ND. É
AFMAND DURAND. 243
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violent et quef gerait le rà Cependant il{ avoir une ex!
ette heure nt e de Ja ports
et bientôt encore, car je l’altends d’une ute à l’autre, et je préférerais, ma tante çoise, qu’il n’y eût pas de témoins à notre bvue. En tout autre temps vous serez la fvenue daus cetle chambre.
Ce sera comme tu le désires, mon cher and, mais avant il faut que tu viennes avec voir ton cher père qui est enseveli. Je suis Be te chercher dans cette intention. Ne crains d'y rencontrer Paul, car je l'ai envoyé en NISSION.
s dire un mot Armand suivit sa tante à s le passage, dans la chambre toute tendue aps blancs et éclairée de cierges où repoles restes de Paul Durand. Il y régnait rande solennité, mais rien du’ repoussant re ordinairement la mort, car le cultivateur D'air de reposer d’un sommeil tranquille.
ces de souffrances avaient disparu de sa et ses traits réguliers étaient devenus calloux et paisibles. La tante et le neveu uillèrent pieusement de chaque côté du u moment où Armand relevait sa figure | xprimait en ce moment qu’un profond | > et les yeux remplis de larmes, madame
avança le bras par-dessus le corps du
lui saisit la main et la plaçant sur la
inerte du mort :
attre de la mil
mais bien mai
t son neveu sa figure des lité d'esprit; !
du jeune hé étaient encore
rçon, mon Ar t-elle.
en de nature dit-il en lui pt bée du porte vez envoyé de!
er adieu à moi n’a pas cru (fl yer comme E dra compte à
—Armand, mon enfant, dit-elle, moi remplacé du mieux que j'ai pu la mère q as perdue si jeune, je te demande au n son saint souvenir et au nom de l'amour q porlé toute sa vie le généreux cœur sur k reposent actuellement ta main et la mien te demande de pardonner tous les torts qu frère a envers toi ?
—Vous me demandez trop, ma tante My
Et Armand essayait en vain de retirer 4 des doigts serrés qui la retenaient sur la dé sacrée.
—Non, je ne demande pas trop: qu'est te diraient ces pauvres lèvres glacées di pouvaient parler? Armand, tu aimais tn très tendrement, et malgré le petit refrok ment qui a existé entre vous dans ces d4 temps, tu étais son fils favori. |
C'est parce que j'aimais mon père veux me venger de celui qui, par une # complots infâmes et une trahison iniq fait perdre son affection.
—Mais, à qui ton père s'est-il attaché derniers moments? Armand, Armau durcis pas ton cœur contre mes prières tre les supplications muetles de ces lèvre dies, de ce cœur qui ne bat plus et qui
ï entente"
AND
dit-elle, moi ( i pu la mère qu »mande au 14% 1 de l'amour ux cœur sur | ain et la mien ous les torls qu
me que je t’adresse ma prière, Armand, de e il t'aurait conjuré, il t’aurait imploré Lindonner une vengeance qui fera peut-être oi un Caïn !
e jeune Durand était singulièrement pere : il baissa la tête, puis il murmura :
Et bien! je le. promets !
L Le ciel te bénira pour ce mot, mon Armand ! sais que tu regarderas comme aussi sacrée n serment une promesse faite dans une ence aussi solennelle....Ah! voici Paul E monte....Dieu merci ! je n’ai plus besoin raindre son arrivée comme il y a une demie. Mon Armand, sois fidèle à ta parole.
porte s’ouvrit et donna passage à Paul.
-ci recula involontairement en apercevant frère ; puis il avança d'un pas ou deux, " dit d’un air embarrassé :
rmand, nou: nous rencontrons dans un bien moment! Si tu étais arrivé une heure s, il aurait été trop tard !
Oui, j'aurais été volé de la bénédiction de père comme de mon héritage. Paul, tu me jun compte terrible, -et il lui montrait la > interceptée—mais à côté du lit de mort de [père j'ai promis d'y renoncer.
Dp, ma tante ain de retirer 4 naient sur la dèf
as trop : qu'est èvres glacées gi d, tu aimais {08 ré le petit refrok pus dans ces dl rori.
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Les joues basanées de Paul devinrent ti gris cendre, et il marmotta d’une voix ink gible quelque chose sur ce qu'il avait accidé
tellement oublié la lettre en question.
—Oui, de même que les autres ont étés bliées ! répondit Armand avec amer Quoi qu’il en soit, j’ai promis de n’en rien fi ainsi, trève de discussion. Le monde est vi dorénavant tu iras ton chemin et moi le mi ce qu’il y'a de nécessaire, d’essentiel, c'est 4 ces chemins soient pour toujours éloigné; À de l’autre. |
Le cœur égoïste de Paul commença à «4 des remords ; ses joues brunies rougirent, !
—Armand, bégaya-t il, il n’est pas néces qu’il en soit ainsi. Mon père a laissé de grd moyens : je partagerai volontiers avec loi, ne me trouveras pas aussi intéressé et rapacel tu penses ! |
Tu me connais peu, si tu t’imagines qu pourrais accepter de l’aide ou .uñe faveur toi; non, après ce qui est arrivé, il y aural jours un gouffre entre nous deux.
Sur ces entrefaites, madame Ratelle qui doutait la tournure que prenait la converal intervint.
—Paul, dit-elle, il faut absolument qu
EEE . ntannile
RSS
il devinrent if d’une voix int il avait acci
te coucher à présent. Tu as veillé près de bauvre père pendant les trois dernières L nous allons, Armand et moi, te remplacer
ueslion. BR. Hélas! notre veille est maintenant sans utres ont été ance.
avec amerl bi, qui était très mal à son aise en la pré-
de n’en rien fi , monde est va in et moi le mi
de son frère accepta l'offre avec empressejet la tante et le neveu se trouvèrent encore
essentiel, c'es ès quelques prières et quelques moments ours éloignés yés à une méditation respectueuse, mada-
ace fit signe à son neveu de venir s’asprès d'elle, dans un coin retiré de la chamii là, à voix basse, elle lui raconta le court e du ménage de sa jeune mère. Elle rien. pas même son énergique désapprode son manque de savoir-faire ; puis elle rla de la mère de Paul, de sa valeur b, des consciencieux et tendres soins dont ait entouré le jeune fils de son mari.
d écouta attentivement ces réminiscences sé, en jetant de temps en temps un sur ce lit mortuaire sur lequel était son l se sentit de plus en plus convaincu que ention de madame Ratelle était un effet Providence, et il remercia Dieu d’avoir lécouté ses prières que es conseils de la ace.
ommença à 4 ies rougirent.
n’est pas nécesi e a laissé de g bntiers avec toi éressé et rapate
t'imagines qu ou .uñe faveut rivé, il y aurai deux.
me Ratelle qui ait la convers
absolument qui
Aussitôt que les tristes jours qui préc les funérailles et celui encore plus trisk dernière cérémonie elle-même furent y Armand fit ses préparatifs pour retou suite à Montréal. Son frère et lui s'étaient ment rencontrés dans l'intervalle, et ilsa alors simplement échangé de petits salut, cun sentait que sa présence était une co douloureuse pour l’autre.
Ce soir-là, comme Armand venait de la tombe de son père, il vit venir vers élégante et délicate figure dont l'appari battre violemment son cœur: c'était Ga de Beauvoir, et, aussi vite que la pense, la conviction qu’elle était l’auteur des q lignes anonymes qui l'avaient si mysä ment appelé auprès du lit de mort de wi Elle croyait probablement qu’il était un ik cœur et dénaturé, se détournant des plu appels de l'affection pour n’écouter quel du plaisir et de la dissipation. ]1 ne po faire à l’idée de demeurer sous le poid censure, de ses reproches, de son mépri qu'il n'en méritait aucun; malgré les} tions tumultueuses de son cœur, il all l’aborder et se disculper. Elle para élégante, si noble, que son courage luis
end
RANN.
nd
ABMAND DURAND. 219
sque lorsqu'il l’approcha. 11 fit un effort sur imême et la salua profondément. Elle réit à sa politesse par un pelit salut de naissance, si froid, qu'il recula malgré lui. endant, au désespoir et désirant ardemment réhabiliter dans son estime, il avança .de Jques pas.
Bonsoir, mademoiselle de Beauvoir, lui
in entendant ces mots, elle se détourna avec teur.
mais de sa vie Armand n'avait éprouvé un iment de mortification aussi aigu et aussi r que dans ce moment. Comme il se reprot sa folie ! Qu’avait-t-il de commun avec élégante et capriciense beauté pour qu'il Àt si stupidement exposé à son affront ? Que importait à elle qu'il fût digne de louange e blâme, lui pauvre étudiant inconnu qu'on rait dans le salon de son oncle ? Lors même Dle lui aurait écrit le billet anonyme qu’il reçu à Saint-Etienne, ce n’était probableit que l'effet d’une fantaisie, d’un caprice de ne.
ur comble d'humiliation, il aperçut tout à de Montenay qui s'était avancé à travers hamps el qui sautait légèrement la clôture
ours qui précél core plus trie même furent} fs pour retou e et lui s'étaient tervalle, et ils de petits saluts.
e était une col
mand venait def vit venir vers | e dont l’apparil œur: c'était Ge e que la pentés l’auteur des q vaient si mysé t de mort de si t qu’il était ok ournant des plut n’écouter quel tion. Ilnep r sous le poit s, de son méprik : malgré les}
n cœur, il allik r. Elle pari in courage lui
près de Gertrude. Dans le petit salut q fit Armand vit sur sa figure une expn d'ironie et de malice, provoquée sans don le fait qu’il avait été témoin de la rebufade} lui, Armand, avait reçue; mais calmul sentiments froissés et blessés, il réponditi solent salut de Victor en n’en faisant altention ; puis il se relourna, mais no qu’il eût le temps de voir de Montenay ra une fleur qui venait de tomber du bougé mademoiselle de Beauvoir tenait à la l'appliquer galamment à ses lèvres et la à sa boutonnière.
— Ah! comme de raison elle l’aime, pat séquent elle me haïit, se dit notre héros, suis-je moi, fils du cultivateur Durand, er paraison de l’héritier des de Montenay?
que je suis! de quelle folie ai-je donc él sédé dépuis quelque temps ! j'en suis n vant guéri et pour toujours | |
, Il revint à Ja maison abatlu à l'extrême retira dans la chambre qu'il avait depuis sa dernière arrivée, et là il « tcmber sur une chaisse, dans un accable faire croire qu’il n’y avait plais pour lui attachement à la vie.
La tante Françoise entra et le supp
AND. | bndre pour souper ; mais il refusa, en allé.
tun violent mal de tête. Puis elle parla 8 projets, et il s’en suivit une assez longue ssion. Son indignation ne connut point de s, lorsqu'elle apprit de lui qu'il se propoj'abandonner l’érude du droit et d'essayer procurer une place de commis. 11 fut urdi des reproches qu'elle lui adressa, en alifiant d’être un ingrat à la mémoire de ère et de sa mère, et d’indiffésence à l’honde la famille. Armand lui fit remarquer jaintenant, grâce à la trahison de sun frère, ait pas d’autres moyens que ceux qu’il ait se gagner par son travail; alors elle le avec chaleur d'accepter le legs qui lui Eté laissé à elle-même.
st-ce que je l’aurais accepté, dit-elle, si vais eu l'intention de te le transporter ?
Die l'aurais rejeté, irritée comme je l'étais justice du testament de mon frère.
ès une longue et chaude discussion, il fut qu'Armand continuerait l'étude de sa Sion, ct que l'intérêt de ce legs, bien é, servirait à son entretien.
me Ratelle se rendit à la pressante solli.
de Paul, de continuer de rester et de e la maison paternelle jusqu’à ce qu'il y
; petit salut qu ure une expre Jquée sans dou \ de la rebufade + mais calmul és, il réponditi \ n’en faisant urna, mais n01 je Montenay rat mber du bouqué ir tenait à la ses lèvres et lan
elle l’aime, M Ait notre héros, teur Durand, el de Montenay?li je ai-je donc él Ds! j'en suis!
s | attu à l'extrême qu'il avait 04 ée, etlàilse ans un accablet t plas pour lui 4
tra et le supil
amenât, disait-elle, une femme; que cet ment arrivât dans une semaine, cela ne |!
pait pas fort. |
Ce fut avec un cœur brisé de douleur imand laissa le lieu de son enfance, don était actuellement seul maître, ceriain toute probabilité il n’en franchirait plus; le seuil. Le tourment qu’il éprouvait à la] de la cruelle injustice et de la révoltank son dont il avait été ;’objet, était en core aug par le souvenir du dédain. avec lequel mal selle de Beauvoir l'avait fui et l'avait pr là de l’occasion de lui donner les expli qu’il avait désiré lui communiquer. Oui toutes les tristesses ensemble, et il avait reprendre ses arides études de la loi, qu'il pourrail y ensevelir toutes ses perl +es souvenirs.
La vieille madame Martel le recutt plus grande cordialité ; maïs même i premier épanchement de sympathie a malheur :et de félicitation sur son rel avait une mystérieuse allusion à une «à spéciale qui la faisait se réjouir doubla son arrivée. En effet, après lui avoir petit arraché la promesse d'en garder le elle lui ft la confidence que sa paurt
naissance, Mais de crainte que son siler mal interprété par celle à qui. it parlait, il la parole : |
—Je ne puis vous dire, ma chère m Martel, combien la révélation que vou de me faire me rend malheureux, d’autut que le testament de mon père m'a laissés sou : je ne puis donc penser à me marie bien des années. Dites cela à maden Laurin, et elle comprendra de suite l'i d'arrêter ses pensées sur moi qui en sui digne. ;
—M. Durand, répliqua avec dignité h femme, Délima vous aime pour vous4 pour votre forlune, et je suis certaine sera plutôt portée à se réjouir d'une tance qui lui fournit ; : :casion de mon désintéressement. Ah ! qu'elle a un rich tère | |
— Je crois tout cela, mais espérons { vous êtes méprise sur ses sentiments...
. —Hélas! non, je ne me suis pas a
interrompit solennellement madame j'ai trop de raisons de connaître l’exacl ce que je dis. Mais, Dieu merci! vou retour : celte nouvelle va faire du bi ‘pauvre petite.
JRAND.
Re SUN Quelques heures après, Je nd entra au salon, et il y vit s intéressante encore par un
ndue sur son joli visage, Elle élait assise le petit sofa, un simulncre d'ouvrage à l'ai- Île entre ses. doigts mignons, Lorsqu'elle le entrer, elle devint rouge, et, à son grand laisir, il se sentit rougir lui-même.
enlrevue fut très embarrassante pour les ; ils faisaient de Brands efforts Pour calmer | gêue commune. Mais Armand se remit lôt. Comme Ja Petite enchanteresse écoue bout ce qu'il lui disait} Co re Sympalñ'e dans ses y ièges dans la timide Fds modestement baiss charmante Convalescente, once aurait pu subjuguer que celle d’Arman
te que son sien même jour, Ar.
qui. il parlait, i Délima, devenue
€ Cerlaine pâleur
, ma chère m
pe que vous heureux, d'autal père m'a laissés ser à me marie cela à maden dra de suite li
moi qui en sui
e suis certaine!
réjouir d'une | icasion de mot el sa sublile qu'elle a un riche une tête
nais espérons ( Naillamment con
s sentiments... fines
me suis pa! ; que .
nent madame elle-même.
la “onnaître l’exatl
eu tnerci!| vous va faire du bé
: Un jour que cette bonne dame était enk sous un prétexte futile, dans la chambre jeune homme, et qu’elle lui faisait un éners appel en insistant sur le fait qu’il devait at pitié de sa cousine, il répliqua assez bru ment :
—Mais ne vous ai-je pas dit, madame M que je suis très pauvre ? :
—Ne dites pas cela, M. Durand: voi au contraire, très riche en possédant ' comme celui de Délima. Ecoutez-moi:1 allez vous marier avec la petite, et vousre avec nous. Nous n'avons pas d'enfants, et aurons assez pour nous tous.
Jmpatienté, Armand se leva en sursaut, il se calma presqu'aussitôt en se rappel tendres yeux eu pleurs qui l’avaient reg tristement le même matin, lorsque Délim avait appris qu'elle avait l'intention de retournet à Saint-Laurent, vu que sa sarl lieu de s'améliorer, ne faisait qu’emd Madame Martel continua par intervallesa même ton, et pendant ce temps-là Armani suivait sa promenade de long en large di petite chambre ; puisil entra brusqueme u le salon où Délima était assise à regarder tement par la fenêtre. Cnmme de raison
trip uit
se ne le suivit pas là ; au bout d’une heure il it encore à côté de Délima. Lorsqu'ils se arèrent ils étaient fiancés.
Il est vrai de dire qu'il lui avait avoué avec sitation qu’il craignait de ne pas l’aimer com.
> elle méritait d'être aimée et comine il était able d'aimer, mais elle lui répondit avec une chante douceur que ce serait son aspiration que tous ses efforts tendraient à se faire aimer ui. Oui, elle était réellement ce que le cœur homme pouvait désirer ; cependant, en pre-
Bt sur sa joue le baiser de fiançailles, au lieu ravissement qui aurait dû remplir cette heure,
> sentit atteint d’une sourde douleur en pentout à coup à Gertrude avec ses nobles grâ ses manières engageantes, malgré sa froide autaine réserve.
dame était en ns la chambrl Higait un énergié t qu'il devait | qua assez brut
dit, madame M
Durand; vou possédant un Ecoutez- -mol:
etite, el vous .
pas d'enfants, et.
ns. ] leva en sursaut,
ten se rappelath i l’avaient rex
, lorsque Délim ludame Martel précipita les affaires avec une " l'intention del gie qui cffraya franchement le pauvre , vu que sa sarl jand, lequel protesta inutilement contre cet
essement, elque temps après, par un sombre et triste mps-là Armaod ie, à six heures, Armand Durand et Délima ong en large din furent mariés. ]1 n’y ent pas de déjeuira brusquent1#ts e cérémonie, ni de beaux cadeaux de noces, assise à regarder réunion d'amis et de connaissances pour mme de raisil isoubaiter bonheur et prospérité. Madame
” faisait qu en par intervalles®
Martel, qui craignait l'intervention de sa fan avait extorqué d’Armand la promesse de n'èd chez lui que lorsque l'événement serait 148 pli; il y avait consenti, d'autant plus volo qu'il savait bien quel mécontentement oc nerait la nouvelle de son mariage. ;
Lorsqu'ils revinreni de l'église ils furer cueillis par un succulent déjeuner: m Martel était, comme de raison, toute soul et remplie de félicitations, et l’aimable nd elle-même dont le teint était animé par tout à fait heureuse. Cependant, de teng temps il passait sur la figure du marié uns bre légère qu'il s’efforçait en vain de mais c'était peut-être l’effet de l’obscurel d’un jour sombre. La question de savoir jeune femme qui était à ses côtés lui aida dissiper cette ombre ou à l’augmenter, ét domaine des impénétrablés el mystérieux de l'avenir.
( PRE Let
ention de sa fon romesse de n'è ment serait ati utant plus voloik ntentement octa ariage. | r'église ils ture - déjeuner : mal aison, toute sou et l’aimable 0 était animé par endant, de tem re du marié uni it en vain de ffet àe l'obscurek estion de savoil ges côtés lui aidet à l’augmenter, êté lés el mystérieux!
Dn avait allnmé ies bongies et tiré les ribx de bonne heure, ce soir-là, dans l’élésalon du Manoir d’Alonville, car la soirée humide et le vent souflait avec une cerviolence. Gertrude de Beauvoir était assise, se et pensive, dans le plus granä et le plus leux des fauteuils de l’appartement. Elle un ouvrage de broderie sur ses genoux ; a tarle, à côté d'elle, se trouvaient des lai- Mt du canevas ; à ses pieds des livres et des Du : ce désordre démoxtrait clairement Île avait souvent changé d’occupations, ne ant d'intérêt vu d’amusement à aucun.
fut tirée de sa rêverie par l'entrée de Mon qui, sans s’occuper de la froideur avec lak elle le recevait, — car il avait fini par s’ha à ses manières capricieuses, —avail nr tre fauteuil près du sien et s’y était assi Avez-vous entendu parler du dernie: ma- D? lui demanda-t-il après avoir échangé es phrases banales.
ten Li
de.
— Non.
—Hé! ce charmant, adroit et bon à riend
mand Durand s’est enfin marié avec la j Letite couturière qu'il amusait depuis si lo temps. | | Victor jeta un regard inquisiteur et pénét sur sa compagne, mais même pendant q parlaient elle s'était penchée pour releve patron de modes lomhé à ses pieds, et lors la regarda de nouveau sa figure était aussi passible que celie d’une statue.
—La nouvelle ne paraît pas vous intére
beaucoup, Gertrude ?
— Pourquoi m'intéresserait-eile ? Je le «
nais bien peu, et elle je ne Ja connais pi tout.
—Alors prenons un sujet qui nous inlét plus. Chère amie, quand notre mariage aur4
lieu ? rs —Je suis sûre que je n’en ai pas d’idée,
n'est que ça ne sera pas de sitôt!
Et elle ferma à demi les yeux, comme
entretien l’ennuyait. | —Mais ce n’est pas donner à ma der une réponse juste ni généreuse. —C’est réellement la meilleure que j douner.
NDe ARMAND DURAND. 231
recula sa chaise avec impatience, Gertrude, reprit il, le temps est venu d'en avec cet enfantillage, le temps est venu de er à l’auiel l'engagement que nous avons acté. Songez à la longueur du temps que us ai fidèlement attendue ; j'ai souffert tout mps-là votre indifférence-et vos caprices.
L juste enfin, et répondez-moi.
e crains, Victor, que celte réponse ne soit ès agréable : n’insistez donc pas à ce que Bus la donne.
ais il me faut: je ne puis, je ne me laisserai emettre plus longtemps, de mois en mois, ée en année. Je suis entré ce soir dans chambre avec la détermination de n’en À sortir sans avoir une réponse explicite et live.
h bien, puisque vous le voulez absoluà je vais parler. Je crains franchement que “sérence qu'il y a dans. nos goûts et nos ères soit si grande qu’elle ne nous perjamais d’être heureux ensemble.
fous n'êtes pas sérieuse, Gertrude! Vous la seulement pour éprouver ma patience e vous le faites si souvent.
ne fois pour toutes je dis non, ce n’est pas Rech. J'étais justement à réfléchir sérieu-
et bon à riend arié avec la ji ait depüis si k
jisiteur et péné
ime pendant qu ée pour relever g pieds, et Lors gure était ausil
ue. E pas vous 1ntere
ait-eile ? Je let e la connais pui
et qui nous intèr ptre mariage au
n ai pas d'idée, sitôt! | s yeux, comme}
ner à ma de euse. À neilleure que}
sement sur le sujet lorsque vous êles entr} et je cherchais le meilleur moyen de vous ti conñaître ma résolution.
De Moutenay se leva en sursaut.
—Après m'avoir traîné si longtemps à w suite, s'écria-t-il avec impétuosité, vous n’os certainement pas me dire que vous avez mi tenant lintention de manquer à vos prome
—Quelles promesses ? Vous savez fort M que dans la dernière grande explication 4 nous avons eue ensemble, il a été formellend décidé que nous resterions libres, entièren dégages de nos engagements antérieurs. !
—Il en a été peut-être ainsi en paroles, non en réalité. Pensez-vous que je veuillel partout raillé et tourné en ridicule, parce 4 j'aurai été rejelé par. vous ?
—Si vous le préférez, vous pouvez dire 4 vous m'avez dupée, et je ne vous contreil pas : ce n’est pas ma faute, à moi, si vousà suivi mes pas avec tant de persistance, sans at reçu de moi depuis bien des mois aucune e4 d'encouragement. Ah! je nréférerais de M coup faire rire de moi à présent que d’être plus tard en pitié comme une femme ml reuse.
— Vous devenez sentimentale, dit de À
en plissant les lèvres; ce n’est pas dans genre, mademoiselle de Beauvoir, et ça ne va pas du tout.
ertainement non, répliqua-t-elle avec un de colère dans ses yeux noirs, et ce n’est pn plus dans mon genre de rester puisit assise à écouter quelqu'un me parler:
» vous osez le faire dans ce moment. Ah!
eureux couple nous ferions, ajouta-t-elle rcasme : notre vie seruit une guerre sans
vous êles entré) noyen de vous
ursaut. i longtemps à uosité, vous not jue vous avez mi 1er à vos prome ous savez fort li nde explication il a été formellem 8 libres, enlièren ts antérieurs. 1 ainsi en paroles, us que je veuilleë ridicule, parce 4
moins, interrompit-il, nous avons l’avan-
> connaître mutuellement nos défauts à , plutôt que de les découvrir après notre ke: nous ne pourrons pas nous accuser de Mre réciproquement trompés.
si parce que, répliqua-t-elle, nous pas plus l’un que l’autre le pouvoir de hos fautes : nos caractères sont trop peu bés pour cela.
est un enfantillage, Gertrude. Je vous parlons comme des personnes raison- Lnon comme des enfants querelleurs. :
vous ai donné ma dernière réponse. J'en ée pour vous, mais ancune supplication ination ne m’en feront donner d'autres.
lle est réellement votre détermination,
ous pouvez dire { me vous contrel , à moi, si vous | ersistance, sans 10 8 mois aucune e préférerais de M résent que d'êtrepi une femme mill
entale, dit de à
vous êles une coquette sans cœur et say cipe. |
—Personne ne sait mieux que vous, toute l'injustice de cette accusation. Ai-je; prétendu ressentir de l’amour pour vous? à je pas plutôt, par ma persistante froideur.
que je n'avais pas un tel sentiment, el à pas maintes et maintes fois essayé, q toujours dominée, de finir cet embrouills qui m'a été imposé lorsque j'étais trop} pour prendre une décision sur une qu aussi importante ?
—C'est une absurdité, mademoiselle de voir, répliqua de Montenay piqué presque qu’à la folie par ce franc aveu. Probabls que vous êtes éprise d'amour pour un au favorisé que moi. Vraiment, je vous avais çconné une préférence pour ce preux che Armand Durand, quoique, apparemment, ill pas partagé le sentiment.
—Comment osez-vous vous oublier poini? demanda Gertrude les yeux élince
—Voyons, qu'est-ce qu’il y « donc, mesk gens ? demanda la voix claire et douce ( dame de Beauvoir en entrant tout à cou la chambre. Vous vous querellez avec # d’aigreur que si vous étiez déjà mari et {4
DURAND
e crains bien que nous ne le soyons jamais, rs de Montenay sur le visage duquel on une expression de sombre chagrin, du si j'en dois croire les explications dont le me favoriser mademoiselle de Beauvoir.
jh! je le vois, c'est encore une querelle reux! Je crois que vous en avez eu la galanterie deviendrait véritablement le si elle n’était assaisonnée par quelque chicane.
n disant cela elle ajustait les coussins du ar lequel elle s'était assise en lançant un ard inquisiteur dans la direction des belli-
ins cœur et sa
eux que vous, | ceusation. Ai-jejik nour pour vous?
stante froideur,m 1 sentiment, et #
fois essayé, q ir cet embrouilk que j'étais trop] sion sur une qu
mademoiselle de pay piqué presq c aveu. Probable our pour un ault ent, je vous avai ur ce preux che , apparemment, là
est plus qu'une querelle d’amoureux,
ne de Beauvoir, reprit Victor; c’est un
prmel de la part de votre fille qu’elle ne.
ra pas notre engagement, qu’elle rejette
vement ma main. |
doigts blancs de la dame joucient invo-
ement avec les coussins, mais elle répliqua
n grand calme extérieur :
vous la croyez réellement, Victor? Ah!
on tour aujourd’hui, demain ce sera le
| Ce soir elle s’endormira probablement À s pleurs, se chagrinant de sa folie et dési-
jir arriver le matin pour se réconcilier,
vous oublier | e les veux élince il y a donc, mesk laire et douce d rant tout à coup querellez avec z déjà mari el fe
Gertrude releva fièrement la lèvre ena dant ces mots, mais elle ne répondit pu,i que de Montenay, s'emparant de sa reprit avec humeur :
—Je vous dirai bonsoir, mesdames, souffert ce soir plus qu'il m'était pos souffrir; peu d'hommes en auraient aulant. |
Et il sortit brusquement de la chambre,
Madawne de Beauvoir attendit qu'il fùti du et eût refermé sur la porte du dehon;!
après avoir fermé la porte du salon, «l procha de sa fille.
—Est-il bien vrai, lui dit-elle, que t de refuser de Montenay ?
: Oui, maman, c'est vrai -
—Et me sera-t-il permis de te dem pourquoi ? Est-ce qu’il n’est pas un ll PARTI pour une jeune demoiselle qui m paia de la charité, qui est nourrie et par son oncle ?
Ea entendant ces mots, les joues délie Gertrude rougirent, car il y avait unel dose d’orgueil dans ce jeune cœur.
—Oui, reprit-elle vivement, oui je l'ait ét je le refuserais quand bien même jt une mendiante,
JRAND ARMAND DURAND. 997
Dans quel roman es-tu pris cela ? ou bien, un effort de ton imagination ?
yez la bonté de m'écouter, maman : je ime maintenant, et d'une manière formelle, le je viens de dire à de Montenay : ts amais, je ne serai sa femme !
ais tu n’as pas d'autre alternative, mon , Tu sais aussi bien que moi de quelle eté nous a retiré la générosité de ton oncle. | dois pas avoir oublié non plus la petite et » maison où nous logions à Québec après t de ton père, lorsque nous reçûmes la si opportune de de Courval. Eh bien! trouvé celte vie de privalions si agréable veuilles la reprendre ?
Dn'est pas question de cela, maman. Mon ous aime bien et il a de grands moyens.
Econviens de cela, mais il peut mourir et tres parents qui pourraient raisonnablel'attendre à leur part de ses richesses.
chose : il peut se marier, et dans ce cus viendrions-rous ? II ne te restera plus lessource de t’engager comme institutrice, moi celle peut-être de faire de jolies du lieu de les porter. Gertrude, il faut jablies celte soudaine attaque de folie et r de suite, car je vois que pour toi, dans
ent la lèvre en je répondit pa, rant de sa
ir, mesdames, 4 il m'était poil y en auraient
at de la chambre ttendit qu'il fti porte du dehors:
rte du salon, tl
dit-elle, que ti
pra -rmis de te den n’est pas un | emoiselle qui m est nourrie et|
les joues délice il y avait unt ne cœur.
nent, oui je l'ait bien même jt
ce cas, le proverbe ‘‘ les délais sont dan est doublemneut vrai. | |
Mais, maman, je ne puis pas y cons n’y consentirai pas ! dit-elle en frap vivement le plancher de son petit pied, vous saviez comme le seu‘ment d'admin petite peusionnaire que j'avais conçu pos tor de Montenay en entrant dans le mg été remplacé par une indifférence qui ve tôt changée en une opinâtre aversion!
—Gertrude, jusqu'à présent j'ai es faire entendre raison et de te persuader tenant je vais commander. Ecoute, « t'enjoins de remplir ton premier eng avec de Montenay, et cela sous peine d' ma disgrâce la plus sévère. Je suis certi tu n’oseras pas me défier!
- Maman, vous m'avez trop longteng faire ma volonté pour me brider si se d'un coup. Je vous le dis, je ne me jamais avec Victor. Ainsi cessez don tracasser, el me la paix se rélabiis nous.
—Que Dieu me soit en aide ! dit m4 Beauvoir avec un inexprimable accent tume qu’éllé n’avait encore jamais eu
manières de convention. J'ai élevé une oublieuse de ce qu’elle me doit et sed
M = , = S A PL x
soupirant, pour se réveiller le lendemain a aussi opiniâtre et Impériauss que jamais, |
La partie agréable de l’automme était venue et disparue ; l’abondant fd aux cnuleurs variées élait tombé des à feuille par feuille, ne laissant ça et là, ul qu’une tache brune attachée à quelque ches dépouillées de leur parure. Les ls rayons du sole avaient fait place à la lu grise et froide, et aux vents pénétranis du novembre ; et beaucoup de piétons, inc bles à la vue des mers de boue liquide quil daient les rues de la ville, soupiraidl impatience de voir arriver un froid vifd ber une bonne BORDÉE de neige, la seule
pensation que pouvait offrir la saison en
des nombreux désavantages dont elle prodigue.
Armand Durand était, un jour de & soleil de novembre, assis dans sa petite chez madame Martel, I} paraissait bienf
er le lendemaing use que jamais |
préoccupé notre jeune marié de quelques js. Un long soupir s’échappa de sa poitrine dant qu'il déposa sa plume et appuya sa tête sa main. Un instant après, il ouwrit le pupi- É de bois auprès duquel il était assis, et en ra une lettre. Malgré qu'elle portât une date n antérieure et qu’elle parût avoir été soupalpée, il la lut lentement.
e l’automme «an ele lettre venait de madame Ratelle, et avait ; l'abondant feRécrite lorsque cette bonne tante avait appris tait tombé des St Resource indirecte la nouvelle de son mariage. ssant ça et là, dite et froide, elle commençait par exprimer ichée à quelques bagrin de ce que son neveu avait montré si ur parure. Les k de respect pour la mémoire de son père en t fait place à la lt barisnt presque immédiatement après sa nts pénétrants di , etcela, sans même dire un mot de son p de piétons, int lion à aucun membre de se famille; puis e boue liquide qu éplorait le singulier et malencontreux choix ville, soupiraiel avait fait. Ah ! c'était le côté faible par ver un froid vid! il avait blessé sa tante Ratelle : lui qui de neige, la seule reçu une éducation qui lui permit de cherffrir la saison en pour femme une demoiselle, une fille d’intelages dont elle eet dchaute naissance, s'être, au contraire, | avec une coulurière ! c'était affreux. Elle nait en intimant brièvement que malgré e consentirait peut-être à l’avenir à le voir ème, elle n'avait pas le moindre désir de Da connaissance de sa femme,
t, un jour de & s dans sa petite paraissait bien
Comme on doit le présumer, la lecn cette épitre n’était pas de nature à égayé esprits du jeune homme ou à chasser el de souci qui commençait déjà à se faire quer sur son jeune front. Après avoir ne dans son pupitre la lettre qui avait été à qu’une agréable diversion aux sombres pe qui l’assaillaieut, il retomba dans sa réveil en fut réveillé par l’horloge qui sont l'appartement voisin et qu'on entendait pa ment à travers la mince cloison ; il repris ment sa plume aïn de réparer le lempsp
Au bout d’une demi-heure à peu ph porte s’ouvrit et:sa jeune femme entn élait vraiment belle, vêtue avec un luxe ini dans cet humble logis : une somptueuse nt soie richement garnie, une montre et un ne d’or, avec une couple de bagues éclé dans ses doigts effilés, offraient un sig contraste avec les toilettes plus unies ma cieuses que nous lui avons vu porter l nous avons fait sa connaissance.
—Mon mari, lui dit-elle, je voudri que tu sortisses avec moi pour nous pro
—Je crains de ne le pouvoir, ma cl faut que toute cette écriture soit terminë demain matin, car, quoique indulgé Lahaise aime qu'on soit ponctuel.
ND
mal
LC'est seulement une excuse que tu donnes bla vraie raison c'est que lu ne veux pas kcompagner.
Et pourquoi ne voudrais-je pas sortir avec Asi jolie pelite femme que toi? demanda-t-il bouriant.
Je suppose que c'est parce que tu as honte Moi, que tu as peur de rencontrer quelques-
Aide ces beaux messieurs et de ces belles Rs que tu avais coutume de visiter avant ton age.
prit sa main dans la sienne.
imer, la lectun nature à égayt , à chasser une sjà à se faire 4 Après avoir 1 qui avait été à aux sombres ba dans sa rêver oge qui sonnal ’on entendait pi loison ; il reprit parer le Llemps heure à peu pi ne femme entr e avec un luxe it ne somptueuse fl e montre et uné > de bagues éclk offraient un ik 3 plus unies mal ons vu porter l ssance. | elle, e voudrai pour nous POSE pouvoir, ma € ure soit termini oique indulgt ponctuel. |
Voyons, Délima, lui dit-il, tu m'as déjà deux ou treis fois de cette façon, et tout en rant . l'injustice et du peu de raison telle accusation, je t’ai dit qu'elle me fai- > la peine.
ais c'est la vérité, reprit-eile. Aucun ne fait le plus petit cas de moi, quoique Rent j'aie l'air, avec ma nouvelle robe de Ruussi dame qu'aucune d'elles : et aucun | ps depuis notre mariage ne reçoit d’invitapus l’année dernière tu étais invité de s.
> généreux pour lui dire qu’elle était tement la seule cause de cette négligence selle, Armand ue répondit pas, et elle ja sur le même ton :
—Je croyais qu'en me mariant à un m je puis dire un homme de profession, je considérée et traitée comme une dime! 4
— Mais, Délima, tu oublies que je suis et que, dans la société, on a une petite 0j d’un jeune homme pauvre.
—Tu pourrais être riche si tu voulais, d as des amis riches. |
Notre héros recula vivement sa cha femme, comprenant probablement la si tion de son brusque mouvement, reprit:
—Comme de raison, tu te fâches tout d si ta pauvre femme ose ouvrir la bou d’autres sujets que ceux qui te plaisent, |
Armand se mordit les lèvres et reprits me qu’il avait déposée un instant.
—Ah! je vois que tu es fatigué dei présent et que tu voudrais me voir suite ! |
—Je crois vraiment que ce serait le pla dent parti à prendre. T’aperçois-lu, ma que nous cheminons vers une querelle?!
—C'est tout de ta faute, répondit-ell fâches aussitôt que je te parle. |
Pendant un instant les sourcils d’Arn contractèrent, mais en s’apercevant de dité de l'accusation, il ne put s’empl sourire. |
DURAND. ABMAND DURAND. 243
Eten Ereerane,
mariant à un m de profession, je à me une dme! !
blies que je suis pl on a une petite (
re.
iche si tu voulai,(
est bien, dii-il, si tu le veux absolument; Bpuisque je suis uu ours, sors vitement de hière en cas de danger. Je serai à ta dispoaussitôt que j'aurai terminé mon ouvrage.
ais je veux que tu viennes tout de suite oi, persista-t-elle.
le repète que je ne le puis. Nous aurons l’après-dinée de demain.
ais demain après-midi je ne sortirai pas] le s'élança hors de la chambre en faisant
vivement sa chat obablement la sig uvement, reprit:
tu te fâches tout dt se ouvrir la bout x qui te plaisent, !
es lèvres et repritd un instant. | tu es fatigué de Ldrais me voir #
hand resta quelques instants immobile.
ant notre mariage, se dit-il, elle était si , si douce, si charmante |
jre Armand! est-il le seul inari qui se Bi étonné dans de pareilles circonstances ?
dant il reprit bientôt ses papiers et conh ouvrage jusqu’à ce qu’on l’appelât pour La table était moins abondamment Bque du temps qu’il était garçon; la conde madame Martel n’était pas non plus eine et souriante. L’hôte, seul, n’avait Agé, et comme le jeune homme prenait
je, il iui dit avec sa même politesse OIS :
Armand, désirez-vous un peu de cette Elle est peut-être meilleure qu’elle
que ce serait le pl T’aperçois-lu, mi rs une querelle? !
aute, répondit-ell e parle. | les sourcils d'Arm
s’apercevant de ne put semp#
n’en a l’air; dans tous les cas, c’est toute j'ai à vous offrir.
—Et elle est aussi bonne que nous pourg faire pour nos moyens, André, ajouta «4 ment sa femme. Par les temps qui courent ne trouvons pas l’argent dans les rues, —On ne le trouvait pas plus, femme il quelques mois, lorsque nous avions co d'avoir presque tous les soirs un poulet rt quelque chose d'aussi bon. Mais, grâcel Providence, j’ai un bon appétit et une digestion, en sorte que Je puis manger et à | —(C'est bien dommage que tu ne} ajouter que tu as aussi un peu plus de bont reprit avec sarcasme sa chère moitié. !
—J'ai ce qui est aussi utile, une part nable de bonne humeur, répliqua imper blement le digne M. Martel. Armand, m passez-moi le pain. Tu ne manges doté petite: qu'est-ce qu’il ya? Peut-être q aussi tu ne trouves pas la fricassée de tof —Ce n'est point cela, interrompit h:
Martel avec indignation. Non, la pauvre a été désappointée. Le —Ce n'est toujours pas en amour, ok il en souriant, car elle s’est assuré, bi et fermement, notre ami Armand |
pénmnnpintEantnne eme +
JURAND.
titine
Me désirerais, cousin Martel, dit la jeune lée avec un éclair dans ses yeux, je désireéellement que vous ne traîneriez pas mon André, ajouta sa dias de vulgaires plaisanteries.
temps qui coure u es plus susceptible, jeune femme, ce dans les rues. ie tu n'avais l'habitude de l’être au temps as plus, femme, il nous avions col soirs un poulet ri bon. Mais, grûce \ appétit et unt M je puis manger &
s cas, c'est toute
je que nous pour
Parce que sa patience a été rudement é éprou- » soir, André. Etre tout habillée, et atteneux ou trois heures pour faire une promeavec son mari, et ne pas être capable de r!
Dh, est-ce tout? Eh bien, elle trouvera omenade plus agréable lorsqu'elle sers le de la faire.
les jeunes mariées n’ont pas l'habitude refusées pour de si simples demandes ; est peut-être la façon chez les messieurs.
Lelle pesa avec emphase sur ce dernier
ige que tu nef in peu plus de bon chère moitié.
j utile, une part r, répliqua imper rtel. Armand, ni
u ne manges doi
ya? Peut-être f la fricassée de lot
a, interrompit k
Non, la pauvrt
élima a choisi un jeune homme pauvre, aut qu'elle en subisse les conséquences, and avec le plus grand calme. Au lieu Blir avec elle, j'avais à écrire.
Jour l'argent que l'écriture rapporte, elle pu être remise pour quelque temps.
Armand, vous avez des amis qui sont
as en amour, OÙ s’est assuré, bi
i Armand!
riches et qui pourraient et auraient la vo, de vous aider, si seulement votre orgueil n permettait de vous adresser à eux.
Dans cette dernière phrase madame ky avait touché l’impardonnable tort qui se tron au fond de presque toute la persécution 4 Armand élait l'objet.
—Je vous ai déjà dit, madame Martel qu ue souffrirais au une intervention sur ce
—Les gens pauvres ne devraient pa aussi précieux |
‘Et madame Martel regarda l'horloge «y si elle lui adressait cette observation.
—Vous devriez vous rappeler, ajouta.t4 que vous avez à Présent une jeune femmil dépend de vous.
Ici Délima fondit en larmes. Armand) précipitamment de table et sortit de la char
—Je crois que si vous continuez sur ce vous forcerez bientôt le nouveau mari t promener à son compte. J' trouvera quete le seul moyen de s'assurer un peu de jai RSS
— Andre Martel, tu es un imbécile! :
—Peut-être, puisque je t’ai mariée; cessons, ma femme, cette escarmouche, et | moi une autre fasse de thé.
Aussitôt qu'il lent avalé, ii s2 leva sans
ci DD RSR
RAND
en)
auraient la vok$ t votre orgueil mi à eux. | ase madame Nÿ le tort qui se trot la persécution |
ie et s’esquiva dans la cuisine pour fumer pipe.
ndant ce temps-là Armand était sorti pour faire une promenade qu'il n'avait pas éditée. La mauvaise fortune ne pouvait voriser d’un temps plus triste : l’agréable & du soleil de l’après-midi s'était bientô ibrie, et la neige tombait à gros flocons ipagnée d'un vent perçant. Les rues t désertes ; on n’y voyait que ceux qu’une
ue nécessité forçait d’être dehors. 11 mar-
sans dessein arrêlé, n'ayant d'autre but que
de passer une heure à flâner, afin de cal-
lirrilation inaccoutumée qui régnait dans
trine. Il passa devant plus d’une maison
imment éclairée, dont les portes jusqu’à èrement iui avaient été ouvertes, et il
amèrement aux nombreux changements
pn mariage lui avait amenés. Depuis cette
æ: pleine d'événements, il n’avait en effet
J' trouvera (RER Lcune invitation de la part de ses anciens
un peu de EL. jeune femme n'avait été de son côlé
a imbécile l | see d'aucune visite ; il n'avait reçu aucune
e t'ai marie; 8 visites sans cérémonie faites le soir, exscarmouche, élit de Lespérance et de quelques-uns de ses
des dont il ne désirait en aucune manière
Mhpagnie pour lui et encore moins pour
adame Martel, q vention sur cest > devraient pas
rda l’horloge bservation.
appeler, ajoutane jeune femme
mes. Armands) sortit de la chan continuez sur Ce nouveau mark À
6, ii s2 leva sait
Cet isolement qui se faisait autour 4 était dû en grande partie à l'obscure po sociale de celle qu'il avait choisie pour fe eten partie à des insinuations maliciew calomnialrices mises en circulation jy Montenay, puis par madame de Beauvoÿ subséquemment répandues librement dansk blic. Heureusement qu’il ignorait ce du fait, car il avait assez de sujets d’amère sées.
Laissant la grande rue, il prit une dy bres ruelles qui conduisent au port et qui sentait dans le momen: un aspect solitan désolé. La noire étendue des eaux, les sombres tout couverts de neige, deux ou goélettes chargées d’huitres ou de bois, de visiteurs du port, se dessinnient obscuré dans la faible lumière ; ça et là un réve éclalrait faiblement à travers la neige qi bait en abondance, Il s'arrêta et s’appuye temps sur un des poteaux de ces lampes, d bé par des pensées aussi tristes que la sc se déroulait autour de lui, Cédant, enfn, sentiment de malaise physique il dirige pas vers sa demeure,
Quoique la veillée ne fût pas encor avancée quand il y arriva, il trouva leslu
ARMAND DURAND. at à Un 7 NRA PERRPRR
> feu éteints et la contre-porte fermée. Pour cer cette pelite vengeance, madame Martel Délima s'étaient retirées de bonne heure.
dant qu’il frappait doucement à la porte, il ait en lui-même combien il lui serait agréasi sa jeune femme venait lui ouvrir, avec un E ou un sourire de douceur sur les lèvres.
jme alors il oublierait volontiers les désagré : set les ennuis de ce soir-là! Une lumière a tout à coup à l’intérieur, et l’on fit partir ochet de la porte; mais c'était le: digne M.
el lui-même. |
Pauvre Armand! vous devez avoir bien ? Quoil vous êles mouillé jusqu'aux os. ' yez-vous «t je vais faire du feu pour vous ler. Vous n'avez pas besoin de dire non, que si je n'en fais pas vous serez malade in matin, Vous avez déjà le frisson.
bonhomme eut d'abord la précaution de er doucement la porte de l’escalier conduià la partie supérieure de Ia maison; luma le feu dans le poêle et mit de l’eau le canard, Après cela, il plaga sur la table in el de la viande froide ainsi que des ve une bouteille,
rmand, dit-il au jeune homme, vous n'a.
as soupé ce soir; aussi vous devez avoir
RAND
nn)
uisait autour d& à l’obscure pi choisie pour fe tions malicieux circulation ja me de Beauvo Jibrement dansle | ignorait ce de sujets d'amères
il prit une de nt au port et quil jn aspect solit e des eaux, les 4 neige, deux 01 >s où de bois, de einaient obseu ça et là un rêté ers la neige qu rêta et s’appuye de ces lampes, d ristes que la sci Cédant, enfn, ysique il dirige
fût pas encor , il trouva les lu
une grande faim: un verre de quelque e de chaud vous empêchera de prendre le rh après votre ennuyeuse promenade, Ah!
cher ami, il ne-faut pas vous laisser abattre ces disputes conjugales. Comme de raison d sont très désagréables dans le commencema mais une fois qu'on y est habitué on (ré qu’elles ne signifient absolument rien, D'aille il y a toujours une compensation : si une fu est grondeuse, elle est, selon toute probalil une habile ménagère ; si elle est chiche, sn et mesquine, il est certain qu'elle est méng et économe. |
. Le jeune Durand secoua fa tête en sign doute.
. —Dans l’un comme dans l’autre cas, obw t-il, je ne trouve pas que la compensaliond suffisante.
—Peut-être que je ne le trouve pas non mais, à quoi sert de se plaindre contre lai née ? Il est vrai que quelques hommes rai sent-celte règle et s’arrangent de façon à «el ner tous les torts; mais il faut qu'ils aient volonté de fer et un robuste tempéramei] leur soit propre. |
… Je déteste de me quereller avec les k mes! -répliqua brusquement: Armand.
La
Moi aussi, et la conséquence c’est que mada- Martel règne ici en souveraine. Il est vrai , de temps en teinps, je lui dis ma façon de her, mais ça ne lui fait ni chaud ni froid. ut preudre, c'est une épouse active, soigneuqui tient la maison et le linge en bon ordre. nt à sa langue, je n’en fais pas plus de cas du chant du serin qui estau-dessus de votre Essayez, mon ami Armand, à suivre mon ple, et vous n’en servz que plus heureux.
perspective qu'on exposail aiusi aux yeux olre héros était moins que réjouissante, et Honnait en lui-même de ce que les maris teurs ne fissent pas plus nombreux.
ndant il élait jeune, favorisé d’une assez e constitution et d’un heureux appétit; il | donc à faire honneur aux bonnes choses Martel lui avait si cordialement procurécs, : s'aperçut que du moins elles chassaient ses
ions de malaise physique intense, quoi-
es nc pussent alléger la sourde douleur
portait dans son cœur.
dant quelque temps, le calme se répandit
demeure. Mais un jour que madame
let Déiima élaient sorties pour aller dans
gasins, André vit de suite, à leur retour,
front menaçant de sa chère épouse, que
de quelque t prendre le rh menade. Ah! a s laisser abattre nme de raisons le commencer habitué on {n nent rien. D'ailleé ation : si une on toute probalil Je est chiche, « qu’elle est méni
\ ta tête en sigté
l’autre cas, ob la compensalion
trouve pas non f ndre contre late ues hommes rell bnt de façon à tt faut qu'ils aient te tempérameil
reller avec les # at Armand.
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