‹ Armande [par] E. et J. de GoncourtChapitre 6 sur 11 · ARM AN CE · texte numérisé non relu

ARM AN CE

vingt-quatre quinquets, sur ces masques et ces faces, sur toutes ces bouches torses et sur tous ces yeux louches, sur tous ces fronts ridés, sur tous ces nez vineux, sur ce monde de grimaces et ce peuple de cabotins !

cortège immonde des laideurs morales, plâtrées de plâtre, fardées de brique, qui s'empressent, et se démènent, et fourmillent tout autour de cette apparition de première communiante!

Bref, quelques-uns affirment avoir vu les cœurs de la salle s'en aller un à un, tout le temps de cette première représentation, s'accrocher à la ceinture d'Armande, et y rester pendus comme un trousseau de petits poissons d'acier cà un crochet d'aimant.

La pauvre petite jouait pitoyablement. Gestes, accent, silence même, et ce petit doigt coquet posé sur la

bouche, alors que le traître, rejetant son manteau, montrait ses pistolets, tout en elle était contresens, et tout en elle était ensorcellement ! Tant de naturel en tant d'embarras, une si gentille gaucherie ! Et elle était si rose, cette oreille tendue au souffleur ! » C'était merveilleux d'inintelligence ; c'était délicieux d'émotion!»

Par mégarde, Armande se rappelait-elle plus de trois phrases ; sa voix tremblotante tombait-elle, sans intention, sur une note à peu près juste, la folie donnait le bal dans toutes les têtes masculines de l'assemblée; et jamais ne fut au monde, dans le pardedans Imaginatif d'un chacun, plus grande culbute, sauterie, et trémoussement d'idées.

Qui eût décoiffé les cervelles, eût vu... Dans celle-ci, vieille et

... Et elle était si rose, cette oreille tendue au soulfleur...

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