‹ Armand Durand ou La promesse accomplie [microforme]Chapitre 10 sur 26 · NS ACER # # OR VS · texte numérisé non relu

NS ACER # # OR VS

en mesure de se passer le luxe de payer | cher des articles dont ils n'avaient nul besoi

Armand, de son côté, n'avait encore fait cune avance d'amitié, et à cause de cela q

ques-uns de ses compagnons l'avaient, avan

fin des vingt-quatre heures, décoré du titre DEMOISELLE Armand. Il est impossible de ce qui leur avait suggéré de lui donner cet appliqué avec l'intention d'en faire un g

mépris, ou de ses manières seules, tranquik

et réservées. ou de ‘a délicate beauté de ses t et de son teint; dons tous les cas, cette qua cation fut promptement et universellement ad tée, au grand déplaisir de Paul.

Quelques semaines plus tard, un jour det gé que les deux frères étaient assis ensen dans une salle donnant sur la cour de récréat tout entourée d’une belle rangée de peuplit leur attention fut attirée par la voix dei écoliers qui étaient venus s'arrêter un ins près de la fenêtre où ils se trouvaient sa douter qu'il y eût quelqu'un.

—Oui, c’est un bon couteau, dit l’un, mai l’ai payé un bou prix ! je l’ai acheté d'ua Durand.

—Je suppose que tu l'as eu du bruyant ti geur aux gros os ? dit l'autre. |

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Le plus jeune ne paraît pas avoir en effet

brit du commerce.

Le crois que le plus jeune est un vrai

isse, un lâche, capable de se sauver devant

souris !

Viens-l-en, nous ne connaissons pas encore

[courage, nous ne l'avons pas encore vu mis

épreuve : mais il y a chez lui un air de lesse qu’on ne rencontre pas chez son gros aud de frère. As-tu remarqué ses petites .

ns et ses petits picds, ses traits réguliers, sa e taille mince et gracieuse ?

n entendant ces paroles, Paul fronça les rcils, mais ne fit aucune observation ; seulet,ilse pencha en avant pour voir ceux qui aient ainsi: Armand en fit autant. C'’éluient, remier un grand et élégant garçon de dixans du nom de Victor de Montenay, l’autre elé Rodolphe Belfond, le propriétaire du teau, jeune homme à figure basanée, à sta- > cornpacte et carrée, un peu plus jeune.

-Ne parle pas aussi lérèrement de Monte- ! dit avec colère Belfond. Que peut faire un on avec une figure aussi jolie et es mains i petites que celles d’une fille ?

Il vaut autant demander à quoi sert au beau val de course d’avoir des jambes fines et

Es

RE EE gr

gracieuses et des formes élégantes, plutôt la lourde taille et les mouvements du cher trait ? Ù

—Je ne vois pas à quoi tu en veux và répondit Belfond. Je suppose qu'à tes yeu camarade ne peut pas avoir une taille déc et être d’une certaine grosseur sans que | compares à un cheval de trait, simplu parce que tu te trouves toi-même dans la gorie des fluets ! |

—Bien, mon cher Rodolphe, je suis à la fier et heureux de posséder celte délicates formes sur laquelle tu reposes si peu d’im tance. Si l'on mettait dans le plateau à balance une fortune et les bons points de personne dans l’autre, je n’hésiterais aucune 1 choisir ce dernier, car tu le sais, la fo peut nous arriver un jour ou l’autre comme cident et se fondre aussi vite, mais l’arged peut changer de grosses müins calleuses et ges et de gros pieds carrés ea des mains « pieds, par exemple...... pourquoi ne led je pas ?... comme les miens !

— Vraiment, de Montenay, si tu n’es pas était tu es un freluquet et un faquin, ce qui nefea le guère mieux. De quelle utilité te serait la les t Lesse aristocratique de tes extrémités, comm

RE

son frère, sans paraître remarquer cette quine réserve, lui dit tranquillement :

—Nous ne devions pas nous attendre à ad chose. Ceux qui -écoutent entendent rara parler d'eux eu bien.

—Tu es un fou plein de scrupnles 1 rép brusquement l’autre. Je crois que tu n'x plus de bon sens que ce stupide idiot quiÿl bonne opinion de sa personne. Je voudrüis avoir une chance de le frotter un peu !

La discussion entre les deux frères fut ar par la bruyante arrivée d'une demi-douzi leurs camarades, et Armand s’apercevant son frère continuait à êlre d’une humeur!

rue, s’amusa à examiner une pile de livre classe neufs, qui se trouvaient devant Lui... cident en resta là. à ira

Les classes régulières commencèrent ed Armand n’eut pas à se plaindre de ses devoi@;rité de ses leçons, car il s’acquitta de ses tâches} ét une fucilité et une exactilude telles que ses s tres lui en firent les plus grands éloges. à lle heureusement, quelques-uns de ses compant. | ‘conçurent de l’envie sur ses succès, et so ]I 6 turel froid et réservé ne lui atlira guère dde se Son impopularité angmenta tous les jour.

sans la moindre provocation de sa part, lee.

-ARMARD DURAND.

"quer celle

tes de DEMOISELLE Armand, de lâche, pleunent :

ent sur lui. Le pauvre garçon était d’une telle attendre à 4% hilité que sa position étaient devenue intolécudent rare, et il prit plusieurs fois la résolution d'ée à son père pour lui demander et même le r de le retirer du collège.

apules 1 rép

que lu n'a e après-midi qu'il était tranquillement à de idiot quiféh;der jouer les autres, plusieurs de ses bour-

Je voudruis x se rassemblèrent autour de lui et se mirent an peu | persécuter avec leur malicieuse adresse ordi-

frères fut ar demi-douzai s’apercevant pe humeur | pile de livre devant lui,

e. L'un pria, d'un air moqueur, DEMOISELLE and d'aller prendre part à léurs jeux. Un es’y opposa, de peur que cela gâtat la beauté es mains blanches et douces, qui n'étaient au plus capables que de tenir les cordons ftabliers de sa maman.

e trait d'esprit fut accueilli par les éclats de s el les applaudissements de la troupe, et arité augmenta lorsqu'un troisième ajouta 2! était tout étonné de ce que MADEMOISELLE and sortit sans se munir d’un grand chapeau aille pour ne pas se griller et se ROUSSELER int. La respiration d'Armand devenait plus . Il'était écrasé sous les impiloyables sarcasde ses pérsécuteurs, tant étaient grandes les Frances qu'endurait cette âme sensible et ée qui craignait par-dessus tout le ridicule. ÿ *

mencèrent € de ses devoi de ses lâches elles que ses uds éloges.

e ses compas uccès, et sol ira guère d ous les jou e sa part, les

Ses joues devinrent pâles comme la mort, etd air qui paraissait autant implorer que se déses rer, il regarda tout autour de lui. Hélas ! il ne voir sur leur contenance qui ne respirait q joie et les tours, aucun ralentissement aux (4 ments qu’ils lui faisaient souffrir, aucune pensation à ses douleurs. Sentant toute l’inju d’une persécution si peu méritée de sa part, fant éclata en sanglots. A la vue d’une par émotion si inattendue, quelques-uns s’arrêtè tandis que les autres ne firent que redou teurs persécutions.

—Ak ! ELLE va se trouver faible! vite, des:

dit l’un.

—Un mouchoir de poche pour essuyer larmes ! dit un autre.

À ce moment l’élégant de Montenay qui rt par là avec Rodolphe Belfond, son intime 3e joignit au groupe.

—Allons donc! qu'a MADEMOISELLE Armil demanda-t-il.

Armand releva tout à coup la vue comm

cerf aux abois, et son regard tomba sur le de interlocuteur qui se trouvait devant lui. Cro dans la confusion du moment, que Rodil était depuis le commencement parmi ses pe cüteurs, et cédant à l’insatiable désir de

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ce qui depuis quelques instants bouillonnait sa poitrine, il s’élança avec la force et la d'un tigre sur son ennemi et le terrassa : ils érent tous les deux. Il roula dessus et desson antagoniste, et sans s'occuper des coups ombaient sur lui dru comme grêle, il ne pas un seul instant.

rsqu'on l’arracha de force sur son adverun épais brouillard obseurcissait la vue lui-ci, ses oreilles lintaient et n'’entent plus, et dans le délire de la colère il it de conscience que pour la vengeance.

raiment, Durand, tu es un véritable dé:

tu l'as presqu’étranglé, dit un de la bande nt qu’il aidait Belfond à se relever.

ui-ci offrait en effet un spectacle slarmant ! it la face et les lèvres tachées de sang livicette strangulation partielle.

fus en quelque sorte de cette fureur déses- , Armand porta machinalement la main gure et la retira tachée de sang. Il se a sans dire un mot vers une cuve d’eau trouvait sous la goutlière d’une dalle et ença à faire disparaître de sa personne ces du combat.

h bien! mes amis, je crois qu'après ce nt d'arriver vous ne serez plus tenté de

l'appeler MADEMOISELLE Armand ! dit de nay en s'adressant au cercle des élève étaient là tranquilles, tout stupéfuits de la dité électrique et de la fureur avec lesque garçon miuce et délicat qu’ils avaient si toyablement tourmenté s'était jeté sur un lard qui le surpassait de beaucoup en gr et en force. |

Personne ne répondit à son interpel puis s'adressant à Belfond :

—La meilleure chose que tu puisses maintenant, lui dit-il, c'est de suivre l'ex de ton ci-devant ennemi qui, en vérité, af qu'il est digne de toi; va te donner ui lavage, ça te rafraîchira en même temps te donnera une meilleure mine.

Belfond se disposa avec bonne grâce à ce conseil et partiten chancelant, mi évitant la direction qu’Armand avait Celui-ci était encore à ses ablutions, lorsqu cevant un ombrage dans les rayons du st leva la vue et vit près de lui de Monteni lui dit:

- —Sais-tu, Armand, que tu es héroïque

—Brutal, veux-tu dire ?

— Pas du tout: peut-être que si c’eût grand frère qui eût été à ta place, j'aurais

nd ! dit de

à des élève péfaits de la avec lesque s avaient si!

jeté sur un coup en gri

on interpell

> tu puisses

e suivre l'ex

»n vérité, a!

e donner ut ême temps e.

nne grâce à4

ncelant, ma and avait tions, lorsqu ayons du st de Monteni

es héroïque

ue si c’eût ace, j'aurais

me chose de brutal dans cette tenacité de poG avec laquelle tu étouffuis ton ennemi ; chez un garçon de ta charpente et de ta , c'est du courage el du PLUCK au suprême , Donne-moi ta main !

Lndant, Armand avait toujours entretenu rofond sentiment d’admiration enfantine le bel et jeune aristocrate qui, toujours é avec un soin scrupuleux et élégant, ue souvent insolent dans ses manières, uel et piquant dans ses remarques, apparà uue classe de personnes avec laquelle, nfant de la campagne, n’était jimais en contact. Il l'avait toujours regardé e devant être, sous n'importe quelle stance, quelque chose d’au-dessus de son

Bilé. Aussi, en l’apercevant à ses côtés lui

t des louanges et lui offrant la main de ié, il sentit son cœur battre de ‘plaisir et eil. Iltendit toutefois sa main avec ré- , et sans trahir le sentiment qu’il por sant :

Jais je croyais que Bossione Belfond était tes amis !

t il l’est en effet, dit de Montenay eu ant sur le bord de la cuve pendant qu’Ar-

Rs'essuyait la tigure et les mains avec son

mouchoir. Oui c’est vrai, il est un de mes il est même un de mes pelils parents, mai n'est pas une raison pour que je me batte lui. Malgré qu'il passe la moitié de ses va chez moi, et l’autre moitié chez lui, cela n pas empêché d’être content de le voir

par un jeune homme comme toi. Il se

tant de ses os et de ses muscles, de sa fo de ses nerfs, qu'une leçon comme celle tu viens de lui donner lui sera, je pense, taire.

Si Armand avait été plus vieux, avait eu d'expérience des intriguss de la vie, il à peut-être conçu des soupçons sur la sincéri l’amitié que Victor paraissait étendre à amis ; mais ébloui par une excusable vani écouta son camarade en toute confiance, co un oracle. |

—Ah! ça, quel est ton nom? Armand nom qui s'accorde certainement avec ton{ rieur. Si tu avais eu la rorce, la taille, les points d’un BOXEUR, je n'aurais éprouvé intérêt de te voir sortir de la bataille d’une belle manière; mais je dois le dire, j content de te voir avec ton visage elfe donner une volée à ce lourdaud que j'4 mon ami, qui m'a battu moi-même plus

t un de mes parents, mai je me batte lié de ses va 2 lui, cela n de le voir

toi. Ilse

les, de sa fo comme celle 1, je pense,

eux, avait eu > la vie, il sur la sincéri t étendre à cusable vani onfiance, co

? Armand

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la taille, les s éprouvé itaille d’une

le dire, } visage elle ud que j même plus

CDD — mme ae me ee —

, Ne rougis pas et ne prends pas cet air de ontentement lorsque je parle de ta jolie re, tu en seras bien fier lorsque tu connat-

un peu plus la vie: oui, aussi fier que je le de la mienne !

til se pencha pour se mirer dans l’eau de uve.

Tous ces imbéciles, continua-t-il, mon bon i y compris, savent-ils de quel poids est dans monde la beauté, soit chez la femme soit l’homme, tant qu’elle dure ?

Armand, qui trouvait que son jeune et philohe ami devenait un peu trop profond pour

s'empressa de répliquer qu'il aimerait eux être privé de cette beauté incertaine qui attirait les moqueries et la persécution de camarades.

Il n’est pas élofgné, maître Armand, le r où tu penseras autrement, où tu estimeras prestige qu'elle te gagnera bien plus que le pect étonnant que tu as acquis aujourd’hui tes condisciples de collège par ton coue. nr out en parlant de la sorte, notre jeune et coce orateur se pencha encore plus sur l’eau | regarda d’un air plus pensif la belle figure sique que le miroir iui renvoyait. Sous le

rapport des connaissances, Armand Durand 4 bien en azrière de lui, car celui-ci avait lu romans et y avait puisé des connuissances de il pouvait fort bien se passer.

Sortant tout à coup de sa préoccupation, il k demanda :

—Quel tour l'avait donc fait mon gros lourda d'ami pour que tu l’aies si subitement choi tandis que plusieurs de ces oursons te tourme taient depuis si longtemps ? Comme tu pa étonné !

Lorsqu’Armand apprit que le furieux ax qu'il avait cominis sur Belfond avait été comp rativement sans provocation, il en conçut une trême chagrin, et il se raffermit dans la convicii que la partie qu’il avait jouée était tout au chose que de l’héroïsme. Cependant, la pen que l’objet de sa secrète et enfantine adinirati avait daigné l'honorer de son amitié, fit bieni disparaître cetle peine.

Plus tard dans la journée, comme les écoli se mettaient en rangs pour se rendre au réfectoi il se trouva en coutact avec son adversaire | matin.

— Dis donc, Durand, lui souffla celui-ci av fureur eu lui montrant son œil poché et noire je pense que tu es bien fier de ton exploit, mate a

e faut ma revanche. Ça te plairait-il d’avoir autre prise demain matin dans la cour de sation ?

Franchement, non! répondit honnêtement and. |

Et pourquoi pas ?

Parce que tu es beaucoup plus gros et plus que moi, et que je me ferais battre.

Mais, dis donc, Durand, tu l’as culbuté ce n comme une quille, tu pourrais bien lui en à encore autant, dit un autre qui avait le goût riffles.

mand secoua la tête.

J'ai pu le faire une fois, dit-il, mais je ne s plus capable de le faire une seconde fois ! leurs, Belfond, je suis fâché d’avoir sauté oi comme je l’ai fait ce matin, sans provocauîMisante. Je voulais attaquer un de ceux e maltraitaient depuis si longtemps.

Durand, tu es aussi honnête que courageux.

ons-nous Ja main |

pour la seconde fois ce jour-là,on offrit à nd la main de l'amitié.

uis ce moment une intimité aussi agréable Armand qu’atiie pour Victor s’élablit entre eux camarades. Armand, dans la simple et te admiration qu’il éprouvyait pour l’aris-

nd Durand él ci avait lui nuissances d

ccupation, il là

n gros lourda itement choi ons te tourme

mme tu pari

> furieux aa avait été comp en conçut une ans la conviclit était tout autli idant, la pensé tine adtnirali itié, fit bien!

me les écolie re au réfecloi adversaire (

a celui-ci avt oché et noirt n exploit, mi

tocratique héritier des de Montenay et lap tude qu’il ressentait de ce qu’il avait été éle rang de ses amis, croyait qu’il n’y avait p sacrifice trop grand à offrir sur l’autel de l’ank Il se trouvait donc heureux lorsqu'il po pendant les récréations lui copier ses thèm ses versions latines, ou bien encore lui of plus grande partie de sa part du panier tou bien rempli que son frère et lui recevaiert vent de la maison paternelle. De Montenay, seulement acceptait volostiers cet hommage, il laissait voir une préférence visible por compagnie de celui qui le lui offrait, car, que sa vanité éprouvait une grande satisf de l’encens qui lui était si naïvement offer trouvait un certain charme à la convers pleine de délicatesse et aux sentiments élé que possédait son jeune ami: raffinement en grande partie à l'innocence enfantine de caractère, innocence si marquée, qu’heure ment pour eux deux, de Montenay ne s’étail encore soucié de troubler.

Depuis lors, l'intimité entre Victor et dolphe avait oresqu'entièrement cessé ; 1 comme elle était due autant à de fréqu relations entre leurs familles qu'à une p rence mutuelle, ils ne s’aperçurent pas de interruption.

ntenay et las avait été éle | n'y avait pi l’autel de l’ank lorsqu'il por pier ses thèm ncore lui of lu panier tou) ui recevaiert De Montenay, ethommage, e visible po offrait, car, rande satisfad ivement offer

la conversà sentiments él

raffinement enfantine de ée, qu'heure nay ne s'étail

ne manière assez agréable et sans offrir utres incidents que ceux des devoirs et des usements particuliers à la vie d’écolier, qu'à l’heureux temps des vacances toujours ivement attendu par les maîtres et les élèves. Par une belle matinée du mois de juillet, les ux jeunes Durand sautèrent avec ravissement la charrette qui les avait transportés à pr demeure. Avec quelle joie ils sortirent Dites, sacs et paquets, sans s'occuper des accints et avaries! avec quelle surabondante ection ils embrassèrent la tante Françoise et nnèrent encore et encore des poignées de ain à leur père qui, droit devant eux, les gardait faire avec un légitime sentiment d’oreil qu'il essayait inutilement de cacher ! Et is, quel déluge de questions sur les favoris la basse-cour, certains arbres fruitiers ou les rrés du jardin pour lesquels ils avaient plus attrait parce qu’ils leur appartenaient, tout la entremnêlé d’anecdotes sur leurs camarades, vie d'écolier et leurs maîtres. Bref, il y avait en des mois que les murs de la maison avaient entendu un pareil caquetage, un mblabe carillon d'éclats de rires et de couels de chanson.

e Victor et ent cessé; !

à de fréque qu'à une p rent pas de

Les jours se succédèrent et se passèrent ainsi

D COST AMAR nr :

FREE RME ee ME a

Ce

Comme de raison, leur retour à la maison célébré par une série de fêtes: les fruits, crème, les œufs et le beurre frais, les gâte: et les confitures étaient pour eux un charm contraste avec la nourriture plus simple collège. Jamais on ne vit d'enfants plus cho et fètés, de parents plus empressés à les cho et fêler que le furent Paul Durand et sœur.

Par une après-midi d’étouffante chaleur ç les jouvenceaux étaient sous le berceau à

préparer des lignes pour une excursion 8

pêche qui avait été projelée, et que mada Ratelle était à raccommoder leurs nombre vêtements, Durand vint les trouver. A la qu tion ‘‘ quelles nouvelles ” qu’on lui fit en 50 riant, il répondit : |

—Je viens de voir M. de Courval. Il part pour Montréal, dans l’intention de revenir bie tôt avec sa famille.

La famille en question ne se composait d’une épouse et d'enfants, —car M. de Couru comme nous l’avons dit, était garçon, —m d’une sœur qui était veuve et de sa fille, Al mort de son beau-frère, Jules de Beauvoi survenue quelques années auparayant, et les avaient laissées dans les circonstances plein

rs d

ress

en d

t cell plus ir S istoct e-m( Quel

raier lège Si P hisir

embarras, M. de Courval les avaient emmeses de Québec pour conduire son ménuge de rçon.

—Comment se porte M. de Courval ? avait mandé la tante Ratelle.

—Très bien, et il s’est informé avec bonté de ps garçons. J1 dit qu’il a l'intention de les faire ander bientôt au manoir, montrer quelquesns de leurs exploits, et qu'il faut qu'il les ie de temps en temps pendant leurs vances.

EPaul et Armand ne se montrèrent pas très rs de celte nouvelle. Ils avaient déjà assez ressources pour s'amuser à leur goût, et ils er désiraient pas d’autres. Madame Ratelle t celle des intéressés qui apprit la chose avec plus de plaisir, car son désir intime était de ir ses neveux se mêler à une société plus istocratique que celle où son sort l'avait jetée e-même.

Quelque temps après arriva une lettre qui itait les deux frères à aller au manoir, les formant en même temps qu’ils y renconraient quelques-uns de leurs camarades de lège.

Si Paul y pensa seulement, ce fut plutôt de \isir qu’autrement. Mais Armaad eut la chair

à Ja maison : les fruits, ais, les gâte xun Charm lus simple ints plus cho sés à les cho Durand et

nte chaleur e berceau à excursion & t que mada eurs nombre er. À la qu lui fit en so

rval. Il par e revenir bie

composait f {. de Couru garçon, —m sa fille. Al de Beauvoi iravant, et stances plein

de poule à la seule idée de se trouver milieu d'étrangers, et il fallut que par quel

paroles un peu vives la tante Ratelle le forg

d'accompagner son frère. Comme il mit unp de mauvaise volonté à faire sa toilette et q prit un pas-nonchalant pour se rendre à la maig

ils arrivèrent chez M. de Cocrval après l’heu

fixée, et lorsqu'ils furent introduits dans salon, le domestique leur apprit que le seigne

et ses jeunes invités étaient à se promener dy le jardin, mais qu'il serait bientôt de reto Profitant de ces quelques instants de rép Armand alla s'asseoir dans un coin, tandis q

Paul se mit à rôder à loisir dans le chant pour en examiner l’ameublement Quel c traste entre cet appartement avec ses ride

de damas et de dentelles, ses miroirs, ses innodk brables colifichets dont les noms et l’usi

$taient des énigmes pour eux, et ‘‘ le plus!

appartement ” de leur demeure, simple m propre, avec son plancher sans tapis, recouv seulement par quelques catalognes (fruit l'industrie de la tante Ratelle), avec ses pel rideaux de bazin blanc, ses chaises empaill st ses fauteuils de bois n’ayant pour tout or ment que quelques images de saints aux co eurs vives, et quelques petites statues de pli

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‘ARMAND DUBAND, 411 iinvraisemblables les unes que les autres ! Armand regardait la richesse et l’élégance es devant lui, plus il sentait la grande dise qui devait le séparer de ceux à qui elles rtenaient, et plus il redoutait de se trouver eux.

nc porte, située au bout de la chambre, vrit tout à coup et si soudainement qu’Ard en fit un soubresaut: une jeune fille de orze ou quinze ans, à la tulle délicate et e avec élégance, entra. En apercevant ces jes étrangers elle ne fit paraître aucune rise, mais après les avoir examinés à loisir, leur demanda s'ils désiraient voir M. de rval ?

rmand ne répondit pes, mais l'aul sb

pquement :

Je pense que oui, puisqu'il nous a invités nir ici! Je m'appelle Paul Durand, et je

s présente mon frère Armand.

es grands yeux de la jeune fille lancèrent eux un regard sous lequel Armand devint

llate, et cette fois, elle leur parla plus dou-

ent :

Mon oncle va venir dans quelques instants,

lle, et il sera enchanté de vous voir.

u moment où elle sortait, Paul grommela :.

— Elle est assez jolie, mais je hais les fil elles ont si peu de sens commun et sont si plies d'affectation |

Armand soutint de son côté que du moi u'y avait rien de déplaisant dans l’échant du sexe que son frère venait de condur d'une manière si sommaire.

—Les voilà ! ajouta-t-il en entendant pa fenêtre ouverte le bruit des rires et des qui se rapprochaient.

Ils entrèrent. M. de Courval qui venail premier leur présenta la main avec bien lance.

— Vous allez, leur dit-il, rencontrer ici ç ques-uns de vos amis: il y en a deux ou du même collège que vous.

Lorsqu’Armand, en jetant un regard a de lui, vit que tout le groupe des jeunes f qui entourait M. de Coui val avait les yeux sur lui et son frère, il devint presque nerve mais ses esprits troublés se rassurèrent p qu'aussitôt en apercevant Victor de tenay au milieu d'eux. 11 s’avança vers d'un pas timide mais empressé, et tendi main à son affectionné et tendre ami det lège ; mais celui-ci feignant ne pas s’aperce

de son mouvement, fit un petit salut et lui

Me

Co is i esl Duva l'as 1rère ent pus C } voix

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e hais les SR Comment vas-tu, Durand 7 n et sont s1 19, ;s il lui tourna le dos.

est impossible de décrire ce qu’Armand uva en cemoment. La honte et la mortifical’assaillirent et ses sentiments blessés le irèrent tout à la fois : il sentit son embarras enter lorsqu'il vit les regards de cur'5sité ous ces étrangers fixés sur lui. Tout à coup | voix agréable et familière fit entendre ces Comment vas-tu, Armand ? Je suis enchane te voir.

t Rodolphe Belfond saisit et secoua énergicontrer ici ( ent cette main que de Montenay avait a deux ou fhignée.

tte franche amitié de la port de Rodolphe

regard auun baume adoucissant sur la première des jeunes Sn de la vie du monde qu’il venait de receit les yeux (à resque nerve assurèrent p

que du moi ans J’échant | de cond

entendant par ires et des

al qui ven n avec bien

uelques instants après que de Montenay dédaigneusement tourné le dos à son ami

ctor de llège, il s'approcha de la jeune demoiselle avança vers avait abordé les deux frères quelques minusé, et tendiauparavant: c'était Gertrude de Beauvoir, re ami de @ièce de M. de Courval. Armand la voyait

pas s’apercc salut et lui

la première fois. Victor se pencha pour lisser dans l'oreille quelques mots d’ami-

ae cpreg-

ee ae ce SRE ter SE RES " 7

RCE

tié ou de flatterie, à quoi elle, aussi fants et capricieuse que belle, pour toute répon détourna de lui avec pétulance et jeta } fenêtre une branche d’héliotrope qu'il lui donnée quelques instants auparavant.

La musique, les danses rondes, les pron des furent mises en réquisition pour div nos invités qui tous passèrent agréableme veillée, à l'exception peut-être de notre hi Paul lui-même, ayant rencontré une coug gaillards de sa trempe qui haïssaient la co:

sation, les filles, la musique et toute 50 vilaines choses semblables, et qui ne se ciaient de rien autre chose que de foot-bl promenades en chaloupe, de la pêche, ] disons-nous, s'était passablement amusé, Armand, qui était trop gêné, trop rése trop mal à son aise pour faire des avancé souffrant encore de la vive blessure q Montenay avait infligée aux sentiments dés de son cœur, comptait les heures et sou pour la fin.

Quoique obligeant, M. de Courval n'ét:

un hôte bien attentif, et sa sœur, madar Beauvoir, qui, couverte de soie ‘et de dent était restée ianguissamment étendue su canapé la plus grande partie de la soiré

“aussi fants toute répon

e et jetaf

pe qu'il lui

avant.

es, les pron on pour div agréableme , de notre ht lré une coul gsaient la cor

et toute 50 t qui ne se se de foot-bal

> la pêche, | ent amusé.

à, trop rése

e des avanct

blessure q

sentiments del

eures et sou

ourval n’éta

œur, madar ie et de dent

étendue 5

de la soiré

hait encore plus indifférente que lui.

And, se voyant seul et négligé, s’esquiva

on où il ne paraissait pas être à sa place, rendit sur le balcon. La lune éclairait ut l'éclat de sa force. Si l’on en juge par “sion de son visage, le jeune bomme dans sa tête des idées plus pénibles éables, quand il fut détourné de ses penar un léger bruit de pas qui s’avançaient ; retourné, il aperçut Gertrude de Beaui était à ses côtés.

ourquoi, lui demanda-t-elle, ne rentrezas pour prendre le souper? Toutes les et les fraises seront mangées, car vous on appétit, vous autres écoliers.

> vous remercie, je n'ai pas faim ! réponimplement, ors vous êtes peut-être de mauvaise hu-

? Maman dit que les garçons sont toujours

ais non, mademoiselle de Beauvoir.

pus avez été toute la veillée si triste, si e? Est-ce parce que Victor de Montenay de vous donner la main ?

jouvenir de cette injure et la pensée l'avait remarqué lui firent monter le

au front ;

—Oui, répondit-il, j'en ai été très d'autant plus que de Montenay et moi ét très bons anis au collège.

—À votre place je ne le regarderais el parlerais plus, fit observer avec une & pétulunce la jeune demoiselle, C'éta grossier et bien mesquin de la part du Victor d'en agir ainsi |

Singulièrement soulagé par cette sy inattendue, Armand sentit sa gêne dis peu à peu, et il se surprit bientôt à rac la jeune fille les détails de ses épreuvall ses troubles d’écolier, jusqu’à la fameu qui avait été l'origine de son amitié à Montenay. Tandis qu'il s’accusait de l'a rage auquel il s'était livré en cette mén occasion, Gertrude l’interrompit par de ments de main et en s’écriant avec énerg .‘—Bien, très bien ! Vous auriez dà tra la même manière tous les autres mis C’est un bonheur que je ne sois pas | car je suis si susceplisle, que je ne ns souffrir patiemment un regard ou un mi sier, de sorte que j'aurais toujours été e relle avec mes camarades d'école. Jen mence jamais, mais aussi je n’excuse une impertinence ou une injustice.

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moment, de Montenay passait la porte nait sur le balcon.

nez, dit-il, mademoiselle la déserteuse, aman m'a envoyé vous chercher.

n disant cela, il passa nonchalamment s à l’entour de la taille de Gertrude en t de l’attirer vers la maison.

ive jeune fille ressentit tellement l’imnce d’une telle liberté que, se retournant, appliqua sur l'oreillé un soufflet retenet des mieux conditionnés, tout en lui

mment osez-vous cela, Victor de Montest-ce que je vous permets jamais de

> de telles libertés ?

Montenay avait eu l'intention d’étonner d en lui faisant voir plus de familiarité

belle jeune fille du château qu’elle lui rdait réellement, il en fut certainement ni.

retourna pâle et la rage au cœur.

e semble, dit-il vivement, qu'un couoit à un si petit privilège !

ne conteste pas, monsieur, la valeur du e, répondit notre jolie bruyante en tle plancher de son petit pied; mais la e je trouve, c’est voire audace que votre

qualité de cousin n’excuse en aucune m:

Et en vérité, notre cousinage au quatri cinquième degré, est assez éloigné pou douteux. C'est une distinction que je tionne nullement.

—C'est bien, mademoiselle de Beaux vous laisse, répliqua-t-il avec une in politesse.

Êt tournant sur ses talons, il ajouta à rire moqueur :

- Peut-être que vous désgeriez avoi occasion pour donner à votre nouvelle « sance, M. Durand, le privilège que vou à propos de me refuser.

Depuis le commencement de son en

avec Armand, Gertrude n'avait pas fait moindre embarr?s, tandis que le jeune h était dans une plus grande confusion 4 mais ; celte fois, une vive rougeur se ré sur ses joues et son front, et pendant uni 5 lui fut impossible d’articuler une parc était grand son embarras.

—Armand Dur: nl, lui dit la jeune filk relournant brusquement, si je savais q seriez assez simple pour croire à l’impe

que de Moutenay vient de dire, je vous &

rais le châtiment que je lui ai infligé

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ure; mais quels que soient les défauts que js ayez, vous ne dévez cerlainement pas avoir pi-là.

Lrmand était trop confus pour répondre ; mais y avait rien de pénible dans son embarras.

lait là par une belle et douce nuit d’élé, respit le riche parfum des fleurs, écoutant sans la regarder l’éclatante mais fantaste jeune

baqui était à ses côtés. Son âme fut si vive-

nt impressionnée de cette scène, que le souir ne s’en effaça jamais de sa mémoire : et sieurs années après, malgré qu'ils fussent rés, plus par les circonstances que par pace, il se rappelait cet incident avac comsance, Maintenant, ajouta-t-élle, venez : je vais bs présenter à ma mére. Vous ne devez partir sans cela, car ce serait impoli.

omme Armand tirait en arrière en marmott quelque semblant d'excuse, elle ajouta :

a ne sert de rien d’hésiler : venez tout de e.

t'elle le précéda. Il la suivit à regret, fadame de Beauvoir était penchée sur le sofa, coussins à droite et des coussins à gauche :

parlait d’une manière indolente, presque essante, à de Montenay qui élait à demi

agenouillé sur un petit tabouret à côté d' dans une de ces gracieuses postures qui semblaient le plus naturelles, Sans pan même remarquer la présence de celui-ci, trude dit tranquillement : bu —Maman, je désire vous présenter M mand Durand. da Madame de Beauvoir, pour accueillir n malheureux candidat à l'honneur de sa com sance, lui fit la faveur d’un regard de surpg et d’un léger salut, puis elle continua aussi conversatio : avec de Montenay. Armand sel e, Si de se relirer et madame de Beauvoir ditàSe | : calme : Jen Gertrude, Victor m'a demandé de se réconcilier. avec toi. Il pense que tu es un peu sévère ent an lui, et je le crois aussi! Trop sévère envers à... un vieil ami, et trop familière avec de nouve provo connaissances, pis que cela, avec d'obscures dE). sonnes de rien! Lors :

Gertrude regarda silencieusement sa ma, puis de Montenay : celui-ci, les yeux ba. | semblait chagriné de la censure prononcées, Gertrude; mais elle découvrit un faible rayoS ji ra joie dans ses traits. de M Maman, répliqua-t-elie alors froidement, pions ‘ee qui est des obscures personnes de rien, € vigila

it les ps oO!

rtois

port

r su Just plore

t à Côté dé jes invitées de mon oncle, et en cette qualité ostures qui s ont le droit d’être traitées avec politesse et Sans par rloisie, surtout quand elles savent se bien le celui-ci, pporter, chose que semblent ne pas savoir fe quelques-unes de nos connaissances les ssenter M. k en faveur.

fadaume de Beauvoir leva les yeux, comme accueillir 0e, supplier sa fille de se taire. r de sa con Jusqu'à quand donc, lui dit-elle, devrai-je urd de surp bplorer de modérer la pétulance naturelle de tiaua aus S ractère ? c’est de si mauvais goût, si vul- Armand sel e, si peu digne de notre sexe! Que peut et eauvoir dit à doit Victor penser de toi ?

Je m'occupe fort peu de son opinion, répon-

de se récontiR}'enfant avec dédain ; il ne peut toujours pas

eu sévère ent er moins de moi que je pense de lui, et

svère envers tcrai en dernier ressort, que si jamais il ec de nouv provoque encore comine il l’a fait ce soir, je d'obscures M nnerai deux soufflets au lieu d’un !

| Après avoir lancé cette décharge de mitraille, ment sa Drude tourua brusquement le dos et s’en alla

s yeux bare bout de l'appartement.

prononcée adame de Beauvoir haussa les épaules.

à faible ray 11 faudra que vous ayez de la patience, mon

de Montenay, dit-elle au jeune homme, si vos oidement, Pniions ne changent pas. Mais avec le temps, es de rien, vigilance continuelle de ma part, sans parler

de l'influence toute-puissante d’une mère, il toute probabilité de lui faire quitter ses singuk travers. Du moins, elle est naïve et franche, —Oui, madame, elle ne l’est que trop; n n'importe ! Belle, spirituelle, gracieuse, c’est trésor qui vaut la peine qu’on l’attende, etj tendrai | |

—Je crains, de Montenay, que ce soit la

lution d’un garçon de dix-huit ans ! dit la d en lui frappant légèrement l'épaule avec éventail.

—Nous verrons, madame de Beauvoir. Y savez que j'ai un caractère très résolu, mk obstiné, et une fois que j'ai attaché mes affect sur quelque chose, je ne l’abandoune pas fac ment. Quant à la pétulance avec laquelle elle traite, elle ne m’incommode pas trop, ca dédaignerais un trésor trop aisément gagné.I trois ans Gertrude aura dix-huit ans et m serai en âge.

—Oui, et maître d'une grande fortune indé dante ! pensa madame de Beauvoir : sous les rapports un excellent parti pour mon opi tre enfant.

ja tè Birs, le he la Ar om érite Etude Avec patiet Avant de lu

un es

Il a

es la en le om

esqu

une mère, il ter ses singul e et franche, | que trop;n acieuse, c’est l’attende, et}

Les vacances étaient finies; les jeunes gens, Fr ja tête remplie des enivrants souvenirs de plai- Birs, de fêtes et de liberté, eurent à se résigner le mieux qu’ils purent à la monotone routine le la vie de collège.

Armand qui, heureusement pour lui, avait ommencé à aimer la science et à trouver une éritable satisfaclion dans la poursuite de ses ù Btudes que dans le principe il avait regardées k avec dégoût et appréhension, était à assortir patiemment ses livres, cahiers, encre et plumes, 1 ivant de les placer dans son pupitre. Tout près F le lui, Paul faisait la même chose, mais avec n esprit bien différent.

| Il'arrachait violemment ses livres de sa boîte, es lançaient impitoyablement sur le plancher, En les apostrophant les uns après les autres omme autant d’ennemis personnels contre esquels il aurait eu beaucoup de haine.

| —Ahls...ée grammaire latine, dit-il en emboignant avec rage ua de ses volumes. Combien le pensums, combien de maux de têle et com-

Je ce soit la ans ! dit la d épaule avec

> Beauvoir. Y ès résolu, mé bé mes affect donne pas fac laquelle elle pas trop, ca sent gagné. I it ans et m

fortune indé uvoir : sous pour mon opi

bien d'heures de torture vas-tu m'attirer cel année ?

Et le malencontreux livre fut lancé à plu sieurs verges de là; dans son vol il rencontr une bouteille d'encre d’uu camarade, et l’acui dent qui en résulta provoqua un échange à paroles assez lestes.

Quelques instants après, de Montenay s S'apl procha. .

© Tiens, voilà Armand! Comment vast mon cher? N'est-ce pas une horreur que d'à enfermés de nouveau dans ces sombres et à freux cachots ? Mais, quoi! tu n’as pas l'air moitié aussi embêté que quelques-uns d’ent nous.

Armand ne fut pas sans tressaillir lorsque s0 ci-devant héros l'aborda: la scène qui sét passée chez M. de Courval se présenta à s esprit avec tous ses affligeants souvenirs ; m il répondit tranquillement qu’il était très co tent, quant à lui, de reprendre ses livres.

De Montenay, qui ne soupçonnait pas qu avait irrévocablement perdu toute influence Armand et qui interprétait mal sa réserve, | dit eu riant :

— Je t'en prie, ne cherche pas à faire | sage ; viens plutôt, comme un bon garg

h'aider à trouver à emprunter une clef pour juvrir mon coffre. J'ai perdu la mienne et me sens trop malheureux pour la cherher.

| —Je suis bien fâché de te refuser, de Monteay, mais je ne puis laisser traîner mes livres. ]. faut que je les serre avant ue la cloche onne.

Victor le regarda fixement et en silence.

omment son sectateur, son adorateur, avait-il ju jeter de côté son allégeance et refusait-il haintenant ses propositions ? C'était tout à la is incroyable, humiliant et mortifiant.

Que diable as-tu donc? lui demanda-t-il vec colère. Tu te montes grandement sur ta lignité aujourd'hui |

| —Pas plus que tu te montais sur la tienne le ernier soir que nous nous somies rencontrés hez M. de Courval et que tu étais trop rafliné our donner la main à mon frère, dit Paul d’une anière un peu brusque,

En intervenant de la sorte, ce dernier n’obéis- Lit pas tant à une sympathie quelconque pour rmand qu’à sa mauvaise bumeur du moment à l'aversion qu'il éprouvait instinctivement Dur de Montenay,

D —Qui t'a parlé, imbécile? dit celui-ci en

n’attirer cell

lancé à pl 1 il rencontr ade, et l’acc n échange à

fontenay saph

mment vas reur que d'à soinbres et àk ’as ‘pas l'air Jes-uns d'ent

Mir lorsque « ène qui s'éti présenta à st buvenirs ; mi était très co s livres.

nnait pas qu e influence sa réserve, |

pas à faire | bon garç

lançant sur son nouvel adversaire un regard mépris.

Paul regarda d’un œil de regret un mn dictionnaire qu’il venait de jeter hors de sa tée, mais apercevant sous sa main un assez y . volume, il le saisit promptement et le lança il tête de son ennemi qu’il ne fit qu’effleurer. | Montenay lui renvoya vivement sa polis avec une ardoise encadrée que Paul eut chance de parer avec son bras, sans quoi l'aurait reçue sur le crâne. Ilse leva furie et. allait fondre sur de Montenay qui l' tendait de pied ferme, si un médiateur ne f intervenu en ami: c'était Rodolphe de B fond.

—Arrêtez, camarades, . arrêtez, cria-til ( s’interposant entre eux. Parce que nous soma tous cloués de nouveau à nos pupitres, est une raison pour que nous nous arrachions] yeux? Tu as perdu ta clef, Victor; voici m trousseau, essaye les.

De Monienay prit les clefs sans seuleme remercier et se retira, bourru, tandis que Pi continua son ouvrage plus de mauvaise huine que jamais.

Belfond s’asseya à côté da

—Tu viens, lui dit-il, de servir l'ami Vid

me il faut: il ne méritait rien de mieux.

s, comment as-tu passé tes vacances ?

e fut là le commencement d’une conversa-

re un regard

egret un £

hors de sa pi agréable qui se contiaua jusqu'à l’heure de n un assez ge, et Armand: se sépara de lui avec la Let le lança aiction que s’il avait perdu un ami il en

ttrouvé un autre.

ss progrès de notre héros furent très rapides, s ils étaient plus le ‘résultat d’une grande ligence que le fruit de l'application, car il ait dans son ‘aractère une veine de rêverie tenay qui l'Æ remplissait son esprit d’autres pensées que rédiateur ne (Selles de ses devoirs et de ses leçons. Il condolphe de Ba plus longtemps qu'il l'aurait avoué à qui ce soit le souvenir de l’amer sentiment d’huation qui l'avait presque suffoqué dans le de M. de Courval, lorsque de Montenay il si douloureusement méprisé, et son chaétait augmenté par la pensée que l’amitic lavait existé entre eux était à jamais rom.

Dans ces moments-là il s’échauffait et portait contre les injustes distinctions du de, et il se promettait bien de se faire une lion aussi haute qu'il pourrait l’atteindre, il pour cela lutter toute sa vie.

tte louable ambition s’enracina profondédans son cœur et ne lui donna plus aucun

u’effleurer. | nt sa polile je Paul eut s, Sans quoi ce leva furieu

ez, cria-til ( e nous somi pupitres, esl

arrachions tor; voici m

sans seuleme tandis que P auvaise huint

and.

vir l'ami Vit

repos. Quelquefois son esprit était tr par des visions de la fantasque mais graci jeune fille, si différente des autres fem d’Alonville, qui était du reste le seul échan du beau sexe qu'il eût vu, et quelqu’enñ et innocents que fussent ces souvenirs, ( façon ou d’une autre ils augmentèrent son bition. Deviendruit-il un homme laboriey ur rêveur ? L'avenir seul pouvait le dire;

il y avait en lui les moyens et les dispos de devenir l’un ou l’autre. Heureusement le désir d’exceller, encouragé par la facilité laquelle il s’acquitta de ses devoirs, dé pour le présent du moins, la question

manière la plus favorable. .

De son côté, Paul continua ses étourde toutes les fois qu’il pouvait éluder un 4 ou une leçon, il s’imaginait être le gagnan n’était cependant pas un benêt ni un lourl car la subtilité naturelle de son jugement, ; à une vigilante attention de ses maitre avait fait acquérir, pour ainsi dire malo une assez bonne part d'instruction,

Nous ne pouvons pas nous étendre pli guement sur les dernières années de ti d’Armand, car nous avons à raconter lest tres pleins d'incidents de sa jeunesse. |

bout de deux années, Belfond et de Mon:

laissaient le collège, ayant fait tout leur avec assez de succès. La froideur entre Armand n'avait pas cessé d'exister, mai, à n'était jamais allée jusqu'à l'hostilite. ë

t était tra y) mais grat autres fem seul échani

quelqu’enfi ï souvenirs, (id avait toujours été excellent ami avec te entèrent son@héros, il en avait fait son confident : il lui à

lait les plans et les espérances sans nom- L'il avait conçus pour l’heureux temps où

it ses adieux au collège pour s'en retour.

ez son père, où, seul garçon parmi cinq

is, il était l’idole de la maison,

ès sa sortie et celle de de Montenay, Ar- ’ s'appliqua davantage, si c'est possible, à | bdes. Et lorsqu’eut lieu la distribution elle des couronues et des prix qui termi- ii | même temps l’année scolaire et la fin de À bdes, il remporta, au grand et heureux À ment de son père et de sa tante Ratelle, ineurs de la journée.

avait là aussi d’autres témoins de son e: sur un des premiers bancs de devant, l'élite de la société de la ville, se trouertrude de Beauvoir et sa mère, ayant lé M. de Courval et de Montenay de | Heureusement qu’Armand n’aperçut ce Mqu'après avoir terminé le magnifique

nme laborieu vait le dire; et les dispoil Jeureusemenl par la facilité , devoirs, d la question

a ses étourd éluder un { tre le gagnaïl ât ni ua lour n jugement, ses maitrei si dire malgt ction.

; étendre pli années de € raconter les eunesse.

130 ARMAND DUYAND.

discours d'adieu qu'il prononça avec

éloquence de paroles et de gestes qui luis avec l'attrait et la distinction de sa beauté sonnelle, d’étourdissants et frénétiques ap dissements ; car leur présence l'aurait peu empêché de se contenir. Ce n’est qu'après

repris son siège, qu'en jetant la vue dans direction, il aperçut pour la première foi beaux yeux de Gertrude fixés sur lui,

Malgré les changements qui s'étaient on dans les dernières années et qui avaient f la fantasque, volontaire et insouciante « de quinze ans une élégante et noble jeune il la reconnut au premier coup d'œil en lisant dans ses regards l'évidente :

ration qu'elle éprouvait pour le dis qu'il venait faire, il sentit son cœur pl d'émotion.

Le même sentiment se re "tait aussi # figure de M. de Courval. Quant à madu Beauvoir, superbe d'indifférence, elle éc d’un air approbateur de Montenay qui, pe vers elle, un sourire moqueur sur sa jolie fl se plaisait évidemment à lancer quelques:

tiques traits d'esprit.

—Quel splendide jeune homme! di chaleur M. de Courval en se tournant :

ça avec 8 qui luit , sa beuulé étiques ap{ aurait peu st qu'après a vue dans remière foi ur lui.

s'étaient of ui avaient li souciante € noble jeune coup d'œil l'évidente our on cœur Pi

Atait aussi 4 ant à madt nce, elle ét enay qui, sur sa jolie ll r quelques

Lomme | dit y tournant ‘

le disil

groupe. Comme son père et nous gens ville devons nous enorgueillir de lui!

éloquence entrainante, quels gestes x, et puis quels honneurs il a remcui buono? répondit de Montenay avec er mouvement d'épaules. Il peut y avoir ude de mots entre raciies grecques el et racines de jardins et des champs, n'y a point d'autre analogie entre elles.

que la connaissance des classiques lui un grand secours pour faire pousser un

Bde trèfle ? est-ce que ia versification lui

era comment arrêter les ravages des

es à blé ?

ne vois pas du tout pourquoi il retourux racines et aux champs, interrompit ent M. de Courval. Paul Durand a tous

eus etle jugement, je pense, de faire

une profession libérale à un jeune qui possède de si rares aptitudes : l’auremplacer son père sur la ferme. Mais que j'aille féliciter mon vieil ami de es de son fils! Viens-tu, ma sœur

iment, il faut que tu m’excuses. Je ne pas du tout ces gens-là, et le temps

est trop chaud pour faire de nouvelles co sances.

—Ou pour en renouveler d’autres qu bien aise d'oublier, ajouta de Montenay.

—Mon oncle, je serai heureuse de; accompagner, parte que, uon seulement je nais ‘‘ ces gens-là, ” mais je les aime !

Ce disant, Gertrude secoua les falbalas robe de mousseline et passa près de Mon saus même daigner le regarder. |

Celui-ci fronça les sourcils, lorsqu'il | s’avancer au milieu des sourires et des de ses amis vers le groupe d'heureux pa au milieu duquel se trouvait Armand, mot ou deux à lui; une amicale poison main au père ; quelque babil conf avec la tante Françoise, tandis que N Courval félicitait Durand avec chaleur, vitait ses fils à venir le voir souvent la ville, soit à la campagne,—car il pa une belle et confortable résidence à Mo où il allait avec sa famille passer les mois d'hiver :—ce fut là toute leur ent Mais c’en était assez pour exciter la cok de Montenay. :

—Elle est aussi capricieuse et ent jamais ! s’écria-t-il avec rage. Chaque j

nd u

ARMAND DURAND. r 133

nouvelles cn ; .eç charmes, augmente à un égal degré

étulance de son caractère et ses caprices

d’autres qu'o ul

MontenaY. D mme toutes les jeunes filles qui sont heureuse de , elle connaît sa valéur personnelle ! répliseulement\ jme de. Beauvoir en faisant mine de

les aime | \ les falbalas | près de Mot ler.

ils, lorsqu'il | urires et desi d'heureux pit vait Armand, amicale pois babil conlil tandis que vec chaleur, oir souvent e,—car il pol sidence à Moi e passer les oute leur en exciter la cok

r, car ces passes d'armes entre de Montenay fille étaient si fréquentes que quelquefois n perdait patience.

Je crains tellement cela, madame de Beauqu’elle ne sera jamais capable de comprenautorité d’un mari.

dame de Beauvoir ouvrit les yeux de toute randeur, et lui dit avec compassion ;

lais ne savez-vous pas, mon cher de Mon- D que dans le cercle où nous sommes et les où nous vivons, les maris n’ont réellement ‘autorité. [ls peuvent peut-être en avoir Bles déserts de l'Afrique, la Polynésie ei pays éloignés et barbares, mais, croyez Is n'en ont pas ailleurs!

Montenay grimaça un sourire.

‘est tout de même, dit-il, une perspective amusante pour un individu qui pens:

ement à se marier.

Bais, mon pauvre Victor, pourquoi faire ngeon si vous le redoutez tant? Parfois

use et entéles . Chaque

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