‹ Armelle TrahecChapitre 12 sur 38 · LE RENVOI · texte numérisé non relu

LE RENVOI

— Sont-Us trouvés? demanda madame de Kerpe;xlvan.

— Non, mère ; Yankez pense qu'ils sont allés avec Jossin tirer les filets posés cette nuit

Comme Gwennola finissait ces paroles, M. de Kerpeulvan entrait, rouge aussi, et animé aussi.

— Ils ne sont pas sur les falaises, dit-il ; n'avais-tu pas recommandé à Gunstan d'être plus exact ?

— Guastan est un enfant qui n'a d'autre loi que son plaisir; mais il y a longtemps que j'ai parlé très sérieusement à M. Emile, il n'a pas plus de raison que Gunstan.

— Et d'ailleurs, Gunstan ne lui obéit pas.

— Du tout, c'est un camarade de jeu qu'il s'est donné, pas davantage. Ce jeune homme n'est ni intelligent, ni travailleur, et se fait tellement le complaisant de Gunstan, que celui-ci ne peut plus s'en passer

— Si nous rappelions l'autre, Armelle?

— Non, inconvénient pour inconvénient, je préfère celui-ci.

— Mais si Gunstan n's^pprend rien ?

— n fait moins qu'apprendre, il désapprend, et il contracte des manières de parler très vulgaires.

— Décidément, l'éducation particulière est difficile, dit M. de Kerpeulvan en s'asseyant.

— Surtout pour un garçon.

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— Armelle, nous serons obligés d'en arriver au collège I

Madame de Kerpeulvan prit l'air songeur, et, après une longue pause, répondit:

— Peut-être, mais pas comme tu l'entends; je ne me séparerai pas de mon âls.

— Quels seraient tes projets?

— Je louerais un appartement à Lorient.

M. de Kerpeulvan soupira, et posa la main sur la tête blonde de Nola, qui s'était rapprochée de lui.

^ La petite fleur que voici est bien délicate pour être transplantée dans une ville, dit-il.

Madame de Kerpeulvan fit un geste d'impatience.

— Tu t'abuses sur la délicatesse de santé de ta fille, répondit-elle, et nous ne pouvons mettre une crainte chimérique en regard de l'avenir de Gunstan.

Nola fixa son œil d'azur sur sa mère et dit précipitamment :

— Je serai bien portante partout, ma petite mère : je ne voudrais pas me séparer de mon frère.

Un baiser de son père fut la récompense de cette aimable parole; mais, sur un geste de madame de Kerpeulvan, Nola se leva.

— J'aperçois Gunstan et M. Emile sur la plateforme, dit-elle à son mari; laisse-moi les recevoir un peu sévèrement et emmène Nola.

M. de Kerpeulvan et Nola sortirent; et madame

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