CHAPITRE IL
DBS OlUBCnOlfS COlfTRB L'ORGAinSAnOlT D'UR fiQUIPAGB.
Énoncé des objections prindpales.
215. Après ce qui précède, les objections que Ton fait encore valoir, quoique timidement, contre la formation d'un équipage de dromadaires, ne peuvent être de grande portée. Toutefois, examinons les principales :
1"** La dépense ne pourrait-^elle pas exposer l'État à des chances de pertes excédant celles des bénéfices?
2« Là mortalité ne pMmilt-elld pas rMulre les béfiéflees à néant et même être une oause de pertes plutét qu^on moyen d^économie t
H* L'administration a-t-elle besoin de looer des dromadaires^ et^ dans ce cas^ ne pourrait-elle pas suivre un mode d'opérer moins ruineux que celui de la réquisition sans courir les dan-* gers de l'entreprise directe f -
4» Les soldats qui ont j^|| tPHt@ft l@f expériences avec zèle et tienne y#fltj^^ ç?rçe çi^j^ sans dpute^ \e\ff mission ne Seyait être que de courte durée, pourraient-ils se plier à un ^ÇT^içç ^H^^®I IÇWS #,veinçi^p$ pe ^ sont japa^is hg|)itués? En|n, $çrftît-il pq§s\|)le d'ojrgan|sçr un c^s ds^s ce 1)^(7
a<FtTA.Tt01V HKS OBUrCTIORS.
4» La dépense ne pourrait-^lte pas exposer l'État à des chances de pertes dépassant celles des bénéfices.
214. La dépense qui résulterait de l'organisation d'une compagnie de dromadaires entraînerait, par année, aux déboursés suivants :
Soit 100 dromadaiMi> du pinidelM h. elacun, et pouvant
«j^^vï^ii\%«ww^d#(t^ ,,.,., i,o«ak
Graisse et sulfate de cuivre, id. . . , ^ . , .^ ^QQ I^çpudôÇîlr. *t, , , . . , , 8^
9mf** • • «>Mût
Sangle en cuir de 4 fr.^ id. ..... . 400
Corde dè'l fr. 60 d,, • ' id. . . . . . . 150
^eS^ïj^ifftn^par ^H ..,,..., ^
^^ Il mm '^m^mmw^. <*e ^.6 ^t p^ W>.
l9j^^pran. ....... , , , . 4OQ
Dépenses diyçif^^ ej jinp5^\uç|^ iVH^ li • • ; • W^ '.
Vi\ p^e{ ^e gardiens à 3 fr. par jour ..... \,Çl^
Cinq ^rdiens arabés'(l pour 20'bètes), à 1 fr. SO c.
pacjour. • . - . w . , 2,737
Indemnité aux trois officiers de la compagnie, accordée d'après l'arrêté du 31 janvier . . . . 1,200
•y^tai (n) . . ."/ %(sebt
liMMRf^pr^woo» Pfadft la dé|>ensa de la toof^» pan» «ue ce service serait livré au coq» âatmifk.
Nous avons dit que le dromadaire pouvait travailler pendant neuf mois; en réduisant oé ehiCfre à huit seulement, comparoits cette; ^çpeia^ à çellç ^u'occi^ionneraiQi^ 100 m^lett^
9»\^ 4a 1« «Steâse |iom k«it nùk fi) . ftii^ââa "
là fMlcriBfft ftiiî vAnt rUng la ncâniièrâ îiniKfilA L
Acbat à 105 fr. chaque dromadaire 10,600 fr.
Entretien : 9,600 (n) — 1000 = 8,600, ci . 8,600
Total ...... 19,100 fr.
Maintenant^ on aura à choisir entre ces deux moyens : 1"* ou
diminuer l'eflèctif des mulets ; 2^ ou louer aux Arabes 100
dromadaires de moins par an. Ainsi donc, lo si Ton licencie
100 mulets, ou, ce qui est la même chose, si on ne les remplace
, pas, l'économie sera de (o) 66,000 f.
Plus la moitié de 65,000 fr. pour les quatre autres mois 32,800 .
Total par an . . . . 97,600 f.
S"* Si Ton s'abstient de louer 100 dromadaires, il résulte de ce qui a été dit plus haut, que Ton aura économisé, en huit mois, la somme énorme de 127,000 fr.
L'État n'est donc exposé à aucune perte en organisant ce nouveau corps d'équipages militaires.
î« La mortalité ne peut même occasionner des pertes à l'État
216. La mortalité pourra diminuer les bénéfices déjà réalisés, mais elle ne constituera jamais l'État en perte. En effet, quand tous les dromadaires crèveraient après un mois de service, par l'incurie des gardiens ou par suite de maladie, supposition plus qu'exagérée , l'État opérerait encore im bénéfice. On répète de toutes parts, et peu charitablement, que l'expédition deDjebel- Sahri, dans laquelle 70 bêtes furent laissées en arrière, a été désastreuse. Eh bien I si l'État eût été obligé de payer à l'équipage le prix de ses transports, il aurait dû lui tenir compte d'un dixième en sus du chiffre des pertes éprouvées. Il n'en est pas ainsi du mulet qui^ plus il reste au service, plus il coûte^
à cause du prix élevé des rations de fourrage qu'il consomme.
3° L'administration a besoin de louer des dromadaires, surtout à cause de nos relation»
avec rintérieur.
216. La troisième objection renferme deux distinctions qui nécessitent deux réponses. D'abord l'administration est seule juge de ses besoins; elle seule peut savoir si, avec Teffcctif des animaux entretenus au budget, son service n'exigera pas des réquisitions nouvelles en 1845.
Jusqu'à présent, elle a été obligée d'avoir recours à ces derniers moyens, surtout pour ravitailler des places qui ne sont pas encore desservies par des routes carrossables; quel que soit le zèle apporté par le corps du train des équipages dans ses pénibles fonctions, il n'a pu suffire à tout, et le double de l'effectif en hommes et en bêtes n'en viendrait pas à bout, tellement notre système d'occupation, déjà si étendu^ prend constamment, et même malgré nous, une plus grande extension.
Jusqu'à ce jour, les dromadaires ont été requis cinq fois dans la province de Tittery; c'est là une preuve concluante; tout indique qu'à l'avenir on les emploiera plus souvent encore.
En effet, la soumission du désert jusqu'au.Beni-Mzab, ainsi que rinstallation d'un kalifa à Lagouath, exigent impérieusement que la France se tienne toujours prête à porter des forces de ce côté; et on ne doit pas cesser de répéter qu'il pourrait arriver malheur à une colonne qui oserait s'aventurer dans ce pays, sans être accompagnée d'uu équipage complet de dromadaires destinés spécialement à transporter de l'infanterie^^ l'usage de ^ cavalerie étant impossible dai^s cea contrées. Trois journées de 9iimaun ou d'une température de 64degrés centigrades^ circon-
^ Ii4 --
statices qui dont loin^ (fétré rare», «uffinifmt pour amener une catastrophe que rhumanité et la politique prescrivent d'éviter. Nous dirons plus : une colonne dont le convoi de dromadaires ne serait commancté que par lefs Arabes, qtïî seuls aujourd'hui savent les conduire, s'exposerait, par la trahison du seul chef de ce convoi, à <^nt lieue» de Id bûne d'cipérolioil, à voir ^n existence et ^es opérations gtn^Mtent eùOtptùmisfi^.
L'entreprise direete est le m^de le plus rationfiel à adopter par l'administration.
217. La question de satoir ai Tadmifiistratiofi, au lied ië procéder par location, ne ferait pas miéut d'àcîhetef dés dromadaires pour les confier à la gardé dès Arabes, à la chargé par ceux-ci de les représenter à la première réquisition; cette question, disons-nous, a été lotigtémps débattue avant l'adoption du mode actuel. Nous nous pronôriceriôM pour Taffirma-^ tive, si Ton pouvait léVér le^ dlffiéoltéâ majeure^ qui se présenteront sans cesse daiïs I*exécutf(ïtt ; ttaîs rentreprii^e ditiecté semble plus rationnelle, pltts économîqtïe et sttrtout plus digne d'une grande nation ; si ce projet est repoussé, nous désirerlotfcS que le mode tictuel fut, du môîfis, abandfôniié, et que dans les convois, les dromadaires loues aul tribus fcrsséfit coniuiti^ paf des soldats français.
4« Le soldat peut se , plier au service da dromadaire.
218. n es! juste deconvisair qM le» mcicMes expérianee^ pour plier le soklftt au B^rtiod àa ârofi^adaire avaient échoué complétemedt ; que le dégoâl avdit fiai ^ar jattein^e nos hom» mes, et qu'ainsi Ton ptnitail so«it^r q«e jamais là pétulanoe de nos sofdats ne »'acc((yiftm<kteràk d'cM pareille busmob; hmûs pour être juste encore , il faut ôkt atiMÉ que depuis qde Bomi avons entrepris eelie fâdie , Ut» ^iumn Micbattgé A'mfML Vôilâ neuf moiiy (ps^lêêemém cM-élèinnliMDàfciet rixànm
qu'ils eonSnuéni 80tts fai direetlon û%i soldats da 1^' bataillon du 33' de ligne^ qae j'ai l'honneur de eotimiAnder^ et les résiillaté ne sont plus ootateslable»^.
fionnes dispositions des soldats chargés des expériences.
319é Nos braves soldats ont pri^ la question fortement à cœur^ et bien loin de se rebuter par leurs nombreux éebecs^ ils y ont puisé le courage nécessaire pour continuer la lutte ; ils veulent prêtera leurs cbeis le secours de leur zsèle^ de leur dé-* vouement et continuer leurs efforts Jusqu'à ce que toute l'armée soit obligée de eonveinr que la victoire leur est restée* Or^ ce qu'ili^ auront fait avec tant de pe^ne^ d'autres pourront facilement le faire après eux^ car la routç sera tracée.
Nous disons plus : si l'administration avait besoin d'eux pour former le corps à organiser, elle pourrait compter sur leurs services ; quoique résolus en grande partie à ne pas changer d'arme, ils resteraient provisoirement à leur poste pour voir la f'rance retirer de leur bonne volonté les fruits qu'elle doit en obtenir.
En voyant les préventions avec lesquelles on a accueilli la reprise des expériences qui étaient confiées à leur dévouement, les soldats du corps provisoire de dromadaires ont résolu de lutter contre toutes les chances contraires et de réussir à force de zèle, de patience, de persévérance et même d'abnégation : aujourd'hui, à la face de l'arinée, ils croient qu'ils ont enfin gagné leur cause malgré une opposition qui croyait de bonne foi à l'impossibilité de cette entreprise.
Cause de la non-réussite jusqu'à ce jour.
220. La voix publique a proclamé enfin cette vérité; si cette affaire qui traine depuis dix ans, nonobstant les instances réitérées du ministre de la guerre, est arrivée jusqu'à 1844,
Googi'e
sans avoir obtenu une solution favorable, on ne doit ratlribuer ni aux défauts du dromadaire, ni à la mauvaise volonté du conducteur, mais au peu de xx)nfiance des chefs persuadés d'avance de l'inutilité de leurs efforts : telle est la cause pour laquelle l'administration supérieure a toujours échoué dans les nombreuses tentatives qu'elle a faites pour arriver à un but aussi désirable.
En effet, le corps du train des équipages, auquel cette mission revient naturellement, n'a jamais cru à la réussite ; et l'infanterie, lorsqu'elle en a été" chargée , a reculé devant la tâche, parce que, jusques en 1843, elle n'avait pas compris combien une organisation d'équipages destinés à mobiliser ses bataillons serait utile à son avenir. «
L'histoire de l'expérience actuelle rappelle le sort de toutes les inDova lions.
221. L'histoire du présent rappelle l'histoire du passé ; en effet ne voyons nous pas, à toutes les époques, l'opinion pubUque soulevée contre les novateurs à cause des difQcultés inhérentes à toute innovation? Dans l'espèce, il faut en convenir franchement, les difficultés ont été grandes ; on ne peut s'en dissimuler la gravité, mais on l'^agérait. Malheureusement pour nous, le souvenir de ces exagérations était encore présent à Cous les esprits, lorsque M. le maréchal gouverneur a prescrit de reprendre les expériences depuis si longtemps abandonnées.