‹ Armand Point et son œuvreChapitre 6 sur 15 · LES JEUX DE L HIVER ET DU PRINTEMPS · texte numérisé non relu

LES JEUX DE L HIVER ET DU PRINTEMPS

Sur un dessin d'Armand Point.

VEILLEZ-VOUS, veuez : l'heure est toute divine. Sur son mol oreiller l'aurore ouvre ses mains. Le délicat hiver argenté la colline, et le givre étincelle aux rayons du tnatin.

Venez, les deux Hélcnes, et venez, Marguerite, dans ce petit soleil qui fait le pas léger, danser une distraite ronde, vos mains unies. Que vos cheveux flottants flattent vos cous penchés.

Dansez une distraite ronde, les deux Hélcnes! La brise aux longs baisers vous poursuit en rêvant. Ah! dansez, Marguerite, que je voie votre haleine, fleur de l'air, s'effeuiller dans l'air en vous suivant.

L'/iarmonieux lointain s'enivre à votre danse et fait dans l'horizon une ronde azurine, l'harmonieux matin s'éprend de la cadence : le soleil danse en rond autour de la colline.

Que vos pas délicats font des meurtres jolis! licontez, en baissant la paupière, écoutez dans un bruit de cristal mourir les fleurs du givre, et chanter sous vos pas la colline argentée.

Ah! dansez! ah! dansez! dansez, mesdemoiselles. Dans l'hiver délicat, très délicatement, posez vos pas distraits oh le givre étincelle, et de vos pas légers caressez le soleil.

Voici la ronde égale et presque transparente à force de tourner vite dans la clarté, et je ris de vous voir quand vous êtes lassées, et de ne plus vous voir quand vous êtes vaillantes !

La Marguerite, adieu! Adieu, les deux Hélenes ! Un rayQTi du matin vous a-t-il emportées ? Bonjour , la Marguerite et vous, les deux Hélenes! Est-ce du pur azur que vous redescendez f

Pour vous cacfier le inonde et les jeux du soleil, quel rêve langoureux baigne vos yeux, ô belles! tandis qu'entre leurs doigts, les zéphyrs, dans l'air bleu, soulèvent le trésor léger de vos clieveuxf

Le ciel, en auréole, tourne sur votre danse, et la ronde amoureuse à l'azur se fiance ! Et je vois le soleil, pour votre joie parfaite, glisser dans les cheveux de vos trois douces têtes.

Née du givre oit vos corps divins sont reflétés, au milieu de la ronde, oh ! que Vénus est belle ! De vos lys,^ de vos roses et de votre beauté, se détaclie en tremblait t son image immortelle.

Vos trois images tildes ont fait fondre le givre, au milieu de la ronde, et Vénus a pu vivre sans doute f Est-ce ujî mirage?... Elle a fleuri de l'onde. Oh! que Vénus est belle au milieu de la ronde!

Et Vénus est vivante, et Vénus vous appelle et vous nomme les Grâces et, penchante, vous dit : « Vous avez, Marguerite, et vous, les deux Hélenes, réfléchi ma Beauté sur le monde ébloui ! »

— jfe sais de quelle foie la ronde a roucoulé, lorsqu'autour de Vénus elle s'est envolée, ffe murmurai : Thalie, Euphrosine, Aglaé. Mais ce sont des mystères à ne plus révéler.

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