‹ Armée d'AlgérieChapitre 44 sur 66 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

|»l L'IFFICTIF niA COUPS OB PROtfiDÀIEIS.

Quelle est la force nécessaire pour dominer le désert jusqu'à Lagoualh et au delà ?

278. La question doit être posée en ces termes : l"" La plaine de Taguin est déjà aussi sûre que celle de Boghar^ que c^U^ de lu Métidjab : quel est l'effectif de troupes nécessaires pour que, après la soumission du pays, un corps puisse se mour trar en tout temps sur la routa de Taguin à Lagouath et de Lago^tb à Gradeïa, non-seulement sans courir aucun danger, mais même avec assez de force pour réprimer j^es vols, les as-r s#§sipatp $t faire la police de cette route? A cette question, et quand même la guerre avec Abd-el-Kader devrait durer dÎK . ans, les chefs du pays répondent upanimement : « 1000 hommes « d'infanterie montés sur 500 dromadaires avec 50 chevaux « et deux pièces de montagoe ^uffi^eot pour raccompUsse- <i ment de cette mission. » Et cela est d'autant plus croy^tbU, qu^en supposant «ne levée de boucliers dans ees contrées, le corps de dromadaires monté, pouvant mettre facilement 780 lùiomm i pied, ne eraiodrait pas une attaque générale.

La F|*a9ce doit- elle faire ^e sacrifice de Torganisation de cette force?

â"* La Ff aaoe (k4t-elle faire tes saerii^cies néo9»mrm i VétMr hltesement 4'iui de ces cotf^ dàu» chm^^f^ 4f» proyincfi^ de l'iUgsfie?

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Quelle est rorganisation qui aura été justifiée par des considérations aussi importantes et décidée par des motifs d'utilité plus réels, plus incontestables? Jusqu'ici nous n'avons travaillé que pour la guerre : quel honneur n'y aurai^t-il pas à commencer de travailler pour la paix?

Emplacement de ces corps

279. La place de ce corps dans la province d'Alger est déjà trouvée : c'est Souagui, dans la plaine deTaguin, à vingt lieues de Boghar, au milieu d'une contrée où l'eau, le bois, la pierre, les pâturages, ne manqueraient pas plus que les terres excellentes propres à la culture des céréales.

Le poste qui serait placé à Souagui pourrait, au moyen de ses dromadaires, labourer ses terres, transporter ses vivres, bâtir une ville dont la prospérité deviendrait bientôt considérable, et à côté de laquelle une autre ville arabe s'élèverait avec une rapidité plus grande encore, par suite de considérations locales tout à fait étrangères à ce sujet.

Voilà le poste que l'avenir réserve aux dromadaires de Tittery.

Y a-t-il lieu h une organisation entièrement nouvelle ?

280. Il est nécessaire d'expliquer le sens du mot organisation qui reparait si souvent dans cette note, car nous persistons à dire qu'une organisation entièrement nouvelle n'est pas nécessaire.

Qu'un régiment se charge de cette mission : elle ne sera ni sans gloire pour son nom, ni sans intérêt pour son pays, ni sans honneur pour son chef. L'esprit de l'armée d'Afrique a étonnamment grandi depuis la guerre de 1839. Naguère on se croyait exilé à Dely-Ibrahim, puis à Douera, puis à Blidah et enfin à Médéahou à Milianah; maintenant, des troupes occu-

pent tout naturellement les postes permanents établis à Favancée entre le Sahara et Alger, et oh passe facilement d'une province à l'autre en quinze jours de marche, sans éprouver aucun étonnement et même avec joie.

Le chef du régiment qui serait chargé des dromadaires dirigerait l'esprit de ce corps dans la voie que lui ouvrirait un avenir aussi beau. Une fois les officiers éclairés et décidés à accepter cette tâche, il n'y aurait plus de difficultés 5 enfin, si le Gouvernement ne pouvait trouver un régiment qui acceptât cette mission, et s'il reculait devant l'idée d'en commander un d'office, alors il faudrait créer un corps nouveau.

On peut créer un corps régulier.

281. Nous avons fait à plusieurs reprises des expériences sur vingt dromadaires pris au hasard, en les faisant monter par des soldats qui les dirigeaient au moyen de la baguette et du liçou. Après trois jours d'essais, ces animaux indisciplinés et habitués à voyager en goum étaient à l'école d'escadron, marchaient de froat ou par le flanc, tournaient à droite et à gauche et exécutaient, à l'étonnement général, les évolutions qu'on ne demande aux chevaux qu'après un mois de manège. Il est donc positif qu'on peut organiser un corps d'une manière toute régulière, en affectant un ou deux hommes à chaque dromadaire. Pendant le temps de station, cet animal n'aurait pas besoin d'orge ; en voyage, il serait peulrêtre quelquefois utile de lui en distribuer, car, si les herbes du désert suffisent pour soutenir sa force, l'orge seule peut lui donner l'agilité nécessaire.

Le défaut de pâturage obligerait à restreindre le plus possible l'effeclif des animaux et à affecter ainsi deux hommes à chaque dromadaire ; cependant, le soldat qui sera ^ pied se fatiguera beaucoup lorsque la bête allongera le pas dans les

sables^ le pied ë' enfonçant de maniée ft rendre la mafcbè très pénible. «

Le corps pourrait utiliser dans les TiDgUquatre heures le harnachement arabe.

i. îl est ihtitile, en ce moment dtl moins, d*etitrer dans de plus grande détails, d'autant plus qu'ils n'ont aucune importance pour le pdi*tl qiie l'on prendra. Il suffit de dire qu'avec l'é^uipemeilt arabe actuel bti peut montet en Vingt-quatre heures Uri réghneht toUt entier à dromadaires, si tJe régiment a reçu antérieurement rihstrUctiott nécessaire. Le6 graras donnent le moyen dé gatiaîitir le havre-sac, les fiVres et les cartouches, des atteintes de l'humidité; deux morceaux dé bois pour étriers et un coussinet complètent les modifications que le soldat effectuerait en peu de temps. Enfin, le percement de l'aile d'une des narines dii dromadaire est une opération aussi facile que courte. ï^lus tard, on étudierait le mode de bât à adopter, de manière a diminuer les fatigues du soldat monté; oh expérimenterait Un cacolet poUt les malades; on rédigerait enfin, pour cette nouvelle arme, une théorie complète dont les matériaux sont déjà prêts.

Recommandatien etpresee pour les march«s.

283. Une recommandation essentielle devrait être faite au corps à dromadaire de voyager sans assujettir à sa marche la marche des autres armes ; car, tantôt la Sienne doit être ralentie et tantôt elle doit être poussée. Or, dans ces deux cas, il faut que ce corps march'e seul ; autrement, de graves inconvénients en l'ésulteraient pour l'infanterie, à laquelle, pour cette, raison surtout, les ^omadaires sont devenus si antipathiques.

CHAP;iTRE V.

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