‹ Arkhiv kni͡azi͡a Voront͡sovaChapitre 6 sur 14 · De même · texte numérisé non relu

De même

7. Je ne sais pas comment on peut être lié par des engagemens qu’on n’a pas contractés, et qu’on reconnaît en même tems être en opposition manifeste avec les intérêts de l'état; c’est comme si l'Empereur disait: ,Mon père a été trompé, Koutaïtzof l’a vendu à la Suède, à la Prusse et à la France; il lui a fait prendre des engagemens qui ruinent et déshonorent la Russie que j'aime et que je veux rendre heureuse. Je n’ai eu aucune part à ces fatals engagemens; mais le rédacteur de mes rescrits, qui travaille avec moi tête-à-têle, qui seul dans les affaires politiques fait mon ministère, mon cabinet, me persuade à déclarer que je suis lié à tenir ces engagemens“. Quant aux engagemens qui étaient incompatibles avec la position géographique et les convenances réciproques des parties contractantes, je ne comprends rien à ça, et de qui et de quoi veut parler le rédacteur. Cela mériterait bien qu'il voulût m’éclairer et m'instruire, puisque ce n’est pas un rescrit circulaire, mais dirigé pour mon instruction personnelle.

Il ту а pas non plus de quoi se vanter d'avoir donné l'exemple trop rare du respect à la foi publique en s'imposant la charge onéreuse de remplir ses engagemens.

Le reste de ce paragraphe est que le rédacteur se donne

les violons pour la terminaison des différends, qui pourtant ne seraient pas terminés encore, si on avait suivi ses avis.

8. Encore des déclamations de rhéteur, et qui finissent par dire qu'on ne saurait prétendre que cette manière de penser soit connue dans les premiers mois de mon règne des puissances étrangères, c’est pourquoi j'ai jugé à propos de les développer dans ces instructions. Il fallait donc publier à toutes les cours cette manière de penser ou m'’ordonner de les publier, sans quoi, (comme ce rescrit n’est que pour moi, car il n’est раз circulaire) je dois croire que dans ce paragraphe le rédacteur me prend pour une puissance étrangère.

9. Récit purement historique, connu de tout le monde, par conséquent tout-à-fait inutile pour celui à qui il est adressé; car il a été le premier et le seul des employés au dehors qui n’a cessé de représenter à feu l’empereur, longtems avant que ce prince s’est aperçu des trahisons autrichiennes, qu’il fallait arrêter à tems cette ambition injuste et démesurée de la cour de Vienne et exiger d’elle que ni le pape, ni le roi de Sardaigne ne soyent dépouillés par elle, et que celui-ci sit tout de suite rétabli dans ses états. C’est à la suite de ces représentations que l'Empereur le fit inviter par le généralissime Souworow de revenir à Turin, mais les intrigues de Cobenzel ayant prévalu, le même empereur Paul consentit à ce que le roi de Sardaigne ne soit pas rappelé dans ses états, et S. М. |. répondit à celui qui fait les observations, qu’il saura retenir à tems l’ambition autrichienne. Les événements subséquents ont prouvé qu'ayant perdu Госcasion de faire aller l'Autriche autrement qu'elle n'allait, l'Italie a été perdue sans ressource.

Outre ce récit historique, dont le rédacteur aurait pu se passer, il п’у a de remarquable dans ce paragraphe que l’é- Pithète de glorieuse mémoire, épithète hypocrite et inconvenante et dont on pouvait se passer. On pouvait dire tout simplement: feu l'empereur, mon père. Comment Alexandre Premier, qui a du jugement, de la vertu et qui n’est

раз ип enfant, pouvait-il ne pas voir que son père avait perverti la justice, avait ruiné les finances, avait abiîmé le commerce et avait introduit un despotisme dans son malheureux pays, dont on n’a pas d’exemple. У a-t-it quelque chose que ce soit de glorieux dans cette manière de régner, et un souverain qui, en écrivant à un de ses sujets, dit que la mémoire de son prédécesseur est glorieuse, n’avoue-t-il pas qu'il approuve la conduite du règne passé, et ne s’accuse-t-il pas de suivre les mêmes traces? Mais quand la manière de gouverner est tout-à-fait opposée à celle de la glorieuse mémoire, n'est-ce pas une hypocrisie que de se servir de cette épithète, et comme rien de vil et d’hypocrite n’entrera jamais dans l’âme du vertueux Alexandre Premier, ça prouve qu'il a signé de confiance ce que son ministre lui a présenté. Certainement, il aurait été indécent au fils de parler mal de son père; mais il n’y avait aucune nécessité ni d’en médire, ni d’en faire le panégyrique: il fallait dire tout simplement: feu l’empereur, mon père. Ce qu'il y a de plus singulier, est que celui qui fait ces observations, possède plusieurs lettres du rédacteur du rescrit, dans lesquelles du vivant et depuis la mort de Paul I-er, il le traite de tyran et de maniaque.

10. Les décrets impénétrables de la Providence, qui ont appelé l'Empereur au trône, n’est qu’une phrase de rhétorique mal placée dont on pouvait se passer: car ces décrets impénétrables ne peuvent avoir de rapport qu’à la mort tragique du père, que le fils ne devrait jamais rappeler sans horreur, et si ce n’est pas cette mort que le rédacteur avait en vue, on doit croire qu’il suppose que l'Empereur n’a eu aucun droit au trône, mais qu'il y est parvenu par une élection inattendue, comme le défunt roi de Pologne. Quant aux perturbateurs de la paix et de l’ordre social dont on se vante d’avoir déjoué les espérances, il faut deviner qui sont ces perturbateurs; car par les paragraphes suivants de ce trop long rescrit ce ne sont pas les Français, puisqu'on fait tout pour leur complaire.

Le prix qu'on met à ce que la lettre de l'Empereur 4’А!lemagne était autographe, est tout-à-fait déplacé dans un Souverain plus grand et plus puissant que celui qui a écrit la lettre. Pourquoi parler aussi d'explications satisfaisantes qu’a apportées le prince Schwarzenberg, quand on ne veut pas dire en quoi elles consistaient? Ce rescrit a l’apparence d’instruire celui à qui il est adressé, et on ne l’instruit de rien. А la suite de ce verbiage vient un prétendu tableau de la position de l'Autriche, dans lequel on dit qu’elle redoute et Вай la France, mais qu’elle ne fait que se méfier de la Prusse, ce qui prouve le peu de connaissances du rédacteur: саг quel est l’homme en Europe qui ne sache que la Ваше réciproque entre les cours de Vienne et de Berlin est la plus permanente qu'on ait jamais vue entre aucunes autres puissances au monde? Ainsi, au lieu: dont elle se méfie, il fallait dire: pour laquelle elle a une haine implacable,

Le rédacteur assure que l'Autriche sent dans toute son étendue la nécessité de Та Russie, de se tenir à elle et d'en faire la médiatrice de la paix, ou son égide contre le torrent dévastateur de la révolution. Il oublie qu'au moment qu’il faisait cette phrase oratoire et poétique, la paix de Lunéville était déjà faite et ratifiée auparavant qu'il ne voulait pas perdre celle belle phrase. Il reconnaît que ce principe est généralement reconnu à Vienne par la cour et le ministère, sansen excepter m-r de Thugut lui-même, et que le public п’а qu'une seule opinion sur ce point. Il est difficile de comprendre comment le mot principe a pu être placé là, car ce qu’une cour peut sentir dans certaine circonstance, est tout autre chose qu’un principe. Après cela vient le long et double galimathias qui suit: Mais ce principe excellent en théorie pourra devenir nul en pratique, et, par conséquent, d'aucun avantage pour le bien général, aussitôt que son application sera vicieuse, ce qui ез1 * à craindre tant que la bonne volonté du souverain et le zèle de ses sujets les plus dévoués à la bonne

282 ` SAMSYAHIA

cause seront entravés par les intrigues de la cour, les cabales du ministère, les haines et les passions des personnages influents de cette monarchie. L’exministre, quoiqu’absent, fait mouvoir Colloredo et par lui influence toutes les délibérations du cabi-. net. On peut défier qui que ce soit de pouvoir comprendre ce verbiage, .et on peut défier l’auteur de ce galimathias d’expliquer la contradiction où la cour, le ministère, la ville et même Thugut sont convertis, et puis cette même cour est entravée par les intrigues et les cabales du ministère et de ce même Thugut. .

11. Ce paragraphe, qui traite de la confusion qui menace l'Autriche, n’est lui même qu’une confusion incompréhensible des idées du rédacteur.

12. Le douzième paragraphe commence par un récit historique, inutile à raconter à celui à qui était adressé le rescrit; car ce ne sont que des faits connus de tout le monde. Mais, ce qui est choquant, est ce qui suit: La scission survenue entre la Grande Bretagne et les cours du Nord ajoute un nouveau lien par la confédération formée entre elles pour le maintien des droits de la neutralité armée. Il y a plus de deux mois avant la rédaction de ce rescrit, que le rédacteur fut averti par celui qui fait les observations qu'on lit, que c'est dégrader et avilir la Russie que de la confondre ensemble avec la Suède et le Danemark sous la dénomination collective et très-impropre de puissances du Nord, cours du Nord. Mais il s’obstine à exhausser la Suède et le Danemark pour abaisser sa Patrie et son Souverain, auquel il fait même signer cette reconnaissance de parité et identité, non fondées et avilissantes. Après cela vient le long article où on rappelle sans les indiquer les motifs qui déterminèrent mon auguste prédécesseur à remettre l’électorat de Hanovre entre les mains de la Prusse.

* On dirait que l'Empereur l'avait occupé déjà par ses propres troupes, qu’il a retirées pour confier cet électorat à la garde des troupes prussiennes: autrement il est impossible de co

cevoir comment les mots de remettre entre les mains peuvent être employés.

Comment le rédacteur pouvait-il faire dire à l'Empereur, parlant des affaires du Nord: aujourd’hui qu’elles sont terminées par mon entremise, tandis que quand ce rescrit arriva à sa destinalion, la Suède n'avait pas accédé encore et le Danemark protestait contre. 11 est dit aussi: j’ai fait valoir cetitre pour insister sur l’évacuation du pays de Hanovre, et la réponse que j'attends à cette juste demande servira de règle à mes relations avec la cour de Berlin. Il paraît que, malgré qu’on insiste sur cette juste demande, la cour de Berlin ne s’en soucie guère. Le reste de ce paragraphe est un verbiage sur l'équilibre qu'on est résolu de maintenir entre l’Autriche et la Prusse, que réclame, à ce qu'on dit, la sûreté de la Russie. On finit par avouer que dès le commencement du règne on a fait donner une réponse déclinatoire aux demandes immodérées du cabinet de Potsdam, en exigeant de sa part la communication d’un plan général avant de fixer le lot de la Prusse. 11 y a deux observations à faire là-dessus: la première —que la Prusse ne s’est pas pressée à produire ce plan général qu’on exigeait d'elle, et l’autre— est l'ignorance arrogante du rédacteur, qui croit pouvoir distribuer les lots. Il n’y a que lui en Europe qui пе croit pas que c’est Bonaparte qui distribue les lots, et que c’est devant lui que se prosternent la Prusse, l'Autriche, l'Italie et cette foule de petits princes d'Allemagne. Bonaparte пе cache pas même l’autorité et le droit qu’il croit avoir là-dessus. | п’у a qu’à lire ce que Bacher, son chargé d’affaires à Ratisbonne, a présenté par écrit à la diète pour soutenir l'opposition de la Prusse contre l'élection d’un nouvel électeur de Cologne et évêque de Munster, où il est dit en toutes lettres: de quelque façon que doive être fait en définitif le réglement des indemnités, le principe qui doit servir à les fixer, a été posé par la France, et c’est à elle à en poursuivre l’exécution. Aussi la

Prusse et l'Autriche se concertent avec Bonaparte, qui est le vrai dominateur du continent de l’Europe depuis la Vistule jusqu’à Lisbonne et depuis Stockholm jusqu’à Naples, et le rédacteur du rescrit ne distribuera les lots que dans ses phrases.

13. Il dit qu’il est connu que la cupidité de son ministère (parlant de la Prusse) est en opposition avec le caractère et les principes du roi, et si on peut porter le jeune monarque à agir par lui-même, un accord sur l’arrangement des affaires d'Allemagne rencontrera beaucoup moins de difficultés. Ici le rédacteur est de mauvaise foi, ou bien il ignore le caractère du roi de Prusse, auprès duquel il a résidé plusieurs années, ce qui prouverait son peu de discernement. Dans le premier cas, ne pouvant justifier la conduite de la cour de Berlin, il veut jeter tout le blâme sur le ministère, en donnant en même tems l'espérance de la possibilité que le roi, qu’il suppose rempli de principes magnanimes, gouvernant enfin par lui-même, on devrait se fier à lui, et que tout irait bien. L'objet du rédacteur, dont on connaît la partialité pour la Prusse, est d'entretenir dans l’esprit de l'Empereur une prédilection pour elle. S'il n’a pas eu ces vues qu’on doit lui supposer, il faut nécessairement reconnaître qu'il est tout-àfait incapable de juger sainement des hommes et des affaires: car tout le monde sait que le roi de Prusse est tout-à-fait nul par lui-même, qu’il est très-borné, très-ignorant, timide à l'excès et d’une avarice inconcevable; qu’il est gouverné per Haugwitz, quifait semblant de ne pas avoir d’influence, et qu’il est encore plus gouverné par un secrétaire que се même ministre lui a donné et qui s’appelle Lombard, par un autre secrétaire qui avait été son sous-précepteur, et par deux aides-de-camp, qui tous sont vendus à la France et qui connaissent la timidité et l'extrême avarice du pauvre roi, ne lui parlant que des dangers d’une guerre et des dépenses énormes qu’elle coûterait, s’il se brouillait avec la France. Tel est le caractère de ce prince, tout-à-fait incapable de

gouverner par lui-même. Quant à son ministère, sur lequel le rédacteur s'explique assez vertement, c’est au chef de ce ministère, dont la cupidité est connue, que le rédacteur fit accorder l’ordre de S-t André par pure vanité, afin de faire voir à Berlin le grand pouvoir dont il jouit à Pétersbourg.

14. Tout ce qui est dit dans ce paragraphe n’est que la suite des idées erronées de l’auteur, qui croit indispensable de mêler la Russie dans l’affaire des indemnités, qui ne dépendent que de Bonaparte, et qui croit conserver à la Russie une influence prépondérante dans les affaires de l'Enipire, tandis qu’il n’y a que lui qui ne croit pas que cette influence est anéanlie pour toujours par l'accroissement monstrueux de la puissance de la France, qui domine sur le continent de l'Europe, dont tous les souverains, excepté l'Empereur de Russie, sont aux pieds de Bonaparte. Il est à observer qu'il paraît que c’est le sort de l'Allemagne, déjà décidé par l’acquisition qu'a faite la France de la rive gauche du Rhin, qui inquiète, tandis que son pouvoir en Italie, en Hollande et en Espagne ne fait aucune impression.

15. Les motifs qui ont déterminé à poursuivre les négociations avec la France, sont, à ce qu’on dit, pour assurer la paix et la tranquillité à la Russie et pour donner du moins à l’Europe le tems de restaurer l'édifice du système social, ébranlé presque dans ses fondements. On peut répondre à cela que la Russie, qui a vraiment besoin d’une paix et d’une très-longue paix, Га obtenue dès l'instant qu’elle a retiré ses troupes, sans avoir pour ça besoin d'entretenir des relations avec la France. L’impératrice Elisabeth avait interrompu toute relation avec la France depuis l’année 1745 jusqu’en 1756, sans avoir eu de guerre à cause de cette interruption. Pour ce qui est du rétablissement du système social, le séjour du ministre russe à Paris et de Duroc à Pétersbourg ne le rétablira pas.

16. Tout ce paragraphe n’est qu’un verbiage, dérivant du plan de restaurer l'édifice du système social, et on

286 3AMSYABIA

ajoute ici l’aveu que ce plan est si vaste et peut être éloigné par tant de vicissitudes, qu’on пезе dissimule point les difficultés nombreuses qu’on aura à surmonter de la part des puissances mêmes dont le concours devrait être certain.

Le 17-е $ commence par une espèce de sermon à Bonaparte et Рауеп que, si ce Corse n’est ni juste ni modéré, les soins du rédacteur pour le rétablissement de la tranquillité générale ne pourront être que faiblement secondés. Aussi le négociateur qui doit aller en France, devra зе borner à observer la marche du gouvernement et à amuser le tapis. Amuser le tapis! Peut-on se servir d’un terme plus bas, et c’est l'Empereur que le rédacteur oblige à signer une expression si vile et indigne d’un grand prince! Après ça recommence le sermon à Bonaparte, et, s'il se convertit, les négociations & Paris pourront conduire à des résultats satisfaisants.

18. Il est dit dans ce paragraphe que, d’après l'hypothèse du précédent, le plénipotentiaire a eu ordre de proposer au cabinet des Tuileries plusieurs articles qui peuvent servir de base à une pacification générale, et que la facilité que manifeste Bonaparte à les admettre en grande partie, n'offre pas un gage suffisant de son adhésion aux vues du rédacteur, il est possible qu’il se prête à у concourir lors qu’il connaîtra mieux leur loyauté et leur désintéressement. Comme le rédacteur n'a pas daigné communiquer à celui à qui est adressé cet étrange rescrit, quels sont ces articles qui peuvent servir de base à une pacification génerale, et sur quels de ces articles Bonaparte a montré de la facilité à les admettre en grande partie, il valait mieux ne lui rien écrire à ce sujet: car on le laisse dans les ténèbres, et il peut moins que jamais comprendre pourquoi cette facilité de Boпараг(е n’est pas un gage assez suffisant de son adhésion, et pourquoi il doit encore douter de la loyauté et du désintéressement des vues de l'Empereur. Le rédacteur, ayant fini

НА PECRPHOTB 5 АЯ. 287

sa phrase, commence une autre par un: mais il est certain que sous le règne de feu l’Empereur, de glorieuse mémoire, le Consul avait particulièrement en vue de se ménager l'appui de mon auguste père contre la Grande Bretagne, et aujourd’hui il ne cherche peut-être qu’à gagner du tems pour connaître mon système. Voilà une belle négociation! On n’envoye le comte Markow que pour amuser le tapis, et Bonaparte пе cherche qu’à gagner du tems. Et ce Consul ne connaît pas encore le système de l'Empereur, quoique les vues et les plans de 5. M. I. lui ont été communiqués, et qu’il a déjà témoigné de la facilité à les admettre en grande partie. Pour comprendre ces contradictions, il faut supposer, et cela est probable, que les doutes du Consul viennent de ce que les vues et les plans qui ont été communiqués, ont été écrits avec la même dialectique et clarté d'expressions que l’est ce rescrit inconcevable.

19. Dans ce paragraphe il est dit que le comte Markow, qui précédemment n’était que pour amuser le tapis, va tout d'un coup activer les négociations. Il faut donc qu'il soit chargé de plusieurs. Après quoi il est expressément ordonné à eelui à qui ce rescript est adressé, d'informer le ministre qui va activer ces négociations, de tout ce qu’il jugera digne d’être inséré dans ses rapports en cour, се qui est l’équivalent de faire à ce ministre les шёmes rapports qu’à l'Empereur, ce qui est tout-à-fait impossible: car si le ministère britannique s'aperçoit que le ministre russe communique à Paris tout ce qui lui est communiqué ici, on cessera d’avoir confiance en lui et on ne lui communiquera plus rien. | faut observer en passant que le mot en cour ne va pas du tout, quand le Souverain parle en son propre nom et signe le rescrit. C’est une façon de s'exprimer basse et surannée, qui était usitée autrefois par les vieilles mâchoires de l’ancienne diplomatie française, et qui n’est plus employée. que par des commis. Un ministre qui sait la dignité avec laquelle il doit faire parler son Soy-

verain, aurait mis: dans les rapports que vous ше ferez et non que vous ferez en cour.

20. Le vingtième paragraphe n’est que le témoignage de la crainte qu'a le rédacteur que Bonaparte ne se fâche de ce que l’Empereur a reconnu, en dépit de ce rédacteur, les vrais intérêts de son: pays; aussi il s’empresse d'assurer le Consul que l'Empereur n’a pris et ne prendra aucun engagement avec la Grande, Bretagne.

21. Le vingt-unième—est une preuve additionnelle de l’ignorance de celui qui a écrit le rescrit, parce qu’il suppose qu’il y a des relations politiques et commerciales entre la Russie et la prétendue République Batave, et que c’est en conséquence du rétablissement de ces relations. par feu l'Empereur, mon auguste père, que le sieur Hougberg est nommé chargé d’affaires à la Haye. Après quoi le rédacteur fait dire à l'Empereur: Si une semblable détermination était susceptible de quelque changement, je n’aurais pas voulu y procéder dès le commencement de mon règne, d'autant moins que j’avais résolu de donner suite aux négociations de Paris.

Il n’y a personne qui ignore, excepté le rédacteur, que le commerce de la Hollande a commencé à décroître rapidement depuis la paix d’Aix-la-Chapelle, par les deux causes suivantes: la première fut la rage des capitalistes hollandais à гейrer leurs capitaux du commerce pour les placer dans les fonds publics des autres pays; la seconde—fut l'augmentation progressive du cabotage prussien, danois et suédois, particulièrement de ce dernier. Ces trois nations pouvant construire leurs vaisseaux avec moins de dépense, et donnant moins d’appointements à leurs matelots, peuvent naviguer à meilleur marché et prendre un moindre frêt pour le transport des marchandises d’un pays dans un autre, ce qui était la principale source du commerce hollandais. On peut voir par les registres de toutes les douanes de la Russie qu'avant l'année 1750, sur le nombre total des vaisseaux de toutes les nations

dans tous nos ports, les Hollandais composaient le quart, et que depuis ce tems leur nombre n’a fait que décroître et celui des autres n’a fait qu'augmenter, au point qu'avant la guerre présente le pavillon hollandais n’entrait pas pour la vingtième partie des vaisseaux qui arrivaient annuellement en Russie, et, quant à la guerre présente, qui a tout-à-fait abtmé et pour toujours le commerce hollandais, il n’y а pas dix vaisseaux qui osent passer le Sund, et c’est dans ce tems qu’il serait inutile d'entretenir un consul russe à Amsterdam, qu’on envoie un chargé d’affaires à la Haye à cause des геlations commerciales entre l'Empereur de Russie et la soi-disant République Batave.

L'ignorance ou bien l'hypocrisie du rédacteur est encore plus palpable quand il parle des relations politiques, comme si la Hollande elle-même possédait encore une existence politique réelle et comme si elle était indépendante. Quel est l’homme en Europe qui ne sache que la Hollande est subjuguée par la France, qui la tient dans les fers, que le ministre de la France à la Haye est le préfet de Bonaparte; que ce préfet est soutenu par un général français qui, avec les troupes qu’il commande, met en exécution les ordres qu’il donne au prétendu directoire de la soi-disant République Batave; que ce directoire a moins d’autorité s’il n’obéit pas aux ordres du préfet, que la moindre petite municipalité française; que tout mémoire que présenterait le chargé d’affaires russe, serait porté au ministre de Bonaparte pour savoir ce qu’il у a à répondre; qu’en un mot, tenir un ministre public à la Haye et entretenir des relations avec ce malheureux pays, c’est autant que d'entretenir un ministre et des relations dans le département des Bouches du Rhône ou de la Vendée: c’est dégrader la majesté d’un Empereur de Russie. Mais le rédacteur a imprudemment lâché son secret en ajoutant que c'était pour donner suite aux négociations de Paris. C’est pour complaire à la France qu'il a conseillé cette démarche avilissante, et l'Empereur de Russie ne peut négocier avec Bonaparte qu’en se dégradant au préalable.

APXEBS HASA ВОРОНЦОВА, ви, 10-я. 19

22. Encore les cours du Nord, où la Russie est englobée dans une association et parité outrageante pour elle. Le rédacteur croit au mois de Juillet que la Suède a accédé et que le Danemark va la suivre, tandis que rien n’était fait à la fin de Septembre, qu’on faisait ces observations.

23. Certes, les facilités imaginables, données au Premier Consul, sont très-grandes, s’il est vrai ce que la reine de Naples a écrit au prince Castelcicala dans une lettre que j'ai vue, où cette princesse, pénétrée de douleur, se plaint qu’on a proposé de chez nous à Bonaparte de garantir le traité de Florence et que les troupes françaises pourront rester dans le royaume de Naples jusqu’à la paix: car on sait que le traité de Florence a été extorqué par la violenee en mépris de ce qui était promis à Paul I,—infraction qui aurait dû rompre toute liaison entre Bonaparte et la Russie. L'Empereur actuel а fait protester par Kolytchef contre ce traité, par Jequel la France, déjà si monstrueusement puissante, enlève au roi de Naples la petite isle d’Elbe et les petits états connus sous le nom de stati dei presidii. Mais ce qu’il y a de plus singulier, c’est que par cette garantie on met le royaume de Naples dans une condition pire qu'il n'était déjà par cette fatale paix de Florence, dans laquelle il est dit expressément que les troupes françaises ne resteraient qu’une année ou jusqu’à l'évacuation de l'Egypte: Гапnée finira au mois de Mars prochain et l'évacuation sera sans doute faite avant, mais Bonaparte ne continuera pas moins à tenir ses troupes dans le royaume de Naples, autorisé par la proposition de la Russie, et quoiqu'on ne dit rien de ce qui a été proposé pour l’infortuné roi de Sardaigne, on doit croire qu’il a été traité comme celui de Naples Ainsi la phrase: je donne au Premier Consul toutes les facilités imaginables pour que mon intervention en faveur des rois de Naples et de Sardaigne n’apporte point d’obstacles réels à la conciliation désirée, nous donne la mesure de la chaleur de cette intervention. Après quoi on me renvoie aux communications futures du rédacteur, qui, travaillant seul

avec l'Empereur, se donne le titre de ministère. Le gouvernement républicain, continue le rescrit, ne saurait méconnaître ma condescendance à cet égard sans un aveu tacite de projets subversifs et attentatoires à la sûreté générale. Ce serait me contraindre à recourir à d’autres mesures pour mettre un frein à une ambition incompatible avec le repos de l’Euторе, puisqu'il ne serait plus permis d’attendre du Premier Consul aucune modération dans ses vues politiques. Il y a à observer que le mot de gouvernement républicain est aussi proprement employé que celui de mon ministère, quand l'Empereur parle des affaires politiques: car c'est le comte Panin qui compose à lui seul le ministère et le cabinet du vaste empire de Russie, et, ce .qu'il ignore, il n’y a de république que le nom en France, et Bonaparte est plus despote qn’un empereur du Maroc. Quant à la modération du Premier Consul, il n’y a que le rédacteur seul au monde qui se permet de l’attendre.

24. Dans ce paragraphe on reconnaît d’abord la fidélité de la Porte Otiomane, et qu’on a aucune plainte à former contre elle; mais lorsque l'Egypte sera soustraite au joug de l'ennemi, ce ne serait peut-être pas prévoir les choses de trop loin que d'appréhender que la haine du nom chrétien ne se réveille contre nous à Constantinople et qu’elle ne prenne un caractère sérieux. Est-il possible que-le rédacteur n’ait pas lu les dépêches de m-r Boulgakow, du c-te Kotshoubey, de m-r Taшага, n'ait pas lu au moins les gazettes, qui devraient l’informer de la décadence absolue de l'empire Turc, où tous 163 ressorts du gouvernement sont relâchés, où l'esprit militaire est anéanti absolument et où non seulement les pachas éloignés de la capitale se sont rendus indépendants; mais que même à trois journées de distance de cette capitale un simple janissaire, Passavan-Oglou, s’est révolté, et, n'ayant que 6 à 8 mille hommes, ne peut pas être subjugué depuis

plus de huit ans; que la Porte, après avoir envoyé contre 19°

lui des armées toujours battues par се janissaire, а souvent conclu des paix qu’il a toujours rompues, et elle est encore prête de traiter avec lui d’égal à égal. C’esl cette puissance, qui ne serait pas en état de faire la guerre à la république de Venise, si elle existait encore; c’est cette puissance dont la chute est certaine, si la Russie ne la soutient pas comme elle doit le faire si elle connaît ses propres intérêts, que le rédacteur craint, et fait signer à son souverain ses propres appréhensions pusillanimes.

25. Ce prragraphe est en contradiction directe du précédent; car, en parlant de ce même empire Ottoman, il est dit: une des bases de mon système politique sera toujours de concourir de tous mes moyens à la conservation d’un état dont la faiblesse et la mauvaise administration sont des gages précieux de sécurité. П n’est donc plus à craindre cet état, le réveil duquel contre nous était à appréhender qu’il ne prenne un caractère sérieux. On défie qui que ce soit d'expliquer la contradiction de ces deux paragraphes.

26. Ce paragraphe étant le pendant de celui qui contient les prétendues raisons pour avoir un ministre en Hollande, parce qu’il croit qu’il est aussi nécessaire d’avoir un ministre en Espagne, que tout le monde connait être dans la dépendance absolue de la France et avoir perdu tout-à-fait sa liberté politique, n’a pas besoin de réfutation, et on se rapporte aux observations faites sur le paragraphe 21.

27. Ce n’est qu’un aveu de l'impuissance de la Russie, tandis que dans les paragraphes précédents elle veut conserver son influence prépondérante en Europe, et qu'on prétend distribuer les lots de l’Autriche et de la Prusse. Car, quoiqu'il y est dit: l’envahissement du Portugal est un malheur auquel je ne puis être insensible, puisqu'en offrant au gouvernement Françnisde nouvelles ressources et en livrant une nouvelle proie au génie malfaisant de la révolution, il peut influer sur les affaires générales et faire naître encore une entrave

HA РЕСЕРИПТЪ 5 Юля. 293

à l’accomplissement des voeux de l'humanité; mais on n'ose pas même intercéder auprès de Bonaparte en faveur de ce pauvre Portugal, même aussi faiblement qu'on le fait pour Naples et la Sardaigne. Ici on reconnaît le génie malfaisant de la révolution qui domine encore le gouvernement Français, dominé par Bonaparte, qui est son despote et fait tout à sa volonté, et plus haut on doute encore s’il est modéré ou insatiable, s’il est juste ou pervers, et c'est pour Гёргопуег ou le convertir qu’il y a par-ci et par-là quelques traces de sermons très-édifiants, adressés à ce Corse qui a l'air d’être incorrigible et de vouloir mourir dans une impénitence finale.

28. Le rédacteur fait parler son souverain de la manière suivante: Je n’ai pas rappelé ici l’état de mes affaires avec la Grande Bretagne ni les intérêts de mon empire relativement à cette puissance, parce qu’ils vous sont parfaitement connus et qu’ils «sont le sujet de mes instructions particulières, dans lesquelles vous puiserez les connaissances dont vous pourrez avoir besoin pour que nos démarches soyent toujours conformes aux règles générales tracées dans la présente et à mes relations avec les autres cours. Ainsi, en parlant sans clarté ni précision sur toutes les cours, en laissant celui à qui est adressé ce long rescript, dans de plus grandes ténèbres qu’il n’a été avant, on ne lui parle pas du pays où il se trouve, parce que cela m'est parfaite- ‘ment connu, à ce qu’il est dit. Sans doute, le pays m'est conpu, mais quels sont les sentiments de ma cour sur le rapport politique qu’elle croit avoir avec ce pays, je l’ignore. Il est vrai qu’on parle des instructions particulières dont je pourräi avoir besoin. Est-ce des instructions passées, elles n'existent раз; car celles que j'avais reçues et que je n’ai pas exécutées, ont été reconnues inexécutables; est-ce des instructions futures, il fallait me les envoyer au plus vite, parce qu’elles me sont plus nécessaires que ce fatras

incohérent, obseur-et contradictoire qu’on vient d'examiner pièce par pièce.

29. Il est dit que ce fatras inconcevable est une esquisse d'un tableau qui prouve que c’est avec les cours de Vienne, de Londres et de Berlin qu’il faut être uni pour le bien général et celui de la Russie, et cela pour faire en concert avec elles un arrangement sur les indemnités allemandes, quoique jamais jusqu’à ce jour il n’y a eu aucune ouverture ou indice de proposition faite de la part de la Russie à l’Angleterre, et quoique le concours de celle-ci ne sera d'aucun poids dans cette affaire, et quoique celui de la Russie ne sera que très-secondaire et avilissant pour elle; car tout dépend de Bonaparte, à la décision duquel les cours rampantes et rivales de Berlin et de Vienne n'oseront jamais résister et se soumettront à la décision absolue.

Pour finir ce pénible travail d'examiner cette singulière production politique du comte Panin, on est obligé de revenir au paragraphe 6-me, parce qu’il contient un principe aussi injuste que dangereux. Il у est dit que quelle que soit la forme de gouvernement que les nations se donnent par le voeu public, elles peuvent maintenir une parfaite intelligence avec mon empire, pourvu que le même esprit d'équité les dirige à son égard. Ce n'est pas ainsi que raisonnait la feue Impératrice, car quoique piquée contre l'Angleterre, grâce aux intrigues réunies de la Prusse, de la Suède et de la France, elle n’a jamais voulu reconnaître pour puissance indépendante ses sujets révoltés de l'Amérique. Des agents américains furent à Pétersbourg avec des lettres de créance, ils frappèrent à toutes les portes, les envoyés des cours étrangères, ennemies de l'Angleterre, remuèrent ciel et terre en leur faveur; jamais l’Impératrice n'a voulu les admettre et reconnaître l'indépendance de leurs commettants. D’après le dangereux principe du rédacteur, toute province qui se révolte à tort ou à raison, doit être sûre d'avance d’être reconnue de la Russie pour indépen- Чаще et d’avoir des liaisons avec elle. Si la partie Polonaise

de l'Autriche ou de la Prusse se révolte en s’établissant en république ou en élisant un roi, la Russie doit les reconnaître en dépit des garanties données par elle à ces deux puissances. Et si notre partie Polonaise en fait de même, ou si la nation Courlandaise, Livonienne, Estonienne ou Finlandaise secouent la domination Russe, de quel droit trouverons nous mauvais que la Prusse et la Suède les assistent, et de quel droit l'Empereur lui-même pourrait-il employer des troupes pour les soumettre? car c’est une forme de gouvernement que ces nations se donneraient par le voeu public. Quand on établit un principe, il faut être conséquent, car autrement c’est déraisonner ou n'être pas sincère.

Il est visible que le fond de ce rescript est du rédacteur lui-même, c’est-à-dire, l'obscurité, l'ignorance, les contradictions, les idées incohérentes et les principes dangereux dont il ne comprenait pas lui-même le danger; mais quant à la partie du style, c’est clair que c’est un Français qui l’a éorrigé et l’a habillé à la mode parisienne de nos jours, entremélé pourtant de quelque mot employé jadis dans l’ancienne diplomatie française par des commis des bureaux, comme par exemple: écrire en cour. П est singulier de trouver les expressions: activer, premier magistrat de la République Française etc.etc. ettant d’autres qui dénotent m-r Lambert, le confident intime du rédacteur. Ce qu’il y a de certain, est que ni l’un ni l’autre ne devraient jamais se шёler de faire parler l'Empereur par leur bouche ou de з’ехprimer en son nom dans les pièces qu'ils composent, et qu’il a la confiance de signer; car jamais aucun souverain n’a été tant compromis qu’il l’est par eux dans ce rescript. Je prie Dieu qu’il inspire à ce souverain de ne jamais consulter un tel homme que ce rédacteur, et qu’il reprenne tous les rescripts qu’il lui a fait signer pour les détruire, afin qu’ils ne restent jamais dans aucune archive, tant au dedans qu’au dehors du pays.

Monsieur le comte de Woronzow. Га! reçu vos relations expédiées par le courrier Lindenlaub en même tems que la nouvelle de la part du comte Marcow qu’il avait signé le traité de paix avec la France et que les ratifications en avaient été échangées. L'absence de lord S-t Helens m'a privé pendant longtems de la nouvelle officielle des prélimiпайгез conclus entre l'Angleterre et la France, mais à la fin elle me fut communiquée, et c’est avec satisfaction que je vis un si heureux commencement pour le rétàblissement de la paix définitive. Si les conditions ne paraissent pas avantageuses pour l'Angleterre à bien des personnes, il faut de lautre côté considérer le nombre de difficultés qu’aurait offertes la continuation de la guerre, qui, quelque heureuse qu’elle eût été, n’en aurait pas moins entraîné l'Angleterre dans des dépenses considérables et bien supérieures à ce que la France, privée depuis longtems de ses flottes et colonies, aurait dû employer pour conserver une position défensive. Laissant au tems à décider jusqu’à quel point cette paix peut être avantageuse, je [a regarde dans ce moment comme une circonstance heureuse pour l'Angleterre, et c'est pourquoi je vous charge, quand l’occasion s’en présentera, de témoigner à sa majesté le roi la part sincère que je prends à cet événement.

Je ne puis que regretter cependant que la cour de Londres, quelque condescendante qu’elle se soit montrée dans la négociation avec la République Française, п’ай pas réussi à rien réserver pour le bien du roi de Sardaigne. Le seul moyen de procurer à ce souverain l’état qui lui convient, aurait été peut-être d'y insister pendant qu’on rendait à la France et à ses alliés les conquêtes qu’on avait faites sur eux; mais si même un concours de choses aussi avantageux n'a pu accélérer l'établissement du sort du roi de Sardaigne,

CHOMEHIA СЪ ФРАНЩЕЙ. 297

encore moins les efforts isolés de mes plénipotentiares à Раris ont-ils pu y parvenir, quelque énergiques qu'ils ayent été.

Les relations du comte Marcow que je vous communique à cette occasion, vous donneront une ample connaissance des dificultés qu'ont manifestées pour cet objet le Premier Consul et le ministre des affaires étrangères. Ma pacification avec la France ayant été déjà une fois retardée par l'éloignement que le gouvernement français avait pour l’insertion de l'article relatif au rétablissement du roi de Sardaigne dans ses états, il ne restait rien autre chose à faire à mon plénipotentiaire qu’à signer, d'autant plus que la conclusion des préliminaires avec l’Angleterre avait rendu encore plus inaccessibles les chicanes qu’adoptait le ministère français.

Je prescris au comte Marcow d'observer, en se référant au 6-me article de la convention secrète, une conduite analogue à son contenu, pour le bien du roi de Sardaigne; mais il n'y a point de doute que le concours de l'Angleterre ne dût agir grandement à cette occasion; c’est pourquoi je vous charge de vous entendre avec lord Hawkesbury sur l’étendue des ordres qu’il faudrait donner au marquis Cornwallis pour qu’il dirige tous ses efforts vers le même but. Il est à désirer que si par la difficulté de s’approcher de la France dans l’état actuel'des choses, il est impossible de rendre le Piémont à son souverain légitime, il reçoive au moins un dédommagement convenable en Italie, qui lui resterait jusqu'à ce qu'on pût penser à d’autres mesures. En tout cas, on ne saurait certainement me reprocher que je n’eusse pas employé tous mes efforts pour le bien du roi de Sardaigne; et pour y mettre encore une suite plus efficace, vous pouvez entrer dans une correspondance directe avec le comte Marcow, en lui communiquant tout ce que vos soins feront entreprendre au ministère Anglais. Au reste, je dois vous prévenir à cette occasion, que le comte Valese а fait auprès de mon ministère des tentatives portant à un secours pécuniaire pour le roi de Sardaigne, et qu’il s’y est appuyé principalement sur le doute que l'Angleterre ne retire les sub-

298 ПОЛИТИКА AXEECAHAPA 1-ГО.

sides qu’elle a donnés. Les circonstances intérieures de Гешpire, en ше prescrivant pour règle invariable d'observer l’économie, ne me permettent pas de satisfaire à cette demande; mais si le comte Front requérait quelquefois votre concours pour obtenir de nouveaux subsides de la part de la cour de Londres, vous pouvez l’employer, mais plus comme de votre propre mouvement qu’en conséquence de quelques ordres de. ma part.

Je laisse à votre jugement à communiquer au ministère anglais les actes ci-joints qui ont été conclus à Paris, — soit en entier, soit en partie, en leur faisant voir par là ma franchise et en prenant d’eux l'assurance que les conditions secrètes ne seront pas dévoilées. Je crois nécessaire, à cette occasion, de vous communiquer pour votre information, qu'absolument je ue compte entrer avec le gouvernement français dans aucun projet ultérieur quelconque, et que l'expression d'un concert ultérieur employée par Talleyrand dans ses conférences avec le comte Marcow, peut tout au plus se гарporter, si l'affaire en vient là, au concert sur les mesures relatives aux affaires de l'Allemagne. De même, comme vous pouvez aisément conclure, le dernier article de la convention secrète est plutôt une forme qu’une condition qui doit avoir effet, d’autant plus que cet article a été conçu quand la négociation se faisait du tems de mon père, de glorieuse mémoire. `

J'espère vous faire parvenir bientôt des informations additionnelles à celles que vous avez déjà sur mes vues concernant les affaires politiques. Elles se porteront toujours à conserver pour aussi longtems que possible le repos si nécessaire pour la Russie. Alexandre.

St. Pétersbourg, le 7 (18) Nov-bre 1801.

Monsieur le général comte de Woronzoff. Та! reçu еп chemin de Moscou ici, la lettre que vous m’avez directement adressée le 27 S-bre. Rien n'aurait pu me convaincre дауапtage dans l'opinion que j'ai conçue depuis longtems de vos principes et de vos sentimens, que cette lettre pleine de zèle pour le bien du service de l'Etat et pour ma personne. Je ne puis assez vous témoigner combien je suis sensible à la franchise avec laquelle vous me parlez. Désirant de ш’асquitter de mon mieux des devoirs qui me sont imposés, j’exige de chacun le langage de la vérité. Vous jugerez d’après cela si j'écouterai avec plaisir tout ce qui me viendra de la part d’un homme de votre mérite, de votre âge, de votre expérience. .

Je dois maintenant vous répondre avec quelques détails, et je ne mettrai aucune réserve à ma confiance pour vous.

Je reconnais avec vous l'utilité de la discussion dans les affaires, et si je me suis borné jusqu'à présent au travail du cabinet et avec chacun de mes ministres en particulier, c’est, je l’avoue, en partie parce que j’ai trouvé cet ordre de choses établi et que je n’ai pas voulu y toucher avant qu'une certaine expérience, qu'un certain calme m'eussent mis à même de songer à un changement utile. Dans cette idée, je pensais déjà avant mon départ pour Moscou de mettre plus de suite aux communications qui se faisaient au conseil, des affaires politiques. Cette disposition pourra, j'espère, avoir lieu, et je me propose de prendre, aussi souvent que je pourrai, part aux séances du conseil et Фу porter toutes les affaires que je jugerai être de quelque importance.

Relativement au traité de commerce avec la Suède, et à l'intérêt que j'ai marqué soit à cette puissance soit au Danemark, je n’ai pas de peine à convenir que peut-être ai-je trop pris à tâche de leur être utile; mais il faut se гаррогter au tems et aux circonstances. La Russie était, à mon avé-

nement au thrône, liée par des engagemens précis avec ces deux états, menacés comme elle par l'Angleterre. Résolu tout aussitôt à m’arranger avec cette dernière, j’ai cru qu'il était de mon honneur et de ma dignité de ne pas abandonner deux cours qui se trouvaient en danger: par une suite de l'impulsion qui leur a été donnée d'ici.

C'est à cela que se rapporte l’hésitation dont vous а parlé le comte de Раши, et nullement que j'aie pu élever des doutes que vos remarques sur les avantages de nos liaisons avec l'Angleterre ne fussent point fondées. J’hésitais parce que je devais observer mes engagemens même à mon détriment, parce que, tout en cédant, il ne convenait pas que j'eusse Гат d’avoir été intimidé par l’Angleterre, dont les flottes se trouvaient dans la Baltique. Quant à la ratification du traité de commerce avec la Suède, j'ai pensé qu'ayant ouvert une négociation avec l’Angleterre, et renonçant aux principes de la neutralité armée si avantageux pour les puissances du Nord, je devais au moins ne pas me refuser à cette concession envers la Suède, tandis que ses ratifications se trouvaient ici quelques semaines avant que j'eusse pris les rênes du gouvernement; mais en tout autre état des choses, et surtout aujourd’hui que l’expérience me rend ces objets plus familiers et que les embarras dans lesquels je me suis trouvé commencent à s’éclaircir, je ne confondrai certainement pas les intérêts de la Russie avec ceux des cours du Nord. Je m'étudierai surtout à suivre un système national, с. à 4. un système fondé sur les avantages de l'Etat, et non, comme cela est souvent arrivé, sur des prédilections pour telle ou telle autre puissance. Je serais, si je le jugeais utile pour la Russie, bien avec la France, tout comme ce même intérêt

` me porte maintenant à cultiver l’amitié de la Grande Bretagne. .

Je vous dirai avec la même franchise que je ne convenais personnellement pas que l’opinion du roi d'Angleterre sur la pacification de la Porte Ottomane avec la France fût fondée. Persuadé que le concours des Turcs dans la guerre était

assez indifférent et que leurs efforts, quelque grands qu'ils fussent, n’eussent jamais amené les Français à la reddition de l'Egypte, j'ai pensé que je ne devais pas refuser de continuer mes bons offices pour un accommodemment avec la France et la Porte, que cette dernière avait plusieurs fois manifesté le désir de voir effectuer. Гу voyais encore d’autant moins d'inconvénients que l'évacuation de l'Egypte devait en être une condition inséparable. Cette différence, d’ailleurs, pour les vues des Turcs, était aussi fondée sur la connaissance que nous avons de leur manière de juger, et de traiter les affaires. Îls n'auraient pas manqué d'entrer eux-mêmes en pourparlers avec le gouvernement français, et les derniers rapports du comte de Marcow viennent à Гарри! de cette assertion. Il marque que le ministre des relations extérieures était sur le point de signer des préliminaires avec l'ambassadeur turc sens la participation de mon plénipotentiaire. Or, changer de conduite à l'égard d’une puissance qui croyait avoir des droits à notre intérêt, c’eût été faire naitre des doutes chez des gens aussi méfiants que les Turcs, tandis que nous devous chercher à conserver la confiance qu’ils nous témoignent. Mais ce qui m'a le plus déterminé à ne pas refuser ma médiation, c’est le voeu bien sincère que j'ai formé, dès le com-

. mencement, de voir la tranquillité générale établie. Ce même

voeu m'avait porté à proposer également ma médiation à l'Angleterre, et }“у aurais sans doute mis tout le zèle que m’avaient dicté les sentimens que je professe pour s. m. britannique.

J'ai tout lieu d’être surpris que le comte de Panin ne vous ait pas fait connaître mes intentions relativement aux officiers de ma marine qui servent en Angleterre. Trouvant qu’il ne peut que résulter le plus grand avantage pour mon service de les laisser à une aussi bonne école, je l’avais chargé de vous marquer que j'étais intentionné de maintenir Гаггапgement que vous aviez fait pour ces officiers, et que je voulais que ceux qui se trouvent dans ce moment-ci en Angleterre continuassent encore à y séjourner. C'est à cette dis-

position qu’il faudra vous en tenir jusqu'à ce que mon amirauté vous aura adressé de nouveaux sujets. Le comte de Раши a dû aussi vous informer des ordres que j'avais donnés dès le principe pour les passeports. Vous suivrez la marche que vous avez observée jusqu’à présent à l'égard des passeports que vous délivrez aux Anglais. Quant à ceux que des étrangers pourraient vous demander, il faudrait n’en délivrer qu’à ceux qui eussent quelques titres pour en obtenir, comme passeports de leurs gouvernements, certificats ou autres досиments que vous jugerez valables.

Je recevrai avec reconnaissance les observations que vous me promettez sur le traité de commerce avec la Suède. Si leur application ne pourra peut-être avoir lieu dès à présent, il en résultera toujours des lumières utiles pour les transactions à venir.

Vous voyez, mon cher comte, que je ne mets point de bornes à ma confiance en vous et que j'ai cherché à vous rendre raison de toutes mes démarches. Par une suite de ces dispositions, je vous dirai quelques mots du changement que je viens de faire dans mon ministère. Quoique différant souvent, à la vérite, d'opinion avec le comte de Раша sur les affaires, je n’avais pas l'intention de l’éloigner. Il prit, à ce que l’on croit, de l’humeur, supposant que je ne l’avais pas assez distingué en distribuant les grâces le jour de mon couronnement, et saisit l’occasion d’une plainte portée contre lui par le prince de Kourakin et dans laquelle je ne pouvais que rendre justice à celui-ci, pour me demander un congé de trois ans. Je n’ai pas balancé à le lui accorder, ayant, je vous l'avoue, été fort surpris de sa démarche.

Recevez, monsieur le comte, l’assurance de mon estime particulière. Alexandre.

А 8-1 Pétersbourg, се 31 VIlI-bre 1801.

S-t Pétersbourg, 10 X-bre 1801.

Monsieur le comte de Worontzow. Vos rapports du 5}, passé sont arrivés par l’assesseur de collége Wassilief, et d’après leurs contenus mon ministère a eu avec le lord S-t Helens les communications nécessaires relativement aux propositions que la cour de Londres a faites et qui se rapportent à l’état de l’isle de Malthe. Désirant donner à 8. m. le roi de la G-de Bretagne une marque de mes dispositions bien sincères, et pour rendre moins difficiles les négociations à Amiens, j’accorde volontiers ma garantie pour l'établissement qui pourrait être fixé entre l’Angleterre et la France avec toutes les additions qui pourraient résulter, soit des ordres antérieurs qui vous ont été donnés sur ce point, soit de l’état de la chose même. Vous le verrez de la note que l’ambassadeur anglais a remise à mon ministère, et dans laquelle se trouvent des observations qui renferment ces additions. Elles se rapportent principalement à l'explication des points sur lesquels le ministère Anglais veut fonder, dans son traité définitif avec la France, les articles relatifs à Malthe, et il y est ajouté que les ports de cette isle seront déclarés neutres, si même une guerre avec le roi de Naples eût lieu. La manière dont on peut fixer la part que je prendrai à cet établissement, et qui parait être la plus convenable, est que les deux parties contractantes conviennent par un article particulier de m'inviter à y donner ma garantie.

Supposant que, d’après la part que la cour de Londres prend au sort du roi de Sardaigne, vous pourrez, pour mieux régler vos démarches, tirer quelque utilité des communications de mes derniers ordres au conseiller privé actuel le comte de Marcow, relativement au même objet, je vous les transmets ci-joints, en vous prévenant qu’ils ont été guidés par le rapport du comte Marcow qui renferme son entretien avec le Premier Consul, dans lequel ce dernier non

304 MAPOXIOBIE.

seulement avoue qu’il a résolu de joindre le Piémont à la France, mais n’a pas même caché qu'il n’a jamais eu le dessein de retourner ces états au roi de Sardaigne, et qu’il n'y avait donné sa promesse qu'uniquement pour gratifier ses propres vues.

Comme il n’est pas probable qu’un courrier soit bientôt expédié d'ici à Paris, je joins ici mes ordres au conseiller privé actuel le comte de Marcow, relativement à ses communications avec la cour de Londres, en vous chargeant de les lui faire parvenir avec le premier courrier qu’on expédiera au lord Cornwallis.

Monsieur l'ambassadeur comte de Worontzow. Vous sachant déjà rendu à votre poste, j'ai ordonné qu’on vous епvoyât copie de tous les rescrits et dépêches qui ont été écrits, dans l'intervalle de votre voyage, à mes ministres à Vienne et à Paris. La lecture de ces pièces vous instraira de la conduite que j'ai suivie dans les affaires présentes de l’Europe, et particulièrement vis-à-vis de l’Autriche et de la France, et vous n'aurez d’après cela aucun doute sur le langage que vous avez à tenir dans vos rapports avec le ministère Anglais.

Autant par mon caractère que par la position même de . mes états, tous mes désirs se portent vers la conservation de la paix. La Russie occupant une vaste partie du globe, et placée, comme qui dirait, à l’un des bouts de notre monde politique, n’est attaquable que d’un seul côté, et parfaitement en sûreté sur tout le reste de ses frontières; elle ne doit ni craindre ni désirer la guerre; elle peut plus que tout autre pays ne pas s’alarmer de ce qui se passe dans le reste de l'Europe, dont les malheurs ne sauraient l’atteindre que difficilement. Le système le plus sage pour la Russie est de

rester tranquille et.de s'occuper de за prospérité intérieure. Cependant, si la sûreté et l'honneur de mon empire venaient à être compromis, je ne balancerai pas à me résoudre à la guerre, dont le seul but serait alors le bien général et: le rétablissement de la tranquillité en Europe; car je crois que ce sont les véritables moyens d'assurer en même tems le bien et la tranquillité de mon pays. Je vois avec peine qu’il ne dépend pas de nous seuls de rester pacifiques, et qu'il faut que les autres le soyent aussi, pour qu’on puisse soutenir ce rôle. Une ambition démesurée, qui ne connaît point de bornes et qui ne laisse personne en repos, pourrait obliger, quelque désir de tranquillité que Гоп ait, à faire agir la force pour sa propre défense et pour arrêter le cours des violences. Une des circonstances sur laquelle je ne pourrais rester indifférent serait l’envahissement de l’Empire Ottoman par les Français. Il paraît que le Premier Consul est continuellement occupé de ce projet, quoiqu’aussi il semble, que ce ne soit encore jusqu’à présent que des idées vagues jetées en avant et sans suite. Cela n'empêche pas que je n’aie don- 06 des ordres tant au comte de Marcow qu'à m-r Italinsky de surveiller cet objet avec le plus grand soin, et de me rendre compte du fruit de leurs recherches. Malgré que le gouvernement français ne m’ait jusqu’à present fait aucune ouverture formelle à ce sujet, je viens de prescrire au comte de Marcow de s'expliquer franchement avec lui, en déclarant que je пе saurajs dans aucun cas donner les mains au démembrement de l’Empire Ottoman, dont je crois le voisinage avantageux à la Russie et que je désire conserver.

Je me flatte que s. m. britannique ne peut avoir à l’égard de la Turquie d’autres vues que les miennes, et que nous sommes également intéressés d'empêcher la ruine de cet empire et de nous opposer aux projets des Français de ce côté. Cela me fait espérer que le ministère Anglais voudra bien vous communiquer sans aucune réserve toutes les notions qu’il a, ou pourra avoir dans la suite, sur cet objet intéressant. Une surveillance active est tout ce qu'il faut

pour le moment, et si les circonstances l’exigeaient, il sera toujours tems de s'entendre lorsque le moment d'agir viendra; des intérêts communs dicteront alors des mesures communes qu’il serait impossible et inutile de préciser d'avance par des arrangemens trop précoces, qui loin de faire éviter le mal, seraient plutôt propres, en donnant l’alarme au gouvernement français, d'accélérer peut-être l'exécution de ses projets.

J'ai été extrêmement sensible aux ouvertures que la cour de Londres ш’а fait parvenir ici par son ambassadeur, et la proposition d’une alliance défensive entre la Russie et l’Angleterre n’a pu être regardée par moi que comme une preuve nouvelle des sentimens d'amitié et de bonne intelligence qui existent depuis si long tems entre les deux nations, et que je vois avec reconnaissance que s. m. britannique veut bien me conserver. Cependant, je suis d'avis qu’il est inutile de contracter avant le tems des alliances, dont la négociation ne peut rester cachée, et dont le seul effet est souvent de donner naissance à des contre-alliances, et par conséquent d’embrouiller davantage les affaires, au lieu de les simplifier. Il faut voir venir les événemens; et je suis certain que dans l’occasion les puissances dont la politique loyale ne veut que la conservation de leur propriété et le bien général de l’Europe, se réuniront nécessairement contre tout gouvernement qui agira sur des principes opposés.

Vous exposerez ces sentimens au ministère britannique, et vous tâcherez aussi de pénétrer quels sont ses : véritables opinions relativement à l'empire Ottoman; s'il ne regarde pas sa destruction comme prochaine et inévitable, et quel serait le parti que prendrait l’Angleterre dans les différentes suppositions que l’on peut faire sur ce sujet. La manière dont cette puissance envisage les affaires de Suisse, et la conduite qu’elle se propose de tenir à cet égard, m'intéressent aussi, et vous me ferez plaisir en me transmettant toutes les informations qui vous seront données sur ce point. Il serait inutile à présent d'entrer avec vous en détails sur ces ma-

0 с0Юз% CB АНГИЕЙ. 307

tières, et vous en trouverez de зи запз dans les copies des pièces que je vous ai fait envoyer.

Votre expérience et le zèle que vous avez toujours montré pour le service de votre patrie, et duquel j'ai déjà reçu moi-même des preuves, dont j'aime à reconnaître tout le prix, joints à la considération et à la confiance personnelles que vous vous êtes acquises auprès du roi d'Angleterre et du ministère, ne me laissent aucun doute que vous ne rem- Hissiez avec un succès complet tout ce dont je vous charge par ma présente, et que les explications que vous aurez avec le cabinet de Londres, aussi bien que les notions qu’il vous fournira, ne soient d’un genre à contenter également les deux cours.

Je suis votre bien affectionné Alexandre.

Page 1