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s bois d'automne, des nuées mélangées d’or d'azur qui se déroulaient au-dessus de sa le aux lames rejouissantes du beau et majeseux Saint-Laurent. Un calme parfait régnait ns la nature. Les oiseaux avaient déjà pris ur essor vers des climats qui leur offraient un ait au miliMitre été, et le silence n'était rompu que pe: ie iptueux banissement des feuilles qui tombaient de temps s et l’habiledaulre.
Tout à coup, cependant, le beuit d’un pas qui pprochait lui fit lever les yeux, et elle aperçut rès d’elle le capitaine de Chevandier, la casucite à la main, un sourire engageant sur les vres. Ses manières étaient courtoises, sans
u des friture son lavage, se vers l'air pd des branche it elle-même préférerait y
A EE à M PR ei Sr ET rene ; ASE
ire dans so mier jour de n dîner de onner, cho qui, passion ENTE, étaien en se servan en y ajoutant elle prit unel our en faire e élait qu'il es, et s’ins-
fectation, Geneviève écouta, sans se déranger, uelques observations qu’il fit sur la tempérabre, la campagne et la chasse. Le temps s’é- js pula d’une manière si agréable que lorsqu'il Le Bartit, elle ne s’aperçut pas qu'il y avait près Le Dune heure qu'ils étaient en conversation. | Le lendemain il faisait un temps aussi char- Ë nant que la veille, et après avoir pris un léger “+0 epas, elle se hâla de prendre son canevas et ses
sen s'ar Mines, et se rendit au jardin, celte fois à l'ombre ner ses re. M un pommier tout ‘ordu et recourbé, car une ë jui se trou. MsPèce d'instinct lui disait qu’elle sy trouverait . »s couleurs '0ins sur le chemin de M. de Courval et de ses : F.
isiteurs qu’au pied de l'orme.
46 ARMAND DURAND. Fe japil onne ideve gère son Che a en iques inoin ôt, il imp ir ces hdime il joi nt de tomb
Pendant qu'elle travaillait avec ardeur à:
ouvrage, afin de terminer son petit cadeau av: l'arrivée de son mari, elle entendit une 1:
claire et cultivée lui demander : ‘Comment porte madame Durand ? ” Levant aussilôt | yeux, elle aperçut le capitaine de Chevandi qui regardait de par-dessus la pelite porte jardin.
Quoique Geneviève fût loin d’être satisfuite ( cet incident, elle était trop bien élevée pa laisser percer la contrariété que lui inspirait cet nouvelle visite ; aussi lui rendit-elle polime son salut, mais il y avait tant de résérve dans st manières que de Chevandier ne savait comme continuer : il chercha des inspirations auto de lui. Par bonheur il aperçut une plate-ban
de magnifiques dahlias aux couleurs variées M "5 nuancées ; alors feignant une grande admirali "01" tion pour leur éclatante beauté, il demanda (M permission de les examiner de plus près et d'el"" P cueillir un. Elle acquiesça d’une manière indie P° férente à ce qu’il demandait. Tout en disco malp: rant avec l'air d’un connaisseur sur les rich! Ÿ ©
ongue e tem lérait bortal
auances et la beauté particulière des échantillon qu'il avait devant lui, il essaya de fauñler u gracieux compliment à la charmante ma tresse du jardin sur son bon goût et sur les suc cès qui avaient couronné ses efforts.
ardeur à JCapitaine de Chevandier, lui dit-elle, vous cadeau av onnez plus de crédit que je n’en mérite : dit une «devez présenter vos louanges à la vieille “Comment gère qui tenait la maison de mon mari ! son mariage.
* 1 Chevandier se mordit les lèvres, et il se elite porte di: ©" lui-même de ce que sef spirituels et jques compagnons d'armes n'eussent pas moins de sa déroute ; mais se remettant jôt, il reprit : :
’importe, cela ne m'empêchera pas de ir ces deux cramoisis-là, avec la permission hdime. | il joignit l’action à la parole. Puis, en nt de fleurs, il était naturel que la convertombât sur la campagne, et par une trangirès juste, sur la France. Enfin il avait trouvé un lien entre eux, et de Chevandier pas lent à le saisir. Quoique né à Paris, Vait peu d’endroits de son beau pays qu'il [pas visités ; il connaissait même la petite Imalpropre où Geneviève était née; ur les rich! y avait été retenu par le mauvais temps | échantillonMe"£Ue journée, pendant laquelle il avait » faufiler ue tps maugréé contre cette place qu'il ante maéritet qualifiait comme le point le plus sur les suc 0" table, le plus petit et le plus pauvre de
re satisfuite ( n élevée pot inspirait cel elle polime sérve dans se vait comme ations auto Le plate-band rs variées nde admira | demanda | près et d’e anière indit t en disco
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la surface du globe. Cependant aujourdBycau ses sentiments étaient tout différents, ct l'Æide G ration avec laquelle il parlait de sa md asse église, de la tranquillité de son petit cimdhnoncé en faisait presque venir les larmes aux ye@Btesse Geneviève. D da
—Ah ! madame Durand, s’écria-t-il avis en vacilé après un moment de silence, comhpèc vous devez vous trouver malheureuse, (Que plantée de votre cher pays sous ce climat si qui ger ? Que sommes-nous ici, nous enfants és! c France, que de pauvres exilés ? salt
Malgré l'amour qu’elle srofessait pour Ide tra de ses pères, Geneviève n'était pas prête à! je < si loin, et levant ses yeux qui n'avaient palBerçoi: bli devant le regard rempli d’admiration Ervoyé sentiment qui était fixé sur elle, elle repril s’en
—Malheureuse ! dites-vous; vraiment traits de Chevandier, vous vous trompez : j'ai gine pre depuis quelques mois, plus de vrai et pale jou bonheur que je n’en ai connu pendant touf@c un s vie. La France m’est chère, sans doute, colle jo: souvenir; mais toutes les affections de mme cœur et toutes les espérances dont je puisilime he bercer sur celte terre sont concentrées idihrda a Canada. Gen Soit qu’il fût incapable de se relever W@r, nor
. ARMAND DURAND. ÿ1
. ’ joir d'entre, pour Geneviève si, conflante comme
quin ps tait, elle l’eût sans arrière-pensée écouté et
si ee, ragé, car aucun principe religieux ne le udine qu'il, la seule influence qui eût sur lui nte aux all
ju'empire étant le code d'honneur du de et l’on sait combien ce code est quelqueelàché.
vrit, si mal
le jardin, ré
e ce qu’elle lui avait inspiré un si vif inté- | souleva le loquet de la pelite porte et s’ara au milieu des citrouilles, des concomet des melons qui 4 croissaient négligemen abondance ; il arriva à un petit berceau
icquittée de résenle con) la-porte, laq de notre visi
mais je ne
taillé une vigne sauvage qui formait une >rche dans le
brlure d’une délicieuse verdure. Geneviève t'avec son ‘* éternelle broderie,” ainsi que evandier avait stigmatisé son travail. Il préfére la trouver mélancolique et ré- : cependant il entra avec son air aimable ire, en offrant ses lettres de créance sous : > des livres et journaux qu'il avait apportés ne, et il Pi. Geneviève ne pouvait faire autrement mentai KE 1] e le remercier de sa politesse ; d’ailleurs, samment 8 D uvait un grand plaisir de voir les noms ns MONO crivures des lieux et des choses qui lui aurait CU, ;; fanilières.
ie de Chevan eneviève et q it de telles a siter qu'il n Durand était
Donne à
fonnant intérieurement, s’emportant mê-
que fait en planches, autour duquel on
s » s - HS + oi oo 4 £ a = — $= = ee = = => mp te = - EE — : — — a RE = HS = = HET = E = — ——— a = £ EEE 2 = = se RE ee ER = ee Rs LE =
on
Pendant qu’elle examinait le frontispice tré d’un de ces volumes, il prit l'ouvrage qe. m venait de déposer. point,
—AÀ qui, lui demanda-t-il en souriant, Surrai nez-vous ce monument d'industrie et de pli.
ce féminine que je tiens à la main? . AU
—C'est une paire de pantoufles pour BBs;ion mari, répondit-elle. At che
Lorsque de Chevandier se représentiiimide bonnèête Paul chaussé de grosses bottes de cle cœu gne enjambant à travers le fumizr de sa Sent h puis en voyant cet assemblage de perles @bntime soie qu'on lui destinait, une expression éme q quante ironie passa sur ses. traits; il pliSMevait
lèvres et ajouta involontairement : jeune —M. Durand est un homme heureux etBrété ce comme de raison, apprécier ce cadeau dé donc
J'apprends tous les jours qu’il est un exBurand fermier, et qu'il s’y entend parfaitement edtucuse de tout ce qui concerne la charrue, les édBesquel les bêtes à cornes et autres horreurs du mheviève genre. oigts
Geneviève regarda son interlocuteur : ndier |
que novice en ces sortes de persiflages, RSR passa; devina le mépris qu’il cachait sons les codBui. Le ments à moitié ironiques qu’il faisait de Palhine fer tenant constamment ses yeux fixés sur luiBe peut
reprit: .
frontispice l'ouvrage q
n souriant, trie et de p ain ?
ufles pour
représent s bottes de c:
mizr de sa > de perles >xpression ( its; il plis nt:
eureux et e cadeau de est un ext faitement « rue, les & rreurs du t
locuteur :
persiflages, sous les cot aisait de Pa xés sur lui,
on mari est non seulement un excellent r, mais encore il est honorable et intègre, boiut, que la plus indifférente des épouses purrait s'empêcher de le respecter et de r.
M avait quelque chose de grand dans cette
ssion franche et hardie de ses sentiments, ht chez une personne aussi réservée et limide que Geneviève Durand ; et pendant e cœur de Chevandier lui en.rendait seent hommage, il éprouva en même temps Pntinent d’une irritation jalouse contre me qui en était l’objet. Il comprit aussi devait s'abstenir de prononcer en présence
| jeune femme un seul mot qui pût être
rété comme incivil envers Paul; il s’emà donc de réparer sa maladresse en faisant Durand quelques remarques amicales et lucuses avec ce tuct et celte délicatesse esquels il était passé maître.
eviève reprit son ouvrage, et pendant que oigts allaient avec une agile habileté, de ndier parlait ou lisait à haute voix quelques passages des journaux qu'il avait apportés ui. Le jour baissaït, lorsque tout à coup ne femme se leva et le pria de l’excuser, e peut-être on pouvait avoir besoin de ses
services à la maison. Il l’accompagna jusq porte.
Tandis qu'il lui disait quelques mots d’af
deux figures épiaient en cachette leurs mo ments : c'était Manon, la fille qui avait re capitaine de Chevandier d'une manière si téristique, et Olivier Dupuis, la plus mau langue du village.
— Li vous me dites, reprit lentement ce de
en sccouant .a tête d’une façon qui était de nl
vais présage, que ce charinant gentilhomm la ville vient ici tous les jours, et passe de gues heures avec Madame (en appuyant dé g'e-ement sur le mot), et cela lorsque le:
est absent ! Bien, bien, Paul Durand, est-ce tu ne pourais pas faire comme les autres, 1 dre pour ta femme une fille vive et alert uotre village, au lieu d’alle’ au loin chois pareil bijou ? Ah ! nous verrons, noùs vert
Quand pensez-vous que Paul sera de retou
Demain, je crois.
—Eh! bien, bonjour Manon, et si ja
vous vous mariez, ne marchez pas sur lesk
ces.de votre maîtresse,
—Vous pouvez, père Dupuis, garder conseil jusqu'à ce qu’il vous soit dem Lorsque je serai mariée, je ferai comme je drai. .
donn, chez nie pi
ourme Blaient ppêter
De son se qu Leffor' uisai!
tils < e len torré
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, et si ja
pas sur lesRRsement achevées pour l’occasion étaient or-
s, garder soit dema
i comme jf
tils se séparèrent sur ce salut amical.
e lendemain la pluie tomba toute la journée
torrents, et de Chevandier fut obligé d’adonner le projet qu’il avait formé de retour. | chez sa charmante voisine, de peur qu’une
Bte par un pareil temps le rendit ridicule, Bt pourquoi dans un accès de mauvaise hu-
ir il descendit au salon, et là il tua le temps purmenter les livres de M. de Courval qui
Mtaient presque tous d'agriculture, et à jurer, Dpêter el donner des coups de pied à la demi-
zaine de chiens qui égayait la demeure de ami, vieux garçon.
De son côté, Geneviève se trouvait aussi heu.
se qu’il lui était possible de l'être. Grâce à
Eeffor' réunis à ceux des servantes, la maison
bisait de propreté, tandis que Manon, par coïncidence extraordinaire, avait fait d’ex-
Jents pâtés et avait réussi une fois en sa vie
jortir du four du pain qui ne fàt pas brûlé
Édessus et cru en dedans.
Les merveilleuses pantoufles qui étaient heu-
illeusement étendues sur le fauteuil de Paul, on avait eu soin de tirer dans son coin favori, s de la fenêtre remplie de bouquets. Puis ieviève entra, dans sa chambre, et après avoir
jeté un regard inquiet sur la pluie qui tom out à verse et à laquelle son mari devait, en to probabilité, être alors exposé, elle se mit frais de se faire aussi gentille et charmante possible. La tâche pour elle n’était pas diffici toujours jolie, elle l’était doublement ence n ment, car le plaisir que lui faisait éprout l'espérance de l’arrivée prochaine de son après cette première séparation illuminait yeux et iaprimait à ses joues ua vif iacarna
ivier lé, le cieu va £a rit à sition autant ner Une :
haugé sez vi DE —Ah iccour
ute, C mme |
| M Olivie
Pendant qu’elle attend aînsi, nous retour}, en rons de quelques heures sur nos pas, à la re de contre de Paul qui s’en revenait chez lui. upuis allait rapidement, cahoté en tous sens, sans veux soucier ni de la boue des chemins ni de la plus; qu’ qui l'inondait si généreusement mais tout ent bot à l’heureuse perspective de se trouver bien __Co: evec sa chère Geneviève, au souvenir des dE + m cellentes affaires qu’il avait faites à Montréal voui
dont il rapporlait des preuves par de jolis p )yeuse sents destinés à sa femme. Lio fo
+0 anis à
ie qui tom evait, en to elle se mit charmante ait pas diffici entencen aisait éprou:
e de son iluminait vif iacarna
out à coup, il rencontra le bonhomme ivier Dupuis qui cheminait à pied, de son té, le long de la route, sans paraitre plus : ucieux de la pluie qu’il ne l'était lui-même. va sans dire que Paul arrêta son cheval et rit au voyageur une place à ses côtés, prosition qui fut-acceptée par ce dernier avec autant plus d’empressement qu’il avait plus né raison pour le faire. Une fois repartis, après quelques paroles hangées entre eux à propos du temps, Paul dit sez vivement :
—Ah ! père Dupuis, ça fait du bien et ça ccourcit merveilleusement la longueur de la ute, que de savoir qu’au bout il y a une mme bonne et fidèle pour vous recevoir!
M Olivier poussa un gros soupir, et secoua la ous refour@e en signe de doute. Supposant que cette pas, à la Fbutade pleine de tristesse était de la part de Chez lui. upuis une allusion secrète à son propre état 1 ans veuvage, Paul, bien que ce fût la première ni de la pli. qu'il le vit se chagriner à ce sujet, lui dit
is tout en ec bonté :
écdhsià à D —Courage, Olivier, tous ont leurs épreuves ] 0 s
he a ce moude, dans un temps ou dans un autre ; à Montréal
ain vous avez une assez bonne santé, assez de de jolis p byeuse tumeur pour suppléer à la solitude de . tre foyer.
j Fe
—Quant à cela, Paul Durand, répondit grement Olivier,
plaindre sans femme que beaucoup d’autres q
en ont une.
Le ton, plus encore que les paroles, & particulier, et Paul attacha un regard scrutate sur son compagnon. '
—Oui, regardez-moi bien; je voudrais se lement que vous puissiez lire sur mon visas tout ce que j'ai dans le cœur. Ça m'éviterait ( dire des choses qui ne me rapporteront hp grands remerciments, je suppose, si je les fa connaître. Oh! Paul, Paul, pourquoi n'ava
vous pas fait comme vos voisins et vos ancêtré
ont fait avant vous : choisi une femme parn les habiles et honnètes filles de votre parois au lieu d'aller plus loin pour réussir si mal?
—Décidément, voisin Dupuis, interromp Paul qui commençait à'se fâcher, vous av pris ce matin, outre votre part de die. cell d’un autre.
Cette dernière insinuation le toucha au ‘il
. car le vieux Dupuis excédait souvent les borne
de la tempérance, bien que cela ne lui füt pa
arrivé cette fais; aussi avec un malin clign
ment de ses petits yeux rusés, il répliqua :
—Merci du compliment, mon bon ami; mal
‘e me trouve bien moins à
je n'a ssez !
i ci
battre n vid
je vois