‹ Armelle TrahecChapitre 30 sur 38 · IB CONCILIATEUR · texte numérisé non relu

IB CONCILIATEUR

nous a vus, dit41 : il accourt vers nous : fiaut-il Fattendre, monsieur?

— Oui, Jean, attendez ; mais descendez et restez à la tête de votre cheval, pendant que je souhaiterai le bonjour à mon neveu.

L'abbé avait à peine prononcé ces mots, que son vieux cocher se leva, et, mettant le pied sur le brancard, se laissa glisser à terre.

Gunstan arrivait en courant.

La rapidité de sa course avait teint ses joues d'un rouge ardent ; mais sa physionomie était sombre et ses traits fatigués.

Il sauta sur une jante de Tune des roues de derrière, ce qui mit son visage au niveau de celui de son oncle.

Ils se regardèrent fixement sans parler, et Fabbé tendit à Gunstan sa main, que le jeune homme serra fortement dans la sienne.

— Mon oncle, vous avez compris la gravité de la situation ?

— Je l'ai comprise.

— Vous sentez bien qu'il ne s'agit pas d'une fade sentimentalité, d'un projet en l'air, mais d'une chose qui me tient aux fibres du cœur ?

— Je le sens.

— Vous êtes convaincu que cette fois je ne céderai pas à ma mère?

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L*abbé fixa une seconde fois son regard pénétrant sur le "Visage de Gunstan, qui était devenu d'une mate pâleur, et répondit avec un soupir :

— J'en suis convaincu.

— Alors je ne vous retiens plus ; que Dieu, dont Tamour inspire tous vos actes, vous donne la force de persuasion nécessaire. Pour moi, ma résolution est prise. Si ma mère ne veut pas me donner son consentement, je m'en passerai ; si mademoiselle Georgina, comme elle me le fait entendre, refuse de son côté de passer outre, je m'expatrie. C'est irrévocable. Je guetterai votre passage sur la falaise et vous attendrai auprès du menhir. Votre réponse précipitera les choses : vous êtes le seul être qui ayez une ombre d'influence sur ma mère ; si elle refuse de vous écouter, le sort en est jeté, je me sépare d'elle.

Ces paroles furent prononcées d'une voix nerveuse et avec un accent plein de résolution.

Gunstan sauta dans le chemin et reprit le chemin de la falaise.

— Marchez au pas jusqu'à la grille, commanda l'abbé.

Jean, qui était resté discrètement à la tête du ponoy, l'entraîna jusqu'à la grille, qui leur fut ouverte par Madalen.

L'abbé mit pied à terre.

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