GRASSET
Le tombeau de la famille de Grasset, avec les armes, se voyait encore dans l'église de Pézénas en 4733. (T. II, p. 240.)
L'an mil sept cent quatre vingt quatre et le douzième janvier dans Pézénas, avant midi , pardevant nous notaire royal de ladite ville et les témoins bas nommés, ont été présents Mr« Pierre Étienne Delaserre, ex doyen, âgé de soixante dix ans; Pierre François Maigret, âgé de soixante sept ans, ancien des chanoines; Jacques Gilbert Villebrun, âgé de soixante six ans, chanoine; Pierre Garrigues, âgé de soixante ans, chanoine ; tous du chapitre de l'église collégiale de cette ville, citoyens du dit Pézénas; Mr* Louis César Delaserre Darrous, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, capitaine d'infanterie, âgé de soixante six ans; M. Antoine Denjalvin, écuyer âgé de soixante quinze ans, et Me Nicolas Villebrun, avocat en parlement , âgé de soixante quatre ans , citoyens dud. Pézénas, lesquels , sur la réquisition à eux faite par M1* Jean François de Grasset, âgé de soixante deux ans, capitaine châtelain de la châtelainie de cette ville , juge conservateur des privilèges royaux des foires et marchés dud. Pézénas , capitaine châtelain honoraire pour le roi du dit Pézénas, citoyen dud. Pézénas, fils de fu noble Jean de Grasset, mousquetaire de la première compagnie , et ensuite capitaine au régiment de Navarre ; celuy-ci fils de fu M. Raimond de Grasset, citoyen dud. Pézénas ; ont dit et déclaré à nous dit notaire et auxd. témoins qu'ils ont vu dans l'ancienne églize collégialle et paroissialle de cette ville un tombeau de marbre blanc statuaire d'environ six pieds de long sur deux pieds et demy de large de la famille de Grasset
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sur le haut duquel étaient gravées leurs armes, et sur le pillier au duquel était le tombeau une épilaphe y relative, et qu'au bas était écrit: Tumbeau de Messieurs de Grasset 1640. Qu'après la chutte de l'ancienne églize qui arriva en mil sept cent trente trois fu M™ Rai mon d de Grasset alors doyen du dit chapitre, oncle paternel dudit H" Jean-François de Grasset comparant, fit retirer en mil sept cens quarante quatre le dit tombeau et épitaphe appartenant à ses ancêtres, et le dit M™ de Grasset , capitaine châtelain présent ayant exhibé aux Sn comparants un tombeau de marbre blanc statuaire et le débris d'une épitaphe où on lit encore
Hic Grassetorum tumulus « Hic Grassetorum tumulus duo lumtna condit ,
Hic patris et nati corpora j « Hic patris et nati corpora juncta jacent,
Ambo monspelii claro luxere « Ambo Monspelii ctaro luxere senatu ,
Ambo pacifiée jura tulere « Ambo pacifica: jura tuleredec,
Ambo sonaturis partes regisque.... « Ambo senatoris partes regisque patroni
Causam voce auimo sustinuere « Causam voce animo sustinuere pari ;
Ut fuit amborum si.... sociata la... « l't fuit amborum simili sociata labore
ViU fuit tumulo sic societa qui « Vit», fuit tumulo sic sociata quies. »
Au dessus de laquelle épitaphe sont en relief les armes de la maison de Grasset qui sont, au fond d'azur portant une pigeonne d'argent qui tient en son bec un rameau d'ollivier d'argent, au chef de gueultes chargé de trois é toi lies d'or; et les d. S™ comparants ayant vu examiné et vériffié le tout avec attention, ils ont dit et rapporté qu'ils reconnaissent le dit tombeau et la d. épitaphe pour être ceux qui étoient placés dans l'ancienne églize collegialle et paroissiallc de cette ville et qni furent retirés parle d. fu M* de Grasset, doyen. De quoi le dit M" de Grasset, capitaine châtelain nous a requis acte que nous luy avons concédé, fait et lu dans la maison d'habitation du dit M" de Grasset audit Pézénas, présents les S" Pierre Louvier et Mathieu Simon Brouillet, praticiens habitans au dit Pézénas témoins signés avec les dits S" comparants le d. M" de Grasset et nous notaire. Laserre ex doyen , Maigret, ancien des chanoines, Villebrun, en" Garrigues, chne Laserre Daroux, Denjalvin, Villebrun, Grasset, Louvier, Brouillet, Aurias, Nra, signés à l'original. Contrôlé à Pézénas le 20* janvier 1784, reçu quinze sols. Barthélémy signé. Signé: Aurus, Not. royal.
Le vingt un mai mil huit cent soixante collation des présentes a été faite d'une manière figurative par nous André Paulhan, notaire à la résidence de la ville de Pézénas (Hérault), sur la requête de M. Jean-Eugène de Grasset, propriétaire, ancien député, domicilié à Pézénas, petit fils de M. Jean-François de Grasset, dénommé dans l'acte, et sur l'expédition par lui représentée et retirée, délivrée parMe Aurias, notaire recevant. Paulhan, notaire, signé.
(1) Nous rétablissons ici Tépitaphe détruite. L'inscription première nous est communiquée par M. Eugène de Grasset, ancien député de l'Hérault.
LACHEYSSERIE.
Note généalogique sur la famille de Lacheysserie, du lieu de Lacheyssérie, paroisse de Saint-Sauveur de Montagut, au bas rivarais, éteinte en la personne de Suzanne de Lacheysserie, qui ép, le 20 décembre 1596 noble Charles du Trémolet. (T. 1, p. 506.)
De sinople à trois pals d'or, au chef d'axor chargé de trois étoiles d'argent.
I. Jean de Lacheysserie, ép. Aigline de la Blache et fut père de
II. Claude de Lacheysserie, écuyer, marié à Artaude Fabri (1456); de ce
mariage
III. Gérenthon de Lacheysserie, écuyer, marié à Hélix de Corsas, dont
IV. Amyeu de Lacheysserie, écuyer, marié à Jacqueline du Gast, qui le
rendit père de
V. Simon de Lacheysserie , écuyer, marié le 9 juin 1555 à Louise de Vogué,
fille de Jean de Vogué, Sgrde Rochecolombe , et de Gabriclle de Cayres d'Entraïgues, de ce mariage : 1. Claude qui suit; 2. Gabrielle, qui ép. le 15 juin 1580 Jacques d'Audigier, écuyer, fils d'Antoine, du lieu et paroisse de Saint-Germain, mandement de Vogué.
VI. Claude de Lacheysserie, écuyer, ép. Isabeau de Burine, de laquelle
il eut :
VIL Suzanne de Lacheysserie, fille unique , laquelle ép. Charles du Trémolet, Sgr dudit lieu.
Simon de Lacheysserie, par son testament du 15 juin 1500, fit héritière sa petite-fille Suzanne , à la condition que, lors de son mariage , son mari joindrait à son nom celui de Lacheysserie. Cette clause a été exécutée. V. le 1. 1, p. 506. {Note communiquée en 1859 par M. Eugène du Tré' tnolet de Lacheysserie.)
M. Eugène de Lacheysserie est mort à Tournon au commencement de cette année. Nous nous associons de tout noire cœur aux regrets si bien exprimés dans les lignes qui suivent :
12 février 1860.
La mort vient de frapper dans toute la force de l'âge et dans la pleine possession, sa modestie nous empêche de dire dans l'exercice des plus belles facultés, un des hommes les plus justement honorés et estimés du département de l'Ardèche.
Sa vie a toujours été pour ses concitoyens et pour ses amis un exemple de fidélité au devoir, de dévouement au bien, de sympathie pour le malheur, et peut se résumer dans ces mots : transiit bene faciendo.
Eugène du Trémolet de Lacheysserie appartenait à une ancienne famille du Virerais rouée de tout temps à la profession des armes , et associée en quelque façon à la gloire des Bourbons et de la France.
A l'âge de dix-sept ans il entra premier à l'école militaire de Saint-Cyr. Deux ans après U en sortait avec le brevet d'officier d'état-major, et faisait partie de cette promotion dont l'école garde encore le souvenir, et qui a donné à notre armée tant d'officiers généraux.
Des événements de famille ne lui permirent pas de suivre longtemps la carrière militaire, et ce fut la plus grande douleur de sa jeunesse, qui s'augmenta beaucoup du regret de ne pas obtenir la faveur, malgré des démarches nombreuses, de suivre en Espagne ses compagnons d'armes lorsque la guerre fut décidée.
U se livra dès cette époque, avec l'ardeur et l'aptitude qui le caractérisaient pour les études sérieuses , à l'étude du droit, et, quelques années après, le brillant élève de Saint-Cyr était nommé juge-auditeur à Grenoble, puis substitut à Briançon.
Cest là que la révolution de juillet le surprit, et malgré les espérances que tant d'heureuses facultés autorisaient, Eugène de Lacheysserie, 6dèle aux traditions de ses pères et au culte de ses jeunes années , refusa le serment à l'usurpation et rentra dans la vie privée.
En 1831, il épousa mademoiselle de Dienne, fille du comte deDienne, ancien capitaine de vaisseau , d'une des plus anciennes familles de l'Auvergne , aussi distinguée par ses services que par la noble fidélité dont M. de Lacheysserie venait de donner un si généreux exemple.
Dès ce moment la vie de M. de Lacheysserie fut consacrée tout entière aux devoirs et aux affections de la famille, aux pratiques de la piété la plus douce et la plus élevée, aux œuvres de charité la plus active , sans renoncer aux studieuses occupations de sa jeunesse, qu'il avait dirigées particulièrement en ces dernières années vers l'histoire des anciennes familles du pays, de nos. anciennes libertés et franchises vivaraises.
Ses amis regretteront toujours qu'une modestie eiagérée Tait empêché de livrer à la publicité les trésors d'érudition qu'on petit nombre d'intimes* avaient le privilège de consulter, et qui leur révélaient un ardent esprit d'investigation, un jugement sûr, une critique sévère mais impartiale et lumineuse, attributs de l'écrivain et de l'homme de bien.
Baron Gabriel de la Roque, ancien sous-pré/et de Toumon»