CHAPITRE DELXIEIME
Les Arenes oa rAmphitheatre.
Le qoartier des Arenes ua xvui* siecle. — Assiette de Tedifice. — Plan et dimensions. — Caractere architectural. — Le podiuoi ; combats d^animaox.
Sar la hauteur de Mouleyres, semblables ^ ime immense couronne murale, les Arenes d'Arles dressent leur doable rangee de porliques. Leur conservation n*est pas aossi bonne qu'a IVimes : a rinlerieur, les gmdins «e montrent en bien moins grand nombre^ et on aper^oit au contraire^ de toutes parts^ les bouches beautes des voutes qui servaient jadis d'appui a la maQonnerie.
Est-cc parce que Taspecl en est desole, que notre impression est plus vive, ou bien la gn\ce et Telegance de leur architecture nous seduisent-elles davantage que la masse imposante de Tamphithe^tre de Nimes? Pour analyser nos impressions, nous allons non pas onlrer dans une etude detaillee de cot edifice, qui a et6 construit sur le meme plan que tant d*aulros arfenos, mais apr&s avoir donne un« vue de ramphithefttro , alors qu'il renferraait une agglomeration de maisons ot formait un des quartiers d'Arles, nous examinorous d'abord Tassiette tout artificielle que, par suite de la disposition des lieux, Farchifecte avait dt donner au monument.
Nous esquisserons ensuite la simplicite des dispositions prises pour assurer un accfes facile aux spectateurs ; et aprfes avoir donne les principales dimensions de Tfidifice, nous distinguerons, dans son architecture, Tempreinte profonde que Tart grec a marqu6e h Aries, jusque dans ce monument 6minemment romain. Enfin, nous essaierons de determiner les genres de spjectacles qui s^y donnaient.
Les Arfenes d'Arles sont aujourd'hui entour6es d'une grille en fer : depuis quelque vingt ans seulement, elles sont a Tabri des degradations de tout genre. Le respect de Tantiquit^ est une vertu de notre sifecle. Pendant longtemps, Tamphith^^tre a servi de carriere aux constructions du voisinage et d'habitation aux pauvresgens, naturellement plus soucieux de s'installer commod6ment que de conserver intacte cette relique des temps passes. Elles ont 6galement servi de forteresse contre les Sarrazins (1). Une vue, qui date de 1666, nous les montre combines de terre jusqu'a la moiti6 de leur hauteur, et, sur cette terrasse artificielle, k Tint^rieur des gradins, surmont^s eux-memes de ch6tives habitations, entre les quatre tours sarrazines, on voit se dessiner des places et des rues. L'installation des habitations n^6tait pas luxueuse, mais il en coutait si peu pour 6tablir sa demeure. Autant d'arceaux, autant de maisons : les deux piliers, 6tant rejoints par une cloison dans laquelle
(1) C'est a cette epoque que remontent les tours dites sarrazineSf qui existent encore aujourd'hui.
on laissait deux ouvertures en guise de porte et de fenetre, formaient la chambre, close sur les trois autres c6tes par des murailles romaines. Au besoin, un plancher, etabli a mi-hauteur, doublait Tespace disponible. Les voules des arceaux donnaient h ces maisons improvisees une loiture donl la solidity elait k toute 6preuve. C'est au commencement du siecle, sous Tadministralion de M. Laugier de Chartrouse, que Tamphi theatre fut d6gag6, etque les d^blaiements, pouss6s activement, mirent k nu, avec le sol de Tar^ne, les antiques substructions. Elles sont d'une ampleur considerable : la coUine de Mouleyrfes n'ofifrait pas aux Romains une surface suffisanle pour le d^veloppement de T^difice. Le temple de la Bonne D6esse s'6levait peut-etre au sommet dela colline, dont le penchant septentrional fut utilise pour Tetablissement des Arfenes ; les Romains Tentaillerent sur une assez vaste partie, et, en contre-bas du sol, ils 6tablirent leurs substructions.
Elles comprennent quatre murailles concentriques, formant alternativement des galeries et des chambres, dont les unes ^taient utilis^es, et dont les autres avaient pour objet d'assurer la solidity de T^difice, tout en 6vitant Temploi de couteux massifs de magonnerie. Les voutes des galeries etaient horizontales, celles des chambres 6taient inclin6es vers le centre. Galeries et chambres souterraines n'existaient d'ailleurs pas sur tout le pfirimfetre de Tarfene. hk oil les Romains avaient rencontr6 le rocher formant une assise suffisamment
solide, ils u'avaienl eu garde de negliger cet avatitage, de sorte que la galerie cxterieure n'existe que sur une parlie du p6rirafetre de ramphilli64tre. On rencontre meme, a un certain endroit, une muraille epaisse, parement6e en petits moellons, et faite interieurement d'un blocage caracteristique. C'est Fancien mur de la ville, peut-etre de Tepoque de Jules Cesar, mur anterieur a ramph) theatre, et qui, paraissant constituer des fondements assez solides, fut conserve par Tarchitecte.
Toutes ces constructions de la premiere assise 6chap- , pent aux regards, sauf d'un c6t6, sur la face septen- Irionale, ou une porte, aujourd'liui dispa^'ue,. donnait accfes dans ces souterrains et sur le sol meme de Tarfene. C'est par cette porte que Ton entrait les cages des animaux f^roces, qui, en attendant le spectacle, etaient places dans les chambres obscures dont il a 6t6 parl6.
Le plan de F6difice, au-dessus des substructions, 6tait aussi simple que bien compris. Soixante arcades donnaient acces dans la galerie ext6rieure du rez-de-chauss6e, communiquant elle-meme avec une galerie int6rieure desservant le podium, Un entremelement de vingt-huit arcades vout^es, de vingt-quatre escaliers, mettait en communication les deux galeries du rez-dechauss6e, et permettait d^arriver k une galerie d'entresol qui desservait la deuxifemepr6cinction. D^autrepart, des escaliers donnaient acces au portique exterieur du premier etage. ' - , ,
Celui-ci communiquait de plein pied avec une autre
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Grand axe de la constraction . , .
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