placer dans le régiment de Préobragenskoy, dans lequel j'ai commencé aussi ma carrière.

Pardonnez, Sire, la liberté que je prends de vous importuner. Ce n’est que la persuasion où je suis qu’il ne faut

jamais gêner les jeunes gens dans les inclinations irrésistibles qu'ils ont quelquefois pour tel ou tel autre service, hors duquel ils ne peuvent jamais réussir et ètre utiles à leur Patrie, qui m'a fait prendre cette liberté.

Cyrraunrous, 30 Августа (11 Сентября) 1801.

Куреръ urè зордъ Гаксбери намвренъ былъ отправить въ Росейю три дни тому назадъ, задержанъ былъ за тёмъ, что ожидали здёсь прибыт!я другаго kypiepa отъ Атзинскаго посла въ Росси, касательно до истолкован!я Н®которыхъ артикуловъ конвенщи подписанной 5 Jour въ Петербург®. ,

Сей куреръ прибылъ третьяго дни въ вечеру въ Лондонъ, и завтра отправляется тотъ чт былъ задержанъ, съ полною мочью что посылается къ лорду $. Гехенсу дия заключеня съ Датсвимъ въ Росси министромъ акта акцессм къ вышереченной конвенции, и чтобы онъ все что ни сдвлаетъ, дёлалъь бы съ BBABHIS и согласно съ желашемъ В. И-го В-а.

При семъ случа я могу точно уврить Васъ, всем. Государь, что одно сильное уважеше къ В-у И-у В-у зАЪшнЯго двора и желане утождать Вамъ во всфмъ что отъ него зависить, могли заставить сей дворъ окончить abze съ Данею: ибо поведен!е Датскаго двора толь странно и неблагопристойно въ разсуждени Лондонскаго, и можно справедхиво сказать, что весьма непочтительно въ разсуждени В-го И-го В-а, что тотъ дворъ. заслуживалъ то наказан!е, которое Ангия има въ своей власти ему наложить: поелику она могла, безбъдно для себя, оставить распрю свою съ Дашею безъ развязки и, оставивъ Cie дВло нерзшимымъ, сохранить за собою острова

ШВЕЦИЯ И AABIA. . 878

5-е Croix et S-t Thomas, коихъ поселен!я весьма важны для Дан, которая ими обогащается.

Я могу также увёрить В-е И-е В-о, что и Швещя не приглашена бы была къ вышереченной авцесеи, которую она уже учинила, естьлибъ то не было изъ уваженя къ Вамъ, всем. Государь: ибо здВсь знали, что она была главною причиною ненависти покойнаго Государя противу сей земли, что она зажигале Cie пламя и выдумала ту Морскую Конвенцию, которая была завлючена въ прошломъ годё, въ которой ослВилеше бывщато тогда У насъ министерства было до такой степени, что соплотило Pocciw съ Швещею и Дан!ею аки въ’ единое существо и уничижило ее подъ несправедливымъ и соединеннымъ назвашемъ „трехъ свверныхъ державъ“, конеч- HO 38 т&мъ, чтобы YBBPUTS CBBTBE, что интересы Росс нераздьльны отъ Шведскихъ и Датскихъ. Ваше И-е В-о изволили уже усмотрьть и доказать на д8л%, что Вы coвершенно знать изволите настоящее положеше и пользу пространной Импер!и, которую управляя. осчастливили, и отдвля ее отъ Вашихъ сосвдей, признавъ, что собетвенные ихъ виды и выгоды вредны благосостоянию Вашихъ подданныхъ, возвратили Росси пространную и выгодную торговлю, что Шведскя интриги желали истребить. Теперь остается токмо желать, чтобъ В-е И-е В-о приказать изволили Вашему министерству не теризть, чтобъ Росая была когда ни есть наименована вкуп8 съ Дашею и Швещею puissances du Nord, les cours du Nord, что, увеличивая си AB малыя державы, уничижаетъь Pocciw и что ниже геогразическимъ ея положешемъ оправдать не можно; ибо естьли у насъ есть пустыя земли на СЪверф подъ тЪмиже градусами, rx лежать Шведская и Датская Лапланais, Poccia имфетъ пространныя провинц!и, коихъ границы простираются до 44 градуса, то есть, 6048 южныя чЪмъ какая ни есть земля Австрии принадлежащая.

Londres, le 25 УП-ге (7 VIII-re) 1801.

Sire!

V. M. I-le a été informée par mon rapport du 2 de ce mois, daté de Southampton, de la signature des préliminaires de la paix entre la G-de Bretagne et la France, et que je me rendrais incessamment à Londres pour voir cet acte, et pour vous en communiquer, Sire, le contenu. Je me rendis effectivement ici sans le mondre retard. J'ai vu lord Hawkesbury, qui me montra les préliminaires, en m’informant qu’il les a envoyés déjà à lord S-t Helens par deux courriers, dont l’un est parti par terre et l’autre par mer, afin que У. M. 1-е par l’une ou l’autre de ces voies en soit informée le plus tôt possible. Je n’attends que l’arrivée de la ratification de Paris de cet acte pour expédier un courrier en cas que lord Hawkesbury n’en envoye pas un de sa part.

Comme V. M. I-le a dû être sans doute très-surprise de trouver que le roi de Sardaigne n’est pas inclus, je dois lui expliquer cet abandon apparent; car, ayant témoigné au secrétaire d’état mon étonnement de voir cette omission, il m'a dit qu’on n'a jamais négligé les intérêts de ce prince infortuné, qu’on а fait tous les efforts possibles pour l’inclure, mais qu'Otto, le négociateur français, avait un ordre absolu de ne pas consentir à cette insertion. Aüinsi il fallait passer par là. Mais dans la dernière conférence il a déclaré, par ordre du Premier Consul, que la France consent à traiter dans le traité de paix définitif, qui sera négocié à Amiens, des intérêts du roi de Sardaigne. En me disant ceci, lord Hawkesbury ajouta: ,Comme 5. М. ГЕшр-г de toutes les Russies avait pris à coeur les intérêts des rois de Sardaigne net de Naples, ce qui a été le motif de l'envoi de mons-r de Kolytchew et de son successeur le c-te de Marcow à Paris, „А présent que le sort du roi de Naples est déjà décidé par les préliminaires, il ne reste plus que celui du roi de Sar-

saigne à soigner, ainsi il n’est раз croÿable que Bonaparte me fasse rien pour ГЕтр-г de Russie, ce qui serait précinsément le cas s’il refusait le rétablissement de ce malheuэтеих prince“. Si par conséquent У. M. I-le insiste auprès du Premier Consul sur ce rétablissement, cela facilitera les négociations qui auront lieu à ce sujet à Amiens.

Comme Otto a fait entendre que c’est un frère de Bonaparte qui ira comme plénipotentiaire à Amiens, c’est le marquis de Cornwallis .qui est désigné pour aller traiter avec lui, et dès'que le Premier Consul а appris cette nomination, il a prié que le dit marquis se rende à Paris avant que d'aller à Amiens, ayant ajouté que c’est par empressement de connaître un seigneur et un général d’un si grand mérite qu'il désire faire sa connaissance.

Je ne puis, en parlant de cette paix, ne pas vous informer, Sire, de la sensation qu’elle а faite dans ce pays. Tout le parti de l’opposition jette de hauts cris contre les prélimipaires, dont le contenu a transpiré dans le public. Ce parti treite cette paix comme infâme et peu sûre; mais si la négociation eût manqué, l’opposition aurait crié encore davantage, car son métier est de blâmer tout ce que l’administration fait ou ne fait pas. Les gens sensés et les indépendans, tout en convenant que la paix n’est ni avantageuse ni sûre, avouent pourtant de bonne foi qu’elle était indispensablement nécessaire. Ils conviennent tous qu’il n’y avait plus d'objet à continuer la guerre, quand les puissances du continent ont livré à la France une étendue de pays si considérable, si peuplée et si riche, que sa puissance est plus que quadruplée comparativement à ce que ces puissances ont de forces pour l'empêcher de s'étendre encore davantage; qu’il n’est plus qüestion de la prétendue République Française, mais que c’est un gouvernement despotique, militaire et conquérant, et que bien loin de s’étonner de ses grandes conquêtes, il faut être plutôt surpris de ce qu’il ne s’est borné qu’à celles qu’il a faites déjà; que l’Angleterre avec toutes ses flottes, quand elle aurait été en état de prolonger cette guerre plu-

382 HOCHACTBIA МИРА.

. sieurs années encore, elle п’апгай pas pu forcer les Français à évacuer les pays dont ils se sont emparés sur le continent; que c’est la paix de Basle faite par la Prusse, et celles de Campo-Formio, de Rastadt et de Lunéville, faites par l’Autriche, qui ont consolidé la puissance française; que ces deux cours, aussi rapaces que peu délicates et encore moins prévoyantes, occupées uniquement de leurs propres intérêts, n’ont songé qu'à leurs propres agrandissemens aux dépens des faibles puissances qui ônt le malheur de les avoisiner, en passant par toutes les bassesses avec lesquelles elles se prostituent envers le Corse, qui domine sur elles et dont elles deviennent les esclaves. Ainsi l’Angleterre, en finissant cette guerre, а au moins conservé l'existence de trois puissances: le Portugal, les Deux Siciles et le Pape, et les a garantis d’une désorganisation aussi prochaine qu'inévitable. Outre ces trois puissances, elle a sauvé la Turquie des vues ambitieuses de la France et de l’Autriche par Гезpèce de garantie de ses états qui est dans ces préliminaires; car on sait qu'il y avait des pourparlers entre Bonaparte et le c-te Cobentzel de démembrer en commun une partie de l'Empire Ottoman.

Londres, le 27 Septembre (9 Octobre) 1801.

Sirel

Le comte de Front, ministre de В. M. le roi de Sardaigne auprès de la cour de Londres, qui jouit de la plus grande estime et considération de son souverain, qui le regarde comme son ami particulier, et avec lequel il a une correspondance privée, et qu'il avait désigné pour être son ministre des affaires étrangères, mais qu'il laisse ici à cause de l’utilité qu'il en retire pour les affaires de son royaume, vient de m'adresser une lettre officielle que j'inclus ici en

ПОКРОВИТЕЛЬСТВО РОССИ CAPAMHCHOMY КОРОЛЮ. , 383

original; mais comme sa main est très-peu lisible, jy joins une copie plus distincte, afin que Votre М-16 I-le puisse la lire sans peine.

Je n’ai pas besoin de réveiller dans l’âme élevée et généreuse dont le Tout Puissant vous a gratifié, Sire, ni lui représenter combien il est bienséant à son auguste caractère d’ordonner au c-te de Marcow d'insister sur le rétablissement du roi de Sardaigne, d'autant plus que les affaires de Naples et de Rome étant arrangées, si Bonaparte osait refuser à V. M. I-le ce qu’elle demandera pour le roi de Sardaigne, il n’aura rien accordé à la puissante intercession de l’Emp-r de Russie, et jouirait sans aucun mérite du bonheur d’avoir renoué la correspondance entre la France et la Russie, correspondance qui peut ne pas exister sans qu'on soit en guerre pour cela; car pendant le règne de l'Impér-ce Elizabeth, de glorieuse mémoire, l'ambassadeur de France fut renvoyé par elle de Russie et la mission russe rappelée de France, entre les années 45 à 46, et cela dura pendant 10 ans sans que les deux pays fussent en guerre, jusqu’à ce que la France fit les premières avances et envoyät, après en avoir obtenu la permission, un ambassadeur, qui fut le marquis de l’Hôpital, qui arriva à Pétersbourg à la fin de l’année 1756.

Je supplie У. M. I-le de vouloir bien m’honorer de ses ordres sur la réponse qu’elle daignera faire аи recours que le ministre du roi de Sardaigne fait à la puissante protection dont vous avez donné, Sire, tant de preuves convaincantes et si favorables aux intérêts de ce souverain infortuné; mais je la supplie très-humblement de daigner revoir ce que son ministre, seul dirigeant le département des affaires étrangères, m'écrira là dessus par ses ordres, pour qu’il ne m'arrive раз que je reçoive de lui, comme si c'était par les ordres de У. М. 1-е, des réponses faites à faire mettre des aigreurs dans l'esprit du souverain pour lequel cetfe réponse était rédigée, comme cela vient de m’arriver dans la réponse que je devais faire, suivant lui, par ordre de V. M. I-le à в. m. le roi de la G-de Bretagne, à la suite de la conversation dont il m’a

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