Eloigné, autant par mes principes que par mon pen
*) Этоть рескрипть pasabiens грахомъ С. Р. Воровповымъ va статьн, по которымъ онъ расположиль ниженапечатанныя свои зам%чая ва вего. Æ Б.
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chant naturel, de tout projet de conquêtes et d’agrandissement, persuadé que cette ambition doit être étrangère au souverain d’un vaste empire, comblé des plus grands bienfaits de la nature, qui renferme dans son propre sein toutes les sources de la félicité publique avec tous les élémens de la force et de la puissance, — si je fais usage des armes qu’elle me donne, ce ne sera que pour repousser une injuste agression, protéger mes peuples, ou les victimes d’une ambition alarmante pour la sûreté de l’Europe.
‘6. Je ne prendrai jamais aucune part aux dissensions intestines qui agiteraient d’autres états, et quelle que soit la forme de gouvernement que les nations se donnent par le voeu public, elles peuvent maintenir une parfaite intelligence avec mon empire, pourvu que le même esprit d'équité les dirige à son égard.
7. En montant sur le trône, je me suis trouvé lié par des engagemens politiques dont plusieurs étaient en opposition manifeste avec les intérêts de l’état, et quelques uns incompatibles avec la position géographique et les convenances réciproques des parties contractantes. Voulant néanmoins donner l’exemple trop rare du respect à la foi publique, je me suis imposé la charge onéreuse de remplir ces engagemens autant qu’il est en mon pouvoir, ou que la loi imprescriptible et sacrée du bien de mes peuples m'en laissaient la faculté. C’est ainsi que l'Europe ш’а vu prêt à soutenir mes alliés par la voie des armes dans une cause étrangère à mon empire, mais qui lui était devenue commune avant mon règne. Quand le Ciel à béni mes efforts pour terminer ces différends à l’amiable, les intérêts de ces mêmes puissances ont été ménagés dans les négociations de mon cabinet, et il suffit de jeter les yeux sur le traité, pour se convaincre du soin que j'ai mis à maintenir les droits que mes alliés pouvaient raisonnablement faire valoir dans la position alarmante où ils se trouvaient engagés par leur imprévoyance. Mon intervention soutenue en faveur du roi des Deux Siciles, sans aucun intérêt direct, est encore un té-
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moignage de ша fidélité à ce principe, qu’on doit donner l'exemple de ce qu’on exige d'autrui.
8. Si je pense que la véritable grandeur qui doit faire l'apanage du trône, se fonde sur la justice et la bonne foi, je suis également convaincu que la fermeté doit l’accompagner, et par une suite de la maxime exposée ci-dessus, toute atteinte aux droits de mes peuples et de ma couronne, toute infraction aux engngemens contractés avec l'empire que la Providence m’a confié, mettra un terme au système de шоdération que je me suis tracé. On ne saurait prétendre que cette manière de penser soit connue, dans les premiers mois de mon règne, des puissances étrangères. C’est pourquoi j'ai jugé à propos de la développer dans ces instructions.
9. La conduite de la cour de Vienne, dès l'instant où elle crut pouvoir se flatter de consolider sa puissance en Italie sans le concours de son généreux allié, et particulièrement son opposition au retour du roi de Sardaigne et du Souverain-Pontife dans leur états, confirmèrent feu l'Empereur, de glorieuse mémoire, dans l'opinion désavantageuse qu'il avait conçue de ce cabinet. Dès la prise de Mantoue, Sa Majesté avait jugé que Thugut, considérant désormais la Lombardie et les dépouilles de la maison de Savoye comme une proie assurée, ne chercherait qu’à se débarrasser d’un témoin incommode, en éloignant le sauveur de la monarchie autrichienne," et que ce ministre, n’agissant pas de bonne foi dans la cause qui arma la Russie, jetterait le masque pour ne plus songer qu’à satisfaire sa cupidité. Les entraves que le généralissime a dû surmonter, et la retraite de l’archiduc Charles avant la bataille de Zurich, mirent le comble au ressentiment de mon auguste père. Vous connaissez les déterminations successives qu’il lui inspira et qui rompirent bientôt les derniers liens de l'alliance entre les deux cours impériales. La scène d’Ancône et la longueur des procédures contre les fauteurs de cette insulte, le déterminèrent ensuite à rompre toute correspondance avec le cabinet de Vienne, en supprimant l'ambassade de Russie.
10. Cette interruption totale de tous les rapports politiques entre les deux empires durait depuis près de dix mois, lorsque les décrets impénétrables de la Providence divine ш’арреlèrent au trône. Persuadé que l'union des grandes puissances pouvait seule opérer le rétablissement de la paix et de l’ordre social, dont les perturbateurs applaudissaient à cette scission funeste, un de mes premiers soins fut de déjouer leurs espérances en manifestant à la cour de Vienne le désir sincère d’ensevelir tout le passé dans l'oubli et de renouer les anciennes liaisons, dont une longue suite d'années avait constaté les avantages réciproques. Un empressement égal, fondé sur le même motif, porta l’empereur des Romains à aller au devant de mes voeux. Sans attendre la notification de mon avénement au trône, ce prince m'exprima par une lettre autographe le désir le plus vif de rétablir tous les rapports d'intimité qui existaient entre nos deux cours, en me promettant une pleine et entière confiance. Pour gage de la sincérité de ses sentimens, il annonçait une communication prochaine de ses plans politiques et de ses dispositions pour l'arrangement général des affaires. En effet, le prince de Schwarzenberg, arrivé récemment à ma cour, a été porteur d'explications satisfaisantes sur cet objet. L'Autriche, placée entre la France, qu’elle redoute et qu’elle Вай, entre la Prusse dont elle se méfie, et le reste de l'Allemagne qu’elle s'est aliéné par ses projets d'aggrandissement, sent dans loule son étendue la nécessité de se rapprocher de la Russie, de se tenir à elle et d'en faire la médiatrice de la paix ou son égide contre le torrent dévastateur de la révolution. Ce principe est généralement reconnu; la cour, le ministère (sans en excepter m-r de Thugut même) et le public, n’ont qu'une seule opinion sur ce point. Mais ce principe, excellent en théorie, pourra devenir nul en pratique, et par conséquent d'aucun avantage pour le bien général, aussitôt que son application sera vicieuse; ce qui est à craindre, tant que la bonne volonté du souverain et le zèle de ses sujets les plus dévoués à la bonne cause seront entravés par les in-
trigues de la cour, les cabales du ministère, les haines et les passions des personnages influents de cette monarchie. Ces personnages sont l'impératrice, Thugut et l’archiduc Charles. C’est entre eux que se partagent les partis qui divisent l'état. L’ex-ministre, quoiqu’absent, fait mouvoir Colloredo et par lui influence les délibérations du cabinet.
11. Dans cet état de confusion, qui menace la monarchie autrichienne des plus grands désastres, il n’y a qu'une union sincère de vues et de principes entre elle et la Russie qui puisse l'en préserver, et dont l'effet sera d'autant plus sûr si la Prusse veut у prendre part. Il ne tiendra pas à mon zèle de l’établir, et c'est à ce but que tendent mes efforts.
12. Vous n'ignorez pas que la correspondance avec la cour de Berlin fut également interrompue en 1799, lorsque le roi de Prusse, prêt à unir ses armes à celles des deux cours impériales, changea subitement de résolution et crut pouvoir obtenir du gouvernement français, par ses seules sollicitations, la restitution de ses provinces transrhénanes et l’affranchissement de la Hollande. Par une réaction inévitable, la brouillerie survenue quelques mois après avec la cour de Vienne rapprocha la Russie de la Prusse, et une réconciliation, difficile en toute autre occurrence, s’opéra avec un égal empressement des deux parts. L'année suivante, le traité d'alliance fut renouvelé, et bientôt la scission survenue entre la Grande Bretagne et les cours du Nord ajouta un nouveau lien par la confédération formée entre elles pour le mantien des droits de la neutralité. Vous connaissez les événemens qui en furent la suite, et il serait superflu de rappeler ici les motifs qui déterminèrent mon auguste prédécesseur à remettre l'électorat de Hanovre entre les mains de la Prusse. Cette prise de possession devait cependant être momentanée et servir de gage jusqu’à l'arrangement définitif des affaires du Nord. Aujourd'hui qu’elles sont terminées par mon entremise, j'ai fait valoir ce titre pour insister sur l'évacuation du pays de Hanovre, et la réponse que j'attends encore à cetle juste demande servira de règle à mes relations ultérieures
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avec la cour de Berlin. Il ne tiendra pas à ma bonne volonté qu’elles ne se maintiennent dans les termes d’une parfaite intelligence, si désirable pour le bien public et pour les intérêts respectifs des deux états. Quelque soit mon penchant pour ce système, il ne saurait toutefois me faire départir du principe d’un juste équilibre entre les monarchies autrichienne et prussienne, que réclame la sûreté de la Russie, et un de mes soins les plus actifs sera de veiller au maintien de cet équilibre, dans l’arrangement des indemnités. Par cette même considération, j'ai fait donner une réponse déclinatoire aux demandes immodérées que le cabinet de Potsdam m’addressa sur ce point, dès les premiers jours de mon règne, en exigeant de sa part la communication d'un plan général, avant de fixer le lot de la Prusse.
13. Il est connu que la cupidité de son ministère est en opposition avec le caractère et les principes du roi, et si on peut porter le jeune monarque à agir par lui-même, un accord sur l'arrangement des affaires de l'Allemagne rencontrera beaucoup moins de difficultés; je ne tarderai point au reste à vous faire connaître mes intentions à cet égard, dès que mon ministère aura mis la dernière main à son travail. Il doit servir au premier objet de mes négociations avec la cour de Vienne, et si elle veut concourir sincèrement à mes vues salutaires, je réunirai mes soins et mes efforts aux siens pour faire adopter au cabinet de Potsdam le plan dont nous serions convenus.
14. La plupart des princes qui composent l'association du corps germanique recourent à mon appui et à mon intervention pour le maintien de leurs droits et de leurs intérêts, lorsque la paix définitive, en suppléant aux stipulations trèsimparfaites du traité de Lunéville, donnera une nouvelle forme à l'Allemagne et fixera après tant de désastres et de vicissitudes l’organisation politique de ce vaste empire. Son indépendance et sa sûreté tiennent de trop près à la tranquillité future de l’Europe, pour que je puisse y être indifférent et négliger l’occasion que па’ойге l’état présent des affaires
pour conserver à la Russie une influence prepondérante dans les affaires de l'empire. Un de ses principaux membres, l’électeur-palatin, a d’ailleurs des droits irrécusables à faire valoir, par la garantie de ses possessions que feu l’empereur lui a assurée en arrêtant le traité d'alliance du 20 Septembre (1 Octobre) 1799.
15. En me déterminant à poursuivre les négociations entamées avec la France vers la fin de l’année dernière, j'ai été guidé par un double motif: celui d'assurer à mon empire un état de paix et de tranquillité nécessaire pour rétablir l’ordre dans les différentes parties de l'administration, et en même'tems de concourir autant qu'il serait en mon pouvoir à l'accélération d’une paix définitive, qui donne du moins à l’Europe le tems de restaurer l'édifice du système social, ébranlé jusque dans ses fondemens, si la Providence * ne permet pas encore de tarir la source des fléaux qui affligent l'humanité.
16. Le premier objet est du nombre de ceux qu'on peut espérer d'atteindre en alliant la fermeté à la justice et à la modération. Les réponses reçues des différentes cours de l’Europe aux premières ouvertures de mon ministère et l’heureuse issue de ma négociation pour terminer les différends dons le Nord, m’encouragent même à croire que mes peuples pourront goûter sans troubles les douceurs d’un état de calme et de sécurité, mais le second objet que je viens d'indiquer embrasse un plan si vèste et peut être éloigné par tant de vicissitudes, que je ne me dissimule point les difficultés nombreuses qu'on aura à surmonter de la part des puissances mêmes dont le concours devrait être certain.
17. Si le Premier Consul de la République Française continue à {те dépendre le maintien et l’affermissement de son pouvoir, de la discorde et des troubles qui agitent l’Europe; s’il ne reconnaît pas que la puissance fondée sur l'injustice est toujours précaire, parcequ'elle nourrit la haine et légitime l'insurrection; s’il se laisse entraîner par le torrent de la révolution, s’il se confe enfin à la fortune seule, la guerre
pourra se prolonger, l'Allemagne et l'Italie porteront tourà-tour le joug de la république, et dans cet ordre de choses mes soins pour le rétablissement de la tranquillité générale ne pourront être que faiblement secondés; le négociateur chargé de mes intérêts en Francé devra se borner à observer la marche du gouvernement et à amuser le tapis jusqu'à ce que des circonstances plus propices permettent l’usage de moyens plus efficaces. Mais dans le cas où le Premier Consul, mieux éclairé sur ses véritables intérêts et sensible à la vraie gloire, voudrait fermer les plaies de la révolution et donner à son autorité une base plus solide en respectant l'indépendance des gouvernemens, plusieurs considérations du plus grand poids peuvent lui faire désirer un accord sincère avec la Russie et une combinaison de mesures tendantes au rétablissement de l'équilibre en Europe. Dès lors les négociations entamées à Paris pourraient conduire à des résultats satisfaisans.
18. C’est dans cette hypothèse que mon plénipotentiaire a eu ordre de proposer au cabinet des Tuileries plusieurs articles qui peuvent servir de base à une pacification générale. La facilité que manifeste Bonaparte à les admettre en grande partie, ne ш’ойге point un gage suffisant de son adhésion à mes vues. П est possible qu’il se prête à у concourir lorsqu'il connaîtra mieux leur loyauté et leur désintéressement; mais il est certain que sous le règne de feu l'Empereur, de glorieuse mémoire, le Consul avait particulièrement en vue de se ménager l’appui de mon auguste père contre la Grande Bretagne, et aujourd’hui il ne cherche peutêtre qu’à gagner du tems pour connaître mon système et régler en conséquence ses opérations politiques, sans égard aux engagemens qu’il contractera dans l'intervalle. Sa conduite ultérieure décidera mon jugement à cet égard et une circonspection ne me permet pas: encore de le déterminer.
19. Mon conseiller privé actuel le comte de Marcow va se rendre à Paris pour y activer les négociations. Il y remplacera m-r de Kolytchew, qui a désiré son rappel. Vous se.
rez instruit successivement par mon ministère du succès de ses soins pour terminer les négociations avec la France, et celui qui va en être chargé a ordre d'entretenir une correspondance suivie avec vous. Le bien de mon service exige que vous lui fournissiez tôutes les lumières qui peuvent lui être utiles. La longue expérience qu’il a acquise permet de confier à sa discrétion tout ce que vous jugez digne d'être inseré dans vos rapports en cour.
20. Il ne sera pas inutile de vous faire connaître encore que, ‘prévoyant combien la pacification du Nord exciterait la jalousie du Premier Consul, et que le soupçon d’une coalition nouvelle dirigée contre le gouvernement français pourrait le porter à de nouvelles violences, qui prolongeraient les calamités publiques, j’ai autorisé le comte de Marcow de donner au Premier Consul l'assurance la plus positive qu'il n'entre aucune vue hostile dans mon rapprochement avec les cours de Vienne et de Londres, que ni l’une ni l’autre ne m'a fait aucune ouverture d'alliance offensive et que je suis éloigné d'y prêter les mains tant que le gouvernement français voudra respecter les droits et l'indépendance de mes alliés.
21. Le rétablissement des relations politiques et commerciales entre mon empire et les provinces unies qui forment la République Batave, fut effectué par feu l’empereur, mon auguste père. Si une semblable détermination était susceptible de quelque changement, je n’aurais pas voulu у procéder dans le commencement de mon règne, d'autant moins que j'avais résolu de donner suite aux négociations de Paris. Le ministre batave résidant à ma cour continue donc à y gérer les affaires de son gouvernement, et je viens de nommer le sr Hougberg chargé d'affaires à la Haye.
22. La négociation par laquelle les différends survenus entre la Grande Bretagne et les cours du Nord ont été terminés, indique suffisamment les termes dans lesquels je me trouve vis-à-vis de la Suède et du Danemark. La première de ces puissances a déjà muni son ambassadeur des pleins-
pouvoirs nécessaires pour accéder à la conyention qui fixe
© les droits des neutres, et on peut s'attendre que le cabinet de Copenhague s’empressera de suivre son exemple. Comme il y a des réclamations particulières à faire auprès de la cour où vous résidez, le comte de Bernstorf sollicitera votre appui, et je désire que vous lui accordiez vos bons offices et votre intervention dans toutes les demandes équitables qu'il pourrait former. Sa cour attachera le plus grand intérêt à la prompte terminaison des procédures relatives aux vaisseaux détenus et prolongées depuis si long tems dans les amirautés anglaises.
23. Pour ce qui concerne l'Italie, quel que soit l’intérêt que j’attache à son indépendance et au maintien des gouvernemens légitimes qui ont échappé jusqu’à ce jour à la faux de la révolution dans cette partie intéressante de l’Europe, je donne au Premier Consul toutes les facilités imaginables pour que mon intervention en faveur des rois de Naples et de Sardaigne n’apporte point d'obstacles réels à la conciliation désirée. Vous en jugerez par les communications que mon ministère vous adressera en son tems. Le gouvernement républicain ne saurait méconnaître ma condescendance à cet égard, sans un aveu tacite de projets subversifs et attentatoires à la sûreté générale. Ce serait me contraindre à recourir à d’autres mesures pour mettre un frein à une ambition incompatible avec le repos de l’Europe, puisque dès lors il ne serait plus permis d'attendre du Premier Consul aucune modération dans ses vues politiques.
24. Jusqu'ici la Porte Ottomane а été fidèle à ses engagemens avec la Russie, et je n'ai à cet égard aucun sujet de plaintes à former contre elle. Son intérêt lui en faisait une nécessité; tant qu’exposée elle-même aux invasions des Français et à tous les fléaux révolutionnaires qu'ils entrainent après eux, elle pouvait envisager dans l'alliance de la Russie un moyen d’éloigner les désastres par la protection efficace qu’elle lui assure dans le cas où leurs projets auraïent pu lui faire craindre des pertes dans ses possessions
APXEBS ENS ВОРОНОВА, EE. 10-я. 18
en Europe. Муз lorsque l'Egypte sera soustraite du joug de l'ennemi (événement qu’on peut regarder comme prochain), ce ne serait peut-être pas prévoir les choses de trop loin que d'appréhender que la haine du nom chrétien ne зе réveille contre nous à Constantinople et qu’elle ne prenne un caractère sérieux.
25. Quoiqu'il en puisse être, il ne tiendra pas à ma mpdération de prévenir tout sujet de mésintelligence entre mon empire et la Porte Ottomane. Une des bases de mon système politique sera toujours de concourir de tous mes moyens à la conservation d’un état dont la faiblesse et la mauvaise administration ‘sont des gages précieux de sécurité.
26. Les motifs qui ont déterminé feu l'Empereur mon auguste père, de glorieuse mémoire, à rompre toutes les relations de bonne intelligence qui avaient été non interrompues jusqu'alors avec la cour de Madrid, ne peuvent plus exister dans les circonstances présentes. 5. m. catholique prévoyant elle-même ce changement favorable à une réconciliation, m’en a manifesté le voeu, qui avait déjà été énoncé de sa part sous le dernier règne. Je suis prêt à y acquiescer aussitôt que ce monarque aura consenti de suivre pour le rétablissement des anciens rapports un mode compatible avec ma dignité, et le comte de Marcow а ordre de faire connaître ces dispositions au ministère français, de même qu’à l’ambassedeur de la cour de Madrid.
27. Il ne fallait rien moins que des circonstances aussi extraordinaires que celles dont nous sommes les témoins depuis la chute du trône des Bourbons, pour former une alliance defensive entre deux états aussi éloignés sous tous les rapports, que l’empire de Russie et le Portugal. Dès l’instant où mon auguste prédécesseur a pris la détermination de ne plus concourir activement aux efforts des coalisés, cette alliance n’offrait plus la compensation d'intérêts qui est la base de toute transaction publique, et elle devint une charge onéreuse. L’envahissement du Portugal est un mal-
‘ heur auquel je ne puis être insensible, puisqu’en offrant au gouvernement français des nouvelles ressources et en livrant ше nouvelle proie au génie malfaisant de la révolution, il peut influer sur les affaires générales et faire naître encore une entrave à l’accomplissement des voeux de l’humanité, mais il n’est pas dans mon pouvoir de le prévenir. Mes secours et mon intervention seraient également tardifs, et l’impossibilité physique de remplir les engagemens contractés par feu l’empereur avec la cour de Lisbonne rend cette alliliance illusoire.
38. Je n’ai pas rappelé ici l’état de mes affaires avec la Grande Bretagne ni les intérêts de mon empire relativement à cette puissance, parce qu'ils vous sont parfaitement connus et qu'ils font mes instructions particulières dans lesquelles vous puiserez les connaissances dont vous pourriez avoir besoin pour que vos démarches soient toujours conformes aux règles générales tracées dans la présente, et mes relations avec les autres cours.
29. Il résulte du tableau que je viens d’esquisser que c'est avec les cours de Vienne, de Londres et de Berlin que l’inlérêt général aussi bien que ceux de mon empire me porlent à désirer une solide union, que les deux premières, allant au devant de mes voeux, semblent par leur empressement en reconnaîtré l'utilité; qu’un concert sur les indemnités et les changemens qu'éprouvera la constitution germanique peut incessamment s'établir avec l'Autriche, et que je crois très-utile Фу. faire intervenir également le roi de Prusse. Une conséquence qui résulte encore de l’état présent des affaires, c’est que le moment est venu où la conduite du Premier Consul décidera nécessairement la marche que les grandes puissances doivent suivre pour leur propre sûreté; que la manière dont on accueillera les dernières ouvertures faites de ma part à Paris aura une influence décisive sur cette détermination, et qu’ainsi les motifs les plus graves semblent conseiller au premier magistrat de la République
Française, de пе pas livrer au hasard се qu’il peut attendre avec confiance d’un système modéré et équitable.
Je suis, monsieur l’ambassadeur comte de Woronzow, votre bien affectionné Alexandre.
Péterhoff. Ce 5 Juillet 1801.
Envoyé par le chasseur Lindenlaube. Londres, le 28 Sept. (10 Oct.) 1801.
* Toutes les affaires politiques ne se traitent pas chez nous à présent comme dans tous les autres pays du monde, où elles sont débattues dans un conseil en présence du souverain et, en son absence, dans ce même conseil, qui lui en fait un rapport, qui en décide d’après la majorité des voix ou même adopte le sentiment de la minorité, si son avis lui paraît le meilleur; au lieu que chez nous c’est le comte de Panin qui travaille tête-à tête avec l'Empereur, ne lui lit que ce qu’il veut bien lui faire lire, lui représente les affaires d’après son propre jugement, fondé sur le degré de connaissances et d'expérience qu'il a, ce qui est bien peu de chose. C'est lui qui dirige par là le sentiment de l'Empereur et devient le rédacteur des ordres qu’il a suggérés et que Sa M. donne tant à lui qu’aux employés au dehors de l’émpire, et 5. M. I. n’a aucun moyen de savoir si ce que son ministre écrit aux ministres russes ou communique aux ministres étrangers, est conforme à sa volonté. Il est donc impossible de ne pas voir dans tous ces ordres beaucoup plus le sentiment du ministre dirigeant que celui du souverain. Mais si ces mêmes affaires eussent été discutées dans le conseil en présence du souverain, 8. М. |. aurait vu ces mêmes affaires sous différents aspects, aurait entendu le pour et le contre, aurait eu devant elle une plus grande masse de lumières, et à quelqu’avis qu’elle se serait conformée, cet avis aurait été dès lors réellement le sien: car c’est par conviction, par connaissance de cause et par un choix libre et délibéré qu’il
aurait manifesté sa volonté. Mais comme, par malheur pour l'Empereur et l’état, c’est le comte Panin qui seul suggère les avis à 5. M. I, obtient les ordres dont lui encore devient le seul rédacteur et les fait exécuter, tout ce que nous recevons’ sous signature du Souverain, n’en est pas moins le sentiment individuel du ministre. On peut donc discuter ces ordres avec la même liberté qu’on discute ici en Parlement le discours du roi, parce qu’on sait qu’il a été composé par le ministère, et non par le roi qui l’a prononcé.
C’est ce que je vais faire en discutant le rescrit que j'ai reçu du 5 Juillet, daté de Péterhof, et, comme il contient 29 paragraphes, je les ai numérotés, afin d'examiner chaque paragraphe à part, avec des réflexions correspondantes à leurs numéros. .
1. Pourquoi, dès le premier début, le rédacteur fait-il dire une fausseté palpable au Souverain, en lui faisant dire que touteslesinstructions qu’il m'avait faittenir successivement, étaient dirigées vers le prompt rétablissement de la bonne harmonie entre les deux cours, tandis qu’excepté la lettre de 5. M. I. qu’elle me fit l’honneur de m'écrire en date du 10 Juin, en réponse à ma représentation du 6 (18) May, tous les ordres que je recevais signés de В. M. I. et rédigés par le rédacteur, étaient pour exiger avec menaces de l’Angleterre des choses qu’elle ne pouvait pas accorder, ce qui équivaut à une prolongation de rupture, et cela a duré deux mois et demi?
Ce paragraphe finit en me promettant de me faire connaître l'ensemble des affaires avec l’esquisse du tableau des relations avec les différentes puissances de l’Europe, où (le rédacteur dit) je trouverai les règles de conduite imposées au cabinet, et que cette connaissance me mettra à même de concourir avec lui à l’accomplissement des voeux désintéressés pour le bien public et la sûreté générale. Je le désire infiniment, sans savoir pourtant quel est ce cabinet avec
lequel je dois concourir, car je пе vois que le seul rédacteur qui dirige tout.
2. On promet le développement des principes sur lesquels se fonde le système politique du rédacteur et qui conduiront à leur application. Je suis impatient d’entendre ces principes et ce système politique qui en dérive.
3. Tout ce paragraphe n’est qu'un amas de lieux communs en style de rhéteur de collége.
4. La même observation peut se faire à ce paragraphe comme au précédent.