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ville, et pendant ces deux jours elle en vit ae des faits et gestes de Délima, de la félicy domestique d'Armand; pour souhaiter de »}
être jamais venue.
La séparation avec sa nouvelle nièce fat y peu orageuse. Elle lui dit d’un ton calme sévère combien elle lui trouvait de l'insuffisane dans toutes les qualités qui distinguent w bonne épouse, et finit par lui déclarer, q dorénavant ses faveurs et ses cadeaux dépe draient. entièrement du degré d’amélioral qui se ferait remarquer dans sa conduite,
Comme la jeune femme s’échauffait et com meuçait à devenir impertinente, la tante Ratelll se tut et laissa la maison.
Rodolphe Belfond venait de temps en «nf voir son ancien ami de collège; mais chag fois la jeune femme, au lieu de laisser son ma seul avec son ami et jouir ensemble d’un frelien amical, leur tenait compagnie, et « vêtue avec une élégance exagérée; par à conversations insipides et par son affectati plus absurde encore, elle rendait l’entren ennuyeuse pour tous deux. D’autres fois, qu elle était sous l’influence de la mauvaise humei elle s’efforçait de rendre la situation plus dt gréable encore en disputant très fort la n0t
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elle servante plus endurante que Lizette, en bisant du bruit à tort et à travers par la bruswerie avec laquelle elle brossait, époussetait et gtloyait; on eût dit qu’elle voulait donner impression à ses deux victimes qu se gènaient ans la maison.
Heureusement que Belivnd ntéiatt ‘ni très ide ni très sensible ; aussi, restait-il impasble au milieu de la tempête et se contentait il penser, en cuntemplant l'attitude irascible de flima, comme il adoucirait vite et bien cette ie petite diablesse s’il était à la place de son ji, de la faiblesse duquel il s’étonnait, mais il prenait en profonde SRE nun lout en ondamnant.
ependant des inquiétudes plus graves attennt le jeune ménage. L'argent donné par jame Ratelle avait été dépensé avec une déable imprévoyance, comme nus : cetle ne dame n’en avait vue.
à seule connaissance de quelque utilité qe dàt Délima était celle des ouvrages à l’aile, et elle y excellait; mais bien que les , manteaux et tous les petits articles de sie qu'elle aimait tant fussent faits par ainsi que le linge de son mari, ce seul d'économie ne pouvait pas sappléer à.
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l'absence absolue de système et de bonne direc. tion qui se faisait aussi vivement ressentir dars les autres départements du ménage.
Lorsque la jeune femme demandait de l’a.
gent, Armand lui en donnait séance tenanie sans s'informer de ce qu'elle en voulait faire, sachant-bien que s’il hasardait la moindre ques: tion à ce sujet il s’en suivrait une altercation: mais quand ces constants assauts sur le capihl eurent terriblement diminué leur petite fortune et qu'il eût commencé à parler de la nécessité de pratiquer l'économie, elle ne fit nulle atten. tion à ces remontrances, se disant à elle-même pour se rassurer que lorsque la bourse serait vide ils pourraient s'adresser à tante Françoi Quand ce temps arriva et que Délima, sa consulter son mari, eût écrit privément à madi me Ratslle une lettre qui lui faisait une peintu effrayante de leur misère e;. qui, malgré l'étudé et l'attention qu’elle y avait mises, était und merveille de mauvaise grammaire et d’affreu orthographe, elle ne tarda pas à recevoir u réponse courte, vive et décisive.
Madame Ralelle se contentait de lui d qu’elle leur avait donné déjà une somme q administrée avec soin, aurait dû être suflsau pour les mettre à l'abri de la nécessité de «
ABMAND DURAND.
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le bonne direc.
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s sur le capill ur petite fortune r de la nécessité e fit nulle attensant à elle-même la bourse serail , tante Françoit ue Délima, sat jvément à mad jsait une peint j, malgré l'étuté mises, était un4 aire et d'affreu 8 à recevoir ul
pder de longtemps des secours, que madame ad devait apprendre à être moins extravate dans ses toilettes etses dépenses de ménasant de s'attendre à une nouvelle aide de sa ; La lettre exprimait aussi la surprise que la une madame Durand, qui avait été élevée s l'habitude de la plus stricte économie, troumaintenant si difficile de la pratiquer.
Dans la première explosion de colère provo à par tant de franchise, Délima montra le tre à son mari; mais elle était loin de s’atten à l'amertume avec laquelle il lui reprocha hroir fait une telle demande sans le consulter, le manque d’orgueil et de dignité qui l'avait duite à demander des secours de cette nière.
Peu à peu cette partie de la somme qui devant, son intérêt, leur fournir un petit revenu quel fut dépensée, Armand en ayant consacré, lgré la volonté de sa femme, une part à payer dettes insignifiantes qu’il avait contractées ant les premiers mois de leur mariage. Ainsi té à deux pas de la pauvreté, il jugea que le nchement était impérieusement nécessaire :
vante fut renvoyée, les dépenses pour la lle et la table diminuées, et Délima, chan.
nt'out à coup d’un extrême à un autre, passa
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tait de lui d une somme qu 1û être suflsau
nécessité de (
de la condition d’une poupée extravagante à cel d'une femme très négligente au dernier point Naturellement, le caractère participa ausai de changement et ce fut pour le pire; aus regards de colère et les ennuyeuses récrimi tious sur sa misérable destinée étaient muint nant tout ce qu'il y avait dans l'infortun demeure de notre héros.
L'ÉTRENNE annuelle de cinquante louis e voyée par madame Ratelle arriva à temps pe les sauver du besoin immédiat; Armand, ap des efforts désespérés, se procura u” peu copie qui ne lui rapporta qu'une rémunérati insuffisante du rude labeur qu'il s’imposaitag les heures de bureau. Plüsieurs articles sup flus du ménage, parmi lesquels s’en trouva dont on aurait pu fort bien se dispenser de fü l'acquisition, furent vendus pour faire face exigences du moment, et à chacun de ces sd fices Délima se lamentait comme si on eût ble une des fibres de son cœur.
Madame Martel qui était devenue une té mensale assidue du logis joignait, naturellem ses vigoureuses lamentations à celles de la) femme, branlant la tête outre mesure et soil rant sur un ton lamentable: Oh! ma pau pauvre Délima! C'était au point qu’Art
iten devenir fou. Une fois que sa femme ait été particulièrement vive dans ses jéréjdes et que madame Martel la secondait de 1 l mieux, le pauvre mari les réduisit l’une et di: autre au silence en se tournant vers la visiteuse en l'informant que ce qu'elle avait de mieux hire pour la tranquillité de {ous était de raner Délima avec elle et de la garder jusqu’à qu'il eût une demneure plus riche à lui offrir. is cette explosion était un événement rare et fluence morale qu'elle eut sur le moment sa bicntôt, laissant encore une fois les adverpe jeune homme maitresses du champ de taille.
Pendaut qu’il supportait de son mieux les inunes qui l’entouraient, se laissant un jour er au découragement et renouvelant le lendein les résolutions qu’il avait prises de lutter lamment contre le sort et de vaincre si c'était ible, un messager arriva d’Alonville pour | dire de s’y rendre sans retard parce que dame Ratelle venait d'être frappée d’un coup paralysie et qu’elle se mourait. Atterré et
ravagante à cel u dernier point ticipa aussi ce y pire, aus euses récrimin , étaient main ans l’infortur
quante louis € jva à temps pe LS Armand, af ocura Uu" peu une rémunérall il s’imposail apt rs articles supe els s’en trouva dispenser de fa our faire face aacun de ces sa me si on eütbl
devenue une 00 ait, naturellent
à celles de la ji iondément chagrin de cette affreuse nouvelle, e mesure el 0e prépara à partir incontinent; de son côté, Oh! ma paima sut profiter du prétexte des mauvais
mins et du temps défavorable pour refuser
point qu'ArI M iccompagner
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Il arriva à temps pour recevoir la dernièrs bénédiction de la bonne tante Françoise, pour cueillir de ses lèvres expirantes quelques consei et des paroles de sympathie; un autre coup le l'ennemi infatigable teemina la scène. Aucun expression ne peut rendre la désolation du pauvr Armand en face du cadavre inanimé de sa tan Elle avait été le dernier être qui l’eût aimé sy la terre, car sa confiance dans l’affection des femme s'était évanouie depuis longtemps; oreille aujourd’hui glacée par la mort était seule à laquelle il eût pu confier ses peines ses projets. L'avenir qui s’ouvrait mainten devant lui n’était plus embelli par l’espérané de rencontrer un cœur sincère qui püt l’aime
Quelques mots furent échangés entre lui Paul, ce dernier faisant preuve d’embarra de corirariété, pendant que lui-même était dl occupé et indifférent. Ce fut là toute leura (revue. ;
Après les funérailles auxquelles les deuxfrà - assistèrent côte à côte, le notaire du villageres à Armand une lettre que madame Ratelle ordonné de lui donner lorsqu'elle serait m4 et il ajouta qu'il était prêt à lui lire le testan de la défunte. : RS ;
Portant la date du matin qui avait pr
rivée d'Armand, la lettre renfermait une riture tremblante, presque illisible, mais témoiit d’une tendre affection de sympathie pour sinfortunes, et l’engageait à puiser des consoions à la source où elle en avait trouvé elleme de si abondantes, l’espoir d’une vie future. e déclarait qu’à l'exception de quelques legs rilables et d’un présent à Paul, elle faisait rmand son légataire universel; mais prévoy- | l'extravagance de Délima et sa propre imdence dans les affaires d’argent,—ce qui it amplement prouvé par la prodigalité avec elle avait été dépensée la forte somme qu’elle ravait donnée, —et craignant que, si l’hérià était mis à leur disposition sans conditions rictives il serait promptement dépensé, les jant encore une fois la proie de la pauvreté, manifestait le désir qu'Armand ne reçût que érêt annuel de l'argent qui lui était légué jant l’espace de sept ans, après lequel il enit dans la jouissance complète de son hérisans être entravé par aucune autre condi-
voir la dernière Françoise, pour quelques conseil un autre COUP @ ha scène. Aucun solation du pauv animé de sa lan
ui Poût aimè su ns l'affection des is longlemps; 40 ar la mort élail onfier ses peinesé Ouvrait mainten pelli par V espérant ère qui pèt l'aime hangés entre lui euve d'embarraf jui-même étail fut là toute leur
uelles les deux taire du villagertt adame Ratelle af qu'elle serait ml | Jui lire le testan
rique, de retour chez lui, notre héros eut té à sa femme les détails de la mort de me Ratelle et les dispositions du testament, dé eut peine à cacher son désappointement,
qui avait pré
—Seulement cent-vingt louis par année pen dant sept ans ! répétait-elle avec un certain mé contentement : juste un peu plus que la somn avec laquelle nous mourrions de faim. Nu avons le temps de mourir tous deux avant l'ex piration du terme convenu. |
—Ce ne serait pas un événement très regré table ! répondit Armand avec une prof amertume : assurément, notre vie n’est pas agréable que nous puissions la regretter.
— Elle le serait si nous avions beaucoup d gent, répliqua la jeune femme.
—Aucune somme d'argent ne pourrait apd ter le bonheur dans notre maison! pensa en même le pauvre Armand.
Mais il ne souffla mot.
Encore quelques mois de luttes ennuyeuse counbats contre la pauvreté et les troublesdi tiques, puis un autre changement s’opéra le drame. Le brave et intelligent avocil
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par année per c un certain mé us que la somn , de faim. Nu . deux avant l'ex
e, dans le bureau duquel Armand avait étuë, tomba malade, et après plusieurs variations
mieux au pire, il paya sa dette à la nature.
ire héros fut très profondément affecté par
lle dernière épreuve. Il lui semblait que tous
px qui l'avaient aimé ou lui avaient porté quelintérêt lui étaient enlevés l’un après l’autre ;
sil oubliait qu’ils étaient d’un âge mûr et
» dans l’ordre de la nature il était de toute
ntualité de s'attendre à leur mort : il sentait
lement le vide immense ue laissait dans sa
etses espérances chacune de ces morts.
près les funérailles de M. Lahaise il resta
dant plusieurs jours à la maison, solitaire et
tif, donnant pour prétexte qu’il copiait des
ments de lois ; mais, en réalité, il s’aban-
ait de plus en plus au découragement qui
illait, Etait-ce l’apathie ou la maladie ? Il
pouvait dire ; mais une singulière aver-
pour la profession qu'il avait embrassée
parait de lui, et il pensait qu'il lui était tout inutile de perdre son temps à se chercher tre patron sous les auspices duquel il pût nuer ses études légales. Il se demandait à ème comment il pouvait se résoudre à e un temps si précieux à acquérir une e qui, peut-être, ne lui rapporterait jamais
ement très regré ec une profor re vie n'est pas la regretter.
ions beaucoup à 1e.
t ne pourrait app sison | pensa en lé
, Juttes ennuyeui Let les troublesdi gement s'opéra ntelligent avocat
rien. En supposant même qu'il continuêt se études et qu'il subit avec succès son examen,
chose qui devenait tout à fait douteuse dans l4 tat d’abattement et de désespoir où il ét plongé,—qui l'assurait que les clients lui vie draient et qu’on lui donnerait des causes?
mettant les choses au mieux, cela ne pouvait:
river avant plusieurs mois, et pendant ce temp là les dettes, les désagréments et les difficultés
serreraient de près, et la bideuse pauvreté &
là, comme un spectre, assise à son foyer.
Par une sombre matinée d’orage, il s’était le la tête remplie de toutes ces pensées qui s'ach naient à lui avec une inflexible tenacité.
prêter d'attention aux reproches que lui fai Délima au sujet de sa paresse apparente, nià fortes lamentations sur son sort, il restait ag la tête appuyée sur ses mains, immobile com une statue, pendant de longues et ennuyeu hèures, sans concevoir ni plans ni projets, n se laissant aller à un morne désespoir. Ta coup une main légère s’appuya sur son épé et une voix amie—celle de Belfond —résonni son oreille. ;
— Holà, Armand, disait-elle, tu viens def un somme ! À deux reprises je t'ai dit bo et je n’ai pas encore reçu de réponse,
Armand leva les yeux avec un sourire forcé, til essayait évidemment à inventer une réponse lorsque la voix aiguë de Délima se fit entendre. —Ila vraiment choisi un vilain temps pour dormir en plein j jour lorsque c’est à peine si nous avons, dans la maison, assez d’argent pour nous procurer À dîner. Si je n'étais pas là, il dépenserait la plus grande partie de l’argent du mois à payer des dettes, comme si nous ën avions les moyens !
Hier malin j'ai vendu ma montre, et il n’est nas possible que le prix que j’en ai obtenu ait lout passé pour les chétifs repas que nous avons . Dhits depuis ce temps-là, répondit le jerne mari d'un air abattu.
Délima ne put s’empêcher de rougir. Elle nattendait pas autant de franchise de sa part, surtout devant un étranger ; mais, comme depuis longtemps elle avait résolu de ne pas se laiser dominer, elle reprit :
— Mais ça va passer avant que tu penses à m ’aoir d'autre argent, et alors, je suppose, il nous audra crever de faim.
Armand, dont les yeux languissants étaient ombragés par un air de souffrance plus qu’ordiaire, se passa la main sur le front.
Belfond, qui retenait avec grande peine l'in-
il continuât & son examen,
outeuse dans l'4 poir où il éta clients lui vie des causes? E a ne pouvait :
ndant ce temp et les difficultés se pauvreté ét son foyer.
rage, il s'était nsées qui s’ach le tenacité. Si es que lui fai apparente, nià rt, il restait a immobile com es et ennuyel s ni projets, m désespoir. Toi ya sur s0n épal elfond —résont
e, tu viens del je t’ai dit bot réponse.
ci D dsnei ti pete milite 312 ARMAND DURAND.
dignation excessive que lui faisait épronver | mauvaise humeur de l'acariâtre jeune femme s’interposa.
—Ma chère madame Durand, dit-il, voy voyez que votre mari n'est pas bien : je vous er prie, laissez le seul avec moi pendant quelque temps, car j'ai quelque chose d’important à ly communiquer.
Elle sortit de l'appartement, ses magnif ques cheveux ondés en désordre. Pend qu'elle exécutait cette retraite, Belfond, quis pouvait plus se contenir, ne put s’empêcher( dire:
—Peste de femme !
Armand le regarda avec un air de repro tel que son ami se hâta d'ajouter :
—Pour l'amour de Dieu, Armand, pardon moi ; mais de te voir ainsi tracassé et aflligé,| ne sais vraiment plus ce que je dis ni ce quej fais. Oh ! mon ami, je sens que ïe pourri pleurer comme une femme, au spectacle quel m'offres.
Et il posa tendrement sa main sur celle de compagnon, tandis que ses yeux se remplissaid ‘de larmes.
—Mais, diantre ! dit-il brusquement en ché sant à la hâte ces marques de sensibilité, jet
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sait éprouver |:
is pas venu ici pour jouir de jérémiades, mais e jeune femme,
ur voir si je ne pourrais pas t’être de quelque mice... Il ne faut pas prendre feu si vite re que je te dis cela ! Je sais bien que si je ofrais de l’argent à titre de prêt, tu me dirais, ini que tu n’as cessé de me le répéter, que si tu ais eu l’intention de l'accepter, tu ne m’aurais s fait connaître si ouvertement tes besoins, joique, à la vérité, à la place, je ne me retranjerais pas d’une manière aussi absurde dans adignité. C’est autre chose que j'ai à te proher, quelque chose que tu peux accepter sans moins du monde porter atteinte à celte indéndance dont tu es si fier. J'ai écrit à mon usin Duchesne qui demeure à Québec et qui Lun des meilleurs avocats de la capitale ; ilte era volontiers de svite dans son bureau, et Be donnera tous les avantages possibles, beaujp plus que ne t'en offrait M. Lahaïise. Le:
est qu'ayant entendu parler avantageusement lon caractère et de tes. capacités, il a hâte de oir avec lui.
oupconnant de quelle source de bons offices quelle on pouvait attribuer l'intérêt que lui oignait M. Duchiesne, Armand secoua la têle.
Belfond, dit-il, j’en ai fini avec les hésitas et les incertitudes, et j'ai fermement résolu
and, dit-il, vou bien : je vous pendant quelque d’important à lu
nt, ses magnif ésordre. Penda , Belfond, quiu put s'empêcher (
n air de reprot ter :
Armand, pardon acassé et afilige,} je dis ni ce que) s que je pourri au spectacle quel
ain sur celle des ux se rem plissalé
squement en ch e sensibilité, jt!
d'abandonner la profession que j'avais choïd dans des temps plus heureux.
—Non, non, tu ne feras pas cela Armand!
n’agiras pas aussi lâchement. Ecoute-moi, Ven ton ménage : le produit de la vente paiera n seulement ton transport et celui de ta femme Québec, mais il te reslera encore de l'arges Arrivés là, prends une chambre dans une mai de pension respectable et tranquille, eth entre de suile dans le bureau du cousin!
chesne. Si tu es trop fier, trop opiniâtre me faire le plaisir de m'emprunter ce quejes que tu seras bientôt en état de me remeltr, t'en restera assez pour Commencer, et à Quél comme à Montréal tu trouveras de l'ouvrage copiste. Duchesne m'a promis qu'il te prox
. rait beaucoup d’écritures, et. si la chose der nécessaire, tu prendras une counle d’écol chez toi le soir. En un mot, fais n’importeg plutôt que de renoncer à la profession dont
maintenant parcouru une longue étape & route aride et épineuse, à cette profession.
” peut définitivement te conduire à l’honneurt la fortune.
—Mais, murmura Armand, le succès & douteux et le temps d’épreuve si long ! Je capable d'obtenir de suite quelque situation
ES
| SE" que j'avais choi quelque place de commis qui me rapportera un À bon salaire.
as cela Armand! - Et puis après ? Dans cinq ans d'ici tu seras Ecoute-moi. Ven peut-être encore commis, avec le même salaire ; a vente paiera 1% nmoins, ce serait une heureuse idée si tu n'éelui de ta femme, pas entré dans une autre carrière. Ecoute, encore de L'arge Armand : promets-tu d'essayer ce que je te probre dans une mal@l,,..? :
tranquille, et p —Te rappelles-tu, Rodolphe, cette époque de reau du cousin Se vie de collège, hélas! déjà si lointaine, trop opiniâtre m ui fut témoin du commencement de notre bonne prunter ce queje;itié et dont cependant le premier pas fut celte de me remelte fus bataille où je sautai sur toi comme un mencer, et à QUE ..106 ? De même qu’alors j'étais aux abois, jeras de l'ouvR ES, désespéré, environné de troubles et omis qu'ilte PO rnemis, de même je le suis encore aujour: et. si la chose den l'hui.
ne couvle d'été Mais tu oublies que tu as à tes côtés un véit, fais n'importe hje ami qui, malheureusement pour toi, a le profession dont}. je toujours vouloir te donner des conseils. longue étape ic. {u, un grand avantage qui résultera de ton cette profes Es rement à Québec, ce sera de te débarduire à l'honne. de l'influence pernicieuse de cette terrible égère qui, j'en suis convaincu, est le mauvais ge qui inspire ta femme. Si, après avoir esyé mon plan, tu continues encore à vouloir Banger de profession, j'essaierai alors dete pro-
and, le succès # uve si long ! le quelque gitualioi
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curer une bonne situation : j'ai encore des ami et des cousins parmi les marchands de Québes
Pendant longtemps Belfond raisonna et ch cha à persuader son ami qui balançait de ph en plus. Enfin, Armand consentit, et quand; se séparèrent, l'empreinte du morne désesp ‘avait disparu de son visage.
Lorsque notre héros annonça à sa femme y intention de transporter leurs pénates à Québe il s'en suivit une scène terrible. Délima pleu éclata, tempêta, sans cependant recourir à | vanouissement ; de son côté, madame Mar déclara ci rrément que le contre-coup d'unes paration dans l’état actuel de sa santé délie tuerait la jeune femme, qu’il n’y avait qu'uni sensé ou un monstre qui pût penser à arrac ainsi une créature si jeune et si frêle d'au lieu des amis qui lui étaient si attachés, pour! traîner parmi des étrangers. A tout cel} maud n'avait qu’une réponse, et cette répo constituait apparemment une place forte à l'ennemi ne pouvait s'emparer.
—$Si ma jeune femme trouve l’arrangemt impraticable, elle est parfaitement libre de n ter avec ses amis, disait-il invariablement.
Cependant, cette proposition ne renconi jes vues de personne, les hostilités cessèrent
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lima se contenta de parcourir toute la maison pleurant et en se lamentant. Son linge fut ppaqueté et l’encan eut lieu. La vente eut un ecès complet, et des bagatelles s’élevèrent à des x comparativement très forts, ou elles étaient etées par un individu de modeste apparence, joique très bien habillé, qui se trouvait dans foule et que personne ne soupçonnait être un ent de Rodolphe Belfond.
Il faisait un de ces temps d'hiver sombres et ses comme il y en a si souvent en Canada ; ipais nuages gris qui couraient le firmament liquaient une tempête de neige, bien qu'il en considérablement tombé la nuit précédente.
gré cela cependant, notre héros partit avec jeune femme pour la nouvelle ville où ils aient tenter fortune. Les apparences du pps étaient si peu encourageantes, qu'il aurait Do volontiers retardé le départ au lendemain ; is l'HABITANT qui devait, moyennant un x modique, les recevoir dans sa carriole, ne vait attendre. Ils n’apportaient avec eux a petit coffre. contenant des hardes, Belfond ayant promis de leur faire parvenir le reste une bonne occasion.
u moment du départ Délima sanglotait rement, et Armand roulait dans sa tête des
ai encore des ami hands de Québec raisonaa et cher
balançait de pl sentit, et quandi u morne désesp
ça à sa femme s pénates à Québe le. Délima pleu lant recourir à lé té, madame ntre-coup d'unet de sa santé délid b n’y avait qu'uni ht penser à arrat et si frêle d'au si attachés, pout A tout cell
se, et cetle rêpo ine place forte di er. : | ouve l’arrangen tement libre de f nvariablement.
tion ne renconl batilités cessèrenl,
STONE GE A CANNES 3 Le Re pensées de tristesse et de mélancolique anticis tion. Tous deux ils étaient tellement préoccny qu'ils s'apercevaient à peine de l’épaisse nei qui tombait et des sombres nuages qui roulaie uu-dessus de leur tête. Ils arrétèrent, pot dîner, à une petite auberge de village où leur seryit une assiettée d'excellente soupe & une fricassée de mouton dont Délima, qui « mençait à reprendre ses esprits, se régala bon appétit. Après cela ils se remirent en rou mais la grande quantité de neige qui était t bée avait rempli les chemins, et leur vigoure cheval canadien, dont les jarrets paraissaient fer, se démenait violemment dans les brouill de poudrerie, secouant de temps en temp!
petits glaçons qui s'étaient attachés à ses yeux à sa crinière. Nos voyageurs commença regarder avide:...nt dans le lointain pour td d’apercevoir le petit village et l'auberge où devaient passer la nuit. Le vent était froill perçant, mais Armand protégeait sa femme la bise piquante en l’enveloppant dans les n breuses robes dont la carriole était garnie. EN on commença à apercevoir quelques lumière travers l'atmosphère chargée de neige, et cel avec.un sentiment d’excessive satisfaction q arrivèrent à l’auberge si désirée.
beauté à elle-même et l'élégance parfaite de 4 propre toilette, elle reconnaissait lui être éminemment supérieure.
Piquée par ce contraste défavorable, offensé de la froideur des deux nobles dames, —laquel n'était pus de nature à encourager à se fa présenter ou à lier connaissance—elle deman à son mari d’un air de dignité affectée, sil pourrait pas avoir une des servantes pour l'ai à se déshabiller.
—Elles sont trop occupées, répondit il:
t'en prie, laisse-moi t'aider ?
Décidée à montrer son importance et pouvoir sur son mari, elle reprit avec aigres
—Non, tu es trop maladroit. Va voir sit pourrais pas me procurer une aide convendk
Pouvait-il raisonnablement faire autre que de se soumettre? Refuser aurait été amd une scène. Il s’exécuta donc et revint quel instants après. :
Jest comme je le craignais, dit-il : cé est occupé ! |
— C’est malheureux, s’écria-t- elle en con ant à poser d’une manière ridicule. Dan] misérable lieu avons-nous campé ? Bien, | moi à ôter mon manteau. |
Armand, profondément mortifié el acalé
AND
ance parfaite de s
k bnte, se rendit à son désir, avec la conviction naissait lui être
gime que pendant tout ce temps le froid et hnique regard de madame de Beauvoir était xé sur eux. La jeune fille, soit par compassion ur notre héros, soit par l’impatience que lui aient éprouver les absurdes prétentions de femme, s'était assise, avec un livre, près d’une wgie qui éclairait faiblement sur la table, et oique son atiention pt être ailleurs que sur pages de ce livre, néanmoins ses yeux y ient fixés.
à servante vint bientôt mettre la table pour souper, et la comédie dans laquelle Délima it la principale figurante continua. Quoique deux dames, qui étaient habituées à tous les s, ne trouvassent aucunement à redire de voix sur les qualités du repas, —madame de uvoir se contentant de frémir lorsqu'elle la le thé et inspecta l’omelette au lard qu’elle Ba dans son assiette sans y toucher, —cepen- | Délima, qui prit assez librement des deux, épandit en critiques de toutes sortes. Deux MR clle avait tenté de souffler à son mari:
ère ridicule. DER moi à elles; mais craignant qu’elle us campé ? Bien tendue, il se mit en frais de la satisfaire u. M cforcant d'entamer quelques mots de con-
nt mortifié el CESR ion avec madame de Beauvoir. Sur sa | 19
éfavorable, offensé les dames, —laquel ncourager à se fai gance—elle deman
gnité affectée, sil !
servantes pour l'ail
ipées, répondit il; 2r?
yn importance a le reprit avec aires droit. Va voir sil une aide CotvenR ,ment faire autre fuser aurait été and donc et revint quil
raignals, dit-il: d :
’écria-t-elle en coik
demande si c'était son intention de se remet en route le lendemain matin malgré le mauve état des chemins, la grande Dame répond brièvement : oui, et que n'eût été la difficul de voyager la nuit par des chemins aussi affreu elle ne serait pas restée si longtemps dans lu
logis actuel. Puis il s’informa si M. de Cou
val était bien.
—Bien, je vous remercie ! lui fut-il répond
Et comme pour mettre fin à cette conversatio elle se leva de table.
—Viens, Gertrude, dit-elle en se retourne dn côté de sa fille : il est temps de nous retire
—Tu devrais être fier de tes amies de la villeq sont si polies ! murmura Déliraa avec un sara me irrité au moment où les dames, après av fait une légère inclinaison de tète, laissaient chambre.
Gertrude, qui sortait la dernière, entendit remarque et elle jeta involontairement les ye sur elle, mais il y avait dans leur express plus de tristesse que de colère. Délima à aperçut, et ce fut une excuse à l’accès de col et de mortification auquel elle donna cours «à sitôt que la porte fut refermée. Comment osaie elles la traiter avec tant d’insolent mép N'était-elle pas autant qu’elles? Et comm
upir,
lan
Plemn
faisai lleje lcelle e joli pine 0 frisso
pre
tdes Nduit
lait que son mari eût manqué de cœur pour ser tranquillement à-la voir ainsi insultée.
1 s’il eût eu le caractère d'ün homme, il
-de se remet Durait pas souffert ce!a.
gré le mauve Dame répond été la difficul ns aussi affreu temps dans let gi M. de Co
- Que m'aurait-il donc fallu faire ? demanda: il enfin sévèrement : elles ne voulaient pas jre ta connaïssance, ni la mienne non plus.
Mais les remontrances ou les reproches étaient nlement inutiles pendaut que la poitrine de Biima était agitée par une pareille tempête iritation. Dans son opinion, sa dignité et son ueil avaient été outragés d'une matière honuse.
Comprenant l’inutilité de résister plns longvs, Armand se dirigea, er étouffant un pir, vers la fenêtre et y appuya son front Bülant, fixant un vague regard sur le givre qui Blemps en temps venait en frapper les carreaux. hisait, intérieurement, la comparaison entre lejeune fille aux manières nobles et distinguées ette femme au saractère étroit et violent, quoie jolie, qui l’appelait son mari et dont la voix ine de colère résonnait encore à son oreille. frissonna, car il sentit qu’il commençait à prendre comment certains hommes commettdes suicides et l’enchaînement d'idées qui duit à un acte de désespoir aussi coupable.
i fut-il répond tte conversatio
en se retourna , de nous relire mies de la villeq ja avec Un sart ames, après av
tête, laissaient
nière, entendit airement les ve s leur expressi bre. Délima à à l'accès de colë donna cours 48 Comment osalé insolent mép es? Et comm
Oui, s’il n’avait été retenu par la salutaire pensd d'une existence future, il se serait débarrassé la vie et de ses misères.
Finalement, Délima, épuisée par sa prop véhémence, s’arrêta et, ouvrant brusquement porte, appela, pour se faire conduire à chambre, une scrvante qui passait. Cette dernit y consentit, et Armand fut laissé seul.
Il demeurait-toujours près de la sombre fen tre, observant la tempête du dehors, aussi (rig que celle qui régnait dans son cœur meurtri @& douleur. Sur l’entrefaite, le hennissement chevaux, le tintement de clochettes, le bruit & voix joyeuses résonnaat dans le silence de nuit, annoncèrent de nouveaux arrivants à l'A berge. Puis on entendit le piétinement de pie des voyageurs qui secouaient la neige qui yé collée, et la commande d’un bon souper en mé temps que de quelque chose de chaud pour nimer la circulation de leur sang.
Les voix paraissaient cultivées el étaient quelque sorte familières à Armand; aussi} moment où il se demandait dans quelles cireÿ tances il les avait déjà entendues, la porte st vritet livra passage à Robert Lespérancet lun de ses amis. Tous deux furent rat
plaisir en apercevant Durand qui essaya 1
EE ——— a NS pe à
ND
r la salutaire pensent de tirer en arrière pour les éviter. Ils ne serait débarrassé ulurent pas que leur réjouissance turbulente {vue d’un mauvais œil ; ils demandèrent donc s pipes, de l’eau chaude, du sucre et du rum, ls le forcèrent gaiement à la table où ils le ent asseoir entre eux. Les verres furent prompnent emplis de nouveau, car les nouveaux rivés étaient de bons vivants, et ils insistèrent ur qu'Armand en fit autant. Lespérance lui épara lui-même son verre qu'il fit plus fort et js sucré. |
LA présent, disait à Armand une voix intéure, laisse-les; tu en as pris assez, retourne kec la femme |
BU: il ne put supporter l’idée d’être exposé core une fois cette nuit à son impitoyable gue ; aussi prit-il Ja résolution de rester là où e trouvait, mais de ne prendre que le seul re que Lespérance le forçait si énergiquement avec tant de persistance à accepler. Cependant, qu'il eut bu, un singulier sentiment de elé sempara de son être, et il sentit qu'il avait à portée de sa main un calmant qui pouvait faire oublier, du moins pendant quelques res, ses chagrins et ses désespoirs. Pourquoi h profiterait-i1 pas? Oui, à l'avenir, il en tiit tout l’avantage possible, et cela d’une
isée par sa propl ant brusquement jre conduire à issait. Cette dernit aissé seul.
s de la sombre fen à dehors, aussi (ri son cœur meurtri le hennissement @ lochettes, le bruit ans le silence de aux arrivants à | piétinement de pie at la neige qui y | bon souper en mé se de chaud pour r sang:
\tivées et étaient Armand ; aus t dans quelles circié andues, la porte ‘ bert Lespérante{ eux furent rat nd qui essaja ‘in
mp rtspnt eee nt et mamans 326 ARMAND DURAND.
manière absolue et sans réserve. Dorénaran rien ne le retiendrait, ni le stigmute qui s’atiach à la réputation d’un iv ogne, ni le déshonneur la pauvreté et la ruine qui accompagnent | victime de l’infempérance. De quel prix la vi élait-elle pour lui, pour qu'il prît tant de soine de souci à la conserver ? Elle n’en n’avaitaucur Oui, à dessein et de propos délibéré, il s'aba
bonnerait à la terrible tentation qui se présent: si inopinément.
Lespérance et son ami, à la fois surpris enchantés d’un consentement si facilement ol tenu d’un être qui avait toujours été remarg ble par le contrôle qu’il avait sur lui-mên chantaient de joyeuses chansons, racontaient gaies histoires, tout en lui versant rasades & rasades. Enfin, ils eurent la satisfaction de voir peu à peu glisser sur le sopha, entièrem enivré. Puis ils se félicitèrent de leur ouvra et en firent des gorges chaudes. Il avait touja été si horriblement précieux et fait le fama il avait toujours été si régulier et irréprocha que c'était un triomphe complet de l'avoir fi tomber du piédestal sur lequel il s’était jud Combien ils s’amuseraient à conter l'histoiré quelques-uns de leurs camarades de Mont A ce beau tableau cependant il y avait une
————— CE ) en
passa sur sa figure, et son cœur répondit : non! 11 se rappela la sensation de réjouissance, de bien-être et d’oubli de sa misère que cette ivresse lui avait procurée, et il résolut d'y avoir souvent recours. Il ne pouvait payer trop cher cette bien. heureuse interruption dans la monotonie de misérable vie dont il était excessivement fatigué
Il était assis, les yeux fixés sur le plancher, absorbé dans ces pensées, lorsque la porte sou. vrit doucement et se referma presque aussitôt, | leva les yeux, et quel ne fut pas son étonnement en apercevant Gertrude de Beauvoir debout près de lui. Elle était extrêmement pâle et avait une main appuyée sur la table comme pour s’y sou tenir.
—Armand Durand, dit-elle d’une voix basse et saccadée, me serait-il permis de vous parle avec toute la liberté et la franchise d’une amie!
Le jeune homme, trop surpris et agité pou répondre de vive voix, fit un signe de tête afir matif.
— Alors je vous demanderai, par la mémoir des parents qui vous ont si tendrement aimé, pat la considération générale que vous vous êt acquise jusqu'ici, par le souvenir de notre vieil amilié d'enfance, de promettre solennellemei que vous ne céderez plus jamais à la tentalio qui vous a si complètement dominé hier au soit
ar répondit : non! Le figure d'Armand dev:
> réjouissance, di LE counaissait donc ga dég
re que cetle ivresse ésl-ce que cela lui impor
t d'y avoir souven' M orgueilleuse jeune fille, * op cher cette bien-Mrcle à lui et aux siens ?
a monotonie de M Le même signe de ssivement fatigué curci son front lors s sur le plancher pirul encore,
sque la porte s'ou.
resque aussitôt, as son étonnement uvoir debout prà t pâle et avait une nme pour s’y sou
détermination qui avait que Gertrude était entrée
d’une voix basse is de vous park chise d’une amie Mi pas comme telle, P pris et agité pougitl j'ai risqué d'encou signe de tête afirinsultes de votre fer
Is, Oui, vous , par la mémoird-Mademoisel] drement aimé, pat e vous vous él nir de notre viell@: À présent que j'ai goûté à Ja Coupe de l’oure solennellemef 1 que je l'ai trouvé si bienfaisante, si saluais. à la tentalol Je ne puis Pr'omettre solennellement d'y miné hier au soir@picer, |
me, les moqu m'écouter«z |
—Mais est-ce que vous allez échanger la nob dignité d’honnête homme, les talents dont Dieg vous a si abondamment doué, pour la vie dégra dante d’un ivrogne, et la mort prématurée affligeante d’un ivrogne ?
—La vie ne m'est pas si agréable pour que; m'y cramponne, répliqua-t-il avec amertume.
—Oh ! je sais cela, Armand,— et elle joigr involontairement les mains, tandis que ses yeu s’emplirent de larmes ;—j'ai entendu tout ce q s’est passé : nous occupions, ma mère et moi, À chambre voisine, et quoi que nous ayons pufa nous avons entendu chaque mot à travers la mine cloison. Qu'est-ce qu’il y a d'étonnant qu'apn qu’ELLe vous eût laissé et qu'eux fussent arrivé vous douloureusement éprouvé, tenté dans vot heure de faiblesse, ayez failli? A peine ai-je m'empêcher de me rendre près de vous n vous arracher le verre des mains, mais ma m était avec moi et je n'ai pas osé. Puis je leti entendus se glorifier de votre chute, former projet de vous tenter encore à l'avenir, et je 4 suis fait vœu, Armand Durand, qu’au point jour je vous chercherais et j'essayerais de v sauver ! 3
‘Armand était si fortement ému qu'il ne vait articuler une seule parole.
ARMAND DURAND. 331 RES LL NS SEE VD CEE SEEN ES do Se 0 NS À
z échanger la nobl s talents dont Diej pour la vie dégra ort prématurée el
Après avoir inutilement attendu une réponse le continua rapidement, d’une voix émue et mblante :
Vous n'êtes pas le seul à qui le fardeau de h vie est lourd. Ah ! l'existence n'est pas, pour hoi non plus, une feuille de rose ; mais nous ne evons pas chercher notre récompense. sur cette re. Alors, armez-vous donc d’un généreux burage, et au lieu de vous laisser abattre sur le bamp de bataille, combattez bravement jusqu'à fn.
Comme il continuait à garder le silence, et 'elle craignait un refus définitif, elle se hâta ajouter :
—Je vous en prie, écoutez-moi jusqu’au bout : us ne prendrez pas en mauvaise part la déarche que j'ai faite et vous ne l’interpréterez scomme une action indigne d'une fille bien Be et qui se respecte ; mais si je suis vue ici, gutres n’auront pas la même pensée. Cepennt, malgré cette crainte, je ne partirai pas ant que vous ne m'’ayez donné la promesse be je vous demande.
—Eh bien, qu’il en soit comme vous le désiamie au cœur noble et généreux, lui réponil: oui, par tout ce que j’ai de plus sacré sur terre, je vous promets de ne plus jamais boire
gréable pour quej l avec amertume.
nd,— et elle joig tandis que ses yeu \ entendu tout ce q , ma mère et moi,i e nous ayons pufil not à travers la min \ d'étonnant qu'apt ’eux fussent arrivé uvé, tenté dans vol Ii? A peine ai-jt| près de vous M mains, mais man is osé. Puis je lei tre chute, formet e à l’avenir, etje# and, qu’au poil j'essayerais de vN
{ ému qu'il ne pl ole.
à cette coupe fatale. Du moins, je ferai me efforts pour me montrer et devenir digne d sympathique intérêt que vous avez daigné pren dre d’un être aussi indigne que moi.
Le visage de Gertrude se rasséréna.
—Je sais, dit-elle avec une expressi.A de bon heur, je sais que cette promesse sera fidèl:meus tenue. Maintenant, acceptez cette bague, — e elle tira de son doigt un superbe rubis — por tez-la, non comme souvenir de celle qui vous la donne, mais en mémoire de la promesse solen nelle que vous avez faite au moment où elle vou Gt présentée.
La bague qui était trop grande pour r Gertrude aflait très bien au doigt d’Armand.
-- Elle sera portée aussi longtemps que ma promesse sera tenue, c’est-à-dire jusqu’à la mort! dit-il en la passant dans l’un de ses doigts.
—Merci, M. Durand. Et maintenant adieu) nous partons ce matin, et je ne vous reverrai probablement plus.
Ils se donnèrent la main et se séparèrent
Lorsqu'il fut seul, Armand pencha respectueusement la tête et demanda à Dieu la grâce de garder inviolable sa promesse, et il le remercia en même temps de ce qu’il y eût sur cette misérable terre des femmes comme Gertrude de Beau-h
oir. L'amitié que lui avait témoignée cette ersonne à l’esprit noble et généreux, le releva ans sa propre estime, lui fit rappeler les hautes spirations qu'il avait eues dans les commenceents, le remplit des résolutions les plus ferentes pour être à l'avenir sincère et fidèle à ses ons penchants,
Il était debout près de la fenêtre à roulertoutes ks pensées dans sa tête et à admirer le soleil qui tait majestueusement ses rayons sur un monde ke cristaux de neige et de brillants diamants, rsque sa femme entra.
—Tu es vraiment un mari bien tendre etremli d'attentions ! dit-elle en l’apostrophant rudejerit,
Armand se contenta de lui faire signe que la, ambre voisine était occupée, et elle baissa la
, je ferai me venir digne d ez daigné pren moi.
réna.
ressiv 1 de bon sera fidèl:meus tte bague, — e Je rubis — por elle qui vous |:
promesse solen ent où elle vou
e pour Gertrude d.
gtemps que ma jusqu’à la mort !
ses doigts.
ntenant adieu!
> vous reverrai
inations.
—C'est une honte pour toi de m'avoir laissée ule toute une nuit dans une maison étrangère (dans un petit cabinet de chambre rempli de ls et de souris affamés qui m'ont tenue toute longue nuit dans une mortelle terreur.
ti) le remercial —Vois-tu, Délima, tu m'avais laissé si brussur cette misé-Miement et tu m'en avais tellement dit avant trude de Beau-Mf partir, que je ne me souciais pas fort, en te | sant, de m’exposer à en recevoir davantage.
séparèrent cha respectueueu la grâce de
oix sans toutefois changer l’esprit de ses récri-
— Où, alors, as-tu passé la nuit ? je suppose fumer et à boire ?
—Tu n’as pas encore deviné toute la vérité, J l’ai passée là, couché sur ce sopha, slupidemen enivré. Si tu doutes de la véracité de mes paroled demande à Lespérance et à son ami qui ontét mes compagnons de fête.
Délima pâlit. Elle avait assez vu is mau et les horreurs de l’ivrognerie (son père aya succombé à cette terrible passion } pour frémi de terrour à la pensée d’avoir un ivrogne pou compagaon de ses jours. Le naturel raffiné d'A mand, son horreur de tout ce qui était vice 4 dégradation, l'avaient bercée dans un rêve fausse sécurité, d’où elle s’éveillait tout à avec terreur. Oui elle entrevoyait le précipi au bord duquel elle et son mari se trouvaient sa conscience lui soufflait que sa langue de vipè et son humeur tracassière étaient les principal causes qui l'avaient fait succomber à la tentalioi
Malgré tout cela cependant, elle se retour vers lui avec colère et lui-dit :
—Comment, astu le front de me dire u pareille chose? Tu devrais avoir -honte de (0 Ah! je prévoyais quel serait mon sort lors j'ai consenti à laisser mes amis et mes parenl Je suppose quetu veux, par ce moyen, me bri le cœur afin de te débarrasser bientôt de moi
ait ? je suppose D El elle éclaia dans un paroxysme de pleurs ]l la regarda, et involontairement il fit un toute la vérité. Jéwuveau contraste entre sa brusquerie indigne ba, stupidemen@o sexe faible, sa méchanceté et son humeur ié de mes paroleduriâtre, et la jeune demoiselle qui, quelques n ami qui ont éninutes auparavant, était là ; et rapide comme Déchair, la pensée lui traversa la tête que l’une sez vu ies mautimblait être son bon ange et l’autre son mauie (son père ayaikisange. Cependant il repoussa immédiatement ion ) pour frémilelte idée, et il se sentit soulagé lorsque, par un un ivrogne pouiiouvement de curiosité, Délima se rendit à la aturel raffiné d'Atinitre, attirée par des sons de voix et le tintee qui était vice @bent de clochettes : c'étaient, comme elle avait dans un rêve dikpposé, madame de Beauvoir et sa fille qui eillait tout à coubbtrait dans leur SLEïGH magnifiquement équipé voyait le précipi@itrainé par une paire de splendides chevaux ri se trouvaient, Suns.
sa langue de vipè{@i Cette vue excita tellement son intérêt qu’elle ient les principal@kblia son chagrin et sa colère, et séchant ses ber à la tentaliotrmes, elle demanda à la servante qui venait it, elle se retourentrer pour préparer le repas du malin, si ces : aues partaient sans prendre le déjeuner ?
t de me dire 0 Non, répondit la femme de chambre ; elles avoir -honte de 10 sont fait servir dans leur chambre un déjeumon sort lorir qu’elles ont généreusement payé'et auquel iset mes parues n'ont presque pas touché. La plus vieille e moyen, me bri@ne paraissait fatiguée de n'avoir pu dormir de ep bientôt de m0
la nuit, vu le tapage que l’on avait fait dans 1 chambre voisine. |
Armand tressaillit. La fille qui parlait n soupçonnait pas que le paisible monsieur qui était devant elle avait été l’un de ceux qu avaient troublé le repos de madame de Beauvoir mais il n’en sentit pas moins pour cela la honte Phumiliation du moment, et il lui fallut un re& gard sur le rubis qui briliait à son doigt pour: remettre.
Délima, pour s'indermniser du désappointe ment d'avoir perdu une seconde rencontre ave les dames de Beauvoir, se donna des airs d grande dame au déjeuner, auquel assistaier Lespérance et son ami. Elle s’était d’abord pr ‘mis de faire d'amers reproches aux deux joyeuk lurons pour la part qu’ils avaient prise dans |k écarts de son mari pendant la nuit précédente mais se rappelant tout à coup la silencieuse tranquille dignité de Gertrude et la froide ha teur de sa mère, elle tâcha d’imiter l’une 8 l’autre, et désappointa agréablement son nul qui se p'éparait à avoir une scène quelconque en même temps elle en imposa aux deux autr convives qui se demandaient intérieureme où la petite campagnarde avait pu prendre & manières de grande dame.
avait fait dans ki
e qui parlaitn ble monsieur quil un de ceux qu lame de Beauvoir our cela la honte il lui fallut unre son doigt pours
Le voyage à Québec se fit sans autre incident, D || était tard, le soir, lorsqu'ils y arrivèrent, depérance, qui connaissait parfaitement la leille cité de Champlain, les conduisit daus une pberge à bon marché de la basse-vitle où ils rent le loisir de rester en attendant qu'ils uvassent une maison de pension, Av.:s que Délima, épuisée par la fatigue de route, se füt retirée pour la nuit, Lespérance bcrda Armand.
—Maintenent, lui dit-il gaiement, viens avec a nuit précédenkR,: viens, nous allons demander des pipes et la silencieuse Sy verres, et nous allons passer une bonne e et la froide h@it.... Allons, mon bon, ne secoue pas la d’imiter l’une SSx d'une façun aussi négative. Pense au abiement son mm); agréable que nous avons eu hier à l’auscène quelconqukrse de LA FEUILLE D’ÉRABLE, et tu n’en as pas bsa aux deux aul Si la miette plus mal le lendemain matin ! ent. intérieurent C'est la première nuit que j'aie passée de gait pu prendre Wie manière, et je suis fermement convaincu,
espérance, que ce sera la dernière. Il est tout | 2
r du désappointe ide rencontre ave donna des airs d auquel assistaier s'était d’abord pre :s aux deux joyeuk ient prise dans l
à fait inutile d'insister, car aucune persuasion
aucune raillerie, ne me feront changer de dé
termination.
Malgré cela, le tentateur persistait encore:
ne voulait pas mener Armand dans aucun excè il désirait simplement passer ensemble y
agréable et joyeuse veillée. Mais entre Duran
et celui qui cherchait à achever sa perte s’élevai comme un bouclier et une sauvegarde, la nob et calme figure de Gertrude.
Le lendemain notre héros trouva, à un p assez modique, ure maison de pension qui av l'air assez confortable, et il s’y installa sans d lai avec sa femme. Il chercha ensuite M.1 chesne, et sur la présentation d’une lettre q lui avait été remise par Belfond, il fut reçu beaucoup de politesse et installé de suite dans bureau qui ne différait de celui qu’il avait oc pé à Montréal qu’en ce que celui-ci était} sombre et plus malpropre.
Il va sans dire que Délima se fâcha et go mela. Elle trouva que les côtes étaient escarpées et trop glissantes, les rues étroite sales, les magasins petits et mesquins dans | extérieur, quoiqu’on sût parfaitement biei extorquer l’argent des gens. Comme la santé Délima était délicate, le jeune mari écout
mm)
ARMAND DURAND. * 33y
plaintes, bien qu’elles fussent puériles, avec plus d'égard et de sympathie qu'il ne lui ex avait | montrés dans ces derniers temps. Il s'empressa de consulter un médecin d'expérience qui, ayant Ltrouvé l’état de sa santé très précaire, prescrivit Lune diète généreuse, du bon vin et une prome- Bnade en voiture tous les jours lorsque la malade grait incapable de marcher.
Soit par l’effet de l'entière séparation d’aves madame Martel,— ce parfait brandon de dis- Borde, —ou par l'effet des espérances d’une makernité qui approchait, il s’opéra un grand changement dans l’humeur de Délima : son caractère wubit une douce influence. Il y eut bien encore de puériles chagrins et des plaintes pour que le Docteur Meunier en perdit quelquefois palience; mais le vieil esprit d’arrogance et d’aression disparut. Sa dépendance d’Armand était maintenant portée jusque dans ses plus petits Éétails. Ainsi lorsque approchait l'heure de son elour du bureau, elle s’asseyait près de la fenêre pour le voir arriver, s’il était en retard, ce u arrivait quelquefois lorsqu'il avait des ommissions, elle lui faisait des reproches de sa égligence et de son indifférence, prétendant! Wil ne venait tard que parce qu’il trouvait muyeux le temps ou’il passait avec elle,
cune persuasior t changer de dé
rsistait encore:
dans aucun excè ensemble ut fais entre Dura r sa perte s’élevai uvegarde, la nob
trouva, à un P le pension qui avé sq installa sans d ha ensuite M. 1 on d’une letire q ond, il fut reçu at allé de suite dant jui qu'il avait 006 celui-ci était
na se fàcha et gt côtes étaient
, les rues étroites mesquins dans \ parfaitement bien | Comme la santé une mari écouta
di
Pour quelqu’un qui aurait eu des dispositions moins généreuses et moins douces qu’'Armand Durand, tout ‘aurait été pénible et intolérable, mais il trouva une excuse à ces tracas dans fre santé maladive de sa femme, dans sa condition solitaire et isolée. Ils n’avaient pas d'amis et dd connaissances à Québec, et ils n’en firent pas Armand connaissait quelques avocats et des étu diarts dont il avait rencontré quelques-uns ; Montréal, mais l'intimité n’alla pas plus loi qu'au salut ou peut-être à une poignée de mai lorsqu'il les rencontrait dans la rue. Heureux ment pour Délima que son hôtesse était un douce et excellente personne ; mais les soin de son ménage, joints à l'occupation de & pensionnaires et de trois petits enfants, ne | laissaient que peu de loisir pour. tenir la conve sation avec sa nouvelle pensionnaire.
Le jour de l’an était arrivé : l’astre du jou brillait dans toute sa splendeur, et quoique froid fût vif, le ciel était sans nuages et les ch mins superbes. Les rues élaient remplies dé chevaux de toutes couleurs et de voitures d toufes descriptions, chargées principalement d messieurs, car en ce jour de fête toute spécial la partie féminine de la population reste à maison pour recevoir les visites,
one
4 3 x 3 ARMAND DURAND. 34
ons meet
nee cn anenEred etes annee
Yêtue d’une robe unie à couleur sombre, — aces qu'Armandiur le goût des toilettes ct Îes parures paraissait > et intolérableMhvoir laissée, — Délima, qui avait l'air très »s tracas dans lab innquille et pensive, était assise dans un fauteuil dans sa condition elle avait traîné près de la fenêtre pour voir pas d'amis et dés scènes du dehors. Ê n’en firent pas Elle attendit dans les escaliers un pas pressé vocats et des étui léger, el Armand entra.
quelques-uns 4 — Voyez, madame Durand, dit-il gaiement, Ila pas plus lime vous ai apporté vos étrennes. > poignée de aigle Et en disant cela il ouvrit et lui passa une la rue. Heureuseielite boîte en carton dans laquelle, entourée de hôtesse était un@ule, se trouvait une petite mais bien belle e; mais les soin@Bpinglette.
occupation de # Elle la prit et tandis qu'un léger sourire anits enfants, ne lit sa figure et qu’elle faisait un effort de :on " ur tenir la conveñitienne coquetterie, elle l’attacha à sa robe. 4 innaire. Elle te va très bien, chère, mais l’année 8 + l’astre du jo bchaine il nous faudra avoir quelque chose de our, et quoique lus coûteux.
nuages et les che Les paroles touchèrent apparemment quelque aient remplies dire douloureuse ou peut-être quelque pressenet de voitures dent funeste dans la poitrine de la jeune PRET principalement Mr elle éclata en sanglots et lui dit : > fête toute spéciil j—Armand, Armand, mon cœur me dit que je pulation resle à D verrai plus un autre jour dé l’an! tes. Peiné de ce découragement, Durand fit son
des dispositions
— ne nantes
lens ta gens
possible pour la cajoler et la faire rire ; il lui prit la main et lui dit doucement :
—Dis-moi, chère femme, est-ce qu'il y aurait quelque chose que tu désirerais que je fisse pour toi ? |
—Je n'ai qu’un désir au monde, mais comme je sais que tu ne me l’accorderas jaiñais, je n'ai que faire d'en parler
Une vague idée de la chose traversa l’esprit def notre héros et le fit frissonner ; mais :! regarda la jeune et pâle figure en pleurs qui était tonrnée vers lui d'un air suppliant, et il dit courageuse-
ment :
Qu'est-ce que c’est?
—Je voudrais avoir la cousine Martel pour!
prendre soin de moi pendant ma maladie. |
L'esprit d’Armand saisit de suite toutes les tracasserics, les tempêtes domest'ques, l’intense affl.ction comprises dans cette simple phrase, el il garda le silence.
Délima continua
—Tu sais que la vieille demoiselle Duprez qu occupait la petite chambre voisine est partie pou aller passer l'hiver avec ses amis aux Tro
Rivières, de sorte que nons pourricas avoir cellé
chambre pour la cousine Marie’. Si elle étalk
demandée, elle viendrait très volontiers, et
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e rire ; il lui fine serait une grande consolation de l'avoir avee noi, plutôt que d’être toute la journée seule à qu’il y aurait M ’ennuyer. Oh ! je t'en prie, mon cher Armand, e je fisse pour Mucorde-moi cela !
| Il n’était pas dans la nature de Durand de re- , mais comme fuser.
jamais, je n'ai —Fh bien! dit-il, je présame que je ne dois ns répondre par un non à une demande faite le bur de l’an : ainsi tu lui écriras lorsque tu le boudras, et dis lui que nous paierons toutes ses lépenses.
—Comme tu es bon, Armand! je pense bien p'elle ne voudrait pas sans cela. La première is que je suis venue de Saint-Laurent, il m'a ve Martel pour @ällu lui payer de mon ouvrage les jolies toilettes , maladie. Muelle m'avait achetées. Et maintenant, laissesuite toutes lesilnoi admirer encore ma jolie épinglette : il y a stiques, l’intensetngtemps que je ne me suis vue aussi gaie. imple phrase, els Quelles que fussent les secrètes pensées d’Ar- Band, il les garda pour lui, et le jour de l’an se Sgermine plus plaisamment pour le jeune ménage iselle Duprez quiu'il n'avait commencé.
ne est partie pouf Madame Martel accepte avec un empressement amis aux Troilicile à comprendre l'invitation, et dans un espace ericas avoir celle temps qui »arut singulièrement court à Arme. Si elle étalllnnd, elle arriva avec armes et bagages. volontiers, et ‘lh Logée et pensionnée aux frais d'Armand, elle
ersa l'esprit de mais :! regarda ui était tonrnée dit courageuse-
Do 344 ARMAND DURAND.
se sentit obligée de se coinporter d’une manière au moins tolérable, mais son éternelle présence dans la petite chambre qu'ils occupaient était déjà un cruel supplice. Cemme de raison, la malade consumait maintenant, et assez mysté
rieusement, une double quantité de vin et de douceurs, sans pour cela gagner plus d’embonpoint; mais Armand ne se plaignit pas de ce surcroîts de dépenses tant qu'il put les faire e
s’efforçant de pratiquer la plus sévère économie sur les choses qui concernaient ses goûts parli cwiers et ses plaisirs personnels, et aussi e
travaillant le matin et le soir à l'écriture que M Duchesne, conformément à la promesse qu'il avait faite à Belfond, lui procurait abondamment
Une après-dinée qu'il ävait annoncé à Délimi qu’en raison d’une demi-journée de congé acor dée À son bureau, il reviendrait de bonne heure lorsqu'il rentra il fut agréablement surpris d la trouver seule.
—Où est donc madame Martel ? lui demand:
t-il.
—Je l'ai envoyée me faire une couple d commissions qui la tiendront occupée jusqu'à | fin du jour. Le fait est, Armand, que j'en sui fatiguée.
—Abh ! bah! voilà du nouveau ! Je crains qu'a
nl
r d’une manière ernelle présence occupaient était Je de raison, la et assez mysté ité de vin et de r plus d'embonignit pas de ces | put les faire e sévère économie tses goûts parli els, et aussi e l'écriture que M a promesse qu'il ait abondamment innoncé à Délimi be de congé acuor t de bonne heure emeut surpris d
jrès cela lu deviennes fatiguée de moi et que tu m'éloignes à mon tour.
—Oh ! non, il n’y a pas de danger que cela
rive. Depuis que j'ai vécu ici seule avec toi et Que je n'ai pas eu continuellement quelqu'un à ujours parler mal de toi, à me mettre dans la le toute espèce de malices et de méfaits, je nesens d’autres sentiments à ton égard. Armand, sens que jé n’ai pas été une bonne épouse.
—C'est une absurdité ce que tu me dis là, ma thère Délima, il ne faut pas t’occuper de cela, Nous t:urnerons bientôt une nouvelle et agréabe page du journal de notre vie.
—"Tu la tourneras seul, mon mari, et je désire franchement et de tout mon cœur que ce soit une pige heureuse ! répliqua-t-elle d’un ton calme (plein de mélancolie.
— Pourquoi cela ? Si tu parles d’une manière ussi déraisonnable, je commencerai réellement lregretter l'absence de la vieille cousine Martel. Non,non, il a été décidé que tu mourrais la femme l'un juge, et si tu veux considérer que je n'ai e une couple di encore subi mon examen pour entrer seulepccupée jusqu'à I ment duns le temple de Thémis, tu verras que and, que j'en SU as encore üne longue carrière à fournir.
M fe secoua la tête, mais ne fit aucun effort au | Je crains qu bour empêcher son mari d'amener la conversa- | lon sur un sujet moins lugubre.
tel ? lui demand
ne.
Nos deux jeunes gens parurent très contrari de voir madame Martel entrer dans leur chambr Elle avait l’air tout intriguée. Après avoir raco: té avec une prolixité extraordinaire les fatigu de son expédition, les chutes qu'elle avait fail faire sur les trottoirs glissants, les chevaux l’épouvante qu’elle avait évités, les voleurs sou la figure des négociants pratiquant l’extorsio auxquels elle avait échappé, elle montra se emplettes, vantant avec complaisance son habile té supérieure à acheter et les disputes qu'ell avait soutenues avec les marchands. Lorsqu’ell eut épuisé ce fertile sujet, elle se mit tout à cou dans la tête que l'appartement était froid, e ouvrant la porte du poêle avec un grand fraca elle y mit plusieurs morceaux de bois lout e manifestant son étonnement qu'Armand étai assis là bien tranquillement et laissait ainsi refroi dir la chambre.
—Mais, cousine Martel, il fait assez chaud é nous avons assez de feu, riposta Armand. Dai leurs, le Dr Meunier nous a principaleme défendu de tenir la chambre trop chaude : ild que cela affaibli Délima.
—Qu'importent les opinions du Dr Meunie ou cellcs de quelqu’autre jeune homme sans expé rience? je pense que, comme garde. malade, j
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rurent très contrariés er dans leur chambre, e. Après avoir racon ordinaire les fatigues es qu'elle avait failli sants, les chevaux à ités, les voleurs sous pratiquant l'extorsion ppé, elle montra ses nplaisance son habile t les disputes qu'elle archands. Lorsqu'elle elle se mit tout à coup ement était froid, et, avec un grand fracas,
chambre d’une malade.
Nous devons dire ici que dès les premiersinsts de l’arrivée de madame Martel, une vive nlilité s'était élevée entre crite digne matrone le médecin de Délima, et qu'elle mettait inshetivement opposition à toutes les prescriptions {recommandations de la haute autorité. Si le k Meunier entrait gaiement dans la chambre qu'après avoir parlé de la température il ggérail une promenade à pied ou en voiture, lon le cas, la vieille maussade reprenailt :
- Grand Dieu ! sortir aujourd’hui ! vrai, elle ierait à mort. Regardez donc dehors : les glans pendus au bout du nez des chevaux!
eaux de bois tout en S'ils Jui font peur, elle peut s’abstenir de les ent qu'Armand éliBarder ! répondait il sans plus de cérémonie. tet laissait ainsi refroi-ÆS Ou bien, d’autres fois, il lui arrivait de faire visite pendant l'absence d'Armand, et il , il fait assez chaud disait la chambre aussi chaude qu’un four ; iposta Armand. D'aiSrs il demandait à madame Martel, d’un ton ous a principalement peu froissé, quel objet elle avait en vue: si bre trop chaude : il diféuit de faire de suite rôtir la malade toute vi- Po ante ou de l’affaiblir jusqu'à la mort par cet inions du Dr Meunieisce moyen de calorique ?
une homme sans ex —L'affaiblir, Docteur? répondait-elle avec mme garde- malade, jBiionation : un bon feu et une nourriture n’ont core jamais affaibli personne,
vrais en savoir assez sur la manière de tenir:
—S’il vous plaît, madame, je ne veux pas avo dans celte chambre de malade aucun des capri ces de vieille femme : ils ont tué plus d’infor@ nés que la maladie ne l’a jamais fait.
—Tu veux la tuer à ta manière ! murmura | elle à voix. basse.
—En l'absence du Dr Meunier elle défi:
encore plus systématiquement ses ordres. L promenades en plein air étaient toujours remis à un temps plus favorable ; le poêle était comb de bois et, plus que cela, elle jetait de côté| ‘toniques et les potions du médecin, sous préte; qu’une tasse de bouillon ou un verre de y chaud ferait plus de bien que ses dégoütant médecines.
Ce qu’il ya de curieux, c’est que madame MaË tel qui n’avait aûcune confiance dans les prép rations du médecin, en avait beaucoup danss propres tisanes et en fournissait avec abondat ce à la malade. Cependant, ceci n’était connu q d'elle, car elle savait parfaitement bien qu’! mand, quoique paisible sous d’autres rappor n’aurait jamais toléré une révolle aussi audad euse contre la Faculté.
Quoique ne connaissant probablement jh seulement la moitié des exploits de mada
Martel, le Dr Meunier avait ouvertement | >
ns les terines les plus explicites exprimé son Binion sur son compte, terminant une fois ss parques à notre héros en lui disant :
Si elle était garde-malade à gages, M.
and, je la prendrais certainement par les Buules et je la jetterais dehors.
À la suite de ce conseil, Armand voulut sayoir bpinion de sa femme eur la possibilité d'induire. r cousine à abréger sa visite pour le présent, of à en faire une plus longue plus tard ; mais simple mention de ce projet jeta Délima dans } accès de pleurs, pendant lequel elle déclara Bec vivacité qu’elle était certaine que si madak Martel la laissait maintenant elle ne la reverit plus jamais.
que madame Mae sujet fut donc abandonné et les choses ce dans les préphirent dans le même état, jusqu’à ce que beaucoup dans s hénement attendu avec tant d'anxiété rûl sait avec abonda@.
in’était connu (Les tristes pressentiments que la pauvre ement bien qu'ASima avait depuis les quelques dernières sed’autres rapP0'iines n'étaient que trop fondés, et le soir du olle aussi audi qui le vit père, Armand était pâle et frappé terreur comme quelqu'un qui est sous l'emprobablement PSS d'un songe terrible, près des restes inæniploits de mada@é de sa femme et de son enfant. Quelques t ouvertement Bi d'adieu à son mari, à son enfant, un ten-
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