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PATH®@HKAUIA АМЬВНСКАГО МИРА

honoré à Weymouth, et que je vous ai fidèlement rapportée, Sire, ce qui me confirme que ce rapport ne lui a pas été lu en entier, et que la réponse que le c-te Panin m’a donnée au nom de У. M. 1-10 n’a pas été vue par elle.

Londres, le 28 Sept-re (10 Oct-re) 1801.

Sire!

Та! retenu ce courrier, que je complais expédier hier, parce que mylord Hawkesbury m'avait informé qu’il attendait aujourd'hui la ratification des préliminaires. Elle est arrivée effectivement aujourd’hui à midi, apportée par le général Lauriston, aide-de-camp de Bonaparte, qui alla la remettre à lord Hawkesbury à son office, où il l’a délivrée et où on а confronté l'exactitude de cet acte, qui s’est trouvé être conforme à l'original signé ici le 1-er Octobre, si bien que les préliminaires, qui contiennent 15 articles, et l’article secret qui n’est que pour expliquer le 6-me article des premiers, sont faits d’une telle exactitude qu’il n’y a pas ‘une virgule d’omise. Je parle de cette eirconstance parce que dans le traité de Campo-Formio Bonaparte avait essayé, en traitant avec le comte Cobentzel, de lui faire accepter par surprise une ratification qui n’était pas conforme au traité original.

Le gén-1 Lauriston, après avoir été chez lord Hawkesbury, alla faire une visite chez le premier ministre m-r Addington, et de là chez le premier lord de l’amirauté lord S-t Vincent, qui tous deux le reçurent.

Lord Hawkesbury, que j’ai vu après, me montra ces ratifications, où j'ai vu la signature du Premier Consul, et dont le préambule commence: Bonaparte, Premier Consul, au nom du peuple français. Surpris de ne pas voir les noms

des deux autres consuls, je lui еп demandai la raison, et il me répondit que tous les employés français disent que le premier consul est le gouvernement, èt les deux autres, ainsi que les différens conseils de la prétendue république, et les différens ministres des départemens, composent seulement l'administration.

Quand ‘j'ai fait mention de l'article secret que j'ai lu, je ne rapporte pas son contenu, parce que lord Hawkesbury m'a dit qu’il Га envoyé ensemble avec les préliminaires à l’ambassadeur d'Angleterre en Russie pour être communiqué à У. M. 1-е.

Ce sera le même gén-1 Lauriston qui rapportera à Paris les ratifications signées par le roi, ce qui se fera dans 3 ou 4 jours, après quoi ces préliminaires seront imprimés ef rendus publics. .

Le comte d’Artois est résolu d'aller vivre à Edimbourg, apparemment pour ne pas se trouver dans la même ville avec le ministre de Bonaparte, qui probablement doit arriver ici bientôt. Tout le monde approuve la sagesse de cette résolution.

Je demandai à lord Hawkesbury, que je viens de quitter, si m-r Pitt a été instruit du courant de la négociation et de son résultat, et s’il en est content; il me répondit en m'’assurant que ce grand homme a été instruit de tout, et que le ministère a la satisfaction d’avoir rencontré son approbation. Je lui en fis mes complimens, et il y avait de quoi, Sire: car si m-r Pitt a approuvé ces préliminaires, il les soutiendra, ce qui est un point capital pour l’administration présente, vu que l’estime et la confiance qu'a la nation dans cet homme prodigieux en talens, savoir et élévation d'âme, ne peut être comparée à rien, et qu’elle croira bonne ou mauvaise toute transaction faite, selon qu’il la soutiendra ou lui donnera sa désapprobation décidée.

Lord Hawkesbury, voyant que mon courrier devait manquer à Yarmouth le paquebot qui partira avec la malle d'hier,

386 ПИСЬМО KB ИМПЕРАТОРУ АЛЕКСАНДРУ

ш’а donné un ordre à l’agent des paquebots dans le dit port, pour qu’un paquebot extraordinaire soit tout de suite donné à ce courrier sans aucuns frais de passage.

Le 1 Octobre n. в. 1801.

Sire!

Je crois de mon devoir de rappeler à У. M. I-le ce que j'ai eu l’honneur de soumettre à sa considération dans plusieurs de mes dépêches pendant le cours des embarras et des négociations embrouillées nées des fausses mesures qui ont été prises avant que vous ayez rendu la Russie heureuse per votre accession au trône de vos ancêtres—embarras que votre sagesse, Sire, a levés, combien il importe de ne раз amalgamer les intérêts maritimes et commerçants de la Suède, du Danemark et de la Prusse avec ceux de la Russie. Га: pris à cette occasion la liberté de rappeler dans son tems а У. M. I-le la conduite de Pierre le Grand, de l’Imp-ce Elisabeth et de feue l’Imp-ce Catherine П-4е, que celleci s'en étant écartée une fois par les intrigues réunies de la Suède, dela Prusse et de la France, avait consenti à la fameuse neutralité armée, mais s’en est repentie quand Гехpérience lui prouva qu’elle n’en rctirait que les frais et les dommages, tandis que la Suède, le Danemark et la Prusse en retiraient tout le profit. Aussi, dans la convention pour le renouvellement du traité de commerce qu’elle m'avait ordonné de signer ici en 1793, tous ces principes de la neutralité armée furent mis de côté par son ordre. V. M. I-le peut se rappeler, si elle lit mes dépêches, ou si ceux qui les lui lisent, les lisent en entier (de quoi je commence à avoir lieu de douter, nommément quant au précis de ma conversation avec le roi à Weymouth), que je n’ai cessé de représenter combien sont avilissantes pour l’Empire de Russie et

personellement dégradantes pour У. М. 1-е ces appellations collectives des trois puissances du Nord, des trois cours du Nord, quand on parle de la Russie, de la Suède et du Danemark: C'est pourtant ce que ne cesse de répéter votre ministre et le rédacteur de vos rescrits, Sire! Je n'ai pas manqué aussi, après la convention qui a heureusement terminé les différends que ces cours du Nord ont suscités à la Russie avec l'Angleterre, de représenter combien il était nécessaire de se mettre bien en garde de ne pas être entrainé, sous quelque prétexte que ce soit, par des conventions faites avec ces deux petites puissances septentrionales ou par des actes de garanties accordées à elles pour les conventions qu’elles feraient avec l'Angleterre ou telle autre puissance, car cela entraînerait la Russie dans des embarras perpétuels, étant obligée d’intervenir sans cesse dans des réclamations pour leurs intérêts; et vu les 5000 vaisseaux marchands qu’elles possèdent, qui naviguent sur toutes les mers du globe et dont la moitié dans toutes les guerres n’est occupée que de contrebande, vos embarras, Sire, sans cesse renouvelés, doviendraient aussi fastidieux qu’interminables. Pour éloigner ces embarras et le désagrément de ces discussions perpétuelles, qu’on désire d'éviter ici avec la Russie, avec laquelle la Grande Bretagne désire de rester dans l’union la plus parfaite, on était résolu de ne traiter avec la Suède et le Danemark qu'ici à Londres et séparément, се qui aurait été plus convenable, parce que cela éloignait la possibilité que У. M. I-le fût encore surprise par ceux mêmes qui s’opposaient à la levée de l’embargo et à la terminaison des démélés avec ce pays, et qu’elle fût entraînée dans quelque acte qui la lit de nouveau à soutenir les intérêts commerçants et contrebandiers de ces deux puissances. C’est pour cette raison que lord S-t Helens n’avait pas de pleins- \ pouvoirs de trailer avec elles; mais le comte Раши ayant dit à cet ambassadeur et m’ayant écrit que У. M. I-le désire que les affaires de Suède et de Danemark soient traitées à Pétersbourg, et que vous auriez lieu, Sire, d’être mécon- 25°

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tent si la cour de Londres se refusait à votre désir, le Roi de la Grande Bretagne ordonna à son ministère de complaire à У. M. Ile.

Il serait possible qu’on tentât de vous engager, Sire, par les supplications suédoises et danoises et par le ministre qui a toute votre confiance, à donner une garantie de ce qui sera conclu entre ce pays et les deux autres, si souvent mentionnés dans ce rapport; or, cette garantie leur donnera un titre pour persécuter sans cesse la Russie et ses ministres dans tous leurs démélés occasionnés par leurs contrebandes, et У. M. 1-е, ayant terminé toutes ses propres affaires avec la G-e Bretagne, entrerait de nouveau et sans cesse dans des nouvelles discussions désagréables et sans cesse renaissantes pour le profit des autres et pour soutenir tous les abus que leur avidité mercantile leur fait commetre. Je ne puis à cette occasion ne pas remarquer que dans le traité de commerce conclu entre la Russie et la Suède (que j'examinerai article par article quand je l'aurai authentiquement) que У. M. I-le a été induite à ratifier dans le tems même que la négociation entre la Russie et ce pays-ci était pendante, il se trouve un article par lequel V. M. I-le est liée au maintien des principes de la neutralité armée et de la Convention Maritime, qu’elle a authentiquement abandonnée pour le bonheur de la Russie dans la convention conclue à Pétersbourg le #7 Juin entre la Russie et la Grande Bretagne.

У. M. 1-е а reconnu elle-même, dans sa sagesse, que l’intérêt de la Russie exigeait impérieusement l’abandon des principes si dommageables pour elle’et dans le soutien desquels elle était scandaleusement la dupe par l'astuce de ses voisins; mais comment expliquer cette contradiction manifeste qui existe entre la convention faite avec la G-de Bretagne et le traité de commerce ratifié avec la Suède? П n'y a que celui qui vous a conseillé, Sire, cette ratification à Гиза de votre conseil, qui peut l’expliquer.

Londres, le 10 Octobre п. s., expédié par courrier russe.

Sire!

Étant russe et sujet attaché et fidèle à mon Souverain et à ma Patrie, tout ce qui les regarde ne peut m'être étranger. Je me crois obligé de représenter à У. M. 1. sur un mal qui s’est introduit dans la manière de traiter les affaires chez nous. Plus vous réfléchirez, Sire, sur la nature et les suites funestes de ce mal, plus vous m’excuserez de ce que j'ai pris la liberté de vous écrire à ce sujet. Je l'aurais toujours fait quand même je n'aurais pas eu de V. М. L. cette lettre si encourageante du 10 Juin passé dans laquelle elle me fait l'honneur de me dire: ,Je dois vous remercier „де m'avoir jugé digne d'entendre des vérités dont l'accès desYrait être facile et qui, pour le malheur des souverains, ne barviennent presque jamais au trône. J'attends de votre finélité et de votre patriotisme que vous continuerez à me Parler avec la même franchise“. Ayant vu depuis six mois que У. M. I. «a (je ne sais comment) pris l’habitude de ne traiter les affaires politiques qu'avec un seul homme, en qui ayant reposé toute sa confiance, le croyant sans doute plus habile ct plus expérimenté dans les affaires que qui ce soit de ses sujets, elle ne les fait jamais discuter en sa présence dans le Conseil, comme cela se pratique dans tous les pays du monde, sans en excepter un seul. Aussi il est arrivé que depuis ce temps j'ai reçu trois rescrits que У. M. a été induite à signer (par la confiance qu'elle а donnée à ce ministre) dont aucun n’était exécutable, dont tous étaieng dommageables au bien de l’état et compromettaient votre dignité. У. M. 1. Га reconnu après et a approuvé leur inexécution. En même temps, je recevais des lettres officielles du ministre, qui me prouvaient de plus en plus que le zèle seul ne suffit pas pour gérer les affaires politiques d'un si vaste Empire, affaires essentiellement liées avec les internes, qu’elles

peuvent compromettre et mettre еп danger quand elles sont mal traitées. Voyant la continuation de ce mal, je n'hésitai pas un moment de profiter d'une occasion que me donnait ce même ministre, par une lettre particulière, de lui écrire en particulier avec cette franchise d’un homme qui ne désire que le bien de son Souverain, qui est toujours inséparable de celui de la Patrie, et qui s'adresse à un autre auquel il suppose les mêmes sentimens. Je lui faisais voir tout le mal qu’il a fait involontairement et celui qu’il fera encore en s’obstinant à ne pas supplier У. M. de prescrire que les affaires politiques soient discutées devant elle en plein Conseil, comme cela se fait partout. П у a sept semaines que je lui ai écrit cette lettre, et j'aurais attendu son résultat, si je n’avais vu dans les gazettes le traité de commerce entre la Russie et la Suède, qui, s’il est tel qu'il a été publié à Stockholm (car je ne l'ai pas encore reçu de Pétersbourg) est le traité le plus dommageable que la Russie ait jamais conclu, et où l'oubli et l'ignorance des principes de commerce et d’administration, ainsi que dela vraie politique de la Russie, sont aussi palpables qu’injustifiables. Or, un traité n'est valable qu'après sa ratification, et, si avant que de le ratifier, il eñt été présenté par ordre de У. M. L. à la discussion de son Conseil, on lui aurait fait observer tous les articles contraires au bien de l’état, et elle n'aurait jamais permis qu’il fût ratifié.

Outre la négligence que j'observe à tout moment, je vois aussi beaucoup de légèreté. Pour preuve de la première, je dois dire qu’il y a près de quatre mois (avant que У. M. 1. nous ordonnât d'écrire directement à elle-même) que j'avais écrit officiellement au comte Panin (parce que nous avons eu ordre d'écrire à lui, et non au prince Kourakin, son ancien) au sujet des officiers de la marine de У. M. I. qui servent comme volontaires sur la flotte britannique, еп” геprésentant l'utilité de la continuation de les envoyer ici de chez nous et pour qu’il le représente de ma part et me fasse savoir le résultat de votre volonté. Dans le même temps

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à peu près, je l'ai prié de demander vos ordres, Sire, au sujet des passeports que des étrangers viennent me demander pour la Russie; car je savais que je ne pouvais en refuser aux Anglais sans faire une infraction au traité de commerce, mais je ne savais pas comment me conduire avec les étrangers des autres nations. Je n'ai reçu aucune réponse jusqu’à ce jour. Pour preuve de la seconde, je viens de recevoir de lui une lettre officielle, qui doit me servir de réponse à се que j'ai eu l'honneur d'écrire à У. M. [. après mon retour de Weymouth et à ce que m'a dit le roi dans le long entretien que j'ai eu avec lui et dont je vous ai envoyé, Sire, le précis. Je dois croire que le comte Panin, si c’est lui qui lit nos rapports à У. M. 1.,—пе Га pas lu en entier, ou bien lui en a fait la lecture quand, préoccupée de quelque autre objet plus important, elle n’a pas pu y ргёter toute son attention: car il est impossible que, si V. M. eût entendu ou fait elle-même la lecture de ce que me disait le roi, où il prouvait invinciblement que c'est exposer la Turquie à une révolution que de lui faire une paix séparée avec la France; que ce n’est pas même lui procurer la paix, саг elle amènerait de toute nécessité et d’une manière inévitable une guerre avec la Grande-Bretagne; que c’est donc nuire à toutes les deux pour Favantage unique de la France que de vouloir travailler à cette paix séparée; il est impossible, dis-je, que У. M. l’eût autorisé à m'écrire après quelques complimens pour le roi: ,Le bien de l’huma- 206 a été (parlant de У. M.) son seul motif, en se mon- Atrant disposé d'intervenir par ses bons offices dans la paci- #fication de la Porte Ottomane; mais l’époque n’en est point néterminée, et У. M. I. éprouverait une satisfaction partinCulière, si sa médiation pouvait en même temps opérer le rétablissement de la paix entre la Grande-Bretagne et la France“. У. M. voit par cette réponse que, sans combattre et réfuter l'opinion si clairement démontrée par le roi que cette paix expose la Turquie à des calamités et à une guerre plus forte (vu les côtes si étendues qu'elle possède et

les nombreuses flottes que possède l'Angleterre) dans la réponse on s’obstine à parler de l'humanité et, en ajoutant la singulière et-obscure phrase ,mais l’époque n’en est point déterminée“, on fait entendre qu’on n’a pas renoncé à ce projet, tout dommageable qu'il est pour la Porte et pour l’An- . gleterre. Et c’est en répondant ainsi à un souverain qui s’est exprimé avec tant d'estime, d'amitié et d’attachement pour Votre Auguste Personne, qu'on offre si lestement la médiation entre lui et la France. On ne choisit pour médiateurs que ceux qui nous aiment, qui, par l'intérêt qu'ils prennent à nous, nous inspirent de la confiance; et quelle confiance pourrait avoir le roi dans un Prince qui non seulement a vou]u effectuer ce que son prédécesseur projetait de faire, mais qui, après l’explication la plus détaillée, la plus convaincante et la plus amicale sur ce sujet, ne renonce pas au projet de cette effectuation, qui n’est pas abandonnée, mais remise seulement à une époque dont on cache le terme? Jamais cette médiation n'aurait été acceptée ici après cette réponse, ce qui aurait compromis У. M. I. l'aurait indisposée contre le roi, qui, de son côté, aurait été indisposé contre elle pour la réponse qu'il recevrait, et la froideur se serait établie entre deux Princes vertueux, faits pour s'aimer et s’estimer, et la liaison entre ces deux, pays, si naturelle et si réciproquement utile, s’affaiblirait par la légèreté du”ministre qui seul est consulté par У. M-le. Heureusement que les préliminaires qui viennent d'être signés, ont rendu nulle cette réponse, que je ne donnerai plus et que je n'aurais pas donnée sans représenter auparavant à У. M. I. et sans attendre sa réponse; car je suis persuadé qu’elle n’a pas lu en entier le précis de ce que le roi m'a dit à Weymouth, ou qu’elle l’a du étant distraite par d’autres objets plus graves, ou bien que le comte Panin vous a mal compris, те. J'aurais toujours plus d’égard à la gloire de mon Souverain qu’à ce que m’écrit son ministre, qui peut avoir jugé trop lestement et écrire en conséquence. Quand je dis qu’il y a de la légèreté et de la négligence de sa

part, je ne puis l’affirmer. Il se peut que le trop grand poids des affaires est autant au dessus de ses forces physiques qu'il est au dessus de ses forces morales, ses connaissances, ses conceptions intellectuelles et son peu d'expérience, et qu’il n’a ni les moyens, ni le temps, de faire tout par luimême, ce qui fait qu’il y a des choses négligées tout-à-fait et d’autres faites avec légèreté et trop lestement. Je peux croire aussi qu'en lisant en extrait mon rapport, il a donné son opinion sur la réponse, que, par confiance et n'ayant pas le temps d'approfondir la chose, У. M. 1. Га approuvée: parce que je sais qu’en lisant ma représentation du ‘44 Mai au sujet des affaires entre la Russie et la Grande-Bretagne, vous avez hésité, Sire, mais que lui ayant appuyé mes représentations, vous les avez accueillies. Je n'aurais pas été surpris de cette hésitation, si ce que j'écrivais étaient des raisonnemens de ma pauvre tête. Rien n'était plus naturel que le doute de У. M. 1.; mais, comme dans cette si longue représentation il n’y avait pas un mot du crû de ma tête, et que ce n’était que le récit des faits notoires, connus. de tout le monde, des citations exactes d'Adam Smith (l’auteur le plus classique qui ait jamais existé sur le commerce, les manufactures, les finances des états), que ce n’était que des renvois aux registres de vos douanes et à l'opinion des possesseurs des mines, des fabriques, à celles de nos négocians et possesseurs de terres; que ce n’était, еп outre, qu'un récit historique et fidèle de la conduite de Pierre le Grand, de l’Impératrice Elisabeth et de l’Impératrice Catherine envers Ja Grande-Bretagne; or, si V. M. I. a pu hésiter si elle doit suivre l'opinion du comte Раши ou l’exemple de la conduite des trois plus grands Souverains que la Russie ait jamais eus, quelle énorme et incroyable confiance ne doit-elle pas avoir dans ce ministre? Et je me suis dit: l’état en souffrira, à moins que ce ministre n'ait la prescience et la connaissance universelles, qui n’ont été attribuées qu’à Adam avant qu'il tombât dans le péché. Plus je voyais, par les dépêches que je recevais, le mal qui résulte de ce que V. M. ne fait

pas discuter en за présence dans son Conseil les affaires politiques, plus je voyais la nécessité du remède, et j'ai écrit au comte Panin lui-même la lettre dont je joins ici la copie et que je supplie У. M. Г. de vouloir bien lire avec attention. Je voulais attendre sa réponse; mais, songeant aux deux cas possibles, ou qu’il ne suivra pas mon conseil, ou qu’en le suivant, vous ne voudriez pas changer le mode actuel, étant accoutumé à ne traiter qu'avec lui seul (ce qui ne ferait que prolonger le mal), c’est pourquoi je supplie V. M. de vouloir bien lire l’incluse. Je me fie à votre excellent jugement, à votre zèle pour le bien de l'état, que vous rendez déjà si heureux par la douceur et la justice avec lesquelles vous le gouvernez, et je ne doute pas, Sire, que vous ne voyiez combien il est dangereux de ne consulter qu’un seul homme.

Il n’y a rien au monde de plus dangereux que cette manière de traiter tête-à-tête avec les chefs des départemens. Comment У. M. I. peut-elle s'assurer de n’être pas induite en erreur volontairement ou involontairement par eux? Comment peut-elle savoir s'ils lui présentent tout ce qui doit être porté à sa connaissance? Comment peut-elle s'assurer que ses ordres ont été exécutés strictement d’après sa détermination? Il est dans la nature de l’homme d'augmenter sa propre importance, d'augmenter son propre crédit et pou- - voir; de là s’ensuit peu à peu le despotisme ministériel des chefs des départemens, ce qui produit une oligarchie incompatible avec un gouvernement monarchique, et V. M., qui ne veut que le bien général, qui abhorre le despotisme, créera un despetisme insupportable et еп sous-ordre, sans s’en apercevoir, êt vous vous ôtez les moyens de vous éclairer, Sire, par le choc des opinions différentes, par cette discussion qui fait naître des lumières qu'on ne pourrait jamais acquérir sans une discussion dans le Conseil.

Je proteste sur mon honneur à У. M. IL. que je n'ai auсип sujet de plainte particulière contre le comte Panin, ni aucune vue privée à moi d’ambition personnelle. Quant au

premier point, je ne connais pas personnellement ce ministre. Il était un enfant de 13 ans quand j'ai quitté la Russie, étant envoyé à Venise en 1783. J'ai eu une correspondance avec lui pendant les trois ou quatre ans qu’il a résidé à Berlin, pendant laquelle, quoiqu'il ait eu le malheur d’échouer dans toutes ses négociations et qu'il ait été trompé par le comte Haugwitz, qui le faisait venir pour rien de Carlsbad à Berlin, il était excusable par son défaut d’expérience, et je voyais dans ses lettres un grand fonds d’amour du bien de l’état. Aussi, dans mes dépêches à la cor) 1je lui rendais la justice qui lui était due; il a reconnu mon ‘empressement et ше Га témoigné. Après cette première et seule mission qu’il a eue, quand il fut fait vice-chancelier, j'ai vu en lui le même zèle pour l'État, et toutes ses lettres étaient pleines du chagrin qu'il ressentait des abus et des coups d'autorité dont il était le témoin. Je reconnais qu'il m'a témoigné de l'amitié. Je n’en ai pas moins pour lui, et je serai toujours empressé à lui complaire, excepté dans tout ce qui peut être dommageable au service de mon Souverain et de ma Patrie: sur ce point il п’у а pas d’amitié qui tienne. Quand au second point de vue, d’ambition personnelle à moi, il est connu que feu l'Empereur m'avait offert la place de vice-chancelier à la retraite du prince Kourakin, qu’il m’a offert après, et avec plus d'instance encore, celle du prince Bezborodko; mais je ne les ai pas acceptées, parce que, sentant mon peu de talens et de lumières, j'étais tout-à-fait au-dessous de ces places, et que, si même j'avais été assez aveugle pour n'être pas aussi persuadé que je le suis de mon incapacité, la faiblesse de ma santé, qui ne me permet pas une application tant soit peu assidue, m'aurait suffisamment induit à ne pas exposer l’état en me chargeant d’un poids aussi au-dessus de mes forces. Jamais, dans aucun cas, je ne pourrai m’aveugler au point de vouloir diriger un département. Je me croirais coupable envers mon Souverain et ma Patrie, si javais cette présomption extravagante. Ainsi il n'entre aucune vue dans ce qui me fait

écrire cette lettre, que mon zèle pour le service de У. M. Impériale.

Dès que je recevrai de Russie l’exemplaire authentique du traité de commerce entre la Suède et la Russie, et s’il se trouve conforme à ce qui a été publié à Stockholm, je ne manquerai pas de vous transmettre, Sire, mes observations. П me reste à dire que le rescrit de У. M. Г. du 5 Juillet, qui est l'ouvrage du comte Panin, parce qu'il me l'avait annoncé comme un grand travail qu’il faisait sur le système politique de la Russie, qu’il l’avait annoncé de même à У. М. Г. dans une lettre qu’il lui avait écrite (comme Й m'en a informé dans le temps), n’aurait jamais été signé par elle, s’il avait été discuté dans le Conseil; саг У. M. пе Га signé que par la grande confiance qu’elle a dans ce ministre. Aussi je la supplie de le faire discuter dans le Conseil, et elle verra qu’on trouvera des contradictions frappantes et des endroits si obscurs qu’il sera peut-être difficile à l’auteur même de les expliquer; mais, pour moi, j'avoue que je nè vois pas l'objet de l’ensemble, et qu'il у a des articles que je ne comprends pas du tout. Si je n’envoie pas cette lettre par le comte Panin, ce n’est que pour qu’elle parvienne plus tôt à У. M. Г. et non pour la lui cacher: il n’est pas dans mon caractère de craindre de dire la vérité, et encore moins de blâmer quelqu'un à son insu. Aussi je price, je supplie V. M. I. de lui communiquer cette lettre ainsi que l’incluse, afin qu’il vérifie si cette derniére n’est pas une exacte copie de celle que je lui ai écrite le ‘1 Août, et afin qu’il puisse dire si dans celle-ci même que j'écris à У. M. 1. il y a quelque inexactitude de ma part sur ce que je dis à son sujet. S'il est attaché à son Souverain et à sa Patrie, comme je l'espère, il me saura gré de ma franchise, qui le met sur la voie de vous servir, Sire, sans nuire au pays, et, en acquérant plus de savoir et plus d'expérience qu'il n’a fait voir, devenir un jour utile à sa Patrie. Mais si l’amour-propre le domine au point d’être choqué des vérités que je suis obligé de dire, il deviendra mon ennemi, el

j'en serai plus fâché pour lui que pour moi, parce qu’il гез: tera toute sa vie incapable, en dédaignant de s’instruire par les conseils et l'expérience de ceux qui savent plus que lui et qui dans les discussions qu'ils auraient eues avec lui, lui auraient donné des lumières qu’il n’acquerra jamais dans son bureau, entouré de ses commis. Quant à moi, ce n’est ni Jui ni aucun de vos ministres que je sers, c’est vous et ma Patrie, Sire! Ainsi aucune considération de haine ou d'amitié que je puis obtenir des ministres ne pourra influencer ma manière de servir et me faire taire, quand je vois un mal qui зе fait dans l’état.

Pierre le Grand avait un Conseil. Sous le règne de l’Impératrice Catherine I il y avait aussi un Conseil. Sous celui de Pierre Il il у avait un Conseil sous le titre Тайный Верховный Cosërs. Sous celui de l’Impératrice Anne се Conseil s'appelait Conseil du Cabinet. Du temps de l’Impératrice Elisabeth, ce Conseil s'appelait Konoepeznis. Dans tous ces Conseils, sous quelque appellation qu'ils fussent, les affaires politiques étaient spécialement discutées en présence du Souverain ou dans son absence; c’est après cette discussion qu’elles lui étaient soumises pour avoir son approbation. Toutes les dépêches des ministres russes au dehors, tous les protocoles des conférences que le ministre du département des affaires étrangères avait avec les envoyés des autres cours, les notes qu'ils lui remettaient, tout, en un mot, était lu, examiné et discuté; et c’est en conséquence de cet examen et de l’approbation du Souverain qu’étaient prises les résolutions sur ce qui devait être dit ou écrit en réponse à toutes ces communications des ministres étrangers et en réponse aux rapports des employés russes audehors. Cet usage, constamment suivi, n’a été interrompu que pendant les cinq premières années de la feue Impératrice, et elle s'en est bien repentie: car s’étant accoutumée à ne traiter les affaires politiques qu'avec le feu comte Раши, oncle de l’actuel, qui, ayant fait faire l'alliance avec la Prusse, s’attacha tellement à son ouvrage qu'il se persuada que le

bonheur de la Russie dépendait de cette alliance et eut une confiance si aveugle dans la cour de Berlin qu’elle en abusa pour le malheur de la Russie. La feue Impératrice voulait la paix, et la voulait longue, pour mettre le pays еп ordre et réparer les finances. On fit les plans les plus économiques, et on réduisit l’état de l’armée dès les premières années de son règne: dans nos régimens d'infanterie, composés de trois bataillons, chacun fut réformé à deux, et les compagnies, qui étaient de 144 sold. outre les bas-officiers (comme cela était établi par Pierre le Grand, le fondateur de toute chose chez nous) furent réduites à 136 hommes en temps de guerre et à 116 en temps de paix. Nos arsenaux, qui étaient tout-à fait épuisés et dégarnis, ne devaient être remplis et pourvus de tout que peu à peu et à la longue. En un mot, tout était calculé pour une paix très-longue, et le ministre de la guerre у comptait. Celui des affaires étrangères y comptait aussi, mais c’est pourtant lui qui, sans s’en apercevoir, travaillait en sens contraire, et voici comment, Sire. Le défunt roi de Pologne venait d’être élu. Il obtint de l’Impératrice l'agrément de pouvoir mettre en ordre son pays, tout à fait désordonné par une constitution absurde, ^ et, du consentement de la Russie, les affaires des. finances ne devaient plus être décidées par les Diètes qu’à la majorité des voix, au lieu de l’extravagante méthode que la voix d’un seul idiot ou mauvais sujet annulait la décision de toute la Diète. C'était un vrai bienfait pour la pauvre Pologne et n'était d’aucun danger pour la Russie, car les autres affaires devaient s'arranger à la Diète par une unanimité absolue, chose tout-à-fait impossible. Mais comme la cour de Berlin ne voulait pas que les finances mêmes fussent jamais en bon ordre dans un pays qu’elle voulait bouleverser et s’en approprier une partie, elle engagea le comte Panin, sous d’autres prétextes, de renverser cette amélioration faite en Pologne, et, pour la mieux bouleverser, persuada се шёme ministre d'exiger que tous les dissidens polonais fussent admis à toutes les charges de l’état, ce qui était impossible

sans employer contre les Polonais les plus fortes violences. Elles le furent, ce qui forma les Confédérations, dont on avait grand soin de cacher le nombre à l’Impératrice. On arrêta des évêques, des sénateurs, en pleine Diète, et on les envoya en exil en Russie. Nos troupes entrèrent en Pologne, saccagèrent tout, poursuivirent les confédérés jusque dans les provinces turques, et cette violation produisit la guerre que les Turcs nous déclarèrent. Tout le monde voyait cet événement inévitable, excepté le comte Panin, qui persuadait l’Impératrice qu'il persuaderait le grand-vezir à rester tranquille, par une longue lettre raisonnée qu’il préparait pour ce premier ministre ottoman. J'ai vu cette lettre, remplie de phrases pompeuses et insignifiantes et qui ne roulait que sur l'intolérance de la religion catholique. Mais il était resté si longtemps à travailler sur cette lettre qu’elle n’arriva à Constantinople qu'après que notre ministre m. Obrescow était déjà mis aux Sept-Tours, et la guerre contre nous déclarée. Quand cette nouvelle arriva à Sarsko- $610, où l’Impératrice était pour s’inoculer, elle fut outrée contre le ministre qui lui attira cet embarras, auquel elle ne s'attendait pas. L'armée était réduite, incomplète, dispersée dans tout l’Empire. И fallait la faire marcher en toute hâte, au coeur de l'hiver, sur la frontière turque, et envoyer les canons, les mortiers, les boulets et les bombes par poste de l'arsenal de Pétersbourg à Kiew. П fallait se préparer à avoir les finances dissipées et faire des dettes. Aussi, c’est de l’époque de cette guerre que datent les dettes de l’état dans l'étranger et la création du papier-monnaie dans l’intérieur, deux calamités qui font gémir la Russie. L’Impératrice, détrompée sur la capacité de son ministre, dès le commencement de la guerre, créa le Conseil et ordonna que toutes les affaires politiques y fussent traitées et les dépêches des ministres lues devant ce Conseil. Le comte Раши perdit le pouvoir qu’il avait gagné sur l’Impératrice, et l'État gagna que les affaires allèrent mieux et qu'il У eut un ensemble et une harmonie plus parfaite entre tou-

tes les branches de l’administration.—Je demande pardon à У. M. 1. sur la longueur de cet écrit. Je ne pouvais pas le faire plus court, et il doit être le dernier: car, si У. M. 1. sera persuadée que le bien de l’état exige que les affaires politiques et internes soient traitées et discutées en votre présence en plein Conseil, comme c’est dans tous les pays du monde, et non pas en tête-à-tête où vous n’entendez qu'une opinion qui n’est contrastée par aucune autre, alors tout ira bien: Й у aura un ensemble dans toutes les parties du gouvernement, et vous ne serez’ pas induit en erreur. Mes геprésentations ne seront donc plus nécessaires. Et si У. M.I. laisse les choses sur le: pied comme elles sont, malheureusement toute représentation future sera tout-à-fait inutile.

Pardonnez, Sire, à un vieillard, à un sujct fidèle et zélé qui sert depuis près de 45 ans, la liberté avec laquelle il vous parle. Son excuse est dans son zèle et dans la lettre de V. M. I. qui est citée au commencenient de cet écrit.

Je suis avec le respect le plus profond, Sire, de V. M.I. le plus humble et le plus dévoué de ses sujets.

Josgous. Отъ 5 (17) Ноября 1801.

Bcewazocrasämitt Государь!

Алмазные знаки ордена Св. Андрея, препровожденные при всемилостив8йшемъ писая!и за своеручною подписью В. И. B-a, я имвлъ счасте получить. Коль лестны для меня тв выражен!я Ваши, всем. Государь, коими изъявлаять изволите, что Cie отлич1е, коимъ меня удостоили, есть знакъ особливаго Вашего вниман!я къ усердной моей службЪ! Чувства моей благодарности превосходя вс способы выразить оныя изустно или перомъ, ограничиваю себя прося В. И. В-о вфрить, что между тохикими мнлло-

нами Вашихъ счастливыхъ подданныхь и HMBA Morin тысячи оныхъ, кои имя болёе талантовъ, полезнве моего Вамъ служатъ, нётъ ни одного изъ нихъ, которой превосходилъ бы меня усермемъ.

Чтобъ ne утрудить вторичнымъ писан!емъ Ваше И-е B-0, позвольте MB при семъ случа, всем. Государь, принести Вамъ наичувствительньйшее мое благодарен!е. за несказанную милость оказанную Вами моему сыну, опре- АВлия его по’его желан!ю въ военную службу и пожазовавъ его чиномъ порутчика гварди, чтб весьма превосходитъ его и мое чаяне. Онъ конечно будетъ стараться заслужить усердною своею службою и прилежашемъ въ оной такую великую Вашу къ намъ милость.

Да опредваитъ Всевыши!Й для блага Росси, чтобъ сыновья, внуки и правнуки сего моего сына имЪли бы cuacrie служить еще въ царство В. И. В., продолжение котораго сопряжено съ благополуЧемъ нашего любезваго Отечества. |

Du 5 (17) Novembre 1801.

Sirel! .

Deux ordres de У. М. [Ле du 8 Octobre ont été reçus par moi par un courrier de lord S-t Helens, dans l’un desquels У. M. daigne approuver ce que j'ai dit à lord Hawkesbury relativement à Malthe, et m’ordonne de donner une explication satisfaisante à cette cour-ci relativement à la paix séparée dont il a été question à Pétersbourg entre la Porte et la France, et que vous n’aviez d’autre but, Sire, que de prouver à 8. M. le roi de la G-de Bretagne votre amitié en lui communiquant les intentions de la France. Je crois qu’il est du bien de votre service, Sire, de ne plus faire mention ici de cette affaire, parce que je vois par le

APXABS REASA ВОРОВЦОВА, Ви. 10-я. 26

contenu de cet ordre que У. М. n’a pas lu le précis de la conversation que le roi d'Angleterre a eue avec moi à Weymouth, et que j’ai eu l’honneur de transmettre à У. M. comme ^ annexe à mon rapport № 11 envoyé par un courrier: car dans cette conversation il y avait des choses directement adressées à V. M. I-le de la part du roi de la G-de Bretagne dans des termes tellement remplis d'estime, d’attachement et d'amitié pour У. M. I-le que dans la réponse qu’elle vient de m'indiquer elle n’aurait pas manqué sans doute de faire mention de quelque expression réciproquement personnelle pour le roi, et qu’en même tems elle aurait tâché de réfuter, s’il est possible, toutes les raisons que le roi avait alléguées contre cette paix séparée, qu’il prouvait être dommageable à la Porte, à l'Angleterre et à la Russie même. D'ailleurs, dans ce même ordre У. M. 1-е s'exprime de п’аvoir jamais songé à effectuer cette paix, tandis que, sûrement à son insu, cette paix séparée n’en est pas moins effectivement préparée et convenue par le 3-me article de la сопvention secrète signée à Paris, comme je le sais par la communication confidentielle du c-te Marcow. Je ne doute pas, Sire, que cet article ainsi que le dernier de la même convention secrète n’aient été insérés par ordre du c-te Panin à votre insu, Sire. Mais qui pourrait croire jamais qu’un ministre quelconque ait eu la hardiesse de compromettre aussi horriblement son souverain? Personne ne pourra le croire, et ces articles secrets qu’il est de l'intérêt de la France de communiquer partout, tôt ou tard seront connus ici. Alors, en les comparant aux assurances que j’aurais données ici par votre ordre, quelle opinion le roi de la G-de Bretagne aura-t-il de la bonne foi de У. M. I-le? Ainsi je me tairai sur ce chapitre, d'autant plus que la paix étant faite entre la France et ce pays, dans laquelle la Porte est incluse, toute cette affaire n’a plus besoin d’être remuée.

Je ne puis m'empêcher seulement de ne pas observer à cette occasion la duplicité de Bonaparte, et comme il tire parti de tout. Vers le commencement de Septembre on lui en-

voya d’ici l'ultimatum, qui était tel que У. М. Га vu dans les préliminaires conclus. П n’en fit aucun cas, ne répondit rien et le mit sur son bureau. Trois semaines après il apprend, par un avis secret arrivé de la Méditerranée, qu'Alexandrie a capitulé; il tient la nouvelle cachée et prend l'ultimatum de son bureau, l'envoie ici à Otto pour lé faire signer avant que la nouvelle de la réduction d'Alexandrie parvienne à Londres. Effectivement, cette nouvelle était inconnue ici, car où ne l’apprit qu'après la signature des préliminaires. La nouvelle de cette dernière transaction arriva à Paris et ne put être-cachée; mais Bonaparte cacha le contenu des articles pour avoir le tems d'insérer encore dans le traité avec la Russie l'obligation de faire ва paix avec les Turcs sous la médiation de V. M. I-le, et deux jours après il prend un Turc, qui était resté longtems en prison en France, qui п’аvait aucun pouvoir, ignorait tout ce qui se passait au monde, et fait un traité de paix avec lui, par lequel il promet, ainsi qu’il l’avait promis à l'Angleterre, l'évacuation de l'Egypte, qu’il savait déjà être évacuée par la capitulation que son агmée fut contrainte de faire. Et c'est pour cette prétendue évacuation qu’il obtient de ce Turc non seulement le rétablissement de tous les priviléges dont jouissaient les Français en Turquie, mais on leur accorda même tous les priviléges quelconques dont jouissent ou jouiront à l’avenir les nations les plus favorisées. Dans cette paix faite par subterfuge, Bonaparte ne se soucie plus de ce qu’il avait contracté avec V. M. I-le de ne faire sa paix avec la Porte que sous sa médiation. Telle est la candeur que met cet homme singulier dans toutes les transactions qu’il fait.

Хотя не приготовляль себя никогда къ политической служб, но повивуясь точному желанию повойной: императрицы Екатерины Алексвевны, оставя Pocciw въ 1783 году, отправился въ Венещю для открыт! я тамъ новой РосеЙской мисси и сношеня съ сею бывшею республикою, чтб Ея Императорское Величество почитала нужнымъ ass Росси въ тогдешнихъ обетоятельствахъ. Потомъ переведенъ я былъ въ Англ!ю.

18-1n льтнее отсутстые изъ Отечества, толь долгая разлука съ моимъ братомъ и домашн!я мои д%ла, понуждаютъ меня всепокорно просить В-е И-е B-0 дозволить мн отлучиться въ первый разъ отъ моего поста на полгода букущею весною, дабы я могъ пробыть въ Петербургв два s'hruie мЪсяца, единое’ въ году время, TAB слабость моего положен!я, а паче груди, дозволить мнз прожить безбъдно подъ 60-мъ градусомъ широты. Давно уже сш причины понуждали меня №хать на нЪкоторое краткое время въ Pocciw; но обстоятельства войны, пятияфтнее здъесь пребыване вашихъ эскадръ и разныя важныя негощащи возбраняли MH помышлять о моихъ собетвенвыхъ дблахъ, когда дВла моихъ государей требовали моего безотлучнаго здвсь пребываня.

Всеобщий миръ, который теперь хотя нельзя сказать, чтобы осчастливилъь Европу, но которой уменьшилъ по крайней mbph OBACTBIA разныхъ земель, изъ коихъ мноrit потеряли свою прежнюю независимость, уменьшилъ важность негощащй, по крайней MBph въ томъ, что относится къ’ двламъ между Росс1ею и Ангжею; я почитаю что В-е И-е В-о не изволите почесть неоснованнымъ мое желан!е и покорную мою просьбу отлучиться отсель

| украшены пречестнымъ и любезнымъ нравомъ, такъ что заслужилъ уже себЪ любовь, почтене и довёренность отъ тьхъ, съ коими онъ долженъ будетъ имвть политичесв!я сношен!я; казенныя же кВла и коммисси разныхъ въ Рос- | с департаментовъ, опредвлене нашихъ разныхъ учениковъ, пристроенше ихъ и за ними CMOTPhuie, попечене за нашими морскими офицерами, опред®лен!е ихъ на Аглицые корабли, переписка съ сими офицерами въ разныхъ частяхъ CBÉTA, TAB они находятся, доставлене имъ жахован!я, переписка съ нашимъ и здБшнимъ адмиралтействомъ, продолжать будетъ, такъ какъ уже и дьлаетъ давно къ пользв Россской службы, достойной нашъ священвикъ Смирновъ, съ свёдвшемъ покойной Императрицы и покойнаго Государя, кои о достоинствах его вдали и отличали его своими благоволенями. Трудолюбе, искуство, знане, усере и честность сего достойнаго священника заслуживаютъ милостивое внимаше В-го H-ro В-ва.

Londres, ce 27 Décembre 1801 (8 Janvier 1802). Je dois avouer à У. M. I-le que quand j'ai pris la liber-

té, encouragé par une de ses lettres précédentes, dont elle а daigné m’honorer, de lui faire ma représentation du 10

Octobre п. з., je n'étais pas sans appréhension sur la manière dont vous pourriez la recevoir, Sire; car je convenais en moi-même qu'elle était peut-être trop hardie, et qu'ayant des ministres et des conseillers moins inhabiles et plus expérimentés que moi, ce n’était pas à moi, avec mon peu de talent et dans l'éloignement où je me trouve, à donner des avis à У. M. 1-е. Les considérations qui m’excitaient à cette liberté que j'ai prise, sont: que souvent on peut voir plus distinctement de loin toute la symétrie, les beautés ou les défauts d'un grand édifice, que si l’on était tout près de sa base, et que, représentant sur différens objets, quand il n’y en aurait eu qu’un seul où j'aurais pu rencontrer juste, je faisais une chose qui n’était pas inutile au service de У. M. 1-е, parce que vous l’auriez d’abord aperçue, Sire, et approuvant sur ce point l'observation que je prenais la liberté de faire, vous m'auriez excusé sur les autres points où j'aurais pu me tromper, entraîné par le zèle le plus pur pour votre service et celui de l’état, qui ne peuvent jamais être séparés entre eux.

J'étais dans ce doute, et j'attendais la réponse avec une impatience mêlée d’appréhensions, quand la lettre de У. M. 1-е du 31 Octobre, apportée par le chasseur Wunsch, en ше consolant, a effacé toutes mes craintes.

La bonté avec laquelle vous avez daigné, Sire, recevoir mes représentations, l’indulgence avec laquelle vous avez daigné entrer en discussion avec votre sujet, les raisons que vous avez bien voulu alléguer pour m'expliquer plusieurs articles dont j’ignorais le but par le défaut de communications que je ne recevais pas du ministre de У. M. I-le, seul dirigeant alors les affaires étrangères, —me pénètrent de la plus vive reconnaissance, et me confirment ce que m'écrivait, il y a quelque tems, un ami: ,Nous avons enfin un Empereur Чи, comme Pierre I-er, aime les discussions, reçoit avec bonté les représentations et écoute avec patience les objections qu'on lui fait; саг feue l’Impératrice, toute bonne et vindulgente qu’elle était, n’aimait guère les discussions, quand

elles étaient en opposition directe à une idée qu'elle avait brise décidément“.

Quel bonheur pour ma Patrie de trouver en V. M. I-le cette similitude avec le fondateur de notre empire, qui sacrifiait son tems, ses aises et jusqu'à son amour-propre au bien de l’état; et qui pensait avec raison que la vraie gloire et le bonheur le plus pur d’un souverain ne peuvent consister que dans la bonne administration de toutes les branches qui composent son gouvernement et dans le bonheur de ses sujets!

La résolution que vous m’annoncez, Sire, de vouloir assister personnellement à l’avenir dans le Conseil, produira un bien incalculable pour l’état. У. M. I-le entendra les discussions opposées sur chaque chose; les opinions contradictoires des membres du Conseil feront que chaque chose sera tournée, retournée et vue de différens côtés. П en sortira une plus grande masse de lumière, et à quelqu'opinion que У.

- М. croira devoir se tenir, dès lors même elle devient la vôtre à vous personnellement, Sire: car vous l’aurez choisie d’après une connaissance approfondie de la chose, librement, par conviction et non par surprise n’ayant entendu que le rapport d’un seul, qui n’aura peut-être envisagé l'affaire que d’un seul côté, et qui lui-même aurait abandonné son opinion s’il l’avait discutée avec d’autres qui lui auraient fait voir les inconvénients de son opinion, et comment pourraiton arranger Гайате d’une toute autre manière pour l’avantage de l’état. Outre cet avantage de vos séances au Conseil, il y a encore celui, qui est inappréciable, qu’en moins de deux ans У. М. I-le acquerra plus d'expérience des hommes et des affaires, et surtout de l’état intérieur de ‘son vaste Empire, que si elle eût continué pendant 40 ans à ne traiter les affaires que dans des tête-à-tête avec les chefs des départemens.

Les discussions dans le Conseil amènent plus d'ensemble dans toutes les branches du gouvernement; elles anéantissent les versalités naturelles ct indispensables qui arrivent par

408 ПОЛЬЗА МИНИСТЕРСКИХЪ COBHTOBS.

les changemens des chefs de départements, soit par mort, soit par retraite; car ordinairement celui qui entre n’a ni le même esprit, ni la même habileté, ni la même trempe de caractère qu'avait son prédécesseur, et ne peut par conséquent voir sous le même point de vue les affaires comme l'autre. П n'est pas rare aussi de voir des ministres qui ont la faiblesse de croire qu'il est honteux de suivre la trace d’un autre et croyent s'illustrer par de nouveaux systèmes, qui renversent tout ce que le prédécesseur avait fait, mais le Conseil étant un centre de réunion pour le grand cercle de toutes les branches du gouvernement, et conservant le protocole de tout ce qui s’est fait par le passé, et les raisons pour lesquelles cela s’est fait, retiendra cet innovateur inconsidéré;, et la marche calme et majestueuse du gouvernement coulera sansinterruption comme le Volga, qui, fertilisant et enrichissant l’Empire, augmente de volume et d’utilité à mesure qu'il continue la longueur de son cours et reçoit les hommages des Russes, qui lui doivent tant de bienfaits, au lieu d’aller en soubresauts, comme ces petites cascades factices des prétendus jardins à l'anglaise, qui finissent par de petits ruisseaux tortueux et à peine perceptibles à la vue. Pardonnez moi, Sire, la longueur de cette lettre. C’est toujours mon attachement à votre sacrée Personne et pour ma Patrie, dont vous faites le bonheur, qui me fait prendre cette liberté.

Londres, le 27 Décembre 1801 (8 Janvier 1802).

Sirel

J'avais fini toutes mes dépêches à У. M. I-le et j'allais les cacheter ce matin, ne comptant plus être dans le cas de l'incommoder par de nouveaux rapports, quand lord Hawkesbury me pria de passer chez lui. Je le trouvai acéablé de

douleur: il ше communiqua qu’on vient de recevoir de Сопstantinople les nouvelles les plus désagréables, et qui affligent infiniment le roi; qu’à peine les Turcs avaient ratifié ce que l'Angleterre avait conclu pour eux dans les prélimiuaires avec la France, du 1-er Octobre, en refusant en même tems la ratification au traité conclu deux semaines après entre Talleyrand et Ali-Effendi, qui n'avait aucun pouvoir pour cela, quand m-r Tamara, qui avait précédemment approuvé la conduite de la Porte à ce sujet, est venu déclarer au ministère turc, que venant de recevoir du comte Marcow la communication d’un article d’une convention secrète conclue à Paris entre la Russie et la France, par lequel celleci devait faire sa paix avec la Porte Ottomane à Constantinople sous la médiation de la Russie, que par conséquent il insiste que cette paix se fasse de la manière convenue par cet article secret.

En me disant ceci lord Hawkesbury ajouta: ,Le roi pouvait-il s'attendre, après les éclaircissemens qu’il vous a donnés en ma présence à Weymouth, et quand je vous priai de prier l'Empereur de sa part de renoncer à ce projet de paix séparée entre la France et la Turquie, parce qu’il ne ferait jamais sa paix sans inclure cette dernière—pouvait-il s’attendre que l'Empereur n’aurait eu aucun égard, et ayant communiqué continuellement à la cour de Russie tout ce qui se passait ici dans les négociations terminées par les préliminaires du 1-er Octobre, pouvait-il croire que le comte Marcow aurait eu ordre d'insérer encore dans le traité qu’il ferait à Paris un article secret pour moyenner cette paix 86parée entre Bonaparte et les Turcs? Je puis vous assurer, ajoüta-t-il, que le roi en est profondement affligé, et ce qu'il y a de plus singulier, est que nos préliminaires furent connus à Paris le 6 Octobre de tout le public et de m-r de Marcow par conséquent, parce qu’ils arrivèrent la nuit entre le 3 et le 4 à Paris, imprimés le 5 et divulgués dans tout Paris le lendemain; et quoique le traité entre le c-te Marcow et Talleyrand fût signé le 8, l’article de faire cette paix

410 asltorbia БОНАПАРТА,

séparée, et à faire, а été inséré lé 8, quoique cette paix fût déjà faite ipso facto le 1-er Octobre à Londres“. Il me parla alors de la singularité sans exemple de toute cette transaction. La France fait sa paix avec la Porte Ottomane à Londres le 1-er du mois, et malgré la publicité de cet engagement, le 8 elle s'engage avec la Russie de faire sa paix avec les Turcs sous sa médiation, et trois jours après la France fait encore une troisième paix avec un Turc qu’elle tire de prison, et qui n’a aucun pouvoir pour la conclure. N’est-il pas visible, me disait lord Hawkesbury, que Bonaparte se joue de tout le monde, et que son audace augmente par l’assurance qu’il a d’être soutenu par la cour de Russie, comme cela paraît visible qu’il l’est déjà par m-r Tamara à Constantinople? П a ajouté les réflexions suivantes: ,L'Empereur nous а fait dire qu'il avait voulu sauver les Turcs sans nuire à la Grande Bretagne en travaillant à pacifier la Porte avec la République Française. Eh bien, l'Angleterre а fait cette paix, et il lui en a bien coûté pour la faire; car Гехpédition de l'Egypte lui a coûté immensément, et l'Empereur, ou plutôt son ministre à Constantinople, vent à présent empêcher la ratification de cette paix“. Non content de ce qu'il venait de me dire, il m’envoya encore à la maison cette lettre officielle que j'ai l'honneur de transmettre à У. M. 1-е avec ses deux annexes.

въ стопамъ всемилостивйшаго моего Государя и быть ` самоличнымъ свидфтелемъ счастя моего Отечества. Остаюсь съ глубочайшимъ Gxarerorbniews и пр.

С. Петербургъ. Asrycra кия 1802.

Съ прЁВзду моего въ Англю, покойной граеъ Чернышевъ просилъ меня, дабы я взялъ въ мое попечене находящихся тогда и впредь посылаемыхъ учениковъ для кораблестроен!я, вои были тамъ безо всякаго призрёня, а по смерти его тесть мой, покойной адмиралъ Сенявинъ, повторилъ MHB туже просьбу, и я какъ по связи моей съ сими двумя начальниками нашего Флота, такъ и’наивящше для пользы моего Отечества имлъ стараше опред%лить сихъ учениковъ къ самымъ хучшимъ мастерамъ и въ TB доки, rxb болЪ кораблей строилось, въ чемъ главнымъ MH былъ помощникомъ достойной нашъ тамъ священникъ Я. В. Смирновъ, который, сдружась съ кавалеромъ Непиномъ, главнымъ секретаремъ Аглицкаго адмиралтейства, rxb онъ имзетъ великое вляше, испросилъ дозволен!е для нашихъ учениковъ входить въ королевск!е доки, тамъ примфчать и работать.

Въ течени 17 л8тъ вышли изъ сихъ учениковъ весьма HCKYCHHE и преполезные для нашего олота мастера, какъ Степановъ, Сарычевъ, Амосовъ, Разумовъ, Зеньковъ и много другихъ, недавно сюды возвратившихся, коихъ, ког- AB я называю мастерами, то за ThMB токмо, что они достойны быть таковыми, хотя считаются подмастерьями. Что касается до охицеровъ, кои отсель посылаемы быля для службы на Аглицые корабли волонтерами, TO Cie заведев!е было сдёлано въ слфдстье моихъ представлен

пояойной Императрицв. Я’ симъ предметомъ занимался съ усермемъ и равномёрною охотою, и похвальное поведене первыхъ 12-ти оФицеровъ наипаче меня ободряло въ семъ упражнени, гдЪ PABHOMBPHO помогалъ мн вышереченный же священникъ. Я думалъ, что и друг!е 12-ть оФицеровъ, кои четыре года тому назадъ смёнили первыхъ, будутъ подражать онымъ. Но въ послвдн! годъ два изъ оныхъ, & именно Муравьевъ и Подкользинъ, кои получили два чина во время ихъ пребываня 85 Англи (Муравьевъ 38 то, что посылалъ разные планы и рисунки, а другой, что былъ рекомендованъ сыномъ Аглицкаго короля, съ коимъ онъ BMCTB изъ Америки воротился) оказали толь явное ослушан!е повельн!ю В. И. B-a, сообщенному имъ мною и посл меня священникомъ нашимъ, что оное будетъ конечно служить примёромъ HHHB прибывшимъ туда 12 охицерамъ, и за тВмъ надаираше мое будетъ столькожь недъйствительно, безполезно, какъ и отяготительно для меня. За тёмъ примаю смьлость просить В. И. В-о уволить меня отъ сего тщетнаго упражнен!я, которое навлечетъ MH неминуемыя безпокойства и непр!ятности безъ всякой пользы для Вашей службы.

Естьли Вы прикажете, всемилостив йш!й Государь, Адмиралтейской Коллеги, дабы она отправила въ Анга!ю коммисара, одного изъ своихъ чиновниковъ, которой бы имЪлъ BMBCTO меня и священника нашего надзиран!е кавъ надъ охицерами, такъ и надъ корабельными учениками, а равно и о помъщени ихъ къ м8стамъ, о доставлени имъ жалованья и при томъ всё сношен!я съ Аглицкимъ адмиралтействомъ, то все будетъ исполнено съ лучшимъ порядкомъ; ибо невроятно, чтобъ кто ни есть изъ морскихъ `офицеровъ осм®лилея ослушаться начальника присланнаго изъ Адмиралтейской Коллеги, такъ какъ они меня и священника ослушались. Симъ способомъ ся часть служеня пойдетъ порядочнве, a я не буду имЪть неизб®жныхъ неприятностей, о избавлеши отъ коихъ прошу В- И. В-о.

St Pétersbourg. Ce 23 Septembre 1802.

Sire!

Le comte Kotchouboy m'a remis la boîte avec le portrait de V. M. I-le dont elle a daigné m'honorer. Cette nouvelle preuve encore de votre bonté pour moi, me remplit d’une reconnaissance que je ne suis pas en état d’exprimer par aucun terme. Qu’ai-je fait, Sire, pour la mériter? Je n’ai que du zèle; mais quel est le Russe qui ne soit pas tout dévoué à un Souverain qui ne s'occupe que du bien de l’état et qui sacrifie tout au bonheur de la Patrie? Comment n’être pas attaché à un Souverain qui nous rend une Patrie que nous avions perdue, qui n'existait plus pour nous, au point que le suprême bonheur qui nous restait, était celui d’être forcés à désirer de laisser nos os dans une terre étrangère plutôt que d’être obligés à revoir notre pays natal?

Je suis du nombre de ces Russes, et je vous dois, Sire, la consolation de désirer et de pouvoir venir terminer ma vie dans le pays où je suis né, entouré de mes. parents et amis.

Il ne me reste qu’à faire des voeux (et je les fais du fond de mon âme) pour la conservation de vos jours, à la continuation desquels est si essentiellement lié le bonheur du plus vaste Empire du monde.

Que Dieu vous maintienne dans la ferme résolution à soutenir l’administration que vous venez d'établir, Sire. C’est votre ouvrage. C’est la seule mesure qui peut sauver l’état, et s’il y a encore quelques imperfections, elles seront faci+ lement corrigées, si vous identifiez votre propre Personne à cette administration salutaire; c’est en la présidant toujours

vous-même que vous la consoliderez en la garantissant en même tems contre les viles intrigues de ceux qui, par la perversité de leur caractère et vivant d’abus, cherchent à les perpétuer, et contre les ignorans et les imbéciles qui, instruments et jouets des fourbes qui les employent, cherchent à faire courir des bruits déshonorants pour vos ministres et vous-même, айп de faire croire que si la nation que vous voulez sauver et qui a confiance dans votre amour paternel, désapprouve ce qui vient d’être fait.

Persévérez, Sire! Dieu bénira votre constance, et vous serez heureux par le bonheur que vous procurerez à plus de 32 millions d’habitans.

Her донесен!я отъ 28 Гюня (10 Гюля), изъ Берлина.

Предоставляя сдфлать Вашему Императорскому Beaxчеству подробное донесене о всемъ что происходило на воноеренщяхъ въ свое время, я теперь, по краткости онаго, буду AwBTE счаст!е представить одни токмо заключеня, которыя съ основательностйо извлечь можно изъ вовхъ словъ, какъ его величества, Taxe и г-на Гардейберга; он вс, въ пространномъ смысл взятыя, по инзн!ю моему, содержатся въ слёдующемъ:

1) Что на добровольное содёйстве е. в. короля Прусскаго въ особождени Европы ни подъ какимъ видомъ на- AbaTEea не можно. 2) Что онъ изъ тфенаго круга, въ которомъ заключиль долгъ свой, принимать дзятельное въ похитическяхъ двлахъ участ!е, ограничивающееся однимъ защищен!емъ сзверной части Герман!и, безъ свльнаго принужден! я не выступить. 3) Что ONE твердъ и иепоколебимъ въ ономъ намфрени и, по CHCTEMÉ, и по расположен:ю своему. По систем8 — потому что онъ пользу свою почитаетъ общею токмо съ т%ми державами,

коихъ, по его MHBHIW, достаточно для защиты ChBepной части Европы; судьбою же прочихъ державъ ожъ нё дорожить, полагая впрочемъ, что разными улбвками и благосклонностями онъ избфжитъ съ Бошашарте ссоры. По расположен!1ю или свойству своему —потому что онъ не имъетъ того духа, который нуженъ, чтобы р%шиться выдти изъ круга или порядка обыкновенной жизни своей, и что излишняя недовзрчивость въ способностямъ и даровашямъ, которыми OH одаренъ природою, заставляетъ его опасаться, что онъ себя обезславитъ, ежели выступить на войну; тёмъ боле, что, слвдуя прим%ру предвовъ своихъ, долщенъ будетъ самъ командовать своею аршею. Къ сему присовокупить можно, что онъ ласкаетъ себя надеждою успёть въ томъ, чтобы, и непринимая участ!я въ войнё, получить выгоды при общемъ замирен!и. 4) Что въ политику его входитъ быть союзвикомъ Poccin только по сёверной части, а не по полуденнымъ владьшямъ ея, въ которыхъ, можетъ быть, и ненепрятно бы было ему видфть ея ослабленною.

Par le baron de Nicolay. Londres, ce 7 (19) Mai 1803.

Le chasseur Тевопгасой, qui nous а été expédié, à mons-r le comte Marcow et à moi, le 12 (24) Avril, est arrivé ici le 2 (14) du courant, et m’a remis le rescript de У. M. I. du 10 Avril. Je me suis rendu tout de suite chez le secrétaire d'état, non seulement pour lui en faire la lecture, mais pour lui en laisser même une copie, afin qu’il puisse la faire voir au roi et à ses confrères les ministres du cabinet. Je lui ai commenté le sens de ce rescript, nonobstant sa clarté, parce que dans le premier mouvement il l'avait envisagé comme plus favorable à la Frace qu'à son pays. Je lui

ai prouvé que certainement toute l'apparence était contraire à l'Angleterre, par l'inexécution du traité d'Amiens dans Гагticle qui regarde le tems et les circonstances de l’évacuation de Malthe, qui toutes concourent à obliger l’Angleterre à effectuer cette évacuation, que, nonobstant que rien ne justifie cette apparence d’inexécution d’un traité solennel, У. M. 1. ne préjuge pas en mal la conduite de cette cour; qu’elle croit même, connaissant le caractère vertueux du roi, qu’il y a d’autres raisons majeures ou des soupçons contre les vues du premier consul, qui ont empêché jusqu’à présent l'exécution de ce traité; et que c’est pour cela que, désirant de prévenir la guerre, vous avez bien voulu offrir, Sire, vos bons offices aux deux parties pour s'expliquer entre elles et employer, si elles le jugent nécessaire, vos ministres résidents dans les deux pays; que souvent on confe plus facilement ses pensées à un tiers qui est notre ami, qu’à un autre avec qui on a des discussions désagréables, et contre la bonne foi duquel on est habitué à être en méfiance; que ce qui a porté le plus У. M. I. à faire ces offres, c’est qu’elle voyait des armemens continués et une négociation prolongée sans qu’on s’entende; car, à l’époque de l’expédition de votre rescript, Sire, il n’était rien communiqué en Russie de ce que ce pays voulait finalement de la France. |

Il a été enfin convenu que Гойге qu’on venait de faire de la part de У. M. Г. ne provenait que du désir de maintenir la paix en Europe, et de témoigner en même tems son amitié à в. m. le roi. П me dit qu'il est sûr que le roi son souverain recevra avec reconnaissance ces nouvelles preuves de l’amitié que vous lui témoignez, Sire, et que cette sollicitude pour le maintien du repos en Europe est bien digne de votre caractère vertueux, Sire; mais que malheureusement la guerre est inévitable, le premier consul ayant refusé net la dernière proposition, qui seule pouvait rassurer ce pays contre le despotisme que le France exerçait sur l'Italie et la Méditerranée, et contre les vues d’agrandissement însatiables qu'elle ne cesse de projeter contre l'Egypte et

d’autres parties de l'Empire Ottoman; que dans le courant de cette dernière négociation le Premier Consul, tantôt avouait lui-même à mylord Whitworth qu’il veut absolument avoir l'Egypte et qu’il laura, tantôt il faisait proposer par son frère Joseph, que si l'Angleterre veut se désister de Malthe, il consentira qu’elle occupe. Candie ou Corfou. L’Angleterre pouvait-elle après ceci se croire en sûreté pour l'intérêt de son commerce dans le Levant et la Méditerranée, ou pouvait- * elle зе reposer sur la tranquillité des possessions turques, qu’elle a garanties, quand elle aurait abandonné Malthe, seul port où elle pouvait maintenir une escadre capable de tenir en bride le Premier Consul, et l'empêcher de faire des expéditions maritimes de ses ports en Provence, qui ne pourraient aller en Sicile, en Egypte et dans l’Archipel sans passer à la vue de Malthe? Qu'en dernier lieu on s'était contenté d'ici de ne garder Malthe que pour le nombre d’années nécessaire pour fortifier l’isle déserte de Lampedouse, bù on voulait faire un établissement militaire et naval, et que cela même а été rejeté par Bonaparte; qu'ainsi on ne peut plus dire que le gouvernement britannique ne s’est pas expliqué clairement; mais оп peut assurer hardiment que c'est Bonaparte qui a toujours tergiversé et n'a offert que des sûretés insuffisantes, illusoires, et qui avait Гат de se moquer plutôt que de traiter sérieusement une négociation aussi importante. Que la nation anglaise est déjà si lasse de la durée de cette négociation, interminable par la mauvaise foi du Premier Consul, qu’elle désire la guerre pour la voir terminée, puisqu'on ne peut la finir autrement; et comme on avait déjà annoncé au Parlement, que si la France ne s'accorde à donner des sûretés convenables dans un certain tems prescrit, après qu’on a perdu neuf semaines à ne rien obtenir, lord Whitworth avait ordre de quitter Paris; et ce terme ayant déjà expiré quand la proposition de V. M. I. arriva à Paris et fut communiquée par le comte Marcow à Talleyrand, lequel a même vu après l’ambassadeur britannique sans lui

donner aucun espoir que Bonaparte accepterait l’ultimatum атхавъ RASE воонцова, вн. 10-я. 27

418 РАЗРЫВЪ ABTAIE СЪ ФРАНЩЕЙ.

qu'on avait donné ici, il a été obligé de partir. Ainsi tout est fini en fait de négociations, et la guerre, va s’en suivre.

J'ai eu beau lui représenter les dangers d’une guerre qui sera plus dangereuse que si on n'avait jamais fait la paix, parce que par cette dernière on a rendu à la France près de 30,000 matelots et toutes ses possessions dans les deux Indes. Je lui ai présenté l’expédient que m'avait suggéré le

` comte Marcow dans une lettre dont je joins ici la copie. Il m’a répondu que la guerre est déjà décidée, et qu’elle sera justifiée aux yeux de У. M. I. ainsi qu'au monde impartial par les pièces de cette négociation, qui vont être imprimées et qu’il enverra en Russie. П me promit à cette occasion quelques exemplaires, dont j'enverrai un à m-r le chancelier de l'Empire pour être présenté à У. M. 1.

C'était le %, que j’eus cet entretien. Le #3 j’ai vu Гашbassadeor de France, qui me paraissait très-inquiet: il avait vu 16 soir du jour précédent le secrétaire d'état; et quoiqu'il ne me dit pas ce qu’il avait proposé, il paraît que sa ргоposition était tout aussi peu satisfaisante que celle qu'on faisait à Paris à l'ambassadeur britannique.

Le 446, à 5 heures du matin, il quitta Londres pour retourner dans sa patrie. On attend d’un moment à l’autre Гагrivée de mylord Whitworth, qui a été retenu par les vents contraires à Calais. Ce même jour, оп communiqua au Parlement la rupture de la négociation, ainsi que le départ de l'ambassadeur de France, et que les lettres de marque pour courir sur les vaisseaux français étaient déjà distribuées, par conséquent la guerre commencée.

Il me reste à présent à présenter à У. M. 1. une induction convaincante, que Bonaparte voulait la guerre, et qu’il ne cherсвай! par la prolongation de la négociation qu’à gagner du tems, pour réunir et mettre en sûreté ses petites escadres répandues autour des différentes isles des Indes Occidentales. Cette induction est la suivante. Pendant la dernière guerre différens particuliers des Etats-Unis de l'Amérique avaient fourni au gouvernement français des vivres et des munitions de toute

espèce pour la valeur de plus de 20 millions de livres tournois, que ce même gouvernement ne voulait jamais leur payer, ce qui indisposait les Américains contre la France et commençait à les attacher à l'Angleterre. La cession de la Louisiane aux Français inspirant beaucoup de crainte aux Etats-Unis, augmentait encore leur haine contre ces derniers. Jefferson, plus attaché à la France qu’à ce pays-ci, envoya un ministre à Paris pour dissuader le Premier Consul de l'occupation de la Louisiane, —ce que celui-ci refusait tout autant que le payement de la dette; et il avait déjà une embarcation préparée avec des troupes à Helvoëtsluys pour aller occuper la Louisiane, quand le différend survenu entre lui et l’Angleterre ne lui permit plus d'effectuer cette expédition. S’il avait voulu la paix, il aurait terminé au plus tôt au lieu de prolonger la négociation, afin d'établir sa nouvelle colonie dans l'Amérique Septentrionale; mais, au contraire, il vient de faire un traité avec l’envoyé américain, signé le 30 du mois passé, par lequel le gouvernement des Etats-Unis prend sur lui de payer à ses sujets les 20 millions de livres tournois qui lui sont dus par la France, qui reçoit en outre une certaine somme d'argent du gouvernement américain, auquel il vend à ce prix la Louisiane. Par ce moyen, d’ennemi qu'il commençait à devenir, il devient ami des Américains, qui, dans cette guerre qui commence, hui fourniront des matelots, des provisions et des munitions aux isles françaises, —qui quand elles seront bloquées, donneront des sujets de querelle entre les Américains et l’Angleterre, par les prises que les flottes de celle-ci feront des bâtimens qui viendront porter des munitions et vivres aux dites isles, ce qui à l’aide de l’ancienne haine qu’a Jefferson contre ce pays-ci amènera une rupture qui occasionnera l'invasion et peut être la perte du Canada. Ce qu’il y a de singulier, c’est que le ministère présent ne sent pas ce danger plus que probable. Il a même la bonhomie de se réjouir de cette acquisition que l’Amérique vient de faire; parce qu’on пе sait pas pourquoi il avait une terreur de ce que la Louisiane allait appartenir à la 27°.

France. П ne voyait pas que cette possession entre les mains

. de sa rivale lui attachait à tout jamais les Etats-Unis aussi bien que l'Espagne, qui aurait été dans des alarmes continuelles pour le danger que courait le Mexique par la proximité d’un voisin aussi dangereux. Les Américains, de leur côté, auraient eu des 4616168 continuels avec ce même voisin si inquiet et si avide de s'étendre.

Il est visible que Bonaparte ne voulait pas laisser Malthe aux Anglais non seulement pour 10 ans, mais pas pour 3 même; car il savait que ce ministère, outre son incapacité reconnue dans les affaires étrangères, était lout aussi incapable dans les affaires internes, particulièrement dans celles des finances, perdait de jour en jour le peu ‘de crédit qu'il avait dans la nation, que sa chute était prochaine, et qu’un autre ministère n'aurait plus évacué Malthe, non qu'il aurait voulu enfreindre un traité, mais qu'il n'aurait pas eu la patience de supporter les infractions et les insolences que lui, Bonaparte, était trop accoutumé de faire; et qu'alors, à la première de ces infractions, ce nouveau ministère aurait de droit gardé Malthe en représailles de la conduite de la France.

Londres, ce 11 (23) Septembre 1803, par un courrier anglais,

Sire!

Aussitôt que je reçus, le “лв du mois passé, par le chasseur [poxmaurift le rescript 46 У. M. I-le du 7 Juillet, auquel était annexé un projet d'articles préliminaires pour la paix entre ce pays et la France, je n’ai pas manqué, après les avoir fait copier, de me rendre chez le secrétaire d'état, auquel après avoir montré et lu les originaux, je lui en “laissai les copies.

J'ai informé m-r le chancelier de l'Empire de У. M. 1-е, dans mes-rapports subséquens, de la mauvaise impression que

ces pièces ont faite sur mylord Hawkesbury, combien peu il a compris le vrai sens et l'intention amicale dans laquelle vous avez bien voulu, Sire, intervenir dans cette affaire. Tout ce que j'ai pu lui dire fit peu d'impression sur son esprit préoccupé de l'idée que У. М. I-le est plus occupée à voir terminer cette guerre, que des moyens à assurer à l’Europe cette indépendance sans laquelle le continent ne sera jamais en sûreté contre une puissance qui, aux forces immenses qu’elle possède, joint un esprit de domination dont on n’a pas d'exemple, et qui veut gouverner tous les autres pays comme le sien propre; que cette puissance viole sans cesse les engagemens les plus solennels; qu'il n’y а rien de sacré pour elle, et que ceux qui veulent ambitionner de porter le nom de ses alliés ou amis doivent d’abord se soumettre à la condition de sujets; qu’il suffit seulement qu’elle déclare la guerre à quelque puissance, que toutes les autres doivent d’abord rompre toute communication avec elle, confisquer les biens des sujets de cette ennemie, arrêter leurs personnes, fournir à elle tous les secours imaginables en troupes, vaisseaux et en argent; qu’il est visible que la possession de Malthe entre les mains de l'Angleterre a enflammé la rage de Bonaparte, parce que cette possession empêche que la Méditerranée ne devienne un lac appartenant à lui, et que ses vues sur le Levant, l'Egypte et de là sur les possessions anglaises aux Indes Orientales, se trouvent entravées.

Il serait trop long et fastidieux pour У. M. I-le si je lui répétais tout ce que je lui ai dit pour diminuer cette prévention dans laquelle il était contre les motifs généreux qui vous ont engagé, Sire, à faire ces propositions amicales. Il me répondit que ce sujet était si grave qu'il mérite de trèslongues méditations avant que de. prendre un parti et faire une réponse à la communication que je venais de lui faire; et que d’ailleurs on était ici tout occupé de la défense du pays, éminemment menacé d’un prochain débarquement médité par Bonaparte avec un assemblage de fureur et de force;

. que si on n'y prélait pas toute l’attention possible et de pré-

férence à toute autre affaire, се pays serait abîmé avant qu’on songeât à arranger les premières bases d’une paix; que dans le fond Bonaparte n’a que l'hypocrisie de la désirer en apparence, tandis que dans son âme il ne songe qu’à la ruine de ce pays, au point qu'il épuise toutes les ressources financières du malheureux peuple qu’il gouverne avec une verge de fer, pour renverser la constitution heureuse sous laquelle vit une nation attachée "à son souverain légitime, à sa religion, à ses loix,et parmi laquelle les bonnes moeurs sont encore respectées.

Depuis ce tems je Га! vu à plusieurs reprises, et nous parlâmes longuement sur le sujet de la proposition de V. M. I-le; je Гар toujours trouvé dans la même fausse opinion, que vous avez changé, Sire, de sentimens et que vous n'avez plus pour le roi et pour le bien-être de ce pays cette affection qu’on croyait apercevoir de tout tems et particulière ment depuis l’extension du despotisme insupportable que Bonaparte exerce sur le continent de l’Europe.

J'ai su de bonne part que le roi a pris aussi cette idée, et que dans son particulier il en a parlé avec beaucoup de sensibilité et de douleur. П me revient aussi que les missions prussienne ct espagnole propagent sous main et dans les papiers publics, que le système de la cour de Russie est changé, qu’elle est visiblement sur le chemin de se rapprocher plus intimement de Bonaparte, et que dans peu on verra les effets de ce changement.

C’est ainsi que cette opinion qui a commencé à s'établir, qui ne fait que se renforcer, et que je n’ai cessé de combattre sans aucun succès, a produit une méfiance qui subsiste et qui a empêché pendant cinq semaines de donner une réponse, parce que, croyant ne pas pouvoir admettre les propositions de У. M. 1-е et ne voulant-pas dire tout ce qu’on sent ici, de peur de la choquer, on ne savait pas quelle tournure il fallait donner à cette réponse. Enfin, hier matin j’ai eu une très-longue conférence avec mylord Hawkesbury, qui me lut le projet de la réponse, laquelle me parut faite dans un sens très-peu analogue à l’amitié avec laquelle vous avez daigné,

Sire, proposer ici des moyens pour amener la paix. J’ai combattu article par article tous les argumens de la pièce dont il me faisait la lecture. Je lui fis voir que ce que vous avez proposé, Sire, était bien plus avantageux pour ce pays que ce qu'avait proposé lord Whitworth dans son ultimatum, par lequel ce pays-ci offrait, sans en être requis par la France, de reconnaitre tout ce qu’elle avait acquis depuis la paix d'Amiens et de reconnaitre tous les gouvernemens qu’elle avait érigés, comme la République Italienne et le royaume d’Etrurie, et tous les gouvernemens dont elle a changé arbitrairement les formes, comime en Hollande, à Gènes et en Suisse; et que dans ce même ultimatum il n’était fait aucune mention de garantie des grandes puissances, et que par conséquent on se remettait à la foi punique d’un Corse qui se fait un jeu en toute occasion de violer les engagemens qu’il avait pris, dès qu'ils contrarient les vues de son ambition insatiable, et qu’on faisait tout cela pour pouvoir garder Malthe pendant dix ans, afin d’avoir le tems de fortifier et agrandir, s’il est possible, le pays de Lampedouse! Au lieu qu’à présent c’est sous la garantie de V. M. I-le que la paix serait faite, et qu’à cette garantie déjà très-grande par elle-même, seraient jointes encore celles des principales puissances de l'Europe; et qu’en même tems les troupes françaises seraient obligées d’évacuer la Hollande, la Suisse et l'Italie, ce qui comprend même le République Italienne. 11 me répondit que les garantics ne sont bonnes et valables que contre une puissance qui n’est pas dans l’état monstrueux de grandeur et de force comme est la France, et qu’ un accord des autres puissances pour la contenir est aussi peu à espérer qu’impossible. Il me cita alors le traité de Lunéville, qui a été enfreint par la subversion de la Suisse, et l'Autriche, qui était contractante dans ce traité, bien loin de protester contre cette violation, a fini par reconnaître comme légal tout ce que la France a fait de violences dans ce malheureux pays. П me cita aussi les traités que Bonaparte a conclus avec la Russie et le royaume de Naples, par lesquels il reconnaissait la neutralité

des états du roi des Deux Siciles en s’engageant à faire évacuer ses troupes d’Otrante et de Tarente; et à présent, en dépit de ces engagemens, n’a-t-il pas fait entrer de nouveau ses troupes dans les susdites villes, sans se soucier des représentations qui ont été faites sans doute de Pétersbourg et de Naples? Il me cita aussi l'invasion récente de l'électorat de Hanovre, malgré la neutralité dont il devait jouir, comme partie intégrante 4ё l'empire Germanique, par les derniers arrangemens faits à Ratishbonne. Enfin, il cita encore l’occupation des territoires appartenant aux villes libres et impériales de Brême et de Hambourg. Qu'ainsi il faut chercher d’autres sûretés contre le despotisme de Bonaparte, qui pèse trop sur les trois quarts de l’Europe; que cet homme n’a proposé l'arbitrage de У. M. I-le que par des vues insidieuses, qu’il pouvait même risquer les intérêts d’un pays sur lequel il n’a aucun droit, et qui étant d’ailleurs d'un caractère tellement immoral et si dénué de tout principe d'honneur, qu’il n'aurait fait aucune difficulté de ne pas se soumettre à cet arbitrage qu’il a fait semblant de demander, dès qu’il. trouveтай qu’il ne remplissait pas toutes ses vues gigantesques; que, quant à l’ultimatum dont je lui а! analysé les articles, il ne pouvait que me répéter ce qu’il m'a dit plusieurs fois auparavant, que ce qu'on а pu faire alors pour éviter une guerre prête à éclater, ne pouvait plus être un motif suffsant pour la terminer après qu’elle a commencé déjà; que cet ultimatum a été, quand il fut connu, plutôt toléré qu’approuvé par la nation, qui dans ce tems n'était pas aussi enflammée qu’elle l’est actuellement par les outrages récents de Bonaparte; que cette guerre a amené tant de discussions de bouche et par écrit sur l'importance de Malthe pour la conservation de l'Italie, de la Méditerranée, de l’Empire Ottoman et même des possessions appartenantes à la Grande Bretagne dans les Indes Orientales, qu’il n’y a aucun” Anglais qui serait actuellement d'accord d’évacuer cette isle, qui possède un port unique dans ces parages pour avoir des flottes stationnées et toujours prêtes à empêcher les Français de

bouleverser cette partie du globe; que, quant à l'électorat de Hanovre, son évacuation ne peut jamais être stipulée comme un échange pour des restitutions des isles et bâtimens pris sur les Français; que le roi ne se permettra jamais, après avoir reçu tant de preuves de zèle et d’attachement de ses sujets dans la Grande Bretagne, de mettre leur bien et leur sang dans la même balance avec ses domaines allemands, et leur faire croire ce qu’il n’a jamais pu avoir dans son âme, qu’il les sacrifie à des intérêts étrangers à ce pays. La lecture du projet de sa réponse était souvent interrompue par mes réclamations et par les explications qu’il me donnait. Je lui demandai qu'est-ce qu'il entend par cette phrase de la réponse, où il est dit: on doit insister sur la possession permanente de l’isle de Malthe, à ` moins qu’on ne puisse fournir des sûretés nouvelles et efficaces pour l'indépendance de la Hollande, de la Méditerranée et du reste de l’Europe? Il me répondit que, quelque importante que soit la possession de l’isle si fréquemment citée, la sûreté de l’Angleterre dans son voisinage immédiat est encore plus importante; que la Hollande. sera toujours province française tant que la France possède les Pays-Bas, et que si elle veut faire le sacrifice d'abandonner la Flandre et le Brabant et rétablir l’ancienne barrière de ce côté, l'Angleterre, se trouvant dans une sûreté plus solide, sacriferait de son côté la possession de Malthe; car, quelque grand que soit l'intérêt de conserver l'indépendance de la Méditerranée et du Levant, l’indépendance de la Hollande est encore plus nécessaire à la Grande Bretagne. Je lui ai dit à ce sujet, qu'il était impossible qu'il puisse croire sérieusement à cet acte de générosité de la part du gouvernement français. Je suis parvenu avec peine à faire changer plusieurs paragraphes qui m'ont paru inconvenables; ‘quoique avec difficulté, il s’y prêta pourtant. Malgré ceci, l’ensemble de cette pièce me déplut souverainement; car il restait visible qu’on ne comprenait pas ici l’intention amicale de У. M. 1-е. C’est pourquoi je le priai de ш’ехешр-

ter de recevoir cette réponse, et qu’il n’a qu’à la faire remettre à Pétersbourg par l'ambassadeur chev-r Warren. П me répliqua que ce n’est: pas à l'ambassadeur britannique que les propositions ont été remises à Pétersbourg; que c’était à moi qu’elles ont été envoyées pour être remises ici, et qu'ainsi c'était à celui qui les a présentées que la réponse devait être donnée. Je lui dis qu’il п’у a que moi qui pourrais me plaindre, si cette réponse ne m’est pas donnée; mais que bien loin de m'en plaindre, je le priais très-instamment de m'exempter du désagrément de faire parvenir à У. M. I-le une pièce que je ne puis que désapprouver et qui me paraît peu convenable. Il a consenti enfin à ma demande: aussi c'est le chev-r Warren qui la remettra à m-r le chancelier de l'Empire.

Лондонъ, or 17 (29) Lions 1804, чрезъ оездъ-егеря Рьтынскаго. Всемилостив йш!й Государь!

Милостивой рескриптъ 38 своеручнымъ подписанемъ В-го И-го В-ва отъ 30 Апрвля я имВалъ счасте получить. Въ ономъ, снисходя на покорнзйшую просьбу мою о возвращен!и моемъ въ Отечество, дабы окончить посл8дaie мои дни въ поков и между моими родными, Вы изволите, всемилостив йш!й Государь, вслЪдстве великаго Вашего снисхожден!я, одабривать мое служенше, чтд я не могу отнести къ другому чему, какъ къ движен!ю Вашего милосерднаго сердца, которое побуждаетъ Васъ изливать милость и къ тёмъ, кои безъ отличныхъ заслугъ и талантовъ преисполнены усершемъ и ревност!ю къ служ- 65 Вашего Императорскаго Величества.

17 (29) Tous 1804.

Sire!

La réception de la lettre dont У. M. [. a daigné m'hoпогег du 30 Avril, ma rendu bien heureux. Il m’est trèsflatteur de voir la bonne opinion qu’elle veut bien entretenir de mes faibles talens et qu’elle croit que je puis être utile à son service en prolongeant mon séjour en Angleterre. Mais ce qui me touche le plus est cette extrême bonté avec laquelle vous vous exprimez envers votre sujet, Sire, en me disant que, quoique la prolongation de mon séjour ici serait utile à votre service, vous ne voulez pas me gêner par égard à ma santé et ma convenance.

Il n’y a plus aucun égard que je puisse considérer et qui puisse militer contre le désir ardent d’obéir aux désirs de У. M. 1., quand j'ai l’espoir d'obtenir ce que j'ai cherché en vain jusqu’à présent, c’est à dire d’être utile au service de mon Souverain, qui me traite avec tant d’indulgence et de bonté. Лаига! ma retraite plus tard, mais je l'aurai avec cette consolation que je désirais toujours obtenir, celle de n'avoir pas été à la fin tout à fait inutile pendant plus de 45 ans que je sers. J'espère que ce qu’il y a à faire sera terminé dans cet 12 mois, mais je ne me permettrai pas de mettre aucun terme ni époque à cette prolongation, et quelque désir que j'aie de passer mes derniers jours en repos au sein de ma famille, j’attendrai sans impatience quand У. M. Г. elle-même jugera que je pourrai jouir du repos sans préjudice aux affaires qu’elle peut avoir à traiter avec ce pays-ci, car le but unique de toute ma vie fut toujours le désir d’être de quelque utilité à mon Souverain et à ma Patrie, et si je puis l'obtenir, je me regarderai comme le plus fortuné des hommes,

Londres, ce 2S' Septembre (10 Octobre) 1804

Sire!

J'ai eu l’honneur de recevoir le rescrit de У. M. Impériale du 18 Août passé, par le chasseur Besseler, et je me suis empressé de le communiquer à mons-r Pitt et à mylord Harrowby, auquel j'ai laissé copie pour qu'il puisse la mon- {тег au roi. Il n’était pas néressaire à moi de m'étendre avec ces ministres, combien vous étiez, Sire, sensible à la confiance amicale du roi dans tout ce qui regarde le salut de l’Europe, objet du désir de ce souverain, et qu’il ne veut attendre que par l'entremise de У. M. I-le, la mettant pour ainsi dire arbitre dans ce grand but, et ne désirant négocier avec les autres cours que par votre entremise, dans laquelle seule il met sa confiance. Tout ce que j'aurais pu dire sur ce sujet aurait été bien faible en comparaison du rescrit de Votre M-té Impériale, exprimé avec une si excellente logique et avec autant de clarté que d’amitié pour le roi. Le rescrit de У. M. était tel que je l’aurais gâté en voulant le commenter. Ces ministres l’ont lu avec une satisfaction inexprimable, et quelques jours après l'ayant communiqué au roi, ils m'ont prié de vous exprimer, Sire, la reconnaissance de leur souverain pour la manière amicale avec laquelle V. M. I-le a reçu les communications que sa m., par le canal de ses ministres, m’a fait transmettre pour être présentées à Pétersbourg;, que le roi a lu avec reconnoissance toutes les pièces que vous m'avez envoyées, Sire, relatives à la correspondance entre la Russie et la France, pour être communiquées ici, que le roi admire la sagesse et la franchise que V. M. met dans tous ses rapports avec les puissances étrangères, rapports qui ne sont dirigés que pour le salut du continent de l’Europe; mais que, malheureusement, les vues perfides et l'ambition insatiable de Bonaparte ne permettent plus de douter de l’inefficacité de le retenir par des négo-

ciations, quoique fondées sur la justice la plus rigoureuse, et qu'il est plus pressant que jamais de recourir à des moyens plus efficaces pour arrêter cette ambition croissante; que c’est dans la sagesse de У. M., dans sa puissance et dans l'influence qu'elle doit avoir sur les autres cours, que repose à présent plus que jamais l'espoir du roi et de l’Europe; enfin qu'il espère que vous parviendrez, Sire, à réveiller les cours de leur léthargie fatale qui les empêche de voir les bords du précipice près duquel elles semblent être endormies.

V. M. verra par mes rapports officiels à son ministère combien on est porté ici à complaire avec empressement à ses vues qui m'ont été détaillées dans différentes dépêches que le même chasseur m'avait apportées.

Permettez-moi, Sire, de me mettre à vos pieds et de vous exprimer ma profonde reconnoïssance pour la bonté avec laquelle vous daignez vous exprimer à mon égard sur le re- ‘tard de l’époque où j’espérais jouir du repos. Votre Majesté Impériale met un bien trop haut prix à mes faibles services; tout autre que moi la servirait de même et beaucoup mieux, parce qu’il aurait plus de talents. Il ne m'est pas difficile, au reste, d'exécuter les ordres que je reçois, quand ils sont si sages et si clairement énoncés.

О Londres, се 16 (28) Décembre 1804.

Sirel

J'ai eu le bonheur de recevoir par mons-r de Novossiltzoff les deux rescripts de У. M. I-le du 10 Septembre. En me mettant à vos pieds, Sire, pour vous exprimer ma profonde reconnaissance pour la manière pleine de bonté et de confiance avec laquelle vous daignez vous exprimer envers moi, tant sur les affaires que sur l’envoi du dit ministre-adjoint de la justice, je puis assurer У. M. I-le que

qui que ce soit qu’elle eût envoyé ici aurait trouvé еп moi l’aide le plus cordial et le plus 2616 pour remplir l'objet qu’elle а eu en vue par cet envoi; et comme je connais depuis longtems m-r de Novossiltzof, dont je sais apprécier les talens naturels et acquis, les connaissances, l’excellent jugement et le zèle le plus pur pour У. M. I-le et pour le bien de l’état, ce sera avec une satisfaction redoublée que je m’empressera à lui procurer les moyens de remplir sa commission conformément aux vues de V. M. I-le. Je n’ai eu rien de plus pressé que de communiquer à lord Harrowby, étant alors à Bath, le rescript de У. M. I-le sur la manière dont elle envisage les affaires actuelles de l’Europe. Il l’a lu avec grande attention et une plus grande satisfaction encore, admirant la justesse et la magnanimité avec lesquelles vous vous exprimez, Sire, sur cet important objet. Па observé avec admiration combien vous voyez заgement, ,qu’il n'est pas possible de se dissimuler que, supposant même que Bonaparte n’avance pas plus loin dans ,»ses usurpations, il n’en régira pas moins arbitrairement la partie de l'Europe qu'il tient sous sa domination, et „пе permettra pas à l’autre d'être sans inquiétude sur nes projets ultérieurs“. ,Vous voyez les dangers qui découlent de cet état des choses pour la plus grande partie „де l'association européenne, les frais immenses qui en résSultent, les malheurs qui doivent nécessairement assaillir l'humanité si on laisse tontes les notions de justice, de droit et de more politique s’effacer de manière à les faire juger par le triomphe de l’iniquité et du crime, entièrement rillusoires et superflues dans la conduite des gouvernemens, soit envers leurs sujets, soit envers les autres états, ce qui nvous ferait désirer ardemment de contribuer activement au réntablissement de l’ordre et du bonheur en Europe, si vous mPouviez avoir l'espoir de parvenir réellement à ce but dénsirable. П ne serait pas, ce vous semble, Sire, impossible à atteindre, si deux puissances telles que la Russie et ГАпm&leterre, unies par des liens intimes, se mettaient en état

de déployer les moyens qu’elles peuvent avoir en leur pou- Voir et agissaient dans le même but et sur le même prin- „сре“. Que ‘le but qu’on зе proposerait en allumant une guerre générale ne pourrait être différent, que de faire cessser les dangers dont l'Europe est menacée par l'agrandissement démesuré de la France; de rendre l’indépendance aux nétats qui gémissent sous le joug dé Bonaparte, et d'assusrer pour l'avenir sur des bases solides la tranquillité géné- -rale en Europe“.

nQu'en cas qu'une guerre heureuse nous donnât l'espoir nd’arriver à l’objet que У. M. I-le vient d'indiquer, il faudrait d'avance se proposer la question, si l'Europe pourrait „зе croire en sûreté, et si° Гоп ne risquerait раз que les nScènes dont nous sommes les témoins, пе se reproduisent #à tout moment, aussi longtems que la France continuerait n'être régie par un gouvernement fondé sur la plus insigne sfourberie, et qui au moyen des prestiges et des fantômes “que l'hypocrisie politique peut seule engendrer, se donne „дез forces factices dont les mouvemens irréguliers et сопwvulsifs sont aussi nuisibles à la France qu’alarmants pour le reste de l'Europe. Cet état des choses ne tendant à | rien moins qu’à replonger l’humanité dans l’ancienne barbarie, personne ne saurait disconvenir que toutes les rai- Sons se réunissent pour souhaiter qu’il puisse être remplancé en France par une constitution plus sage et plus calcunée à produire le bien de l'humanité et la sûreté future des autres états. Jusqu'à quel point ce second objet, comme nComplément du premier, pourait entrer dans les buts du эсойсег des deux puissances, est un point qui demanderait à être mis au clair entre elles“.

Que ,sans doute dans aucun cas le désir d’un changement ndans l'intérieur de la France ne devrait être dévoilé avant île tems, et les circonstances seules décideraient de l’instent ой Гоп penserait à le mettre en exécution, mais si Ales deux puissances savent, par leur conduite, prouver qu’elles

“ne veulent que le bien même d’une nation souffrante, et que,

432 MEBHIE ПИТТА.

sans rien lui imposer à cet égard, elles dirigeaient son voen “vers son plus grand avantage, on pourrait s'attendre que la masse bien pensante et tous les divers partis également contraires au présent gouvernement contribueraient puissamment au succès de l’entreprise. C’est pour se donner ce эшёше avantage, que l'on n'a pas eu assez en vue précédemment, qu’il serait convenable aussi, que dans les pays qui se trouveraient successivement delivrés du joug français, „Гоп adoptât pour règle de convaincre les habitans que l'on ne vise qu'à leur rendre le bonheur et à leur laisser jouir „Фи gouvernement le plus conforme à leur souhait“.

M-r Pitt convint avec satisfaction, que rien n’est plus sage que la manière dont У. M. I-le- voit le présent et prévoit ce qu’il y a à faire pour l’avenir; que certainement l’Europe est en danger, tant par l’exorbitante puissance de la France, qui pèse sur les autres états, que par sa forme de gouvernement, qui est le plus arbitraire, étant régi par l’homme le plus arrogant, le plus insatiable dans ses usurpations, et pour lequel il n’y а rien de sacré. Il s’accorda aussi qu’il serait à désirer de voir que la France, rentrée dans ses anciennes limites, pût reprendre son ancienne forme de gouvernement sous son souverain légitime; que ce dernier point est conforme à la justice et à la plus saine politique; mais, tout en convenant avec V. M. I-le de travailler à ce but quand une guerre heureuse le permettrait et la disposition de la France elle-même у paraîtrait favorable, il convint aussi qu’il serait plus prudent de ne pas le dévoiler dans le commencement, surtout aux Français, qui, dans la crainte qu’on voudrait sans les consulter leur donner un nouveau maître, se réuniraient peut-être au tyran même qui les opprime. Ainsi cet objet lui paraissait ne devoir être regardé que comme secondaire, et non pas comme une condition absolue. Que le principal objet serait de pousser une guerre vigoureuse, qui, étant couronnée de succès, ferait rentrer la France dans ses anciennes frontières, puisque le danger de l’Europe vient moins du саractère de Bonaparte que de l'immense étendue territoriale

qu’il possède et qui lui fournit les moyens 4’ехегсег за tyrannie, en. opprimant les faibles et en intimidant les puissances les plus formidables du continent, excepté la Russie. Que les mêmes moyens qu'on devait employer pour l’accomplissement de cet objet principal présenteront aussi la meilleure chance de rétablir enfin la monarchie; qu'il est à espérer que les armées françaises, battues et découragées, forcées de rentrer dans leurs anciens foyers, produiraient un dégoût universel contre le gouvernement dans la majorité de la nation, qui, méprisant le gouvernemeut qui lui inspire actuellement de la terreur, se déclarerait elle-même pour le rappel des princes de la maison de Bourbon, sous le règne desquels elle jouissait de plus de repos, d’aisance et de liberté; et c’est alors que les alliés devraient se déclarer ouvertement pour la même cause, ayant Гай’ de seconder les voeux de la nation française au lieu .de vouloir la forcer à recevoir un maître qu'on lui donnerait malgré elle-même; que e’est de l’exorbitante puissance actuelle de la France, qui a renversé tout équilibre en Europe, que vient le danger imminent de cette partie du monde; et que tant qu’elle n’est pas réduite aux limites qu’elle avait avant sa révolution, jainais l’Europe ne sera tranquille, et dépendra toujours du libre arbitre de celui qui sera à la tête du gouvernement français.

Па ajouté qu'il est consolant que У. М. 1-е, possédant une puissance réellement formidable et jouissant par là d’une très grande influence sur les monarchies autrichienne et prussienne, soit dans les principes qu’elle vient d’énoncer par ce rescript; et qu'il est bien consolant pour le gouvernement britannique de se rencontrer précisément dans une conformité absolue de ces mêmes principes; que le gouvernement britannique les a toujours professés; les faits de la guerre passée le prouvent mieux que toutes les assertions possibles; que dès le commencement de la révolution, tandis que la France n'avait l'apparence que de diminuer l'autorité royale

sans vouloir attaquer ses voisins, l'Angleterre resta tran- АРХИВ ВНЯЗЯ ВОРОНЦОВА, RE. 10-я. 28

484 КОНФЕРЕНШИ ВЪ ПАРИЖ»Ъ И AHXIS.

quille, mais dès que l’esprit de désorganisation s’empara tellement de toutes les têtes françaises, que le projet manifeste des démocrates fut ouvertement mis en exécution pour exciter tous les peuples à se révolter contre leurs gouvernemens légitimes, on commença ici à se préparer à La guerre; mais ce qui engagea ce pays à у entrer avec plus de confiance, fut que la feue Impératrice de Russie ne cessait de faire des instances à ce gouvernement pour l’engager dans cette guerre, en l’assurant qu'elle у prendrait part et у partagerait tous les périls, offrant de faire un traité d'alliance sur cet objet, traité qui fut signé et mis en exécution par l’Angleterre; que ce pays, abandonné par la Prusse, par l'Espagne, par la Russie et deux fois par l'Autriche, continua seul la guerre, tandis qu’il dépendait de lui, en rendant une partie de ses conquêtes maritimes, de faire une meilleure paix et beaucoup plus tôt que la dernière paix autrichienne, ce qui aurait rendu la France encore plus maîtresse qu’elle ne Га été à dicter,la loi à l'Allemagne et à l'Italie. Que cette constance du gouvernement britannique était fondée autant sur l'honneur que sur l’espoir probable (si les autres puissances avaient suivi leurs vrais intérêts), que, malgré toutes ces paix séparées que les autres cours faisaient avec Bonaparte, elles reviendraient de leur erreur et recommenceraient la guerre, laquelle les tenait au moins dans une indépendance honorable, au lieu que la paix misérable qu’elles avaient obtenue les mettait dans une sujétion avilissante.

Que par une suite des mêmes principes, dans les négociations avec la France à Paris et à Lille (qui sont imprimées et connues de tout le monde), l'Angleterre, s’occupant moins de ses intérêts que de l'indépendance du continent, offrit à la France de lui rendre toutes les importantes conquêtes qu’elle avait faites sur elle aux Indes Occidentales, si la France voulait rendre les Pays-Bas et ce qu’elle a envahi sur le roi de Sardaigne. Qu'il ne me rappellait ce fait que pour servir auprès de У. M. 1-е de garant certain de la loyauté avec laquelle ce gouvernement se conduit toujours envers ses

alliés, ainsi que dans toutes ses transactions envers qui que ce sit, et pour prouver combien les sentimens et les vues de Votre Majesté dans les circonstances actuelles sont conformes aux principes qui depuis si long tems .et dans les occasions les plus marquantes ов. dirigé la conduite de l’Angleterre.

Il me dit encore que c'est avec une joie inexprimable qu’il voyait dans le rescript de У. M. I-le, ,qu'elle n'a que plus d'envie de rétablir et de consolider les liens de bonne vbarmonie entre la Russie et l'Angleterre, très-assurée, squ'outre les raisons d'intérêt réciproque qui doivent rendre nces deux pays éternellement unis, le cabinet de Londres était plus propre que tout autre à admettre dans sa politique les principes généreux qu'elle voudrait voir adopter à tous les gouvernemens“.

C'est ainsi que se passa ma première entrevue avec се ministre, et dont Га! eu lieu d’être très-satisfait, car les premières bases posées sur un accord parfait des principes, le résultat ne peut qu'être de très-bon augure. Il ne restera plus que des menus détails toujours faciles à arranger.

Depuis cette conversation j’en ai eu encore plusieurs autres. * M-r de Novossiltzoff a eu aussi occasion de converser avec m-r Pitt. Peu de tems auparavant, lord Harrowby étant devenu très-malade, fut obligé d'aller à Bath; j'ai cru devoir aller trouver mylord Harrowby pour lui communiquer les intentions amicales de У. М. 1-е pour ce pays et généreuses pour le continent, à la délivrance duquel elle s'occupe avec tant de soin. А mon retour de Bath, qui fut suivi par celui de mylord Harrowby, il vit m-r de Novossiltzoff et lui parla dans les mêmes termes que m-r Pitt, mais par malheur ce secrétaire d'état ayant fait une chute qui mit sa vie en danger, et qui le met: pour plusieurs semaines dans l'impossibilité absolue de vaquer aux affaires, je ne traite plus qu’avec m-r Pitt seul. L’ayant revu plusieurs fois, nous parlâmes toujours sur le même sujet, et toujours il ne parlait qu'avec admiration de la sagesse et de la magnanimité de V. M.

1-е, et combien il est heureux que son souverain et le mien soient si parfaitement d'accord sur les intérêts de l'Europe et qu'ils voient tous les deux que l'alliance entre eux et leurs pays est la plus utile de toutes celles qui peuvent exister entre toutes les autres puissances du monde; que les intérêts réciproques de nos deux pays sont tels, que cette alliance, qu'on ne saurait jamais assez tôt conclure, devrait être encore sans terme et permanente. Qu’au premier loisir, qu’il tâchera de se procurer aussitôt que possible, il m’enverrait son opinion par écrit sur les bases sur lesquelles une nouvelle coalition contre le pouvoir exorbitant de la France pourrait se former et se conclure. Dès que je l'aurai, je ne manquerai pas de la transmettre à У. M. 1-е.

Londres, ce 26 May (7 Juin), 1805.

Sirel

.Le rescript de У. М. I-le du 3 Avril m'a été remis par le feldjäger Berens le 27 Avril (9 May). Il m'est arrivé dans le fort des affaires parlementaires et des embarras dans lesquels s’est trouvé et se trouve encore le ministère par les suites des attaques de l'opposition contre mylord Melville, qui en a été la victime. Le but de cette faction fut de renverser m-r Pitt, et elle y a mis tout l’acharnement et toute la malice que la rage secondée de beaucoup de talens a pu déployer. Sa tentative contre le premier ministre n’a pas réussi et ne réussira pas, quoique cette cabale continue à lui susciter des embarras dont la fin ne peut être entrevue qu’à la terminaison de cette séance du Parlement, qui probablement sera prorogé dans trois semaines. A la suite de plusieurs motions pour la recherche des dépenses qui ont eu lieu dans la guerre passée, il y a eu plusieurs comités choisis par la Chambre des Communes pour l'examen

de ces affaires, avec pouvoir d'interroger tous ceux entre les mains desquels passait l’argent public. M-r Pitt a été interrogé à plusieurs reprises dans un de ces comités; et comme dans ceux-ci il ÿ a toujours, parmi les membres qui les composent, plusieurs du parti de l'opposition et que chacun de ces membres a le droit de faire telle question qui lui plaît à la personne qu’on examine, ils ont tâché avec beaucoup d’art d’embrouiller et d’embarrasser m-r Pitt dans l'espoir de le trouver coupable de négligence; саг, qnant à l’intégrité, ils ont été forcés d’avouer dans la Chambre des Communes, dans les comités et dans le public, ainsi que dans - leurs sociétés intimes et particulières, qu'ils n’ont pas l'ombre de soupçon contre la fidélité et la pureté de ce ministre dans tout ce qui regarde l'administration des finances. La seule chose qu’un de ces comités trouva, est que dans un besoin urgent, pour soutenir la maison de banque de Boyd et Benfield, il a ordonné que 40,000 |. st. fussent tirées -du fonds de la Marine pour être prêtées à cette maison sur des sûretés suffisantes et légales; et quoique cette maison repaya cette . somme et que le public n’y a rien perdu, c'était pourtant une mesure contraire à un acte du Parlement. Mais m-r Pitt a prouvé qu’il a sauvé des sommes dix fois plus considérables à l’état, en prenant sur lui cette mesure; parce que l'emprunt qui devait se faire cette année et qui était de plusieurs millions, aurait été presqu'impossible d’être fait, et, s’il l'avait été, l'intérêt pour cet emprunt aurait été à un taux très-dommageable pour l’état, si la maison de Boyd et Benfeld eût fait banqueroute sans cette assistance, dans laquelle le public n’a rien perdu; et la faillite de cette maison aurait entraîné la faillite de plusieurs autres maisons des plus considérables de la Cité. Nonobstant cela, m-r Whitbread se propose Mardi prochain de faire une motion dans la Chambre des Communes pour obtenir un уфе de Маше sur ш-г Pitt, à cause de cette mesure illégale; mais il est certain qu’au lieu de blâme, il ne recevra que l’approbation de la Chambre. Quoique l'attaque personnelle contre m-r

488 Условия KOAZEIE.

Pitt finira ainsi, l'embarras du ministère ou plutôt du premier ministre ne finira pas de sitôt; car ces recherches sur plusieurs départemens l’obligent, comme chef de l’administration et comme celui qui dirige effectivement le tout, à veiller continuellement à tous ces examens, étant en même tems occupé à pourvoir à l'expédition et à l'arrangement de tout ce qui regarde la guerre présente; aussi il n’a pas un moment à lui.

Je suis entré dans ces détails, Sire, pour expliquer les causes pour lesquelles on a tant tardé à répondre aux communications que j'ai faites à Ja suite des ordres de У. M. 1-е, et que depuis j'ai retardé moi-même, ayant vu la fâcheuse impression que ces communications ont produite ici, espérant du bénéfice du tems et qu’on pourrait trouver quelqu’expédient, quelque mezzo-termine, pour ne pas rompre un accord si salutaire pour le bonheur de l’Europe. Je préférais avoir une réponse plus tardive, que de l’avoir contraire aux désirs de V. M. I-le.

Ayant communiqué à m-r Pitt et à lord Mulgrave ensemble le rescript de У. M. I-le du 3 Avril, je les ai trouvés comme frappés d’un coup de tonnerre, particulièrement m-r Pitt. Je ne Га! jamais vu si accablé de douleur; саг, quoiqu'il fût déjà prévenu par lord G. L. Gower du contenu du traité provisoire qu’il allait signer à Pétersbourg, il ne pouvait croire que У. M. 1-е fût ainsi décidée à n’admettre aucune modification à l’article de Malthe, comme il Га vu par le rescript que je lui ai donné à lire. Après s'être геmis, il me dit que ce qu’on demande du roi est une chose qui ne dépend pas de sa ш. ni d'aucun de ses ministres, vu que le Parlement et la nation ne le souffriraient pas; qu’il voyait avec douleur qu'il faut regarder cette affaire comme manquée et renoncer à un accord si cher et si précieux, qui faisait l'objet de ses voeux, puisque la résolution de У. M. de soutenir ce qu’elle a proposé pour Malthe,” est итбуоса е; que ce qu’il dit n’était que d’après son opinion individuelle, et que je recevrais la réponse officielle après

qu'il aurait présenté à la connaissance du roi et des membres du cabinet la communication que je venais de lui faire. Je l'ai vu quelques fois depuis et avec beaucoup de difficulté, à cause de l’immensité de ses occupations, qui ne permettent pas qu'on le,voye souvent. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour l’engager à chercher dans son vaste génie quelqu’expédient qui puisse empêcher la rupture: il m’a constamment répondu à cela, qu'il ne cessait Фу penser, mais qu’il ne trouve rien qui puisse engager le Parlement et la nation à abandonner Malthe; ее qui, suivant l'opinion générale et bien fondée, serait abandonner la Méditerranée, la Sicile, tout le Levant et l'Egypte au pouvoir de la France. Peu de tems avant que j’aie reçu le rescript auquel je réponds, lord Mulgrave, dès qu’il eut la première information préventive de l'ambassadeur à S-t Pétersbourg sur le contenu du traité qu’il allait signer, m’adrgssa une lettre officielle à ce sujet, où la négative de l'évacuation de Malthe était clairement exprimée. Je lui dis positivement que je ne pouvais pas la recevoir, et que je ne l’enverrais pas à 8-1 Pétersbourg, parce que nous devions attendre l’arrivée des courriers qui nous porteraient le traité, et qu’il serait assez à tems alors de raisonner sur son contenu; et que même ce qui lui paraisзай à présent impossible d'accorder, serait peut-être envisagé autrement après une plus mûre méditation du contenu de l’ensemble d’une transaction aussi importante; mais en même tems j’ai fait part au prince Czartorisky de cette lettre officielle, que je lui ai transmise in extenso, afin que У. М. fût prévenue d'avance de la résolution probable et finale qu’on prendrait ici sur cette affaire. Je voulais, en attendant, tenter tous les moyens possibles d'éviter cette rupture, et j'en étais là quand Valouëf, qui arriva ici Samedi le 1 de Juin п. s., me remit le rescript de У. M. I-le du 3 May, avec les importantes annexes relatives au vaste plan digne du Souverain de la Russie. Je les ai communiquées aussitôt que j'ai pu me procurer une entrevue avec ш-г Pitt, où а assisté aussi le secrétaire d'état. Ils en furent extrêmement

440 HACTPOEBIE АНГЯИСКАГО НАРОДА.

satisfaits. М-г Pitt s’étendit en admiration sur la grandeur du plan et toutes les parties qui coïncidaient à l’ensemble et rendaient la réussite aussi assurée que possible; sa grandeur même est un mérite de plus: car, quand même des circonstances imprévues obligeraient à le restreindre, il resterait encore assez grand et assez efficace pour assurer le. suecès; au lieu que s’il était d’une moindre étendue, le plus petit retranchement que des circonstances imprévues auraient forcé d'admettre, l’aurait rendu tout à fait inefficace. П ajouta que, plus il admire ce grand plan et la grande volonté de M. V. I-le de sauver l’Europe, plus il est douloureusement affecté que l'évacuation de Malthe n’est pas révoquée dans ce que je venais de lui communiquer, quoiqu'il soit persuadé que si V. M. connaissait la disposition de la nation anglaise, et la forme pratique du gouvernement de ce pays, qui est obligé de se soumettre à la volonté décidée de la nation, elle n’aurait pas exigé cette évacuation qui est tout à fait impossible; mais comme il est tout naturel que vous ignoriez, Sire, la forme de l’administration de ce pays dont la pratique ne ressemble en rien à la théorie, qui seule est connue au dehors, et que peu d'étrangers qui résident même dans ce pays connaissent (car ce n’est que le tems et une étude suivie et assidue qui peuvent mener à la comprendre) il n’est pas étonnant que У. M., ayant cru qu'il dépendait du roi et de ses ministres de faire ce qu’elle désirait, ait demandé l’évacuation de Malthe; et qu'il peut m'assurer que pour peu que la chose fût possible, même au risque de faire naître ici quelque mécontentement, on aurait saisi cette occasion pour vous prouver, Sire, la déférence extrême qu'on а ici pour tout ce que désire У. M.; que c’est avec regret qu'il пе. peut assez m’exprimer, ainsi que tous ceux qui connaissent bien ce pays, qu’il n’est pas question d’un mécontentement partiel, mais que ce serait un cri général d’indignation contre une administration qui signerait un traité où l'abandon de Malthe serait stipulé, que cette administration serait renversée, le traité désavoué, et la na-

tion, tout occupée de за vengeance contre les fauteurs d’un tel arrangement, empêcherait, par la confusion qui s’en suivrait sans doute, la nouvelle administration de s'occuper avec attention de la guerre présente, ce qui abîmerait ce pays et ferait triompher la France; que malgré qu'il ait souvent espéré qu'on rendrait plus de justice à la modération du roi, si on veut considérer son caractère, qui ne s’est jamais démenti dans un si long règne, il se croit obligé d’entrer à présent avec moi dans quelques détails au sujet de Ре qui se trouve à présent être la pierre d’achoppement qui va rompre l'accord entre les deux pays; qu'il me prie donc de représenter à У. M. I-le que l’isle de Malthe n’aurait été d'aucune importance pour l'Angleterre, si la France eût été dans l’état où on l’a vue sous les trois Louis qui ont régné avant la révolution qui, bouleversant le pays où elle a pris naissance, bouleversa aussi les 4, du continent et finit par donner à la France un gouvernement militaire le plus despotique de tous, et avec une extension de frontières et une puissance directe sur ses voisins telles qu’on n’a jamais vu de plus formidable au monde; que c’est surtout au midi de l'Europe que sa puissance est effrayante,— maîtresse absolue de toutes les côtes depuis Cadix jusqu'à Civita-Vecchia, ayant ou à elle-même ou à sa disposition les ports de Cadix, de Carthagène, de Toulon, de Gènes, du golphe de la Spezzia, de Porto-Ferrajo, tous ports militaires, la Méditerranée est un lac qui lui appartient en propre dès qu’une escadre anglaise ne peut plus être stationnée à Malthe. Elle а encore des ports en Corse et elle sera maîtresse des ports de la Sardaigne et des Deux Siciles; et comme ses vues croissantes d’une ambition démesurée, qu’il est impossible de пе pas voir, s’étendent jusqu’à la souveraineté de l’Archipel et de tous les parages du Levant, qu’elle médite le démembrement de l'empire ture et l’envahissement de l'Egypte, dont la possession entre les mains des Français les mettrait à * tenter de chasser les Anglais des Indes Orientales, ee qui ruinerait la Grande Bretagne d’une manière absolue, —cela

oblige impérieusement le gouvernement britannique à garder Malthe, dont l'entretien civil et militaire et l'entretien de Гезсайге toujours permanente dans son port seront des dépenses très-lourdes pour ce pays, sans lui porter d’autres avantages, qui sont pourtant d’une importance majeure, que d’assurer l'indépendance de la Méditerranée et du Levant ainsi que de l'Egypte contre les pouvoirs exorbitans de la France. Qu’une garnison russe dans la dite isle n’empêcheгай pas la France de dominer sur toutes ces eaux; qu’il faut Tune escadre très-forte, perpétuellement stationnée à Malthe et toujours prête à rencontrer l'escadre française 401 voudrait donner la Joi dans ces mers, qui puisse empêcher Гехtension des vues de domination du gouvernement français: que Malthe, occupée par les forces navales de l'Angleterre, n’est pas un lieu offensif contre la France, si elle veut rester tranquille et ne pas attenter à l'indépendance des autres; mais que c’est un point purement défensif pour résister aux violences de Bonaparte ct de ses successeurs; c’est un point d’où les forces navales de l'Angleterre protégent tout le littoral de tous les pays depuis Gibraltar jusqu'aux Dardanelles, Smyrne et Alexandrie; qu’il me prie donc encore d'exposer toutes ces raisons auprès de У. M. I-le et qu’il espère qu'elle verra que la sûreté de l’Italie méridionale, des isles Ioniennes et de toutes les possessions de l'Empire Ottoman, est essentiellement liée à ce que Malthe reste à l'Angleterre. En lui répondant que je ne manquerais pas de vous présenter, Sire, tout ce.qu'il venait de me dire, je le priai de s'occuper de се que je venais de lui communiquer, qu'il ya plusieurs points qui méritent une considération profonde et après cela une expédition aussi prompte que possible, comme par exemple, qu'est-ce qu'il y a à faire si la cour de Vienne se refuse de coopérer contre la France? Que faudra-t-il faire si on se trouve obligé d'attaquer le roi de Prusse? Que pense-t-il sur la coopération britannique sur le bas de l’Elbe et du Weser? Sur les subsides à donner à la Suède pour l'entretien de son armée en Poméranie? Sur les transports à

AO0PAB ИЮЛЬГРЭВЪ. 443

préparer pour le passage de поз troupes de la mer Noire aux isles loniennes? Enfin, sur tous les autres points qui sont contenus dans les papiers que j'ai reçus et qu'il venait de lire. П me répondit qu’il sent toute l'importance de ces points, qui sont d’une nature que si même on n'était pas si accablé d’affaires internes et parlementaires, qui le privent de tout moment de repos, il lui faudrait du tems pour y délibérer; mais qu’à présent qu’il a moins de Joisir que jamais, il demande du tems pour y réfléchir et songer aux grandes mesures proposées par У: M. I-le; et il ajouta avec un air très-affligé: ,et qui sait si tout ce travail ne sera pas en vain, quand l'impossibilité dans laquelle nous sommes d'ésvacuer Malthe, doit rompre le concert entre les deux pays“ Je lui représentai qu'un homme d'état comme il est ne doit pas, à tout événement, avoir à se reprocher de n’avoir pas pris toutes les mesures qui dépendaient de lui pour que, si l'accord n’est pas rompu, tout fût prêt pour le mettre en exécution. C’est la dernière fois que je Га! vu. Il est ассаblé d’affaires, её hier il a été malade au point qu'il n'a pu aller à la Chambre des Communes; mais j'ai eu de ses nouvelles aujourd’hui, et il est mieux et ira au Parlement ce soir.

а! reçu hier, avec une date de la veille, une longue lettre officielle de lord Mulgrave avec une autre plus courte, qui est précisément mot pour mot comme celle qu’il m'avait envoyée il y a quelques semaines et que j'ai transmise au prince Czartorisky. J'avais alors refusé au secrétaire d'état de la communiquer à У. M. I-le, dans l’espoir que je recevrais une lettre plus conforme à l'attente de У. M. Je les envoye ici toutes les deux en originaux, et, faute de tems, sans pouvoir les faire traduire. Je les envoye de cette manière, sachant que У. M. sait langlais et que le prince Czartorisky le comprend aussi également.

Je ne puis vous cacher, Sire, que j'ai été pendant tout ce tems, à plusieurs reprises, dans un certain espoir qu’on trouverait ici quelque expédient à contenter У. М.1-е. Cet

espoir était fondé sur le désir ardent du roi et de m-r Pitt de concourir à tout ce qui peut vous être agréable, Sire. Ils s’en sont occupés longtems, mais ont fini par être convaincus que, vu l’état des choses dans le midi et la disposition décidée de la nation contre l’abandon de. Malthe, il était impossible de trouver cet expédient. C’est donc à la sagesse de У. М., à ses vues si grandes et si généreuses pour la délivrance de l’Europe, à décider ce qu'il reste à faire.

Лордъ Гарроби, членъ Кабинета и посл господина Питта наилучшая голова здВшняго министерства, отправляясь въ Берлинъ съ временною коммисцею, ввроятно что поздетъ къ Вашему Императорскому Величеству; за TMS почитаю долгомъ моего служен!я предувздомить Васъ, всемилостив йп!Й Государь, о талантахъ и политических правилахъ сего министра.

Ou есть человёкъ преисполненный знашемъ и прещедро одаренъ талантами отъ природы. Весьма привязанъ къ системв твсной дружбы между Poccien и Великобритан!ею. Все cie заслуживаетъ вниман!я Вашего Императорекаго Величества, когда онъ будетъ имВть счасте предстать предъ Вами. Я совершенно увфренъ, что Вы будете довольны, всемилостив йш!Й Государь, его искрен- HOCTIW въ донесешяхъ, кои онъ будетъ двлать Вашему Императорскому Величеству касательно до ‘дВлЪ, коими упражняется теперь вся Европа, а наипаче Вы, всемилостивйш Государь, толь сильно и дВятельно ее оборовяющ! отъ неистоваго ига, что дерзкой Корсиканской извергъ наложить на нее старается.

Sire!

J'ai reçu le rescrit de У. M. 1. du 6 Février. La bonté avec laquelle elle а daigné prendre part à ma juste et profonde affliction au sujet de la mort de mon frère, qui a été non-seulement le meilleur ami que j'avais au monde, mais qui m’a servi constamment de père, me pénètre de la plus profonde reconnaissance; et la manière dont elle s’exprime sur les services du feu chancelier de l'Empire et sur les sentimens qu’elle : conserve pour la mémoire de cet ancien serviteur. de l’état, est aussi encourageante pour les fideles sujets de V. M. 1. que consolante pour les parents et amis du défant. -’°

Quant à la partie de votre rescrit, Sire, qui regarde mes faibles services, elle est trop flatteuse et trop au dessus de leurs extrême faiblesse, pour. que je puisse l’envisager autrement que comme une nouvelle preuve de l'extrême bonté et indulgence de У. М. 1.

Permettez moi, Sire, de vous exprimer mes très-humbles remercîmens pour la bonté que vous avez eue de permettre que je puisse présenter ici la lettre de récréance que j'ai depuis plus de deux ans, ce qui me mettra dans l’heureuse situation de п’ауот plus à me mêler des affaires dont l’importance était toujours trop au dessus de la faiblesse de mes moyens, et dont le poids me devient de jour en jour plus pesant par l’âge et l’affaiblissement progressif de ma santé.

J'espère pouvoir dans trois semaines d'ici présenter la lettre de récréance, et je présenterai alors au secrétaire d'état, d’après la volonté de У. M. 1., le baron de Nicolay comme chargé d’affaires jusqu’à l’arrivée de mon successeur; en attendant j'ose vous assurer, Sire, que le baron de Nicolay est bien digne par ses talents, ses connaissances acquises, ses moeurs et sa prudence, de la confiance dont У. M. I. а daigné l'honorer dans cette occasion.

En me pressant de présenter la lettre de récréance pour sortir des affaires que l'affaiblissement de ma santé me rend moins propre que jamais à bien conduire, ce même état ds santé m’oblige d'aller pendant l'été vers la côte pour prendre des bains chauds de mer, се qui ш’аззиго le moyen de ргоfiter cette année de la bonne saison pour la navigation pour retourner par mer en Russie. Je supplie donc У. M. I. de m’accorder la permission de rester dans ce pays, en particulier, jusqu'à l’année prochaine.

Permettez-moi, Sire, de vous présenter ma profonde reconnaissance pour la bonté que У. M. I. a eu de permettre que mon fils puisse passer trois mois avec moi. Ц est arrivé ici le 9 de Mars et repartira le 9 Juin, се qui fera justement le terme qui lui est accordé. J'avais besoin de cette consolation après le malheur qui nous opprime, moi et mes enfants, par la perte du chef de notre famille, qui nous a servi de père.

Du 6 (18) Avril 1806.

Par le translaleur Elston.

Sire!

Ayant appris, il y 5a 6 jours, que Il. mm. viendraient en ville Mardi, que le roi aurait un lever particulier, Mercredi, à la maison de la reine, et que la reine serait au cercle au palais de St. James le Jeudi suivant, j'ai tout de suite écrit au secrétaire d'état m-r Fox, pour que je puisse présenter mes lettres de récréance Mercredi au roi et avoir le lendemain mon audience de la reine, се qui fut d’abord arrangé. M'étant rendu avant-hier Mercredi à la maison de la reine, je fus introduit par le secrétaire d'état dans le cabinet (d'après l'usage tout prudent que le secrétaire d'état entre et reste pendant que le ministre ait vu le roi), auquel en présentant ma lettre de récréance, }’ойге à sa majesté l'assurance de la

constante amitié de У. M. 1., amitié fondée sur les intérêts immuabies des deux pays et sur la profonde estime qu’elle sent pour les vertus de в. m.

Le roi reçut cètte assurance avec beaucoup de sensibilité et s'étendit pendant longtemps sur la liaison naturelle entre les deux pays, en ajoutant: ,Vous savez vous-même, ear je svous l’ai souvent dit et répété depuis 21 ans que nous nous sConnaissons, qu'un bon Anglais doit être bon Russe, de même qu’un bon Russe doit être bon Anglais; qu’il faudrait renonnter au bon sens et donner dans des idées chimériques et sabsurdes pour s’imaginer qu'il puisse exister une alliance Plus naturelle et plus solide dans le monde, que celle entre la Russie et la Grande Bretagne, qui ne sont ni voisines ni d'un même genre de puissance, chacune d'elles étant puissante sur des élémens différens; l’une étant la plus formindable puissance militaire sur le continent, et l’autre étant vinsulaire avec la flotte la plus nombreuse, qu'aucun pays ait jamais eue; elles n’ont aucune raison d’être rivales et de se méfier réciproquement; bien loin de cela, elles peuvent s’entreaider de la manière la plus efficace, et comme leur position géographique, qui fait la base de leur union ne peut раз Changer, cette union doit être éternelle. Ce qui collobore encore plus dans шоп âme l'utilité de cette alliance, c’est le caractère de l'Empereur actuel de Russie“. Là il donne un libre cours à son coeur et parle de У. M. 1. avec‘abondance de sensibilité, admirant la grandeur de vos vues, votre caractère généreux qui s'indigne de l’abus du pouvoir et de l'oppression que les puissants exercent sur les faibles; que c'est pour délivrer l'Europe de son oppression que vous avez pris les armes, que vous у avez déployé le courage et la fermeté les plus sublimes, et que si vos efforts avaient été dignement secondés par ceux qui avaient le plus à gagner dans votre assistance, l’Europe aurait été libre. Il blâme Гагmisticc d’Austerlitz et la paix de Presbourg, qu’il attribue, à une terreur panique qui aveugla l'empereur d'Allemagne; mais il blâme encore plus la conduite fausse plus que double et

encore plus impolitique de la Prusse, qui а paralysé la marche d’une partie de votre armée, Sire, qui а procrastiné le départ de Haugwitz, et qui ne faisait avancer ses propres troupes vers la Bohème qu'à pas de tortue, pour donner le temps à Bonaparte de combattre avec plus de certitude de succès contre У. M. 1., qui attendait encore plusieurs corps qui venaient la joindre et qui n'ont été retardés que par les hésitations simulées de la cour de Berlin. Que même après la perte de la bataille d’Austerlitz, la Russie pouvait tomber sur Bonaparte et l’écraser, саг il n’avait ni une si grande, ni une si bonne, ni une si fraîche armée à opposer à celle que le maréchal Müllendorff pouvait conduire en Moravie, si le саbinet de Potsdam l’eût voulu sérieusement; que dans ce cas l'armistice et la paix de l'Autriche eussent été rompus et l’armée de V. M. I. ne se serait pas retirée et aurait joint le miaréchal m-r Müllendorff ou l’archiduc Charles. Que cette duplicité ‘dé la Prusse sera punie, parce qu'ayant perdu toute la considération, elle a perdu aussi son indépendance et finira par être avilie par ce même Bonaparte, qui va la traiter comme la Bavière, les pays de Wurtemberg et de Baden, ainsi que la Hollande, qu’on ne doit regarder que comme des provinces françaises. Que nonobstant tout ceci, cet état de choses en Europe est trop violent pour pouvoir durer et prendre racine et que pourvu que la Russie et la Grande Bretagne restent unies entre elles, on ne doit pas désespérer.

Cette audience dura plus de 9, d'heure, pendant lesquels le secrétaire d'état n’était qu’auditeur.

Hier Jeudi, }’еиз mon audience de congé de la reine, à la- . quelle Га? fait de la part de У. M. 1. les complimens d'usage et qu’elle a reçus avec beaucoup de sensibilité, en me priant d'assurer У. М. L. aïnsi que les deux Impératrices, de son amitié, de son attachement et de sa profonde estime.

En quittant ma place et les affaires, je me mets aux pieds de У. M. 1., en la suppliant d'agréer ma profonde reconnaissance pour la bonté qu’elle a eue de me permettre de quitter

lés affaires, dont le poids était toujours trop lourd pour mes très-faibles tâlens, et qui ше devenait plus pesant que jamais par l’affaiblisement progressif de ma santé.

Si dans les 5 années que j'ai eu l'honneur de servir ici У. М. 1., j'ai mal exécuté ses ordres, ce que j'ai tout lieu de croire, je vous supplie, Sire, de ne l’attribuer qu’à mon défaut d’habileté, mais non à un manque de zèle. Vous avez, Sire, des millions de sujets plus capables de vous bien servir, mais il n’y en a aucun qui puisse me surpasser en zèle et attachement pour mon Souverain et ma Patrie.

Par ordre de У. M. 1.; j'ai établi ici, comme chargé d'affaires jusqu’à l’arrivé de mon successeur, le baron Nicolay, auquel j'ai remis les archives.

Southampton, се 6 (18) Août 1806.

Sire!

Le terme de sept semaines, que j'avais pris la liberté de prolonger le séjour de mon fils dans ce pays par la nécessité de ne pas le laisser partir malade, étant passé, il m'avait quitté dans cette ville et était déjà à Londres, d’où il devait partir dans quatre jours pour retourner en Russie, quand j'eus le bonheur de recevoir la lettre pleine de bonté dont vous avez daigné m'honorer, Sire, du %, Juillet passé, et dans laquelle se trouvent les mots suivans: Vous pouvez le retenir auprès de vous non seulement jusqu’au ‘terme que vous avez demandé, mais même au delà si le soin de sa santé l'exige. .

Nonobstant que le médecin exigeait de lui qu'après toutes les drogues qu'il а prises et qui l'ont beaucoup affaibli, il devait se fortifier par l'usage continuel de bains froids репdant trois semaines, je n’ai pas osé le retenir davantage et abuser de l'extrême bonté de Votre Majesté Impériale, mais ce qu’elle vient de m'écrire. m’a enhardi de faire revenir mon

fils pour trois semaines ici, à Southampton, où il у a toutes АРЕНВЪ ВНЯЗЯ ВОРОНЦОВА, вн. 10-я. 29

les commodités pour prendre ces bains; après quoi, еп рагtant, il ira tout aussi vite qu’ur courrier pour se rendre à son poste sans le moindre délai.

Permetter, Sire, qu’en me mettant à vos pieds, je vous exprime ma profonde reconnaissance pour la bonté que vous avez eue de me donner les moyens de raffermir la santé de mon fils, qui est l'unique rejeton d'une branche d’une famille qui s'est toujours dévouée au service de l’état. Elevé par son père et son oncle dans les prineipes de l’attachement le plus pur et le plus actif pour sa Patrie et son Souverain, et étant heureusement né avec ce sentiment dans son âme, j'ose assurer Votre Majesté Impérisle qu’elle n’a pas de sujet plus fidèle que ce jeune homme.

L'extrême indulgence avec laquelle vous daignez, Sire, vous exprimer envers moi sur mes faibles services, et la ^ bonté avec laquelle Votre Majesté Impériale m'a traité à l’occasion de ma retraite des affaires, que je n'ai désiré de quitter que par l'impossibilité de pouvoir les suivre, vu mon âge et mes infirmités corporelles, ше comblent d’une reconnaissance que je sens beaucoup plus que je ne puis exprimer; et Votre Majesté Impériale a vérifié notre ancien proverbe: За Богомъ молитва, а за Государемъ служба никогда не пропадетъ. А quoi donc peuvent s'attendre ceux qui ont eu le bonheur et les talens nécessaires de rendre des services signalés à Votre Majesté et à l’Empire, quand elle me traite avec tant de bonté, malgré le peu de moyens que j'ai et mes faibles services, qui ont été si insignifians pour le bien de l’état? Quelle consolation pour la Russie d’avoir un tel Souverain!

C’est avec ces sentimens gravés dans mon âme que j'ai le bonheur d’être,

Sire, de Votre Majesté Impériale le plus humble et le plus dévoué de ses sujets . 5. С. Worontzow.

Traduction de la lettre de 5. А. 1. le Grand-Duc de Russic au comto Woron- 20w, du 7 Juillet 1797.

Monsieur le comte,

Je joins ici ma réponse pour sa majesté le roi de la Bretagne à sa lettre par laquelle elle m’informe du mariage de sa fille avec mon oncle. Cette lettre m'a été remise par monsieur Whitworth, c’est pourquoi je vous prie de remettre Ia mienne à S. M. de la même manière.

de profite de cette occasion pour vous prier relativement au jeune homme qui a été longtemps auprès de moi; il est Anglais et il s'appelle James Grange. Sa mère était chargée de l'éducation des nièces de madame Protassoff, dame d’hon-

* neur, dont une est mariée à monsieur Rostopchine, comme je crois que vous le savez. Ce jeune homme a bien étudié et il n’y a pas longtemps qu’il est retourné de Berlin, où Па fait ses études. Mon intention était premièrement de le placer dans notre Collége des affaires étrangères, mais les places y étant devenues à présent très-difficiles pour les obtenir, et lui-même désirant de retourner dans за patrie, je m’empresse de vous le recommander et je fais cela pour lui comme une marque de ma gratitude. Je serais bien content si vous pouviez lui procurer une place dans le département anglais des

affaires étrangères, ou dans la trésorerie ce qui lui convient et ce qu’il désire, il a l’âge de 21 ans, sa conduite est trèsbonne. Si cela est possible, je vous en serai reconnaissant à jamais. Comme nous nous trouvons au mois de Juillet, par conséquent il ne pourra pas venir en Angleterre cet été, et il lui est impossible de quitter la Russie avant de recevoir votre réponse: il sera à Londres au commencement de l’été prochain. Je demande votre pardon en ce que je vous incommode de telles commissions, mais je ressens un grand plaisir que me donne cette occasion de vous témoigner les sentiments d’une considération distinguée avec lesquels je serai toujours

votre affectionné Alexandre.

Sur la frégate l'Emmanuel, dans la rade de Cronstadt.

Письмо Вашего Императорскаго Высочества отъ 7-го Jos я имьлъ caacrie получить. Отвётное же письмо ваше къ 6го величеству королю доставлено, & замедлилъ я отв®чать Вашему Императорскому Высочеству за Th, что должно мн было собрать ифкоторыя справки касательно до пристроен!я здёсь Англичанина James Grange, которой имълъ счаст!е служить вамъ, всемилостив йш! Государь. Посл разныхъ освздомлешевъ, что я получиль о семъ nbxb, имЪю чеёть донести, что въ иностранной здзшн департаментъ пометить его не можно; а конеч- HO онъ можетъ получить какое ни есть место зависящее отъ казначейства, дающее 200 или 250 ©. с. жалован!я, что двлаетъ на наши деньги 1600 и 2000 рублей. Но не- OTMBHHO надо, чтобы онъ самъ былъ здёсь въ Лондонз;

*) Такъ въ своеручномъ черновомъ подлинник; титулъ цесаревича присвоенъ былъ поздне великому кназю Константину Павловичу. IT. Б.

#60 за глаза человвку никёмъ здёсь незнаемому ничего не дадутъ. Надо также, чтобы онъ снабдилъ себя нзкоторымъ запасомъ терпвн}я; поелику одна, но пренесносная, непраятность всёми чувствуема въ Auraix, изобилующей всякими выгодами и удовольствями, T$, что всё Abza, малыя и большя, неважныя и преважныя, исправляются съ неввроятною медленност!ю и проволочкою. Охнакожъ Ваше Императорское Высочество можете быть увврены, что человфкъ, который имВлъ счаст!е служать вамъ и заслужить ваше къ нему благоволеше, будетъ пристроенъ приличнымъ образомъ.

Позвольте ми, всемилостив®йпий Государь, принести В-у И-у В-у наичувствительнайшее мое благодарен!е за михостивыя ваши ко Mub выраженя. Я почитаю себя счастливымъ, видя неоцфненную милость, каковою меня удостоиваете. Всепокорно прося о продолжен оной, остаюсь съ глубочайшимъ почтешемъ, всемилостивзвиий Государь, Вашего Императорскаго Высочества

Письма императрицы Мари @еодоровны къ | ‘ rpasy С. Р. Воронцову.

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