‹ Arkhiv kni͡azi͡a Voront͡sovaChapitre 3 sur 14 · ПОЪЗДКА КЪ POSE · texte numérisé non relu

ПОЪЗДКА КЪ POSE

est à une demi-versté de Lyndhurst, ancienne et petite bourgade, existant avant la venue de Guillaume le Conquérant, et c’est là que son fils et son successeur fut tué à la chasse. C'est dans la nouvelle forêt, à 9 milles de Southampton. Le maître de la maison est on ne peut pas plus hospitalier. П a une superbe bibliothèque. C’est пп homme infiniment instruit, de beaucoup d'esprit, de jugement et d’une grande habileté dans les affaires. Personne ne connaît mieux que lui l’histoire de son pays, les différentes connexions des partis, des intérêts, et de la force ou de l'influence que les familles ont dans les élections parlementaires dans toutes les provinces de lAngleterre. Personne ne зай mieux que lui tout ce qui regarde le commerce, les manufactures et les finances de ce pays. На été pendant 17 ans premier secrétaire de la trésorerie et a été constamment l’ami et le bras droit de monsieur Pitt, avec lequel il a quitté ensemble les affaires. П reste toujours membre du Parlement. Sa conversation est aussi agréable qu’instructive.

Demain je retourne proche de Southampton pour passer trois jours chez monsieur Sloan, membre du Parlement, homme de beaucoup d'esprit et de connaissances. C’est un des plus aimables et vertueux vieillards que j'aie jamais connus; il me rappelle mon bon ami, le défunt monsieur Stuart Mackenzie. Il est très-vertueux et d’un caractère gai; avec une âme très-indépendante, n'ayant jamais fait la cour à aucun ministère, il a toujours voté suivant sa conscience. Ayant ce caractère, et avec les grands biens qu’il possède dans cette province, il a ici beaucoup d'influence. Je lui suis très-attaché, parce que pendant ma persécution, quand je vivais à Southampton, il n’y a sorte d'amitié et d’attention qu’il ne m'ait témoignées.

Comme sa campagne est proche de la ville, j'irai là tous les jours pour prendre les: bains de mer chauds. Katinka restera ces trois jours chez une de ses amies qui demeure à un demi-mille d'ici: c’est la fille de notre médecin et ami le chevalier .Farquhar. Après cela nous nous rejoindrons chez

un autre ami, monsieur Tate, dont la fille est liée avec la mienne. Leur campagne est sur le golfe avec une vue superbe; Michel la connaît et doit s’en souvenir: car c’est là qu’il а été pour la première fois de sa vie à la chasse.

Je reçois tous les jours des lettres de Londres, où je puis revenir dans 10 heures. Vous ne sauriez croire combien ces courses me font du bien; à peine ai-je quitté Londres que j'ai commencé à me mieux porter.

Londres, le 14 Octobre n. s. 1803.

C'est à la campagne de lord Spencer que j'ai reçu votre lettre, le lendemain du départ de Michel. Je vois qué vous étiez affecté de son départ *), mon bon ami. Гезрёге en Dieu qu'il nous conservera ce bon garçon, et s’il revient bien portant, comme je l'espère, ce voyage lui fera du bien. Il aura le moyen de connaître une grande partie de la Russie. Il fera trève à ses occupations triviales, de monter la garde et de ne songer qu’à son peloton, et surtout il sortira un peu de ce tourbillon des sociétés de la résidence où il n’avait pas un instant à réfléchir. Je vous avoue que je voudrais le savoir hors du régiment des gardes, mais il paraît que c’est bien difficile; car vous ne m'avez jamais répondu sur cet article.

Lord Spencer, dont j'ai quitté la campagne hier, a la plus nombreuse et la plus belle bibliothèque qu’un particulier ait jamais eue au monde. Il a à Altrop 30 mille volumes où tout ce qui est classique, science, histoire, antiquité, belles-lettres, mémoires, beaux-arts, histoire naturelle et économie politique, se trouve complet et dans les meilleures éditions qu’on

ait faites. L’arrangement de cette bibliothèque est tel qu'on peut trouver dans un instant tout ce qu’on veut lire. La compagnie se trouve, excepté à dîner, au milieu des livres. On y déjeune et on y reste jusqu’à la nuit. Le maître et la maîtresse de la maison sont remplis de connaissances et sont très aimables. Lord Macartney y était aussi, et j'ai passé mon tems avec eux d’une manière délicieuse. Aussi je compte faire encore une course chez eux.

Voici une lettre pour le prince Adam Czartoriskoy de la part de sa soeur. Faites-lni bien mes amitiés.

Je vous envoye les copies de la lettre que l’Impératricemère m'a écrite et de ma réponse à Sa M. I; je l’ai donnée à Nicolaï pour qu’il la remette lui-même.

Londres, le 18 Octobre 1803.

Vous me dites que la veille vous avez passé toute la soirée avec monsieur de Nowossiltzow et le prince Czartoriskoy, et que vous vous plaisez beaucoup avec eux. Certainement c’est une société très-agréable: ils ont beaucoup d'esprit et sont dans de très-bons principes, ce qui est assez rare de nos jours. Je vous prie de leur faire mes amitiés et de dire au second que dans sa réponse, que j'ai reçue de lui il y a quelques jours, en défendant les autres branches de notre administration, il m’abandonne celle de la justice, qu’il est impossible de défendre. П ne me réconcilie pas avec notre administration: car peut-on appeler gouvernement régulier là où la justice n’est qu'une injustice perpétuelle, ayant à sa tête un poëte fougueux, sans jugement, d’un caractère entreprenant et vindicatif, qui non seulement à secoué toute responsabilité, mais a assujetti même le Sénat, qui devait avoir une surveillance légale sur lui et qu'il a assujetti en l’insultant par écrit? Ce -mal est irréparable, саг quand

on chasserait même се fou, le Sénat restera toujours dégradé, et je sais qu'il y a bien d’autres ministres qui prêchent et agissent contre l'autorité du Sénat, qui ne peut plus se relever de la dégradation où on Га mis à l’insu de ГЕшреreur, auquel on a mal représenté la chose, parce que l’intérêt et la vanité de plusieurs y étaient intéressés.

Je vois Boutourline le bourdon à la main dans son pèlerinage pour aller baiser les pieds du S-t Père.

Londres, le 19 (31) Octobre 1803.

Le comte Markow est retourné à Paris. Je le plains bien sincèrement, car il a affaire à des gens violents et gâtés per la bassesse de plusieurs .puissances dont les ministres ont perdu toute idée de la dignité de leurs cours. Or, le comte Markow n'appartient pas à une de ces cours, et sent toute la dignité de son Souverain, ainsi que ce qu'il doit à son propre honneur. C’est ce qui fait qu’on le calomnie, qu’on désire son rappel et qu’on lui donne tous les dégoûts imaginables afin de se débarrasser de sa personne, dans l’espérance qu’il sera remplacé par quelque Sprengporten ou quelque Allemand bien vil et bien intéressé.

Londres, le 28 Octobre п, в, 1803.

Il est malheureux de voir la profusion des présents distribués pour les manoeuvres: ’арреПе présents, car on ne peut pas, sans le prostituer, у substituer le mot de récompense. Que fera-t-on donc à ceux qui servent l’état avec distinction

et coopèrent au bien de l’empire, ou à ceux qui le défendront contre l’ennemi, s’il y a jamais guerre? Cela fait pitié, en vérité.

Vous serez étonné quand je vous dirai qu'il y a 15 jours que je sais ce que vous m’écrivez sur le prince Lopoukhine; mais je ne l’avais pas cru alors, parce que c’est l’imbécile Демидовъ qui a écrit de Paris au révérend Smirnow ce qui suil: „внязь Лопухивъ отсель uobxazs въ Pocciw, чтобъ быть генералъ-прокуроромъ“.

Je ne suis pas étonné que notre cher ministre du commerce soit un des soutiens du poëte enragé qui a été toujours lié avec les Illuminés comme Tonci et Witowtow, et ce dernier est ami intime du с. №. Roumantzow, qui se sert de lui et d’un aide-de-camp de l'Empereur, qui, il y a 9 ans, était sergent aux gardes dans le régiment d'Ismaïlowskoi et qui est à présent comte, pour intriguer, savoir ce qui зе fait chez l'Empereur, et pour se faire prôner par eux *). Cet aide-de-camp a été ici comme courrier il y a 8 ou 9 ans, et n'était qu'un sergent. Etant à Pétersbourg, j'ai vu que le ministre du commerce était très-intime avec lui et chuchotait avec lui à la cour. Mais pour ce qui est de У. Zoubow, je ne conçois pas quel rapport il peut avoir avec Derjavin, à moins que par sa grande astuce il n’ait trouvé le secret de gouverner pour ses vues particulières cet enragé ingouvernable.

Je vous ai dit que le comte Kotshoubey m'a écrit il y a 15 jours; c’est après cinq mois de silence qu’il l’a rompu pour m'envoyer son докладъ sur les manufactures et le sel. C'est une brochure que vous devez connaître, et c’est à cette occasion qu’en me parlant de "Michel, il me dit qu’il. le voit peu, ce dont il est fâché; mais qu’il sait du comte Tolstoÿ qu’il se conduit à merveille et comme officier, et comme gentilhomme, et qu’il est aimé et estimé généralement dans tout le régiment.

Pour revenir à notre cher ministre du commerce, il me revient qu’outre son imbécilité qui fait beaucoup de mal, il a pour chef de sa “chancellerie un certain J....., qui est un fripon de la première classe, qui le gouverne tout à fait et qui met tout à l’encan et au dernier enchérisseur, que tout est vénal chez lui, que les friponneries qui se font à la douane n’ont jamais été poussées chez nous, dans les tems les plus déréglés, comme à présent; que les recommandations que le ministre fait à l'Empereur pour des places et des récompenses dans ce ministère, sont d'avance vendues par ce 1...) qu’en un mot, c’est un vrai scandale.

Vous m’étonnez en me disant que Derjavin a accaparé notre petit Galitzin. Comment est-il possible que ce jeune homme, avec beaucoup d'esprit et ne manquant pas de jugement, ай pu s’aveugler sur un homme qui ne met aucune hypocrisie dans се qu'il fait et dont toutes les actions mettent en évidence son caractère brouillon, enragé et vindicaüf? Si je l’avais appris de tout autre que de vous, je ne l'aurais jamais cru.

Bien obligé, mon ami, pour le portrait de la jeune Impératrice que vous m'avez envoyé. Je désire J’avoir, parce que je veux le faire graver avant que de quitter ce pays; car vous savez qu'il n’y а pas de bons graveurs chez nous.

Je vous envoie ma réponse à m-r Witowtow, que je vous prie de lui envoyer. Ce monsieur m'a écrit une lettre particulière pour me dire que l'Empereur ordonne que je laisse retourner en Russie le jeune Sabloukow, qui était auprès de moi à la mission de Londres. J'ai cru que sur tout ce qui regarde la mission je ne pouvais recevoir d'ordre que de vous. || n’est ni sénateur, ni aïde-de-camp général; aussi, sur aucun sujet, il ne devrait donner des ordres.

Londres, le 1 Novembre п. s. 1803.

Les papiers de Paris parlent avec affectation de la fréquence des lettres entre l'Empereur et Bonaparte: que ce dernier traite les affaires directement avec Sa М. 1. sans qu’elles passent par les mains du comte Markow et du ministre russe, que le comte Markow va bientôt quitter Paris, que dans un bal qu’a donné Bonaparte, où ce Premier Consul a beaucoup dansé et où tout le corps diplomatique a été invité, le comte Markow seul ne Га pas été. Si cela est vrai, j'espère qu'on aura assez de dignité chez nous pour ne pas faire sentir qu’on a remarqué cette impertinence, et qu’on affectera de ne pas parler à Hédouville et qu'on l’exceptera de l’invitation au théâtre de l’Hermitage.

Londres, le 4 Novembre n. s. 1803.

.…Quant au courrier entre ce pays et la France, en гепvoyant un que j'avais ici de monsieur Markow, quand j’ignorais que Bonaparte avait décliné notre proposition, il ne fut pas reçu à Calais et fut obligé de retourner ici; alors, en l’expédiant par Morlaix, j'écrivis une lettre particulière à Oubril, en lui disant qu’il pourrait bien parler avec le ministre des relations extérieures, que si on vent travailler à la paix, il ne faut pas entraver le passage des courriers. C’était un nommé Loewenstern, attaché à la mission de Paris et frère de celui qui est auprès de moi, que j'avais réexpédié: car, pour le chasseur, il reste encore faute d'occasion, et je suis résolu de le garder ici pour l’expédier après la descente, car vous serez sans doute bien aise d’en avoir les vrais détails, vu que ceux que vous aurez de Paris et de la Haye seront

fabriqués par le Premier Consul pour en imposer au continent.

J'ai vu deux bulletins de Paris, de ceux que le gouvernement de ce pays-là fait circuler. П y est question des nouvelles scènes entre Bonaparte et le comte Markow. J’admire la ténacité de ce dernier; car quant à moi, il y a longtemps qu'à sa place j’aurais demandé mon rappel. Il п’у a rien de plus désagréable que d’avoir de ces sortes de scènes et d’avoir à faire avec des gens qui n’ont ni foi ni loi, et qui ne mettent plus, je ne dis pas de l'hypocrisie, mais ont mis de côté toute décence et retenue. La manière dont on traite à Paris les ministres qui ne veulent pas faire les valets et méprisent la conduite aisée et abjecte d’Azzara, de Lucchezini et de Dreier, devrait obliger les cours qui sentent leur dignité à ne plus tenir des ministres en France, ou au moins de n’y tenir que des chargés d’affaires. Mais qu’on fasse ce qu’on voudra, il faut pourtant s'attendre que plus on passe au Corse, plus il devient impertinent.

Londres, le 8 Novembre п. s. 1803.

Le prince Czerkasskoy est arrivé ici. J’ai à peine de quoi employer Nicolaï, Smirnow et Longuinow, et on m’envoye Bariatinskoy. On veut donc habituer les gens à la fainéantise. C’est très-facile, mais c’est impossible, après qu'ils ont pris ce pli, de les rendre capables à servir l’état. Votre Collége, qui contient ‘plus de monde que tous les bureaux de tous les secrétaires d’état de’l’Europe ensemble, reçoit journellement de nouvelles recrues. On dit sur cela qu'ils sont sans appointements, et que le Souverain ne perd pas son argent, mais le Souverain perd les hommes en les rendant fainéants et incapables de le servir jamais, ce qui est bien plus que de perdre de l'argent. Tout cela vient de la malhey-

reuse facilité de l'Empereur, qu'on assiége de tous côtés et qui n’a pas la fermeté de refuser des demandes aussi indiscrètes; aussi je vois souvent dans notre gazette, que tel ou tel autre est placé au Collége des affaires étrangères par ordre exprès de l'Empereur. | paraît que votre département est la carrière la plus recherchée pour être au service et avancé sans rien faire, et en se rendant incapable de rien faire à tout jamais. Si cela se fait pendant que vous êtes en place et que vous n’encouragez pas cet abus, que sera-ce donc quand vous la quitterez?

Comme, dans votre dernière lettre, vous me marquez, mon bon ami, que vous alliez le lendemain parler à l'Empereur sur votre retraite et que vous y insisterez, je suis impatient de savoir le résultat. Votre santé m'est plus chère que tout, et puisqu'elle souffre par votre séjour à Pétersbourg et par l'application aux affaires, je désire que vous quittiez; mais il est certain que la Russie et la partie de l’Europe qui n’est pas livrée par force ou volontairement au despotisme du Corse, perdront infiniment, et que cette perte sera irréparable.

Voici ce que ma fille m'écrit d'Edimbourg: ,Hier nous avons vu la mère du d-r Keir qui est chez mon oncle. Elle est venue exprès chez madame Ровешро! pour nous voir. Cette bonne vieille a parlé du bonheur de son fils les larmes aux yeux. Dans chaque lettre il lui parle de son bonheur et combien il est content de sa situation auprès de mon oncle. 1 regrette beaucoup le départ de Michel, dont il est enchanté. Sa mère est très-estimée et respectée ici; et quant à lui, je m'étonne toujours comment un si jeune homme а pu se faire une telle réputation. Vous ne pouvez vous imaginer comme on en parle, non seulement dans cette ville, mais dans plusieurs endroits où nous avons été; on le loue partout, autant pour son bon caractère et conduite, que pour son mérite dans sa profession“.

Londres, le 11 Novembre п. в. 1803. ,

J'ai prié mylord Hawkesbury de votre part pour avoir les copies des dépêches des ministres anglais en Russie depuis 1740 jusqu’en 1747, en lui disant que vous voulez faire pour votre propre amusement et pour laisser dans la famille, les mémoires de notre pays depuis Pierre le Grand jusqu'à la mort de l’Impératrice; que les cours de Vienne et de Berlin vous ont donné les copies des dépêches de leurs ministres chez nous à la même époque, qui est si éloignée du temps où nous sommes que cela ne peut souffrir aucune difficulté. Je lui fis souvenir que le duc de Choiseul avait permis au chevalier Dalrymple, en 1763, de prendre copie dans les archives de Versailles de tout ce qu'il voulait jusqu’à l’année 1720, ce qui rapprochait de 43 ans la date des copies à celle de la permission, au lieu que votre prière met un intervalle de 56 ans, en prenant l’année 1747 jusqu’en 1803, où nous sommes. П m’a dit qu’il en parlera au roi et qu’il ne croit pas qu’il puisse être quelque difficulté pour cette affaire.

Bien obligé, mon bon ami, pour le березовый медъ que vous m'avez envoyé, mais dont il n’est arrivé qu’une bouteille que je garde pour le retour de Katinka. Toutes les autres sont arrivées cassées, parce qu’on n'avait pas renforcé les bouchons avec des fils d’archal. La liqueur a sans doute fermenté, et les bouteilles ont crevé. J'espère еп boire avec vous l’année prochaine en Russie.

Exter, le 5 Septembre п. в. 1804.

Nicolaï m’a écrit de Londres que lord Harrowby lui a dit que le ch. Warren lui marque que le prince Czartoriskoy lui a dit qu’on lui répondra sur les dépêches que mon courrier a apportées à Pétersbourg le 5 ou le 6 Juillet, après la noce

de la grande duchesse Marie. Je ne m’attends pas donc à une АРТИВЪ ЕБЯЗЯ ВОРОНЦОВА, ии. 10-я, 15

arrivée trop prochaine d’un courrier, et comme il п’у а rien à faire pour moi à Londres, et qu’il у a près d’un mois que je ne reçois pas une ligne d'écriture de Pétersbourg, je suis enchanté de cette circonstance pour profiter de ce tems de vacances, et je vais partir demain pour Plymouth, d'où j'irai même en Cornwall chez mylord Grenville, qui m'a invité de venir le voir.

Londres, le 10 Octobre п, =. 1804.

Je vous écris cette lettre par l’occasion du prince Czerkasskoy, qui va par congé en Russie et dont j'ai été trèscontent. Il va sur la même frégate sur laquelle part lord G. L. Gower. Je dois vous dire au sujet de ce dernier que c’est un homme très-instruit et de beaucoup de jugement; il est d’un caractère doux, mais très-réservé; mais comme c’est un honnête homme et dans les meilleurs principes, il mérite qu'on ait de la confiance en lui, —confiance dont il n’abusera jamais. Nous n’avons jamais eu chez nous et je ne crois pas qu’il y eût jamais dans aucune cour un ministre anglais qui possédât à un degré aussi éminent la confiance de sa propre cour. П est beau-frère et ami du secrétaire d'état. Il est l'ami le plus intime et le plus confidentiel de monsieur Pitt, qui s’est servi de lui dans les plus importantes négociations internes au moment de sa dernière rentrée dans le ministère. Outre ces avantages, il en a d’autres personnels et dérivant de sa position domestique. Le го! ayant beaucoup aimé et considéré le feu comte Gower son père, qui les dernières 20 années de sa vie a toujours été attaché au roi et a soutenu l'administration, aussi sa majesté m’a parlé à Weymouth au sujet du fils, qui va chez nous, avec beaucoup d'intérêt. Son frère le marquis de Staford, devenu par la succession de son oncle, le feu duc de Bridgewater, le seigneur le plus riche de la Grande Bretagne, a une très-grande influence parlemen-

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taire. Ce marquis aime tendrement son frère, qui est le seul qu’il ait. Quoiqu'il soutienne monsieur Pitt par toute son influence par amitié pour ce ministre, l'amitié qu’il voit exister depuis longtemps entre monsieur Pitt et ce frère qu’il, aime tant, l’attache d'autant plus à l’administration actuelle. Cela l’a engagé à sortir mème de son caractère naturel, car n'ayant jamais parlé en Parlement, il fit une motion si violente contre le ministère passé, quand monsieur Pitt prit le parti de l’attaquer, que c’est cette motion qui fit perdre courage à Addington et compagnie, qu’ils annoncèrent leur retraite et envoyèrent dire au roi qu’ils ne peuvent plus continuer et qu’il faut qu’il s'arrange avec monsieur Pitt. Lord Harrowby ш’а lu les instructions qu’on a données à lord G. Г. Gower. Elles portent toutes sur le maintien et l’accroissement de la bonne harmonie entre les deux pays. Il est autorisé à donner des explications satisfaisantes sur différents points, sur lesquels on m’a écrit de chez nous; on lui prescrit d'agir avec confiance avec notre ministère, айп d’amener les choses à un concert parfait pour la délivrance de l’Europe.

Notre ami le prince Czartoriskoy est très-prudent et par conséquent réservé; lord Gower l’est aussi. Mais il ne se passera pas 3 ou 4 mois qu'ils зе connaîtront, qu'ils s’estimeront et qu'ils auront l’un pour l’autre la confiance qu'ils méritent si bien réciproquement. Le prince Adam ne regrettera pas le chevalier Warren, qui personnellement n'avait aucun poids ici, où ses dépêches faisaient peu d'effet, tandis que celles de son successeur auront un poids que n’ont jamais eu aucunes autres d’aucun ministre britannique dans une cour étrangère.

Londres, le 10 Octobre п, =. 1804.

Je vous envoye, mon bon ami, par le prince Czerkasskoy

le reste des dépêches des ministres anglais en Russie, dont le 15°

roi а eu la bonté de permettre qu’on prenne des copies. Elles vont jusqu'aux derniers jours de l’année 1749, et comme les premières commencent du commencement de 1740, vous aurez en tout 10 années de ces dépêches. Je vous envoye la copie d’un post-criptum à une lettre particulière que j'ai écrite au prince Czartoriskoy, ainsi que de ma réponse à l'Empereur. Sa lettre ou rescrit ne consiste qu’à exprimer sa satisfaction de la confiance que le roi met dans tout се ‘que fait l'Empereur, еп m’ordonnant de remercier de sa part pour cette amitié et confiance, le tout accompagné de beaucoup d’amitié et de confiance réciproque pour le roi. Après quoi il finit par me remercier, moi, de ce que j’ai consenti de différer mon départ d'Angleterre. Ла! reçu par le courrier, que je renverrai après demain, une dépêche qui ше met dans un grand embarras: c’est sur les affaires de Turquie. Elle n’est pas claire, embrasse trop d'objets et peut être interprétée de différentes manières, entre autres comme si on avait chez nous une arrière pensée de s’indemniser sur les Turcs; c’est l’effet que cela doit faire pour qui la lit, et cela а paru au moins très-équivoque ici. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour effacer cette opinion, et je crois у avoir réussi, quoiqu’en vérité je ne suis pas si intimement persuadé, depuis cette dépêche, qu’on ne désire rien chez nous des possessions ottomanes. J’en ai écrit en particulier et confidentiellement au prince Adam, et je vous envoye la copie de ce passage de ma lettre à lui. Rien n’est plus nécessaire que la clarté dans les affaires, sans quoi on ne sait plus comment agir.

Votre mémoire à l'Empereur est un chef-d'oeuvre. Dieu veuille qu’il soit suivi et que l’Autriche ait assez de jugement pour suivre nos conseils, qui ne tendent qu'à son bien et à celui de l'Europe. Mais s’il est impossible de faire un accord avec les puissances continentales et ce pays dans le courant de l’année prochaine, il sera inutile de s'en occuper après, car Bonaparte ne fera que se renforcer, et monsieur Pitt m’a dit en causant amicalement avec moi sur tous les événements possibles: Je suis l’homme du monde le

plus hostile à une paix avec la France dans l’état où elle est; mais si nous continuons seuls à combattre, la nation s’en lassera, et vous connaissez assez ce pays pour savoir que quand la nation veut décidément une chose, il faut s’y soumettre, bon gré ou non. Cela est tout à fait vrai. Aussi quand il ш’а dit, il y a quelques mois, qu’on ne fera pas de paix sans le concours de la Russie, c’est parce qu’il entendait que la Russie prendrait part à cette guerre: саг, si nous restons tranquilles, ce pays ne pourra entraver sa paix par aucune considération vis-à-vis d’une puissance qui est en paix, et qui est si éloignée du théâtre des négociations qui seront alors à ‘Paris ou à Londres.

Parlant avec lui de l'espoir que nous pourrons entraîner lAutriche, je lui dis que dans ce cas il serait plus utile de faire les plus grands efforts afin de terminer la guerre dans deux campagnes, que d’en faire trois ou quatre avec des moyens faibles et qui, coûtant davantage, ne produiraient pas l'effet désiré. | m’a répondu qu’il était tout-à-fait de mon avis. Je tire donc de cet aveu l'induction que, si la coalition se fait, il dépassera les cinq millions qu’il avait destinés annuellement pour les différents subsides, et qu’on pourra obtenir pour nous Та 800 mille 1. s. de plus que ce qui était destiné. Pour l'Autriche, comme elle а la perspective de faire des acquisitions, elle serait déraisonnable de ne pas se contenter de deux millions et demi qu’on lui destine, et je suis presque sûr qu’on ne lui donnera pas un sol de plus.

Votre mémoire m’apprit des choses que j’ignorais, nommément l'accord secret avec le Danemark, quoique j'ignore son contenu, et aussi qu’il y a eu des ouvertures failes à nous par la cour de Vienne, et que la Prusse s’est engagée à ne pas permettre l'extension des Français dans le Nord de l’Allemagne.

Londres, le 12 Octobre п. в. 1804,

Vous me faites la demande si je compte revenir en Russie l’année prochaine. Je puis vous assurer, mon bon ami, que sans vous et Michel je ne serais pas retourné dans un pays où j'ai si peu de connaissances et à peine deux amis sur lesquels je puis compter, dans un climat si rigoureux pendant 7 mois de l’année, et où la manière de vivre, de penser et d'agir, est tout à fait opposée à celle à laquelle je me suis habitué depuis près de 20 ans dans ce pays, où j'ai beaucoup d’amis et un nombre infini de connaissances et où on vit plus confortablement que partout ailleurs. Mais j’aurais quitté le service, car je suis dégoûté des affaires, non que j'aie sujet d’être mécontent (au contraire, je n’ai que des raisons à me louer de l'Empereur et surtout du prince Czartoriskoy), mais c’est un dégoût que j'ai pris dès les dernières années de la feue Impératrice et que le règne de Paul n’a fait qu’augmenter, et le séjour que j'ai fait à Southampton m'a fait voir que je suis plus heureux et mille fois mieux portant quand je n'ai pas d'obligation d'écrire. D'ailleurs, ma santé me force d'y renoncer: je ne puis plus écrire après que j'ai mangé, et même avant dîner, si je suis 4 heures de suite à griffonner, j'ai mal aux yeux et des maux de tête. J'aurais donc vécu à la campagne aux environs de Southampton, où le climat est si doux qu’il n’y а pas d'hiver pour ainsi dire, et je ne serais venu à Londres que pour les mois de Février, Mars et Avril, pour revoir mes amis. J'aurais marié ma fille dans ce pays, qu'elle préférerait à la Russie, si elle n’avait pas un frère qu’elle aime à l’adoretion. Mais vous et Michel, vous me rendez mon retour nécessaire; je serai plus heureux avec vous deux en Russie que sans vous en Angleterre. Mais vous savez, mon ami, que ceci ne dépend plus de moi après ce que l'Empereur m'a écrit. П a voulu que je reste encore quelque temps ici, vu

les circonstances des affaires. Si Гассог@ зе fait cette année ou au commencement de la prochaine, l'Empereur peut et doit même en conscience me marquer qu'il ne veut plus me retenir, et c’est une chose que vous pouvez arranger avec le prince Adam, et alors il faut que cela me soit écrit vers la fin de Février ou au commencement de Mars, pour que cela me vienne dans les derniers jours de Mars ou au commencement d'Avril, afin que j'aie le temps de faire mes préparatifs de voyage. Si je п’а! pas la nouvelle que je suis libre dans le courant du mois d'Avril prochain, je ne pourrai plus partir l’année prochaine et je resterai jusqu’à l’autre année, au delà de laquelle je ne resterai plus coûte que coûte: car si rien ne se fait entre les cours dans l’année 1805, Bonaparte sera déjà si consolidé et si renforcé que l'Autriche osera moins bouger que jamais, et pour la Prusse, elle sera encore plus française qu’à présent. Bonaparte ne perd pas son temps; il ne fait que gagner des forces, tandis que les autres délibèrent, et comme on a ici la certitude, par le grand déployement des forces du pays, qu’une descente des Français n’est plus une chose à craindre, et Bonaparte doit en être convaincu lui-même, de sorte qu’il est probable que la paix pourrait être demandée ici à grand cri par la nation, et se fera en 1806: aussi, si je reste ici l’année prochaine, et si vers sa fin il n’y a rien d’arrangé en fait de coalition sur le continent, je demanderai de nouveau mon rappel sur la fin de 1805, afin de partir en Juin de 1806; puisque l’objet pour lequel, et d’ici et de chez nous, on me pressait de rester, n’existera plus. Comme je n’ai que des données très-vagues sur ce qui se traite entre nous et l'Autriche, car je n’ai pas vu une ligne d’écrite sur ce sujet, vous devez savoir mieux que moi l’état de la négociation entre Pétersbourg et Vienne, et vous pourrez voir par là mieux que moi si je puis revenir l’année prochaine: саг, quant à l’année suivante, je ne resterai plus moi-même et je pourrai, sans manquer à ce que je dois, prier de nouveau l’Em-

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pereur, vers la fin de l’année prochaine, de pouvoir quitter се pays au printemps de 1806. .

Je vous envoye le duplicata d’une lettre que je vous ai écrite par le prince Czerkasskoy. Il est très-nécessaire qu'on marque de la confiance au nouvel ambassadeur anglais, et je me flatte qu'on пе me laissera pas ignorer les communications réciproques qui passeront entre lui et notre ministère. Puisqu’on a voulu que je reste ici, c’est sans doute pour que je puisse être utile, et comment pourrai-je l'être si je suis dans l'ignorance? || est vrai que lord Harrowby et monsieur Pitt me communiqueront, si je le leur demande, ce que leur écrit lord Hower; mais j'aime mieux ne rien savoir que de savoir de cette manière, aux dépens de la considération: car mon poids officiel sera anéanti ici dès qu’on verra qu'on n’a plus de confiance en moi ou bien qu’on me néglige.

Je ne puis le croire de la part du prince Adam, qui ше témoigne beaucoup d'amitié, mais je crois qu’il n’a pas assez de temps: car outre les affaires qu’il a sur les bras, la cour lui prend un temps considérable.

Р. S. J'espère que notre cher Michel:est déjà depuis longtemps de retour. Ce cher garçon m’a fait passer de bien mauvais moments, et je ne serai tout à fait tranquille que quand je le saurai de retour.

Southampton, le 1 Novembre п. s. 1804.

Aujourd’hui le roi et la famille royale ont été ici à l’hôtel de ville, où nous avons été aussi toujours traités avec une bonté particulière. Jamais je n’ai vu le roi se porter si bien. Toutes les courses qu’il fait, et qui passent toujours les 20 milles et souvent 30, il les fait à cheval de la manière la plus leste.

1 y avait ici aujourd’hui une foule innombrable de monde pour le voir, et c’est ainsi que c'est partout où il va. Le

parc de monsieur Rose est couvert de peuple, celui du chevalier Neale l'était aussi, hier et aujourd’hui оп ne pouvait pas passer par les rues à cause de la foule; les , vive le roi“ et les hourras étaient continuels. Hier, quand le roi se mettait à cheval pour partir de chez le chevalier Neal, les musiciens jouèrent l'air favori de la nation depuis 22 ans: Dieu sauve le roi; tout le peuple qui était dans le parc commence à chanter les paroles en chorus. C'était touchant à voir et à entendre, parce que cela partait de coeur et non par ordre de la police, comme à Paris. Plus je vois ce qui se passe ici, plus je suis persuadé qu’il n’y а pas de bonheur plus grand et plus pur pour un souverain et pour le peuple en même temps, que de voir ce souverain si cordialement aimé et estimé.

Р. 5. Il у avait aujourd’hui à l’hôtel de ville, pour voir le roi dans la salle où sa majesté se tenait, un vieux capitaine de haut bord qui avait 99 ans, et qui est frais au point qu'il n’a pas Гат d’avoir plus de 75. Il s’appelle Preston. Le roi, en me le montrant, m'a dit qu’il a servi avec distinction trois rois, en commençant par George I-er. Sa majesté le caressa beaucoup et pria la reine d’aller lui parler. Ce bon vieillard n’est ni sourd, ni aveugle, conserve sa mémoire et marche comme un homme de 40 ans.

Londres, le 4 (16) Novembre 1804.

Je n'ai que le temps de vous dire, mon bon ami, que monsieur de Nowossiltzow vient d'arriver. Il a été obligé de rester 8 jours à Gothenbourg, attendant un paquebot, et c’est celui qui a amené là d'ici monsieur Хитровъ qui l’a conduit enfin dans cette isle. Je l’ai revu avec un plaisir inexprimable, et je suis enchanté de ce qu'on l’a envoyé,

Je ne puis que me louer de plus en plus officiellement et en particulier du prince Czartoriskoy. Il soutient admirable-

ment bien la dignité et la dialectique que vous avez réintroduite, et qui a été absolument bannie depuis 40 ans de notre politique étrangère. C’est un plaisir que de travailler sous une direction pareille, en me rappelant les ordres absurdes, incohérents et contraires aux vrais intérêts de la Russie que je recevais des Kourakin et des Panin. Quant à mon particulier, le prince Adam me traite en vrai ami. Il me parle confidentiellement sur les affaires dans ses lettres particutières, et il a aussi la délicatesse de me tranquilliser sur Michel, prévoyant que je dois en être inquiet.

Londres, le 16 (28) X-bre 1804.

Vous m’avez rendu la vie, mon cher ami, en m’écrivant la lettre du 5 Novembre et en m’envoyant celle que vous avez reçue de notre cher Michel du 16 УП-рге. Je respire enfin, et toutes mes inquiétudes, qui ne faisaient que s’accroître journellement, ont cessé: j'ai la certitude que mon fils est vivant, même qu'il se porte bien, et je le regarde comme en sûreté: cer il est déjà sur le territoire géorgien. Ce n’est qu'aujourd'hui qu’en lisant votre lettre à ma fille et en lui donnant à lire celle qu’il vous a écrite, je lui ai dit les inquiétudes que j'avais sur son frère. Elle a beaucoup pleuré. J'ai pleuré aussi, mais tout en remerciant Dieu pour la grâce ФГИ nous а faite. Nous ne pouvions parler des dangers qu'a courus Michel sans éprouver un frissonnement.—Je ne suis pas surpris des larmes de joie que vous avez répandues en recevant sa lettre. J'espère que vous le retiendrez longtems avec vous à Moscou. Il arrivera toujours assez à tems pour monter ses gardes.

Je suis beaucoup avec notre ami m-r Nowossiltzow, et quoique je le connais et que je l’aime depuis longtems, plus je le connais, plus je l'aime et lui trouve un mérite bien solide.

и IIHMCEMA

Daisy GOOGe

Monsieur le général comte Woronzow. Comme le roi de France, de même que le prince de Condé, se trouvent maintenant dans nos états, on ne pourra plus expédier sans notre permission de passeports aux. Français qui voudraient passer librement dans notre Empire d’après des certificats signés par sa majesté ou par le prince de Condé, à compter depuis que ces derniers sont arrivés en Russie. Nous ordonnons donc de ne plus donner des passeports à ceux qui produiront des certificats donnés par des personnes qui ont des pleins-pouvoirs du roi à cet effet, sans nous demander préalablement notre approbation. De ce nombre ne sont exclus que ceux qui après le départ du roi doivent le joindre comme étant à sa suite, ceux qui retourneront à leurs régiments, mais pas autrement que dans le terme prescrit, et enfin ceux qui peuvent produire une permission par écrit de notre part de se rendre dans notre Empire.

Votre bien affectionné Paul.

Su P&tersbourg, се 15 Mars 1798.

lpaor Семенъ Романовичъ. Я получилъ, съ возратившимся сюда капитаномъ лейтенантомъ Баратынскимъ, присланный вами мнЪ телеграхъ, за который благодаря васъ

238 CRIOHEBIE ABCTPIH KB ОБЩЕМУ A$AY.

изъявяяю вамъ мое бязговолвне за BCb ваши попеченя относительно морскихъ моихъ оФицеровъ и 38 старашя ваши вообще о пользв службы моей; въ доводъ же дов®ренности моей къ вашему свидвтельству о поведети оныхъ и о успвхахъ ихъ въ пробрётеши морскаго искусства, я произвелъ всвхъ въ слёдующ!е имъ чины. Пребываю впрочемь вамъ благосклоннымъ Павелъ,

Весьма благодарю васъ, граоъ, 38 содержанныя въ письиз вашемъ прим чан:я, каковыя MH отъ васъ не изхишвыми были бы по случаю нын®зшнихъ обстоятельствъ въ политик и впредъ. Il.

Господинъ генералъ rpaors Воронцовъ.

Требованю короля Великобританскаго, союзника нашего, удовлетворили мы отправленнымъ къ послу нашему въ Bu rpaoy Разумовскому реекриптомъ объ употреблени Всвхъ тьхъ внушен!, которыми только можно уб%дить Вфнской дворъ на дружественное съ доброю взрою H съ самою собственною его пользою согласное распоряжен! XIE по денежнымъ его займамъ въ Англии.

Изъ прежнихъ нашихъ повелён!Й и изъ учиненныхь нами неоднократно въ Bbnb и Берлин® объясненЙ вы были достаточно удостовёрены, что, относительно опаснаго настоящаго положен!я для BCE блатоустровнныхъ державъ отЪ извъетныхъ злыхъ умысловъ Французскихъ, наши мизн!я и предположеня не разнствуютъ отъ таковыхъ же его Великобританскаго величества. Для сего старалися мы привести императора Римскаго и короля Прусскаго не токмо на миролюбныя и самыя умзренныя

ycaosia по Германскимъ AIME и по ихъ собетвеннымъ ухостоввренямъ, но и на составлен!е съ нами и Ангею прочной системы въ оборону общей цфлости и спокойcrsis. Первое трактовано будетъ нынв въ Берлинв подъ иедящею нашею; но что принадлежитъ до послёдняго, хотя съ одной стороны императоръ РимскЙ ощущаетъ во BCEMB пространствв и пользу и нёобходимость, съ кругой однавожъ король Прусской, не внимая еще по cie время убёжден!ямъ самой истинны и собственной безопасности его монархи, оказываетъ рёшимость остаться въ совершенномъ нейтралитетв. Мы не оставимъ продолжать наши стараня къ преклонен!ю его Ha соучаст!е съ нами я прочими общими нашими союзниками въ сильныхъ м%рахъ, кои одни могутъ отвратить дальнее 320. Но дабы доказать наши расположен!я не словомъ, а дВломъ и общему благу способствовать, по колику собственное наше положене дозволяетъ, рёшилися мы: во первыхъ, отправить изъ Флота нашего десять кораблей съ потребнымъ зисломъ хрегатовъ въ Сёверное море для соединеннаго съ Англицкими морскими силами дёйстья противу общаго непр!ятеля, сходно съ трактатомъ и въ томъ удостов®реви, что помощь нами подаваемая облегчить королю Великобританскому способы отд®лить знатную часть Флота его въ Средиземное море на уничтожение силхъ Французскихъ и опровержене злодвйственныхъ ихъ H8изренй въ TOME крав; во вторыхъ, сдВлать BCB TB пр!уготовлешя на сухомъ пути, посредетвомъ коихъ мы можемъ обезпечить союзниковъ нашихъ и вспомоществовать ихъ дъйств!ямъ, о чемъ смотря по успвхамъ въ переговорахъ дальнёйп!я наши предположен!я сообщить не умедлимъ. Все cie въ крайней довЪревности He оставьте объясвить лорду Гренвилю для донесешя государю его. Впрочемъ, посолъ name въ ВвнЪ, такожъ отправленный въ Берлинъ для вышеписанной merocianix генералъ-хельдмаршалъ князь Репнииъ и министръ нашъ грахъ Панинъ

238 СКЛОНЕНТЕ ABCTPIK ЕЪ ОБЩЕМУ дЪлУ.

изъявяяю вамъ мое благоволье за BCb ваши попеченя относительно морекихъ моихъ оФицеровъ и 38 стараня ваши вообще о пользв службы моей; въ довохъ же дов$ренноети моей къ вашему свидвтельству о поведен!и оныхъ и о успвхахъ ихъ въ пр!обрётенши морсжаго искусства, я проязвелъ всёхъ въ слвдующ!е имъ чины. Пребываю впрочем вамъ благосклоннымъ Павехъ,

Ba С. П.бург®, Марта 27-го 1798 года.

Весьма благодарю васъ, гразъ, за содержанныя въ письиз вашемъ примзчан!я, каковыя MH отъ васъ не излишными были бы по случаю нын®шнихъ обстоятельствъ въ политик и впредъ. Il.

Требованию короля Великобританскаго, союзника нашего, удовлетворили мы отправленнымъ къ послу иашему въ ВзнЪ граху Разумовскому рескриптомъ объ употребaeuin Вевхъ ThxB внушен!, которыми только можно уб%дить Ввиской дворъ на дружественное съ доброю вёрою н съ самою собственною его пользою согласное распоряжене двлъ по денежнымъ его займамъ въ Ангии.

Изъ прежнихъ нашихъ повельн!Й и изъ учиненныхт нами неоднократно въ Вфиё и Берлинз объяснен!Й 5: были достаточно ухостовфрены, что, относительно опасн. го настоящаго положен!я для всфхъ блетоустроенны` державъ отЪ извыетныхъ злыхъ умысловъ Французски` наши Mubnis и предположен!я не разнствуютъ отъ TE выхъ же ого Великобританскаго величества. Для ‹ старалися мы привести императора Римскаго и ког Прусскаго не токмо на миролюбныя и самыя умёрен

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0116 au

commusant заre allié, ugmenta-

mer du u renforon seulelance des ‘a le plus

de notre re coopéщих provimme aussi -dres pré-

es plaintes tés de per- > vaisseaux ision d’une ‘8 Deux Si- ‘éterminé de violation du sstile suivie uisse, il nous avec la cour *s la disposique les forces tous les ports ueil amical et reté de sa moulquer mainteine la nécessité ne parfaite contoute mésintelli- - pécunisires et

не преминутъ изв®щать васъ о всемъ въ пользв ABS нужномъ. Пребываемъ вамъ благосклонны.

Господинъ генеражъ грахъ Воронцовъ. Апробуя правяла вами принимаемыя относительно дачи пашпортовъ Агляцкямъ подданнымъ имъющимъ да въ Poccin, въ релящи вашей подъ № 95-мъ изъясненныя, прим®тить вамъ долженъ только, чтобъ вы въ каждомъ пашпортв означали, что оный данъ съ дозволен!я моего и чтобъ вы всяк разъ, донося MH о тёхъ, коимъ пашпорты выкавы, объясняли, по квкимъ причинемъ вы TO CAB. Пребываю впрочемъ вамъ благосклонный.

Monsieur le général comte de Woronzow. А fin de prouver notre désir sincère à coopérer à la terminaison de la présente guerre avec les Français, au rétablissement d’une paix solide et à la sûreté générale de tous les états, et sachant que les desseins pernicieux du gouvernement actuel en France, cachés dans l’armement fait sous le commandement de Bonaparte, ne peuvent être autrement détruits que par l'augmentation de la flotte britannique dans la Méditerranée et par les opérations vigoureuses, nous sommes résolus de renforcer notre escadre auxiliaire qui se trouve en Angleterre, par cinq vaisseaux de ligne et une frégate, comme vous

verrez par la copie de l’ordre que nous avons donné au contre-amiral Kartzow. Vous ne manquerez pas de communiquer cela au gouvernement britannique, en lui faisant savoir que nous entreprenons cela en faveur de notre allié, espérant que sa majesté, conformément à une telle augmentation des forces employées dans le canal et dans la mer du Nord, enverra un nombre considérable de vaisseaux au renforcement de sa flotte dans la Méditerranée, sans quoi non seulewent le sort de l'Italie, existant déjà dans la dépendance des Français, mais aussi celui des autres états, deviendra le plus fatal. Toute entreprise dans ces endroits de la part de notre allié l'empereur des Romains sera en vain, et notre coopération rencontrerait de grands obstacles. Quant aux provisions pour la dite escadre et à son radoubement, comme aussi à sa conservation, nous nous référons à nos ordres précédents. :

Lorsque le ministère anglais vous avait porté des plaintes contre la cour de Vienne par rapport aux difficultés de permettre l'entrée de plus que d’un certain nombre de vaisseaux anglais dans les ports, et de reconnaître l’occasion d’une alliance à la rupture des Français avec le roi des Deux Siciles, alors l’empereur des Romains n’était pas déterminé de renouveler la guerre. А présent, voyant la violation du traité conelu à Campo-Formio et la conduite hostile suivie avec succès dans les états ecclésiastiques et en Suisse, il nous a communiqué ses engagements d'alliance faits avec la cour de Naples, d’après la teneur desquels et d’après la disposition de cette cour, il n’y а point de doute que les forces navales de la Grande Bretagne trouveront dans tous les ports de 8. m. sicilienne une libre éntrée, un accueil amical et une assistance nécessaire, en servant à la sûreté de sa monarchie. Nous n’avons cependant pas omis d’inculquer maintenant, comme auparavant, à la cour de Vienne la nécessité absolue de conserver une sincère union et une parfaite confiance avec la cour de Londres, en écartant toute mésintelligence et démélé relativement aux affaires pécuniaires et

APXbS REASE ВОРОНЦОВА, ин, 10-я. 16

autres. Et vous, de votre côté, пе manquerez pas de maintenir les mêmes dispositions dans le cabinet anglais. Nous sommes votre affectionné Paul.

Péterhoff, le 28 Juillet 1798.

lpaos Семенъ Романовичь. Ежели съ одной стороны я уввренъ въ вашей ко мн» преданности, то съ другой ma- ABIOCE, что и вы на Aa испытали мое къ вамъ доброе расположен!е. Здоровье канцлера моего князя Безбородка no muni его приходить въ большое разстройство, по чему и проситъ себё помощника, которой бы mors облегчить труды его по дипломатяческой части. Онъ сего желаетъ и потому, что по извъетнымъ вамъ его талантамъ и ycepaiw употребляется часто онъ и по другимъ важнзвшимъ дВламъ. Желане вице-канцлера князя Куракина получить увольненше отъ службы представляетъ MED ваканцю мёста имъ занятаго. Я оное препоручаю вамъ, желая знать отъ васъ самихъ ваши намфреня, увфряя васъ при томъ, что мн весьма праятно будетъ имфть васъ здЪсь. Не сжимаю ‘отнюдь вашихъ расположен!й; вы ME можете прислать отвётъ чистосердечный и вёрить,

Господинъ генералъ отъ Havagrepia грахъ Воронцовъ. Его величество король Шведсюй вторячно адресовался къ намъ, испрашивая добрыхъ нашихъ услугъ у двора Лонконскаго, по повоку задержан!я Аглинскими ескадрами разныхъ купеческихъ Шведскихъ конвоевъ. Доброе corsscie, нынв между нами и государемъ симъ существуюmee, поведене настоящее двора Стокгольмекаго, по св%хьн!ямъ довольно достовёрнымъ, отнюдь несообразное

` прежнему пристрастно онаго къ Французамъ, и желан!е, чтобъ союзники ежели не могутъ умножать единомысленвиковъ себз, то по крайней mbpb, чтобъ не привлекали на себя нарекан!, кольми же паче въ дьлахъ, TAB, какъ въ настоящемъ, иногда противу желан!я правительства корыстолюб1е начальниковъ вопреки справедливости дВИствовать заставить можетъ, побуждаетъ насъ предписать вамъ о употреблени старан! вашихъ у министерства Аглинскаго KB удовлетворению онымъ, по колику возможво, двора Стокгольмскаго, предъявляя министру Шведскому при двор Лондонскомъ находящемуся готовость вашу употребить добрыя ваши по сему случаю услуги. Мы Re cie и потому еще боле поступаемъ, что по причинь блокирован!я почти всвхъ портовъ въ Средиземномъ мор8, отъ Французовъ прямо или индиректно зависящихъ, не можетъ, кажется, настоять никаковыхъ неудобствъ для Авгяи отъ пропуску въ оное твхъ Шведскихъ судовъ. Министерство наше равныя съ предписываемыми вамъ сдВяало внушен!я кавалеру Витворту. Пребываемъ вамъ благосклонны. Павелъ.

Съ подаиннымъ BbPHO:

До сего отлагали мы отвётствовать на предложен:я Лондонскаго двора, какъ вамъ чрезъ лорда Гренвиля учиненныя, такъ и здвсь кавалеромъ Витвортомъ повторенныя, встрёчая тутъ обстоятельства требовавиия дальныхъ изъяснен!й; но между тёмъ ощущали мы въ полной м%- Ph основательность дружескихъ сихъ сообщен!й и сущую необходимость искренняго соглашешя между интересозанными державами, & въ слёдетые того и единохушныхъ усильныхъ ихъ подвиговъ.

Не повторяя о дВятельномъ участи, которое мы съ начала нынёшняго года приняли въ общемъ дёлВ мор- CREME и сухопутными силами, на помощь п оборону с0юзникамъ нашимъ отряженвыми, но помышихяя, чтобъ COabficrsie наше коль можно далве распространилося, мы первымъ къ тому почли шагомъ стараться © сближени обоихъ союзниковъ нашихъ, приличествующемъ связи ихъ и общимъ интересамъ; и естьли послёдн!е совёты наши королемъ Великобританскимъ уважены будутъ дружественнымъ распоряжешемъ происшедшихъ съ императоромъ Римскимъ споровъ, то уже весьма доброе положитея начало къ сильнымъ на непрятеля дьйств!ямъ: ибо нельзя оспорить, что безъ coyaacris Ввнскаго двора трудно H8 твердой землВ ожидать большихъ успзховъ.

ПОЛИТИКА ПРИ UABIS. 245

Moaxasiw, Валах1ю, Банатъ Крыовсый и Kpoauiw до города Зары, въ нынъшней Австр!йской Далмаци лежащаго, откуда уже они на судахъ Неапольскихъь въ Иташю перевезены быть должны, не требуя иной за то выгоды ром пропитан!я оныхъ, какъ то обыкновенно во BCBXE союзныхъ договорахъ постановляется.

Tperie и весьма существенное средство къ нанесен!ю вреда непр!ятелю, или прямо сказать HE достижен!ю общей нашей съ Ангшею и co всзми благоустроенными хержавами цьли, есть соглашене короля Прусскаго войти въ общую съ нами коалищю. Предварительно уже представили мы ему все, что къ поощрен!ю любочестя и корысти его служить можеть, подавъ надежду и самой нашей помощи. Вновь вын® подтверждаемъ министру нашему граху Панину приступать къ нему рёшительно съ таковыми же настоян!ями, какъ вы усмотрите изъ рескрипта нашего, въ коши у сего прихагаемаго. Помощь таковую назначаемъ ему въ COPORB пяти тысячахъ HHOBHTEр и кавалер съ костаточнымъ количествомъ артилерии, какъ ÉROPO запасный договоръ, между министерствомъ нашимъ и кавалеромъ Витвортомъ заключенный и симъ посхьднимъ sub sperati подписанный, отъ его Британскаго величества ратихикованъ будетъ. Хотя во существу вамврен!й нашихъ, союзникамъ и, можно сказать, всей Европв спасительныхъ, мы не сомн8ваемся, что дворъ Лондонск одобритъ поступокъ министра его, но твыъ не меньше признали мы за нужное изъяснить conepmanie ceго договора.

Въ предислови упоминается о nbaa дёйстый короля Прусскаго къ сторон Голландши, согласно съ предположенями самой Англи, зордомъ Греявиллемъ вамъ и кавалеромъ Витвортомъ министерству нашему сообщенными. Мы почитаемъ за большое и вообще благонамвреннымъ державамъ полезное npio6phrenie, естьли бывш!я Австр@сме Нидерланды or Франц отторгнуты и въ респубаикв Голландской присовокуплены будутъ. Относительно

сего пункта, а равно и твхъ пробрётенй, которыя король Прусской въ пользу свою ‘учинить можеть на счетъ непр!ятеля нашего, мы имземъ отъ Въискаго двора yBbреше, что онъ отнюдь тому прекословить не станетъ. Въ послёкующихъ статьяхъ договора ограничиваемъ помощь нашу королю Прусскому, какъ выше сказано, въ сорокв пяти тысячахъ человзкъ, а потому и положены

тысачахъ хунтовъ стерлинговъ), такъ равно и суммы едивовременно на пр!уготовляеше помянутыхъ войскъ потребной въ двухъ стахъ ABATUATH пяти тысячахъ Фунтовъ стерлинговъ, и на разные расходы по тридцати Ceми тысячь по пяти COTE Фунтовъ стерлинговъ на мвеяцъ полатаемой, которую приметъ на себя долгомъ король Великобританск! по заключени мира платимымъ.

Хотя сей договоръ не инако какъ запаснымъ почитаться долженствуетъ, ибо натурально, естьли король Прусской не рёшится дВйствовать въ пользу союзниковъ и останется въ прежнемъ своемъ небезсумнительномъ нейтралитетв, тогда уже и мы себя ограничить должны будемъ въ наблюден!и за его поведенемъ и въ полной готовости силою удержать. вся шагъ со стороны его вопреки пержавамъ противу Французовъ воюющимъ; а потому помянутый договоръ и не будетъ имёть дВйствя. Ho въ продолжене настоящей войны, ежели откроется удобность къ употреблен!ю нашей помощи, послужить онъ въ тому основанемъ и правихомъ.

Оставляя старан!ю вашему привесть къ окончанию дё- 10 cie съ министерствомъ Аглинскимъ, обращаемся мы въ прочимъ лорда Гренвиляя предложен!ямъ въ основане войны и ея сльдств.

Спасительнымъ почитаемъ средствомъ для всей Европы и единымъ къ обезпечен!ю вевхъ державъ возвратить Франщю въ Th предвхы, въ каковыхъ она пребывала 40 револющи, въ ней происшедшей. Достигать сего силою

оружя есть АВло вевхъ союзниковъ, & заключивъ на таковыхъ усломяхъ миръ, весьма легко можно нахфяться, что сама собою произойдетъ въ ней перемвна, способомъ которой устроится правлене порядочное и AAA другихъ государствъ ни вредное, ни безпокойное. Но впрочемъ всякя запасныя подробныя постановлен!я о пр!обр®тен!axe Взнекаго двора и тому подобномъ влекутъ мномя неудобности. Во первыхъ, одержаше выгодъ будетъ зависть отъ слЪдстыЙ и успвховъ войны, во многомъ неиз- BBCTHOCTH подверженной. Второе, назначая оныя завремянно въ сокращенномъ видё, не будетъ ли ThMB саиымъ поданъ поводъ двору сему искать предпочтительно войн, съ большими издержками сопряженной и таковыми же опасностями, получать какя либо хотя и меньшя вытоды посредствомъ негощащи его съ Французами; и хотя конечно не будетъ то прочно, но однажды р®шася оетаться нейтральнымъ, вся козалищя пршдетъ тогда въ ббяьшое уже ослабление. И наконецъ, трете, нельзя, чтобъ не было нзкоего cpaswbpa между прюбрвтен!ями Взнскаго и Берхинскаго дворовъ, обыкновеннаго полагаемаго по прежнимъ ихъ въ могуществв и пространствв хругъ къ кругу отношенямъ. И для того почитаемъ сходствени®йшимъ для общихъ нашихъ съ Arai видовъ, не отъемля у обоихъ сихъ дворовъ перспективы пр!обрётенй, естьщи они къ сожалвн!ю болве въ томъ находятъ Aa себя приманки, нежехи въ обезпечени на времена грядущя собственныхъ своихъ престоловъ и настоящихъ влади, стараться довести ихъ до скорвйшей рёшимости. Мы сдёлаемъ у Вёнскаго двора новыя и убёдительнёйш!я представлен!я, что въ настоящее время, когда не только KOроль Обвихъ Сиция!Й вступилъ въ Римскую область и Toскану для изгнан!я Французовъ, но и cim посявдне объявили уже войну и ему и королю Сардинскому, сущею гибелью угрожаемому, когда трактатъ ихъ, въ Кампо-Фор- Mio заключенный, явно нарушенъ со стороны Француз- Csaro правленя изгнашемъ папы изъ его столицы и 00-

хастей и вреднымъ превращенемъ Швейцарии, и когда неrouiani въ Раштатв производимая сопровождается буйственными поступками, на пагубу Германской империи клонящимися, собственное достоинство Римскаго императора и его добрая ввра въ разсуждеви союзниковъ требуютъ непремънно, чтобъ онъ произнесъ свою рёшимоеть и приступилъь неотлагательно къ двятельнымъ мёрамъ; что никто ие можетъ почесть его за нападателя, коль скоро вступается онъ за трактатъ противною стороною нарушенный, и 38 импер!ю, коей онъ есть глава, подвергаемую крайнимъ утвенешямъ врага, устремившагося на пагубу вевхъ державъ; и что теперь настоитъ для него я случай и способы явить и большую силу свою съ двян!яхъ и твердость въ правилахъ и предположен1яхъ.

‘Uo таковымъ съ нашей стороны откровеннымъ изъяснев!ямъ и подвигамъ, на пользу общаго Abza употребленнымъ, ласкаемъ мы себя признашемъ со-стороны Лондонскаго двора, что никто оспорить нё можетъ, чтобъ мы не были въ войн настоящей одною изъ главныхъ дВйствующихъ сторонъ. Bce сказанное выше и все что мы дёлаемъ въ пособ1е союзникамъ нашимъ, есть лучшее доказательство нежели кавя либо декларац!и; но естьли по общему соглас!ю союзниковъ положено будетъ учинить таковыя деклараци, какъ у другихъ дворовъ къ побуждению ихъ вступить въ коалицию, или же на сеймв имперскомъ и на Растатскомъ конгресс съ изъяснещемъ нашихъ пред-

положенй, настоящемъ прервать толь предосудительную негощяцю и увзщанемъ членовъ империи Нмецкой составить общее дЬло съ главою ихъ, мы не уклонимся отъ того, отправя въ свое время въ надлежащей сих повеhuis къ министрамъ нашимъ, чтобъ они дёйствовали вм%сть и согласно съ акредитованными отъ ихъ величествъ императора Римскаго и королей Великобританскаго и Прусскаго, съ TÉME однакожъ, чтобъ слова подкрвпляемы быam дзломъ: ибо инако слздств!емъ подобныхъ объявленй бухутъ токмо непристойные OTBÉTH, неприятности и всеобщее неуважен!е. .

Содержав!е сего рескрипта сообщите вы во всемъ пространств® министру его Британскаго величества, требуя, дабы въ Bay и Берлинъ посланы ‘были приказан!я о надлежащихъ единообразныхъ подвигахъ Аглинскихъ министровъ съ нашими, въ ThXB MÉCTAXB находящимися. Пребываемъ вамъ императорскою нашею милост!ю всегда благосвлонны. aus въ Санктпетербург®. Декабря 19-го 1798-го года. Павелъ.

Господинъ генералъ грахъ Воронцовъ. Сходетвенно 06щимъ нашимъ съ Лондонскимъ дворомъ предположенямъ объ ocrpos Мальть, о которыхъ вы уже нами извзщены, указали MH, незавясимо помощи, королю Неаполитанскому данной, отправить для гарнизона на тотъ островъ три баталюна гранадеръ и три ста артилеристовъ, съ TMD, чтобъ по равному числу дня обережен!я онаго и ‘укрвплен!й на немъ имъющихся отряжены были, какъ со стороны короля СицилЙскаго, Take и короля Великобри- ‘танскаго, какъ то усмотрите изъ сепаратнаго артикула съ дворомъ Неапольскимъ постановленнаго, въ коши для свъАЪн!я вашего при семъ прилагаемаго. Кавалеръ Вит-

вортъ, отозвавшися о семъ, первый сдфлалъ намъ ув%pemie, что тавовыя распоряжен!я будутъ весьма за благоприняты дворомъ его, почему и He оставьте требовать, чтобъ начальствующему войсками Аглинскими, въ Средиземномъ морз обрьтающимися, даны были въ надлежащей сиаЪ noserbnis. у

Въ рескриптВ нашемъ не распространимся мы изъясненями нашими, касающимися до плановъ Англ на пр!o6pérenie Manoprx и на приведеше въ дЪйстве Швейцари, оставляя вамъ сказать министерству тамошнему, что мы одобряемъ всякую м%ру союзника нашего, которою только можно общему непр!ятелю ванести существенный вредъ. Пребываемъ вамъ благосклонны. Павелъ.

Грахъ Семенъ Романовичь. Крайность, въ каковой я нахожусь по болёзни князя Безбородки, заставляетъ ме- HA опять прибегнуть къ вамъ и просить васъ, не толь- KO для меня, но и для государства и всей Европы, принять на себя призывъ мой, на чтб не отвёта, а пр:Ъзда вашего ожидая, есмь вашимъ искреннимъ. Павелъ.

Гразъ Семенъ Романовичь. Отвётъ вашъ съ хельдъ-ег8ремъ Винтомъ вчерашияго числа мною полученъ. Призывая васъ сюда, я намвренъ былъ повзрить вамъ управлеше AID иностранныхъ и заранзе увфрился, что сей выборъ полезнымъ бы содълалея и дВламъ вообще. Но коль скоро здоровье ваше полагаетъ препоны къ исполненю предложеннего и желаннаго мною, и вы опасаетесь

жестокост!ю зд®шняго климата подвергнуть себя совершенному разстроен!ю здоровья вашего: то, желая соблюсти оное, теперь отдаю совершенно на волю вашу пр!- %здъ сюда, увзренъ будучи, что вы въ Росси и 8x8 оной усермемъ и достоинствами вашими всегда ей полезны буxere. Пребываю вамъ благосклоннымъ. Павелъ.

Monsieur le général comte de Woronzow! Les événemens subséquens aux instructions que je vous ai fait donner par mon ministère dès le second jour de mon avénement au trône, m'ont déterminé à vous expédier ce courrier, tant pour vous instruire de l’état actuel des affaires du Nord, que pour vous prescrire l'attitude que vous aurez à garder vis-à-vis de la cour de Londres.

Un courrier expédié par s. m. le foi de Suède m'a apporté la nouvelle que la flotte anglaise, forte de 54 voiles, avait forcé le passage du Sund devant Helsingür, et que les flottes danoise et britannique en étaient. venues aux mains en vue de la rade de Copenhague. Quoique l'issie de cet епраgement ne ше soit pas encore connue, et que d'après les probabilités et même les oui-dire l'avantage paraît avoir été du côté des Danois; fidèle à mes principes de n'en venir aux extrémités que lorsque toutes les voies de conciliation seraient épuisées, je viens de faire une nouvelle démarche, qui doit mettre dans le plus grand jour, aux yeux de l'Angleterre et du monde entier, les sentimens qui me guident, et dans lesquels la prévention même ne pourrait pas s'empêcher de reconnaître l'intention la plus pure de concilier mon ardente sollicitude à prévenir l'effusion du sang humain, avec ce que

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je dois à la dignité de ma couronne et aux engagemens pris avec mes alliés. Vous en jugerez vous-même par la copie ci-jointe de la déclaration que j'ai ordonné de faire en mon nom au commandant en chef des forces navales d'Angleterre dans la Baltique, par mon général et ministre d'état comte de Pahlen, qui depuis trois jours s'est mis en route pour Réval.

Tel est l'état actuel des choses, et tel il sera apprécié par tous ceux qui ne mettront point de prévention dans leur jugement. Mais comme il importe qu'une fausse interprétation des motifs qui réglent mes démarches, ne conduise l’Angleterre à l'opinion erronée qu’elle puisse arracher par la violence ce qu’elle n’a pas pu obtenir par les négociations, je vous prescris de déclarer au ministère britannique que je suis encore prêt à m’entendre à l'amiable avec s. m. le roi d'Angleterre, si ce prince persiste dans les vues de modération manifestées par son ministère à la cour de Berlin, mais que si, contre mon attente, la pureté de mes intentions est méconnue au point que le gouvernement britannique poursuive les hostilités dans la Baltique, je ne verrai plus alors en lui qu'un agresseur injuste, et ne consultant plus que l'intérêt de la bonne causè, je me croirai en droit d'employer toutes les ressources et tous les moyens que la Providence a mis entre mes mains, pour repousser la force par la force.

Vous appuierez sur toutes ces considérations, et vous ajouterez à leur poids en faisant observer au ministère britannique que, quel que soit le sort des armes, la continuation de la lutte où l'Angleterre s’est engagée ne peut que lui être désastreuse dans ses conséquences. L’électorat de Hanovre envahi, les embouchures des fleuves du Nord de l’Allemagne, principal débouché de son commerce, fermées à ses vaisseaux, son pavillon marchand exclu de presque tous les ports de l'Europe, et, plus que tout cela, la menace d’un traité de commerce entre la Prusse et la France, tout au préjudice de l’Angleterre, sont autant d’argumens à mettre dans la balance, et qui, je m'en flatte, employés par vous, dont je connais le

zèle pour mon service, le patriotisme éclairé et les talens, servimnt à rappeler le cabinet de S-t James aux sentimens de modération et d’équité par celui de ses propres intérêts. Mon ministère accompagnera la présente de tous les éclaircissemens nécessaires pour vous mettre au fait de la disposition des cours engagées dans la même cause; mais je me réserve de vous développer moi-même, au premier jour, toutes les combinaisons politiques qui forment mon système, avec cette confiance à laquelle votre zèle pour le bien public vous donne tant de titres, et qui est inséparable des sentimens de bienveillance et d'estime que je vous porte. Alexandre.

6 Avril 1801, S-t Pétersbourg.

Copie de la déclaration ministérielle à remettre au commandant en chef des forces britanniques dans la mer Baltique.

Le décès de feu S. M. l'Empereur Paul I., de glorieuse mémoire, а fait passer le sceptre de l’Empire de Russie, par le droit de sa naissance, entre les mains de 5. M. l'Empereur Alexandre. Un des premiers actes du gouvernement de ce Monarque a été l'acceptation des ‘offres adressées à son auguste prédécesseur de la part du gouvernement britannique, pour terminer gar une heureuse conciliation les troubles qui présagaient une prochaine explosion de la guerre dans le Nord de l’Europe; mais, fidèle à ses engagemens avec les cours de Berlin, de Stockholm et de Copenhague, S. M. I. a fait connaître en même tems sa ferme détermination d'agir d’un рагfait concert avec ses alliés dans tout ce qui peut être relatif à la cause des neutres. Elle était loin de s’attendre que s. m. britannique se porterait à une agression hostile contre le Danemark, dans le même tems que son ministre à la cour de Berlin recevait une nouvelle autorisation d'entrer еп `сопférence avec le ministre de Russie. Ce que l'amour de la paix et le bien de l'humanité inspirent à l'Empereur pour prévenir une scission funeste entre les parties contentieuses,

ne peut avoir d'autre mobile que ces sentimens. Les hostilités commises contre le Danemark, et l'approche d’une force ennemie, imposeraient silence aux voeux de S. M. I. pour la conservation de la paix, si cette agression contre son allié avait pu être précédée des ouvertures qu’elle a adressées à la cour de Londres; mais, comme la flotte anglaise a fait voile pour le Sund avant l’avénement au trône de 8. М., elle reste dans l’attente des dispositions de cette cour à la suite de la notification qui lui en est parvenue.

En conséquence, le soussigné, général de cavalerie des armées de 5. M. I. de toutes les Russies et son ministre d'état au département des affaires étrangères, somme au nom de son auguste Maître m-r l'amiral Parker, commandant en chef des forces navales de s. m. britannique, de suspendre toutes opérations hostiles contre le pavillon des trois cours alliées jusqu’à ce que s. e. ait reçu des ordres ultérieurs du roi son maître, le rendant personnellement responsable des suites qu’entraînerait la prolongation de la guerre.

Prête à repousser la force par la force, 8. М: Г. ne регsistera dans ses vues pacifiques qu’en tant que la justice et la modération du cabinet de S-t James lui permettront de concilier le voeu de l'humanité avec ce qu'elle doit à la dignité de sa couronne et aux intérêts de ses alliés.

Comte че Pahlen.

Monsieur le général d'infanterie comte de Woronzow! Les instructions que je vous ai adressées le 6 du mois dernier, vous ont déjà fait connaître mes intentions au sujet de Гагrangement de nos différends avec l'Angleterre, et de ceux qui subsistent encore entre cette puissance et celles du Nord. Mais je crois ces premières directions susceptibles aujourd'hui de plus de développement, et pour vous mettre à même de

suivre les négociations confiées à vos soins, j'ai jugé nécessaire de vous instruire de l’état actuel des choses, et des démarches qui ont été faites de part et d'autre dans ces vues de conciliation.

Les mêmes motifs qui m'ont déterminé, dès les premiers jours de mon avénement au trône, à porter à l'Angleterre les premières paroles de paix, ont dicté l’ordre à mon ministre près la cour do Danemark, de faire connaître au commandant des forces de s. m. britannique les dispositions où j'étais de donner les mains à tous les moyens de rapprochement qui seraient compatibles avec ma dignité et les intérêts de mes alliés, en requérant l'amiral Parker de suspendre toute hostilité ultérieure jusqu’à nouvel ordre. Quelque promptitude qu’on ait mise à l'expédition du courrier, il ne pouvait arriver assez à tems pour arrêter le commencement des hostilités; et je fus pénétré de douleur en apprenant les nouvelles successives du passage du Sund et de l’attaque meurtrière des lignes de défense de Copenhague, sans que toute ma sollicitude ait pu prévenir ce malheur et l’effusion du sang.

La flotte anglaise n’était déjà plus en vue de Copenhague, lorsque cet ordre y arriva. Elle avait même quitté les côtes de Danemark et s’était portée sur celles de Suède. Le gouvernement danois mit à la disposition de mon ministre une frégate, qui porta en toute célérité à l’amiral Parker cet office amical, et elle le trouva stationné devant Carlscrone. Le premier effet de ces ouvertures fut de voir la flotte anglaise abandonner cette position et quitter même ces parages pour se reporter vers les côtes de Danemark, à la hauteur de Kiogebay, où elle est encore en station. Il s’engagea immédiatement une correspondance entre ce commandant et mon ministère. Un capitaine de haut-bord avec le rang de colonel, m-r Freemantle, fut chargé par cet amiral de venir ici transmettre sa réponse. La copie de cette dépêche, annexée à la présente, vous fera connaître l’objet de sa mission. Après trois jours de séjour ici, cet officier a été réexpédié avec

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la réponse de mon ministère, mais avant son départ encore je reçus la réponse ci-jointe du lord Hawkesbury, apportée par un courrier de cabinet de Londres. Je dois encore vous ajouter que j’ai envoyé mon contre-amiral Tchitchagow au commandant anglais, et que je l’ai chargé de connaître plus particulièrement les intentions de cet officier-général sur la durée de l'armistice et la nature des ordres qui le retiennent encore dans la Baltique; tandis que son gouvernement paraît sentir que toute démonstration hostile, bien loin d’accélérer la conciliation, ne peut produire auprès de moi qu’un effet contraire.

À juger, tant par la réponse du cabinet de S-t James que par la lettre de sir Parker, des dispositions de s. m. britannique, il me paraît qu’elles sont aussi favorables que les miennes pour un système de rapprochement, et que nous sommes d'accord sur un point essentiel, celui de reprendre et de consolider même des liaisons également utiles et désirables; mais tandis que cet office du ministère britannique n'offre que des assurances franches et illimitées, je remarque dans les lettres de. son amiral, qu’il semble vouloir assujettir tout arrangement, si non expressément à de certaines conditions, au moins qu'il voudrait le faire dépendre de l'acceptation des différentes propositions de son gouvernement. Je m'’attacherais plus encore à cette différence, si je ne présumais que ces instructions ont été données à l’amiral avant des événemens qu’il était impossible de prévoir, et avant qu’on eût connaissance de mes dispositions.

Aujourd'hui que je les ai manifestées, et que pour donner une première preuve de leur sincérité, ne consultant que mon amour pour la justice, j'ai de mon propre mouvement été au devant de l'Angleterre en mettant immédiatement en liberté ses matelots, et en levant le séquestre des propriétés anglaises: c’est annoncer suffisamment qu’autant par déférence pour cette puissance que par conviction de l'utilité de ce rapprochement, je concourrai volontiers à tout ce qui pourra l'effectuer. Je me suis satisfait moi-même en expri-

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mant ainsi mon voeu pour les voies de la conciliation, tout ce qu'on pourrait exiger au-delà en ce moment blesserait ma dignité et répugnerait à mon caractère. La franchise et la loyauté ont une marche aussi simple que facile; c’est un concours de procédés officieux qui en établit l'opinion et en assure la solidité; et lorsque j'en ai donné le premier exemple, je dois attendre en retour autant de confiance que d’empressement.

En jugeant de la facilité apportée de ma part pour éloiger les premiers obstacles à toute négociation, on s'était peut-être attendu que je me porterais de même à lever l’embargo mis sur les navires anglais. Je reconnais la justice de cette mesure, et mon désir de rattacher les liens qui ont si heureusement uni nos deux monarchies, me fera éprouver une nouvelle satisfaction lorsque je pourrai m'y livrer. Ce dégagement de toute entrave ne se fera attendre qu’autant de tems qu’il m’en faudra pour juger des facilités que voudra apporter le cabinet de S-t James, à concourir au but salutaire de notre commune sollicitude: il en a plus d’un moyen en sa puissance. .

Notre intention réciproque étant de voir des vues hostiles faire place à celles de la conciliation, et de ne plus laisser à des armemens formidables l’appareil de la menace et de la terreur, losqu'il ne s’agit plus que de paix et de tranquillité, la présence. de la flotte anglaise dans la Baltique n'y peut plus être nécessaire. Le premier avis qui me parviendrait, que la flotte anglaise a repassé le Sund, serait le signal le moins équivoque de la paix, et il serait suivi immédiatement de la levée de l’embargo sur les navires britanniques.

Si, par quelques contrariétés, auxquelles les expéditions en mer sont plus particulièrement assujetties, cette mesure ne pouvait avoir lieu aussitôt qu'on pourrait le désirer, il est un autre moyen également dans les mains du gouvernement anglais de pouvoir compter sur une prompte justice de ma part, c’est de s'engager à lever l’embargo mis sur les

batimens russes, danois et suédois en même tems que cette АРТЕВЪ ANSE ВОРОНЦОВА, вн. 10-я. 17

mesure sera effectuée dans les ports de mon empire à l’égard des vaisseaux britanniques. L'un ou l’autre de ces moyens aplanira sans restriction tout obstacle qui s’opposerait encore au succès des négociations ultérieures. Elles commenceraient sous les auspices favorables d'un échange mutuel de bons procédés, et auraient déjà donné une preuve de la bienveillance mutuelle des gouvernemens respectifs en faveur de leur sujets.

Je dois autant aux principes que je me suis faits d’un respect inviolable pour mes engagemens, qu’à mon amour pour la justice et à mes propres sentimens, de ne pas perdre de vue les intérêts de mes alliés; et si l’état des choses, non moins que la nature de mes différends avec s. m. britannique, exigent une négociation directe entre nous, sans concours étranger, je ne m'en crois pas moins obligé de геvendiquer pour mes alliés tous les avantages compatibles avec les intérêts de la G-de Bretagne; et sous ce rapport, je ne puis que vous recommander de faire aller de front tout ce qui devra concourir à un but d'utilité commune.

Je crois vous avoir suffisamment manifesté mes intentions, elles se réunissent dans un désir sincère et nullement équivoque, de reprendre les anciens erremens des liaisons qui ont subsisté si long tems entre mon empire et la G-de Bretagne, et qui ont fait le bonheur des deux monarchies. Des effets sont déjà venus à Гарри! de ce que je vous témoigne ici de ma bonne volonté, et en sont une preuve irréfragable. Je me plais dans cette idée d’une réunion prochaine, et j'ai la conviction de son utilité réciproque. Mais quoiqu'il puisse m'en coûter de devoir renoncer à l'espérance que j'ai pu en concevoir, en provoquant le rétablissement de l’ancienne intimité, mon choix ne serait pas douteux, si on voulait l'assujettir à des conditions. Je crois en avoir fait assez pour laisser entrevoir ce qu’on peut encore attendre de moi: ce sentiment de ma conscience, et si on voulait le méconnaître, ce que je dois à ma dignité réglerait ma conduite, et j'obéirais à ce qu’elle me commande impérieusement, de ne

pas souffrir qu’elle puisse être compromise. C’est à votre expérience et surtout à votre patriotisme que j'en confie le soin, et sans inquiétude sur votre vigilante attention à la faire respecter. Je finis en vous assurant, monsieur le comte de Woronzow, de ma parfaite estime. Alexandre.

2 May 1801.

Copie de la lettre de mylord Hawkesbary au comte de Pablen, en date du 17 Avril 1801.

Monsieur le comte.

J'ai reçu des mains de m-r Smirnow la lettre que у. е. m'a fait l’honneur de m'écrire, dans laquelle vous m’annoncez la triste nouvelle de la mort de l’emp-r Paul et l’heureuse accession de son auguste fils au trône impérial. Je suis on ne peut pas plus sensible à l'attention de У. e., et j'ai remis avec empressement au roi mon maître la lettre de S. M. l'Empereur Alexandre.

Je vous félicite, m-r le comte, de l'accession d’un prince dont les vertus et les grandes qualités sont tant connues, et je sens tout le prix d’un événement si important, non seulement pour ses propres sujets, mais pour toute l'Europe.

Je suis commandé par le roi de vous faire part que 3. m. vient d’expédier des ordres au commandant de sa flotte, de suspendre toute opération hostile contre la Russie, et en même tems de vous prévenir que s. m. enverra incessamment à la cour de S-t. Pétersbourg un ministre, qui sera chargé d’exprimer à В. M. I. le vif intérêt qu'il prend à son avénement à l’Empire, et qui sera muni de pleins-pouvoirs pour la discussion et l’arrangement des différends si malheureusement survenus entre les deux couronnes, afin de rétablir les anciennes et intimes liaisons qui subsistaient entre elles, et que le roi a vu suspendre avec le plus grand chagrin. .

Je saisis cette occasion, monsieur le comte, pour vous

exprimer la grande satisfaction que j’éprouve en voyant

renouveler les communications usitées avec l'Angleterre, et pour vous offrir l'hommage de la haute considération etc.

Reçue à Londres le 5 (17) Juin 1801.

Monsieur le comte. Mon ministre le comte de Panin, connaissant le prix que j’attache à tout ce qui porte le caractère de la franchise, a mis sous mes yeux la lettré confidentielle que vous lui avez adressée le 16 du dernier. Les observations qu'elle renferme sont parfaitement justes, et je n’aurais pas omis, monsieur le comte, de demander votre consentement, si la dépêche du comte de Pahlen dont vous faites mention, n'avait pas été expédiée dans un moment où l’état de mon âme ne me permettait guère Фу porter toute l'attention qu’elle méritait.

П est également contraire à mes principes et à mes sentimens d’abuser du pouvoir que la Providence m’a confié, et en vous appellant à reprendre vos anciennes fonctions à la cour de Londres, j'ai pensé que votre patriotisme et votre zèle pour le bien public seconderont mes voeux. En cela je suis certain de ne m'être point abusé, mais il est possible que des intérêts domestiques ou d’autres causes particulières apportent des entraves à votre bonne volonté. Dans ce cas, je vous prie de vous expliquer avec moi sans réserve et d’être assuré que j’éprouverai toujours une satisfaction particulière à vous donner des témoignages de la considération due à un ancien et fidèle serviteur de l’état, quand même j'aurais à regretter de ne pas pouvoir faire usage de votre expérience et de vos lumières.

La pension dont vous joussiez sur le département de la poste et qui est plutôt un acte de justice que de munificence de feue l’Impératrice Catherine Seconde, vous sera continuée, en у ajoutant tous les arrérages du jour de sa suppression.

Quant aux appointemens de la mission de Londres, mon ministère vous fera connaître mes dispositions à cet égard. C’est avec les sentimens de l'estime la plus vraie que je serai constamment, monsieur le comte, votre bien affectionné Alexandre.

Sa Pétershourg, ce 12 May 1801.

Monsieur le général d'infanterie comte de Woronzow. Les deux lettres que lord Hawkesbury a adressées successivement à mon général le comte de Pahlen, au sujet de la mission extraordinaire du lord S-t Helens, n’exprimaient. pas assez explicitement dans quel but il a été revêtu du caractère de ministre du premier ordre, et j’ai dû attendre son arrivée pour pouvoir déterminer quel serait l'acte le plus convenable de déférence réciproque envers s. m. le roi de la G-de Bretagne. La lettre de créance, dont ce monarque à muni son ambassadeur, m’apprenant qu'on a eu l'attention de choisir un des ministres les plus distingués de la nation anglaise, pour me porter les complimens 46 félicitation de s. m. britannique sur mon avénement au trône, je désirerais de manifester à ce prince combien je suis sensible à une recherche d’égards aussi obligeante. Pour remplir ce but il me” semble convenable de revêtir du caractère d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire celui qui sera chargé de répondre aux complimens dont le lord S-t Helens a été l'organe.

Vous avez déjà fait connaître votre intention de vous dévouer au service de l’état de moins pendant une année, et nonobstant les soins qu’exigerait le dérangement de votre santé. Le nouveau témoignage de votre zèle, que j'apprécie dans toute son étendue, me donne l'espoir que vous accepterez le titre d’ambassadeur extraordinaire, que je vous défère

par les lettres de créance ci-jointes; et je ш”у suis décidé avec d’autant plus de satisfaction, que ce choix sera la preuve la plus convaincante que je puisse donner à s. ш. britannique de la sincérité de mes dispositions amicales envers elle, et de mon désir de faire tourner notre confiance réciproque au plus grand avantage de nos peuples. Il dépendra donc de vous de remettre ces nouvelles lettres de créance, et de déployer le nouveau caractère dont vous êtes revêtu, selon que vous le jugerez convenable: je m'en rapporte bien volontiers à votre sagesse et à l'habitude que vous avez de la cour où vous résidez.

Je dois jusqu'ici envisager cette marque particulière d'égards de la part du roi comme une attention de circonstance, et purement relative au compliment et aux félicitations que s. m. me fait adresser.

Mais il s’agissoit d'établir respectivement des missions du premier ordre en permanence; comme le désir témoigné vaguement par le lord S-t Helens de pouvoir se fixer ici pourrait me le faire croire, il serait de règle que le cabinet de

- $-t James me fit connaitre ses intentions à cet égard, afin que nous puissions de concert changer l’ordre établi jusqu'ici. Je remets également à vos soins d’arbitrer d’après les circonstances, et de m'indiquer ce qui sera le plus convenable pour établir sur ce point la plus juste réciprocité. Ce n'est раз ай reste le moment de mettre sur le tapis une affaire de роге étiquette, sur laquelle on s’entendra facilement après avoir consolidé la bonne harmonie qu'on travaille à rétablir. Je suis, monsieur le comte de Woronzow, votre bien affectionné

Alexandre.

28 May 1801.

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