‹ Armée d'AlgérieChapitre 7 sur 66 · Le coût d'un dromadaire est de 300 fr., ci. . SOOfr · texte numérisé non relu

Le coût d'un dromadaire est de 300 fr., ci. . SOOfr

Supposons que sa durée ne soit que de douze ans, à raison de 80 francs par an, il aura coûté après

douze ans 960

Prix de revient en douze ans 1,260

Et par an 105

Les 1,000 bêtes en un an coûteront 105,000

Coût dt 4 300 mulets.

63. Un mulet j tous frais payés, rendu à Alger, revient â 900 francs; je suppose seulement 800 francs.

Il y a, à Alger, 3, 168 bêtes de transport, et le chiffre des pertes dans le dernier mois de 1843> s'est élevé à 68 : je prends ce chiffre pour baâe, quoiqu'il soit le moins élevé des pertes des autres mois de l'année : 68 par mois font 816 par an, le produit de la division de 3,168 par 816 donne au quotient 3,88; un mulet ou cheval de irait ne dure donc pas même quatre ans en Algérie; supposons cette dernière durée : en douze ans, un mulet aura été remplacé deux fois ^t jBiura coûté en

achats 2,400 ^'^•00

La nourriture journalière revient à 1 fr. SO cent.; je suppose avec le budget 1 fr. 20 c. : la dépose ser^ pieir an de 458 ît.^ et en douze ans^ de. . . . I. J » I . . » . i . . 5,236 00

Le ferrage fixé à SO fi^. par an reviendra^ en douze ans> à. . 4 . < « . . . • • . 560 00

Le harnacheifteht, en douie ans, reviendra à plus de 200 fr., mettons. ... « » « . 180 00

Wx de revient en douze ans 8,196 00

■ia

Et par an 683 00

Ainsi, les 1,200 mulets en lin an coûteïit. . 819,600 00 Et les l,00p dromadaires qui remplaceraient

peut-être avec avantage les 1,200 mulets. .* . 105,000 00

Economie annuelle. 714,000 00

Et je ne efailis pas d'èxéigèref^ en affirmant) que si je n'eusse à dessein diminué considérablement leis dépenses téelles du ihulet, tout en àtlgméntant celles relatives atix dromadail*es, cette économie ëe serait élevée à 1,000,000 fr^ au moins^

Économie possible sUf lé chapitre du budget des Irahsporls eh Algérie poui* la seule province d'Alger.

&éé Aînni^ l'économie générale qui pourrait être faite sur le chapitre du budget de l'Algérie relatif aux transports, pour la seule province d'Alger, en 1844, serait de 2,000, (JOO fr-

Il est probable qu'une économie pareille pourrait avoir lieu ûani les autres provinees de l'Algérie sur le même chapitre; mais je n'CH» rien spécifier à ce suyet.

^Conclusion.

55. La question de la possibilité des convois par le moyen des Français et par des Français est donc résolue affiçmativement : les expériences déjà faites^ celles que je^uis encore appelé à &ire devant telle commission qui sera nommée^ prouveront Tutilité que l'Etat peut en retirer immédiatement.

La réussite appartiendra au premier homme de cœur qui osera entreprendre cette tâche; on le trouvera certainement dans le corps des équipages militaires. Précisément, l'ordonnance du 11 janvier 1842^ qui le réorganise, l'autorise, en temps de guerre, à s'adjoindre des compagnies provisoires avec les ressources en hommes et bêtes que présente le pays occupé par l'armée. * *

Si, par suite de difficultés dont je ne veux pas expliquer d'avance la nature, les officiers du corps des équipages venaient à décliner la mission si honorable pour tout citoyen, et encore plus pour un militaire, de travailler pour la patrie ; ou si, en d'autres termes, ils ne répondaient pas du succès^ je connais un officier d'infanterie qui, heureux et fier de pouvoir être utile à l'Algérie, dont il ne sera jamais l'un des enfants gâtés, oserait entreprendre cette tâche et il réussirait. •

Mais n'est-ce pas une utopie que des hommes ont rêvée? Serait-il réellement possible de diminuer tout d'un coup le budget de l'Algérie d'une somme aussi considérable? peut-on supposer que, depuis quatorze ans, l'autorité française eût négligé ce trésor avec un si grand aveuglement ?

Je pense que oui ; mais, pour être juste envers tous,, il faut convenir :

l"" Que les affaires courantes et pressées sont tellement considérables en Algérie, qu'un administrateur est obligé de leur

consacrer tout le jour et même une partie delà nuit^ sans pouvoir songer à Tavenjr ; on vit ici au jour le jour;

2» L'état de paix armée^ ou de guerre^ dans lequel nous vivons depuis si longtemps^ s'est toujours opposé à ce que des essais fussent enj:repris avec de grandes chances de succès. En chargeant le corps du train de cette mission^ on s'exposait toujours à échouer^ attendu que le service de ce corps est tellement pénible^ qu'il n'a pas le temps de s'occuper d'autres objets;

3* L'époque actuelle est là première qui ait permis de penser sérieusement à cette affaire^ d'étudier lés mœurs et le caractère de l'animal. Ce n'est que maintenant que nouspourron» faire une bonne remonte^ puisque tout le pays est soumis depuis Maroc jusqu'à Tunis ^ depuis le littoral jusqu'au Djebel- Amour;

4* Enfin, si jusqu'ici une organisation de ce genre eût été utile, ce n'est qu'après la pacification complète du pays, c'est-àdire depuis quelques mois seulement, qu^elle est devenue indispensable.

Prononcez-vous donc. Monsieur le Maréchal; tout dépend de vous, et vous aurez la gloire d'entrer dans la voie des économies possibles qui doivent enfin récompenser la France des nombreux sacrifices qu'elle s'impose depuis longtemps pour l'Algérie.

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